COMMENT JESUS SE DONNE AU PRETRE DANS LE SACREMENT DE L'EUCHARISTIE
L'Eucharistie, au fond, c'est Jésus Loi-même.
Ce don est fait
d'abord
au prêtre.
On concevrait que Jésus fût présent seulement par sa vertu dans l'Eucharistie, c'est-à-dire de la manière qu'il est présent dans les autres Sacrements. Cela dépendait de sa volonté, de son Cœur. Mais son Cœur n'a pu se contenter d'une telle présence. Jésus veut, non seulement exercer sur nous, par sa Chair et par son Sang, par son Ame et sa JDivinité, l'action d'un Aliment divin, mais être, lui-même, notre Aliment, notre Breuvage.
Et ce don vise d'abord, et tout particulièrement, le prêtre. Le Sacrifice est spécialement
JÉSUS NOUS CONFIE LES SACREMENTS. 6l
pour lui. Le Sacrement n'est pas moins pour lui très particulièrement. On a dit que Jésus a institué Y Eucharistie avant tout en vue de sa Mère. Dans ses intentions, j'adore aussi des visées à part en faveur du prêtre, en ma faveur. Comme il faut y répondre I Jésus veut que son prêtre seul confectionne cet Aliment adorable, — qu'il s'en nourrisse le premier, — qu'il en soit de plein droit le distributeur, — le porteur, — le gardien.
Faut-il s'étonner que Jésus dans ce Sacre- i-e prêtre
. . . . confectionne
ment de 1 amitié ait des intentions particulière- cesacrement ment amicales sur le prêtre, quand c'est par lui qu'il donne l'Eucharistie au monde ? C'est par lui qu'il veut confectionner cet adorable Aliment et ce divin Breuvage. Quelle merveille ! Préparer, pour ces reines que sont les âmes en état de grâce, non pas l'aliment créé le plus exquis, mais un aliment qui est Dieu !
0 Jésus, ai- je jamais bien songé à ce que suppose, de votre part, de confiance et d'amour envers moi, ce rôle, si divinement honorable, de préparer le Pain vivant descendu du ciel, le Breuvage dont les anges seraient ravis de s'abreuver ! Changer la substance du pain et du vin en la substance de votre Corps et de votre Sa et fixer là votre Corps et votre Sang sous des espèces si accessibles et, dans leur simplicité, expressives et si éloquentes !
ji s'en nourrit Et vous voulez crue votre prêtre soit le premier
le premier. . * L x
convive de ce Festin où Ton se nourrit, où Ton s'abreuve d'un Dieu ! Vous ne permettez pas que, au cours du saint Sacrifice , il distribue cet Aliment avant de l'avoir pris lui-même.
Et il faudrait qu'il y eût dans mon cœur; avec cette primauté d'invitation et de rôle, la primauté de l'amour, du désir de m'assimiler à vous, Aliment adorable, Breuvage divin.
Vraiment, rien de pareil aurait-il pu être désiré, ou même conçu par les anges : se nourrir le premier, réellement, intégralement, de son Ami : de son Humanité, de sa Divinité, de ses vertus, de ses perfections, puis les distribuer aux autres aussi réellement et aussi intégralement ?
Car vous voulez, ô Jésus, que le prêtre soit encore votre distributeur. Vous confiez à cet ami de choix la charge de présenter votre Sacrement, c'est-à-dire vous-même, aux enfants, aux malades, à tous les fidèles qui en sont capables et dignes, à mille aussi bien qu'à un seul. Prodigieux ministère : donner à tous les communiants, non pas seulement un rayon de soleil, comme dans les autres sacrements, mais le Soleil lui-même! ie garde. Enfin, ô divin Maître, vous établissez votre prêtre gardien de votre Eucharistie, c'est-à-dire,, votre gardien à vous-même, le gardien de votre Corps et de votre Sang, par là même, de votre Ame et de votre Personne.
Il le distribue
Si le pouvoir de garder, de porter, d'exposer, de distribuer l'Eucharistie, peut être partagé par le diacre, c'est que le diacre a commencé de partager le Sacerdoce. Et si des laïques ont dû parfois porter l'Eucharistie, cela est accidentel, et son porteur normal est le prêtre.
Gardien en droit de votre Sacrement, je puis, de fait, vous traiter en prisonnier plutôt qu'en ami, je puis n'être que votre geôlier. Dieu ! préservez-moi d'être pour vous jamais un gardien seulement matériel ! Que je vous garde aussi avec mon âme, avec mon cœur surtout, par des visites ou des heures d'adoration ferventes !