‹ Le prêtre intimeChapitre 123 sur 191 · ET HAIT L'ERREUR · texte numérisé non relu

ET HAIT L'ERREUR

« Que tout ce qui est honnête, tout ce qui est juste, tout ce qui est saint, tout ce qui peut vous rendre aimable, tout ce qui esl d'édification et de bonne odeur, tout ce qui est vertueux, tout ce qui est louable dans le règlement des mœurs soit l'entretien de vos pensées.

[Philip., n

Le prêtre, avec son Ami adoré, Jésus, aime la vérité divine et hait l'erreur.

Nous devons aimer les personnes : Personnes outreiesper-

. . sonnes, il est

adorables de la très sainte Trinité, Personnes f« qui composent la Sainte Famille, tous les hommes, en particulier les prêtres, les enfants, les pauvres, les vieillards, les malades...

Mais nous devons aussi aimer des choses qui sont les biens de ces personnes, en haïr d'autres qui sont pour elles un danger, ou un mal, ou un malheur.

Nous devons aimer la vérité, haïr Terreur ; aimer le bien, haïr le mal.

Pénétrons dans le Cœur de Jésus, nous y trouverons un immense amour de la vérité et du bien, avec la haine seulement de l'erreur, du péché, de ses instigateurs les démons.

Tel doit être le cœur du prêtre. D'abord, Jésus nous donne l'exemple d'aimer la vérité.

Un des biens estimés les plus nécessaires c™ par notre Ami divin, c est la vérité. Il s?est défini la Vérité même, en personne. Et il nous a dit sur Dieu, sur le monde, et sur nous-mêmes, beaucoup de vérités souverainement importantes : Rien ne lui tient plus à cœur que vérités : c'est que par elles nous voyons, nous

aimons, nous vivons divinement, et sans elles notre vie n'est plus que la vie du péché, ou la vie naturelle si inférieure à celle qu'il veut nous communiquer.

Dans l'ordre surnaturel, la vérité, — et n'en est-il pas de même par proportion dans Tordre naturel ? — la vérité c'est le fondement, — c'est la clef de voûte, — c'est l'édifice lui-même : où l'on s'abrite sûrement, où l'on est protège contre les dangers mortels pour l'âme, où l'on vit de la vraie vie. — Et c'est le soleil, — c'est l'horizon, — c'est la patrie des âmes, — ce sera le premier ravissement du ciel.

u prêire est, De par Jésus, le prêtre est l'homme de la

de par Jésus, ,.,,.. T1 . T ,

iiK-mme de vente divine. 11 est celui sur qui Jésus compte

la rente di- x # -1

vine comme sur son ami très particulier, pour lutter contre les ténèbres, en répandant, selon ses forces, la lumière... Souvent, sans doute, il ne peut travailler pour la vérité que dans un poste restreint, comme le soldat lutte à sa modeste place pour la victoire. Mais peu nous importe. Nous devons rendre à Celui qui est la Vérité même, et notre Ami, le service qu'il désire, non celui qui nous plaît.

Beaucoup d'âmes, hélas ! ne veulent pas ou ne nous vouions

11 x la vérité , et

veulent guère de la vérité. nous la vor

3 Ions intégrale.

Nous, vos amis, qui entendons entrer 'pleinement, ô Jésus, dans les dispositions de votre Cœur, nous la voulons, et nous la voulons intégrale.

Nous la voulons intégrale sur les choses à croire, intégrale aussi sur les choses à pratiquer.

Nous la voulons intégrale sur les choses individuelles et les* choses familiales, nous la voulons intégrale dans Tordre social.

Qu'elle contredise nos passions, nos préjugés, nos tendances personnelles, il n'importe... nous voulons la vérité et toute la vérité, nous l'aimerons, nous la suivrons quand même.

Et, sans doute, nous la voulons parce qu'il Pourquoi

nous voulons

n'est rien de plus important et de plus précieux. '« Nous la voulons parce que dans la vie tout dépend d'elle. Nous la voulons parce que lorsque la vérité s'obscurcit dans les âmes, tout obscurcit et a bientôt lait d'y chanceler.

