NOUS HAÏSSONS LE MAL, SURTOUT LE MAL SURNATUREL
Le péché commis par une âme qui ne connaît Le ^^
r i l commis con-
pas Dieu par la foi est déjà un mal insondable. con1^ D™l6 Mais dans les âmes qui connaissent Dieu par ^Lp- u la foi, comment en dire le désordre ?
Si le surnature] est fait pour nous mettre immédiatement en face de Dieu, est-ce que, au regard de la foi, le péché ne participe pas à ce rapport immédiat à Dieu ?
la foi.
on réfléchit C'est à Dieu, voulant se communiquer, non
sur le mal ' A '
dSTK'eu P*us ^ travers des ombres et des figures, mais
et rwé de en lui-même, et directement, et face à face, que
le péché s'en prend ; c'est à Jésus se donnant
en personne sur la terre, et voulant se révéler
en personne dans l'éternité.
11 est pour Fâme la séparation, non pas de l'ombre du Souverain Bien, mais du Souverain Bien lui-même.
Ainsi n'est-il plus une sorte d'abstraction, je veux dire un acte concret, il est vrai, mais qui s'adresserait seulement à un Dieu abstrait.
C'est un acte contre le Dieu vivant en personne, qui s'est révélé et qui veut se montrer lui-même dans la béatitude de la vision éternelle.
Haine des dé- A la haine du mal, et du mal surnaturel, est liée
mons comme f
du mai. - ja naine des démons. Les plus grands theolo-
Detiance de l ©
leur côte. giens 0nt sur l'état de la volonté dans les
damnés, et à plus forte raison dans les démons,
des thèses qui font frémir, celle-ci par exemple :
tout acte de volonté des damnés, et des démons,
-sum par conséquent, est mauvais*. Des êtres qui
suppi..q.^. veulent le mal toujours, même si parfois ils sem-
q. 64, a 2. blent viser le bien ! C'est horrible à penser. Et puisqu'il n'est aucun espoir que jamais ils puissent vouloir le bien, la charité chercherait donc vainement en eux la moindre prise. La haine seule trouve à s'appliquer à ces êtres fixés dans
le mal et qui ne veulent que le mal des hommes, — et de Dieu : car par notre mal ils visent et poursuivent autant que cela se peut le mal de Dieu lui-même. Et notre devoir est de les haïr, de nous défier d'eux, de lutter sans cesse contre eux pour notre compte, pour le compte des âmes, pour le compte de Dieu, de prier de tout notre cœur, tous les jours, pour obtenir protection contre eux.
L'amitié de Jésus est un bien inappréciable qui ne nous prive d'aucun des autres motifs de détester le péché*.
Le péché demeure toujours un mal suprême pour nous. Il demeure toujours une offense de carte de*
1 ° Ome* sur la
Dieu, des Personnes divines, de leurs perfec- j ^; tions infinies. Et, de ce chef, tous les théologiens voient en lui un mal infini, parce que l'offense divine, tout en ayant son point de départ dans un acte borné, a son point d'arrivée, son terme en Dieu; c'est-à-dire dans l'infini. Toutes ces vérités gardent leur gravité redoutable.
Mais elles prendraient un caractère infiniment touchant, si nous étions plus délicats, plus attentifs à la divine amitié.
Tout péché que nous avons commis ou qu^ nous commettrons jamais va directement contre notre Ami adoré. Il outrage la grandeur, la
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motifs
Liment
dans
le sou-
venu
Ami
ère i ri fi -
majesté, la sainteté infinies de sa Divinité. Il blesse la pureté, ou l'humilité, ou la douceur, ou la patience... ineffables de son Humanité.
Surtout il offense son amour immense, il fait de nous, s'il est grave et délibéré, les ennemis de Celui dont le cœur est infiniment bon envers le monde, infiniment bon pour nous en particulier.
Et quel charme divin le bien prend de ce chef !
Tout bien surnaturel que j'accomplis s'adresse à mon incomparable Ami : inspiré par sa grâce, c'est en définitive dans sa divine Personne qu'il a sa source ; c'est à cette adorable Personne qu'il se termine et fait un divin plaisir ; il sera sa joie et sa gloire éternelle en même temps que la mienne.