Il serait très désirable que, pour la discipline, l'as
la vie clirétit-nne el par ?e> prescriptions, ses
La vie spirituelle vit du droit canonique. On a remarqué avec raison que l'ascétisme et la £srShoS- mystique n'apparaissent et surtout ne fleurisascèses, sent richement que là où la législation de l'Église est bien installée. La législation canonique, même quand elle ne prétend que régler la vie chrétienne ordinaire, oriente comme naturellement les âmes vers la haute destinée, si elles veulent.
Mais du reste, il ne manque pas de lois, de
directions, d'exhortations pontificales, sur la vie
sainte, soit pour les fidèles, soit pour les prêtres.
in exemple Pour les prêtres, comme mémorial immortel
extrêmement 1 '
i,!\pueX,de du cinquantenaire de son sacerdoce, S. S. Pie X ^"que'de11" a laissé à l'Église un document extrêmement remarquable, et que tout prêtre devrait avoir sous la main comme bréviaire de la vie intérieure personnelle et du zèle apostolique.
Dans une Élévation spéciale, nous verrons, par exemple, avec quelle douleur le Pape constate que des prêtres autrefois profondément religieux dans la célébration de la sainte Messe et la récitation du Bréviaire, sont maintenant légers et négligents dans ces exercices par
tisme de l'Église, on rédigeât un Enchiridion dans le genre du livre de Denzinger-Bannwart pour le dogme, et des collections dans le genre des n volumes in-8° de Mgr de Roscovany sur le Célibat et le Bréviaire. Lire là-dessus des réflexions aussi importantes qu'intéressantes de Mgr Douais dans V Esprit Ecclésiastique (supr. cit.), pp. 115 et suiv.
l'enlisé à
piètre:-.
excellence de l'ascétisme sacerdotal. C/est qu'ils ont laissé languir ou chômer les exercices qui entretiennent la ferveur. Nous verrons avec quel accent il demande au prêtre l'oraison mentale pendant un temps donné, et cette oraison enveloppante qui précède, accompagne, suit toutes les autres actions, — la lecture pieuse des saintes Écritures et d'autres bons livres, — l'examen de conscience quotidien du soir... Toutes les critiques qui tendent à déprécier, pour le fond1, ces exercices consacrés par la suprême Autorité ne font pas de bien et, même font du mal.
Sans doute, la Liturgie nous rappelle, pour les prêtres, comme pour les fidèles . une bonne partie des lois divines ou des lois de l'Église sur le saint Sacrifice, sur les Sacrements, les
1. Et même envers les méthodes il faut veiller à être justes. D'après ce que je lis dans un très beau livre, les méthodes en général, et en particulier la méthode qualifiée par le P. Faber (Progrès de Vâme, ch. xv ) « comme la plus simple », et comme « un monument de la plus antique spiritualité de l'Église », prétendent concentrer dans trois quarts d'heures ou même dans une demi-heure » « tous les sentiments, toutes les espèces de mouvements intérieurs dont furent jamais capables chacun des Pères du M et les ^aints personnages de tous les temps réunis . proche n'est pas juste. Les méthodes prétendent simplement indiquer tous les actes possibles — telle une table bien complètement servie — pour qu'on puisse s'arrêter à plusieurs actes ou même à un seul. Et en vérité, c'esl dans l'oraison qu'il est le plus facile d'éviter le chauffage dont on se plaint au même endroit.
Sacramentaux. Mais ces rappels sont loin d'être complets, et ne faut-il pas, en dehors de la Liturgie, étudier et enseigner très sérieusement, pour le profit de la vie spirituelle, le droit ecclésiastique ?
Cette étude facilement rejoint la Liturgie et l'aide, et elle s'éclaire et s'anime, à son tour, elle-même, à son contact.
L'Êgiise nui- La vie spirituelle se nourrit encore beaucoup
tresse de v:e . - . t
par les de la sainte Ecriture, propriété sacrée de 1 Eglise.
saintes Lcn- x x °
u utâ~ie Et la Liturgie l'exploite à chaque pas : Bible, "Stade11" Évangile, Psaumes, Cantiques... Le choix exquis approfondie. qu>eue fajt dans jes saintes Écritures n'est-il pas pour nous engager à en faire une étude approfondie ? Tout particulièrement il demande que l'ascétisme et la mystique les scrutent à leurs points de vue pour mieux en nourrir les âmes dans leur vie individuelle et dans leur vie liturgique.