Mais aussi et surtout, nous aimons la vérité .'.l^ur

s divine parce qu'elle émane de vous, ô Jésus,

de vouloir la

ver i te.

La vertu

morale de

Vérité.

' Su m.

T/ieo/.. II,

Elle est un rayonnement de vous. Elle naît de votre Père, Père des lumières, et passe en vous par la génération éternelle, et se répand dans TEsprit-Saint par la procession éternelle et porte ainsi le cachet ravissant de ses éternelles origines.

Pour les vérités religieuses que la raison savait d'avance, la volonté de nous les dire, la lumière qui les éclaire, viennent ainsi directement du sein de Dieu.

Immense différence avec la vérité naturelle ou purement créée qui s'élève des créatures, vestiges et images de Dieu !

Venant directement du sein de Dieu, c'est là que la vérité divine nous conduit : au Dieu vivant, tandis que la vérité naturelle ne nous amène qu'à distance de Dieu, vers un Dieu abstrait.

Il est une vertu qui s'appelle la « Vérité s et dépend de la justice*. Elle doit être particulièrement chère au prêtre. Elle nous fait concevoir comme un devoir de dire la vérité aux hommes. Nous la leur disons sans outrance et sans diminution. Nous la leur disons sans tenir compte de notre orgueil, de nos tendances, de nos passions. Nous traitons la vérité avec grand respect : « la chasteté de la vérité », selon le mot de saint Augustin, nous y oblige.

Déjà nous devons tant aimer la vérité naturelle. S'il est quelqu'un qui doit en avoir le culte, c'est le prêtre. Aussi bien, peut-elle servir la vérité divine1.

Mais cette vertu de e Vérité » nous crée des devoirs plus sacrés encore envers le surnaturel. Le vrai surnaturel, ô Jésus, c'est quelque chose de vous. Et le principal du surnaturel, c'est vous, avec votre Père et l'Esprit-Saint. Voilà pourquoi nous l'aimons.

Et nous haïssons l'erreur pour bien des raisons sans doute : elle trouble, elle obscurcit, elle égare la vie, elle énerve les vertus.

Mais encore, ô Jésus, et surtout, elle est une atteinte, une offense personnelle contre vous. Aucune erreur religieuse qui ne vous touche ; mais toute erreur contre la vérité divine vous

Celte vertu

nous fait tenir

à la vérité

naturelle.

.Mais bien |

à la vérité divine.

Cette vertu nous fait haïr l'erreur et le mensonge à l'endroit des vérités qui touchent â Jésus-Christ ou sont Jésus- Christ luimême.

1. Un exemple entre bien d'autres. Un prédicateur se décourageait en trouvant si peu d'attention dans son auditoire, et demandait conseil à Euler qui lui répondit : « Parlez de la magnificence des œuvres divines d'après L'Astronomie. » Le prédicateur fut étonné et charmé du résultat. A tout le moins comme moyen de varier notre enseignement, pourquoi n'aurions-nous pas recours à ce moyen, et à d'autres, d'intéresser les fidèles aux choses divines elles-mêmes. Les très beaux ouvrages de l'abbé Th. Moreux : D'où venons-nous ?

Où sommes-nous ?

Où allô m

— Qui sommes-nous ?

nous ? (Bonne Presse, Paris), rendraient aussi aisée qu'intéressante cette illustration de la vérité divine par la vérité naturelle. D'autres prêtresse montrent éminents sur d'autres points de la vérité naturelle... Tout cela peut conduire à Jésus-Christ. I ne science éminente du grec et du latin ne met-elle pas facilement en rapport avec lu

4o4 LE PRÊTRE INTIME.

blesse à la prunelle de Y œil, au vif du Cœur, à l'intime de 1 âme.

Aussi comme nous détestons toute erreur qui vous regarde de près : erreurs contre votre Église, contre la Papauté,, contre les Évêques, erreurs contre la Croix, contre la vie et le bonheur tels que vous les entendez et les avez proclamés, erreurs contre vos enseignements, contre vos miracles ; par-dessus tout : erreurs contre votre Personne, contre votre Humanité, contre votre Divinité !

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