LES FOLLETS
On peut aussi rattacher i la mythologie druidique les PMiUf êtres capricieux ei badios qui ne peuvent triMver
place dans la hiérarchie chrétienne, qui ne sont ni anges ni démons, et qui n'ont rien de commun avec les mondes décrite par VÉglise. Ils se sont conservés dans les croyances des ' paysans du Perche. Le follet (qui, en Beauce, porte le nom de flambard) se manifeste quelquefois sous la forme d'une petite flamme bleuâtre et vacillante; il ne parait que la nuit, dans les endroits déserts, et il s'agite de manière à exciter l'attention du voyageur. Si vous avez le malheur de le suivre, il vous conduit, à travers les marécages, dans quelque abtme où vous trouverez la mort. Souvent, un homme prudent, loin de suivre ce guide fallacieux, s'amuse à observer sa marche, ne s'avance qu'avec précaution, et, arrivé près d'une mare ou d'une rivière, y jette une pierre; en entendant le bruit de la chute, le follet, qui, à ce qu'il paraît, n'est pas doué d'une très-bonne vue, se flgure que c'est l'homme qui est chu dans l'eau; enchanté du succès de sa manœuvre, il rit aux éclats. Mais le voyageur circonspect peut rire à son tour d'avoir déjoué un demi-dieu.
Le follet aime à visiter les écuries. Souvent il prend un cheval en aànitié, et alors il s'amuse à lui nouer la crinière d'une façon toute particulière, en faisant des nœuds bizarres et compliqués qu'aucune main humaine ne pourrait imiter. Les connaisseurs ne s'y trompent pas. Dès qu'on reconnaît un nœud de follet, on est enchanté, car on sait que le follet qui l'a fait protège le cheval, le soigne avec amour et lui apportera de l'avoine en abondance, si le maître ne fournit qu'une ration insuffisante. Si, au contraire, vous cherchez à dénouer les crins, le follet, furieul de ce qu'on fait si peu de cas de son travail, s'en prend au cheval, le roue de coups et le
fait périr. Au moment où trépasse la pauvre bëtc, ou entend un ricanement méphistophélique.
Les follets ont la même origine que les fées dont les histoires ont tant amusé notre enfance. Il y a des auteurs sérieux qui admettent leur existence comme réelle.Nous citerons notamment M. de Résle, catholique très-orthodoxe (1). Suivant lui, l'Église, en nous enseignant l'existence de plusieurs classes d'êtres surhumains, n'affirme nullement que sa liste soit complète; elle nous laisse donc libres d'admettre ou de rejeter les autres classes d'êtres sur lesquelles elle ne s*est pas expliquée. S'appuyant sur le récit de manifestations et d'interventions tout aussi authentiques que la plupart des relations de miracles divins ou diaboliques, il n'hésite pas à reconnaître les fées, lutins, follets et farfadets. Nous allons tout à l'heure trouver à l'œuvre ces divinités inférieures.