L'Élise est La Yie spirituelle enfin vit de l'histoire de
maîtresse de x
hLtf/eetTes l'Église, et de ce qu'on peut nommer le cœur leç°tnaSindts/éS de cette histoire : la vie de ses saints. Une partie de cette histoire nous est rappelée par la Liturgie. Mais ces souvenirs encore sont bien succincts. Heureusement d'admirables travaux, et venant beaucoup des principaux promoteurs du mouvement liturgique, élargissent, fouillent, enrichissent magnifiquement l'horizon de l'histoire hagiographique.
LE PRÊTRE AIME L'ÉGLISE. ?)'ï\
Un bon nombre parmi les saints ont fait plus que de vivre saintement, ils ont laissé des leçons, parfois extrêmement importantes, sur l'ascétisme et la mystique. Ne pouvons-nous pas entendre sûrement, bien souvent, l'Église dans leurs leçons ? N'y a-t-il pas là comme un lieu théologique pour la théologie ascétique et mystique ?
Mais en vénérant, en admirant, en aimant l'Église comme maîtresse, de beaucoup de manières, de vie spirituelle, nous ne l'aimerons que mieux dans sa vie liturgique.
l/ÉGI.ISE MAITRESSE DE VIE PAR SA LITURGIE
L'Église va se montrer dans sa Liturgie comme ukg\\** est
. i i i r maîtresse de
continuant le pouvoir sacerdotal de Jésus, et vie dans sa
x 7 Liturgie
nous donner le modèle le plus sûr et le plus s,1,,ol,t ,
■i .r en continuant
authentique de la vie qui s'alimente dans le ,edfîSJÎÎ/ Sacrifice, dans les Sacrements, dans la Prière. Nous voyions tout à l'heure le pouvoir de juridiction dans l'Église s'étendant sur tous les moyens du salut, donc sur le pouvoir d'ordre lui-même. Ici, c'est le pouvoir d'ordre qui va 8'exercer dans sa plénitude : pouvoir du Sacri-
fice, pouvoir de la prière, pouvoir des Sacrements, pouvoir des Sacramentaux.
Pouvoirs sa- Pouvoir du Sacrifice. — Dans la sainte Messe,
cerdotaux qui
s •> exercent : quelle puissance de substitution, d'évocation !
pouvoir x 1
du sacrifice. Pendant que le prêtre rappelle historiquement la Cène : Qui pridie quam pateretur, voici qu'il semble disparaître. Ou plutôt, vous êtes là, ô Jésus, en lui, et, par sa bouche, vous dites les paroles souverainement efficaces : ((Ceci est mon Corps, Ceci est le calice de mon Sang... »
Et, aussitôt que vous avez dit par lui ces mots, nous adorons votre Corps et votre Sang réellement, véritablement et substantiellement présents, nous adorons là toute votre Humanité, nous adorons toute votre Personne. Et comme cette adoration nous est facile et peut être parfaite ! 11 n'y a qu'à fusionner notre vie avec celle de l'Église qui entoure le saint Sacrifice de prières les plus profondément adorantes et suppliantes, de cérémonies les plus pénétrantes.
Pouvoir de k Pouvoir de la Louange et de la Prière. — ia prière e Cette louange et cette prière sont si bien au
dans le saint . • i î
sacrifice, nom de Jésus que, dans toute la liturgie de la Messe, le prêtre loue et prie par Jésus sacrifié, sacrifié non pas seulement dans le passé, mais actuellement, réellement, véritablement, substantiellement. Vous-même, ô Jésus, par l'immolation eucharistique, êtes là en personne,
animant toutes ces prières du prêtre et de l'Église et donnant à chacune une immense puissance.
La prière sacerdotale dans le Bréviaire ne se fait pas sans doute avec Jésus comme immolé sur le moment. Mais elle se fait au nom de l'Église, — en union la plus intime avec l'Eglise, — pour l'Eglise, et donc pour le monde entier.
Et Jésus n'est pas loin : car le Bréviaire gravite autour de la sainte Messe, il est pour tout prêtre une suite du saint Sacrifice qu'il a célébré le matin.
Pouvoir des Sacrements. — Pouvoir de consacrer et de distribuer FEucharistie, d'administrer tous les autres Sacrements de Notre Seigneur. Et pour qu'ils soient traités avec la dévotion qu'ils méritent, récitation des prières, observation des cérémonies, dont l'Église les environne alin de les rendre plus vénérables à nos yeux, et de mieux nous unir aux intentions de leur divin Auteur. Les Sacrements sont, sans doute, efficaces par le seul fait, mais ils sont encadrés très précieusement par la liturgie des Sacramentaux qui ont eux-mêmes une grande efficacité sur le Cœur de Dieu, parce que la vertu de l'Église est là.
