II. — Mais cet objet ravissant, en qui j'adore, j^us veut
.,. , que je vive
avec toutes les vraies beautés, toutes les amabilités entièrement
du ciel et de la terre, de l'homme, de l'ange, de la Divinité, ne sera pas pour moi seulement un Idéal
de lui.
Le faire
régner sur
moi est une
manière
essentielle
de travailler
à son règne
social.
11 sera le roi de mes sens.
' D. Thom :
llymn.. i le dévoie.
toujours présent. Il régnera en roi sur tout mon être.
Aussi bien, une manière essentielle de travailler à l'avènement du règne social de Notre Seigneur, que nous devons tant désirer, c'est de le faire régner en nous. Si après quelques siècles le règne de Jésus avait gagné même les sociétés : romaine ou barbares, c'est qu'une multitude de transformations individuelles, opérées par son amour, peu à peu amenèrent les puissances sociales, les nations, à le reconnaître et à l'honorer.
Je veux donc que d'abord il soit mon Roi, à moi r le roi de mes sens, le roi de mon esprit, de mon cœur, de mon âme, de ma vie.
Oui, vous serez, ô Jésus, ô Ami divin, le Roi de mes sens... mes sens ont à s'humilier devant vos mystères et à se soumettre à vous.
Ils rencontrent en vous, sur la Croix, des choses très douloureuses qui les choquent extrêmement, et d'autant plus qu'ils doivent prendre, eux-mêmes, leur part de tant de souffrances et d'humiliations.
Ils ne trouvent pas non plus leur compte dans votre sainte Eucharistie, où la vue, le goût, le toucher, sont déconcertés.
Mais ces étonnements, ces stupeurs ne feront, je le veux, que les provoquer à adorer et à se soumettre, ainsi que mon cœur, dans un abaissement profond : Tibi se cor meum totum subjicit, quia te contemplans totum déficit*.
Voilà comment, ô Ami, ô Roi. vous^régnerez sur mes sens : ils doivent s'humilier, admirer, devant vos deux grands mystères : de la Croix et de l'Eucha-