‹ Le prêtre intimeChapitre 137 sur 191 · LA MORT · texte numérisé non relu

LA MORT

Lais.-f :

les biens de ce monde.

Entrer dans l'autre

monde.

La mort apparaît très redoutable, si nous songeons aux biens de ce monde dont elle nous sépare : lumière, richesses, jouissances terrestres, société, vie... Pourtant de quitter la terre n'est pas la grande terreur de la mort, on peut même dire que cela n'est rien, tant c'est peu de chose auprès du reste.

La grande terreur de la mort c'est d'entrer dans l'autre monde. Cette entrée dans l'éternité est infiniment grave, formidable.

Malgré nos certitudes absolues sur l'existence de Dieu et ses attributs, nous savons si peu ce qu'il est positivement !

Combien la mort se

A côté de Tin fini que nous connaissons en lui très sûrement, on peut dire qu'il y a Tin fini que nous ne connaissons pas.

Tous les jours une immense multitude d'âmes font connaissance définitive avec cet Infini, pour la récompense ou le châtiment éternels.

Et le jour doit bientôt venir où je ferai moimême personnellement cette expérience qui ne se renouvelle pas. Qui ne frémit en y songeant, sans pouvoir se rassurer par cette réflexion que tant de milliers d'hommes passent par là tous les jours !

Mais si j'en appelle à cette autre certitude : que Jésus veut être mon Ami et toujours plus in- n'0a"ssîtf m-du time ; et si je regarde la mort au point de vue de tondeavuPeoinl cette amitié divine, comme elle se transfigure ! de/f Elle se résume en ces deux mots : Relinquo mundum et vado ad Patrem *, a je quitte le *JoA^ XVImonde, je vais à mon Père », je vais à mon meilleur Ami.

Je ne trouve rien en moi qui soit digne de lui,

ais j'espère tout de sa miséricorde.

Oue pense de ma mort mon Ami divin ? Il en & que je

' pense de m i

sait l'heure, il en sait toutes les circonstances. m."t

Si ma mort me touche extrêmement, il s'y intéresse bien plus que moi. Par cet intérêt inexprimable, je vous prie, ô Ami adoré, de tout préparer pour que se réalise en moi votre parole ! Relinquo mundum et vado ad Pal rem : rw quittant

qu'en i>lmis<.'

Dion divin Ami.

sienne.

le monde je vais à mon Père, — de me faire cette grâce que je tienne toujours en règle ma conscience, que je sois toujours veillant et priant. Jésus s'y Vous vous intéressez d'autant plus à ma mort

intéresse

d'autant plus que par ma mort vous voulez me communiquer

qu il vent, par L L L

ma mon, me \e mvstère de la vôtre. Qu'est-ce que bien mou-

commum- «. v. *

qutère'denîaS' r^r ? c'est mourir uni à votre mort comme le bon Larron. Qu'est-ce mal mourir ? C'est mourir séparé, faute d'amour, du mystère de votre mort, comme le Larron impénitent.

Marie, qui étiez si profondément unie sur le Calvaire à la mort de votre divin Fils et qui n'êtes morte que pour en partager le mystère, donnez-moi de mourir uni, par l'état de grâce, par la charité, par la componction, au Cœur de Jésus expirant," de Jésus Prêtre et Victime J,

1. Il nous semble qu'on ne saurait guère trouver une mort où ce. caractère d'union à Jésus Prêtre et Victime soit plus remarquable que la mort racontée dans Un admirable Martyre sous la Terreur, par Ch. Sauyé-Ségur (Chez M. le Doyen du Louroux-Béconnais. Maine-et-Loire). Noël Pinot, curé du Louroux-Béconnais est pris par les Patriotes au moment où, à minuit, il veut commencer sa messe. Amené à Angers, il comparaît devant ses juges et est conduit du Tribunal à la Prison en habits sacerdotaux et le calice en main. Le jour de son supplice, les juges, en le condamnant à mort, lui demandent s'il lai serait agréable d'aller à l'échafaud en habits sacerdotaux. — « Vous ne pouvez pas, leur répond-il, me faire plus de plaisir.» Il parcourt le trajet, qu'on allonge, vêtu comme pour la sainte Messe.de la Prison à la place du Ralliement. Arrivé au pied de l'échafaud, il lève les yeux au ciel, et monte les decrés en s'écriant : lntroibo ad allare Deil « Il a commencé sa messe », disaient les paysans du Louroux...

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