Pouvoir des Sacramcntaux. — Qu'est-ce que la Liturgie : prières, cérémonies, chant lui-
Dans le Bréviaire.
Pouvoir
des
Sacrements
meol
même1 approuvé par l'Église, sinon un vaste sacr cimentai ? Vous n'avez pas seulement l'âme d'un saint, qui serait là priante, et prendrait près de Dieu une grande influence ; mais c'est
• sur tes sa- l'Église elle-même qui, à la sainte Messe, adore
cramentaux : ,. •/?/*. , ^ ,
etuHommt et supplie par J esus sacrifie, qui prie par le Bre-
tl^Tefsà- v^aire? Par les Sacramentaux, par le chant litur-
;'";7l gique élevé à la noblesse des prières de la Messe
etsun.' ou de ^office divin*.
Deuxcaractè- 2°. — Si j e me demande maintenant quels
res que la Li- .. . , l
turgie donne caractères la vie liturgique imprime à notre vie
a notre vie : o 1 j.
un sociaiclère personnelle, et quelles leçons elle nous inculque, je trouve d'abord une grande direction — tout de suite appliquée — d'abnégation : l'individu fait abnégation de lui-même pour le chœur dont il est membre, pour l'Église au nom de laquelle ce chœur prie et chante, pour ses frères, envers lesquels la Liturgie lui fait observer si parfaitement toutes les règles du respect, de l'obéissance, de la charité ; il fait abnégation de luimême par-dessus tout pour Dieu, à qui toute sa personne : — « bouche, langue, âme, sens,
* uy/*™ de vigueur* », — rend hommage en union avec
ceux qui l'environnent.
Ainsi, lorsqu'elle a vraiment la vie liturgique,
1. Très particulièrement conseillé : L' Enseignement du chant sacré dans les séminaires, par le chanoine R. Moissenf.t. S'adresser à l'auteur, Directeur de la Maîtrise de la Cathédrale (Dijon).
doit particulière-
on verra rame pendant des heures, — et plus facilement que lorsqu'elle prie seule, — on verra l'aine, si portée à rentrer en soi, s'évader comme naturellement de sa vie étroite pour se jeter dans rinfmi qu'elle veut louer, pour se tourner vers les hommes qu'elle veut secourir partout sur la terre et dans le Purgatoire, pour penser au ciel et communier à sa vie de louange et d'amour.
Et, prêtre, je dois cultiver plus volontiers et Le prêtre
' l ' J x . particuii
plus généreusement, — en célébrant la sainte mentcuitiw
1 <-> ' ce caractère
Messe, en récitant l'Office divin, — ce caractère delsa°^re> social de la vie qui l'agrandit singulièrement, qui l'amplifie si puissamment, qui lui donne une bien plus influente réversibilité, des résonances universelles, et, par une charité plus intense et plus étendue, l'enrichit de bienplus grands mérites.
Un autre caractère très précieux que la litur- un caractère
. , i .de plus
gie peut donner a notre vie semble au premier grande mti. abord devoir contrarier le premier : c'est de Ï^JgJJj développer admirablement l'intimité personnelle avec Notre Seigneur.
Déjà la Liturgie judaïque, aux yeux de ses témoins plus éclairés et plus saints, allait à unir l'âme à Dieu.
Qu'étaient tous les rites de l'Ancienne Loi, TouteiaWor-
^ gie judaïque
avec le sacrifice de l'Agneau pascal pour centre, ÇjjJjjjjJ sinon des signes et des moyens de l'Alliance *$££]$* entre le peuple choisi et Dieu ?
Toute la liturgie de l'Eglise est pour l'alliance entre Dieu et l'humanité, pour l'amitié entre Jésus
Le sacrifice et tout le culte de la Nouvelle Loi ne sont aussi que signes et moyens d'alliance entre Dieu et l'Église et, par l'Église, entre Dieu et chaque âme.
Et si Ton dit que le culte de l'Église regarde d'abord l'alliance entre Dieu et l'humanité, l'union entre Jésus et l'Église, on a sans doute raison. Mais, en même temps, — ne l'oublions
lame" , pas, — l'âme y peut donner le maximum de sa vie personnelle, de ses louanges et de ses prières personnelles. Son amitié et son intimité avec Jésus y peuvent trouver magnifiquement leur compte et réaliser la plénitude de l'union.
Et tellement que pour mener au mieux sa vie individuelle de sacrifice, de louange, assez souvent elle fera bien de continuer tout simplement les pensées et les dispositions dont elle a vécu, avec l'Église, pendant la sainte Messe, pendant l'Office divin.
C'est dans cette puissance infinie que vous avez, ô Jésus : défaire face en même temps à l'alliance avec l'humanité tout entière et à l'union avec chaque âme, avec mon âme, que gît le caractère unique, sublime au delà de tous mes rêves : de votre amitié !... Vous êtes tout entier à l'Église et tout entier à moi, parce que vous êtes Dieu.
Et la Liturgie peut développer beaucoup ce don mutuel entre l'âme et son Ami adoré.
Il est vrai pourtant qu'elle vise directement ^ l
i A qui a pour
la Religion, et la Religion ce n'est pas précisé- ,a °^ion ment la Charité. La Religion rend à Dieu le XZZ^' culte qui lui est dû ; elle porte sur le culte de Dieu àmiîé ?m plutôt que sur Dieu même. Mais comme le culte de Dieu et Dieu se tiennent ! et comme le passage de l'un à l'autre, de la Religion à la Charité, dans la vie liturgique, est facile, nécessaire !
Je le demande : qu'est-ce qui réclame plus immédiatement la charité que la vie liturgique ? Et, je le rappelle : qu'est-ce que la charité, sinon l'amitié divine, l'amour, le don réciproque, une intimité entre Dieu et l'âme ?
Suis-je téméraire de penser que la Liturgie vise tout particulièrement le prêtre et son intimité avec Jésus ?
Cela n'est-il pas clair pour la Liturgie sacrificielle ? Puisqu'il y a, en faveur du prêtre qui l'offre, un fruit très spécial du Sacrifice, pourquoi sa liturgie ne serait-elle pas très spécialement pour lui ?
X'est-ce pas la pensée de l'Église : « Recevez, Père saint, Dieu tout-puissant et éternel, cette Hostie immaculée que moi, indigne pécheur, votre serviteur, je vous offre, à vous, mon Dieu vivant et vrai*. » 'v\
Ainsi vénérerons-nous l'Église comme Maîtresse, et, ci vrai dire, seule Maîtresse authen-
flans toute son amplei vérité.
33o LE PRÊTRE INTIME.
tique et infaillible de vie, en lui faisant hommage de notre foi, en écoutant et en pratiquant ses leçons, en les appliquant aux âmes. Nous aimerons à penser que par là elle continue le rôle de Notre Seigneur, Source de vie, et qui s'est nommé la Vie.
ei nous ver- Et nous verrons ce rôle de maîtresse de vie dans toute son ampleur. Tout d'abord l'Église est maîtresse de vie par sa doctrine divine. L'homme conscient, — à la différence de l'enfant qui se trouve vivifié par le baptême sans le savoir, — l'homme conscient vit avant tout de la doctrine divine : Euntes, docete... baptizantes. Dans ces paroles de Notre Seigneur, dans les principes et la pratique de l'Église : vous voyez : au premier plan la doctrine de la Tradition divine ou de la sainte Écriture, — ensuite le Sacrifice et les Sacrements, — ensuite les Sacramentaux : Euntes docete... baptizantes.
Après le Sacrifice et les Sacrements, et sur la même ligne que les Sacramentaux — soit que ces Sacramentaux entourent les Sacrements ou qu'ils en soient isolés, — nous devons placer le droit simplement ecclésiastique, — car les lois divines, comme la doctrine divine, viennent au premier rang — le droit simplement ecclésiastique sur l'ascétisme chrétien et l'ascétisme sacerdotal.
Et nous nous intéressons très vivement à
Thistoire et en particulier à la vie et aux leçons des saints qui viennent concrétiser, réaliser, faire fructifier l'ascétisme et la mystique divine et ecclésiastique.
Et pourquoi tant de vénération et tant JfS(g££ d'amour ? Parce que Jésus est là et que tous les rayons de lumière et de vie qui nous viennent par l'Église jaillissent au fond de vous, ô Jésus Vérité et Vie, de vous qui vivez jusqu'à la fin des siècles avec votre Église Maîtresse de vie.
tresse de vie.