I. Origines du chef-lieu et de quelques villages
Le petit chef-lieu de paroisse apparaît pour la première fois dans le Cartulaire de Chamalihres en 986. « La trentième année ,du règne de Lothaire, en juin, y lisons-nous (201), Girbort et Biliarde, son épouse, voulant pourvoir au remède de leurs âmes et de celles de leurs parents, donnent à Saint- Gilles et à ses serviteurs, au lieu de Solignac, un mas cultivé par Isambard. »
L'église, qui n'existait peut-être pas à la date précédente, n'est donnée au monastère bénédictin que vers 1082 par Adhémar de Monteil, évêque du Puy. « Considérant, dit le Cartulaire (200), que l'église de Ghamalières ne subsistait pas tant par elle-même que par les bienfaits des évoques ses prédécesseurs qu'il veut imiter (1) ; et, voulant lui venir en aide et participer aux prières des moines de Saint-Gilles, Adhémar donne à ladite église de Ghamalières l'église de Saint-Julien de Solignac-sous-Roche, ainsi que toutes les autres églises comprises dans un rayon de cinq lieues,, en ce sens que les possesseurs laïques de ces églises seront obligés de les rétrocéder au couvent quand ils. voudront ou les restituer ou les vendre, n
Au XIII' siècle, Guillaume ou Guigon de Roche, abbé de Saint-Pierre Latour,. au Puy, par testament du 3 des ides d'octobre (i3 octobre 1289), donnait à l'église de Solignac deux terres détachées des autres biens qu'il possédait dans cette paroisse. Il en était sans doute patron ou collateur, puisqu'il stipulait que l'église de Solignac serait desservie par
(1) Le préambule de cette charte, qu'il faut lire dans le texte latin, permet de la dater du commencement de l'épiscopat d'Adhémar de Monteil, vers 1082.
deux ptêtrés pris parmi les chanoines de Gharais, en Vivarais (1). Voilà tout ce que nous savons sur les origines du prieuré de Solignac-sous-Roche.
Qui donc, après la mort du généreux donateur, des seigneurs de Roche ou des religieux de Chamalières, eut la collation du bénéfice? Nous l'ignorons. Nous verrons, au milieu du xviii" siècle, Mgr Lefranc de Pompignan, évêque du Puy, y nommer sans opposition.
Un mot de deux villages de la paroisse mentionnés à une époque reculée Au xii" siècle, le monastère de Chamalières perçoit à Ciispignac (ou Grespignac), une hémine d'avoine, douze deniers et une demi-géline. P..., G... et Giris, habitants de ce lieu, lui servent en plus, un méteinc d'orge et trois mailles ou pièces de menue monnaie (837). Au xiv" siècle, par son testament du i3 octobre 1289, l'abbé de Sain t- Pierre-Latour veut que ses hommes deBoubas (Balbas) soient exempts de toute redevance l'année de sa mort ("i).
L'intérêt de notre récit va reposer maintenant sur les prieurs dont la liste bien incomplète, nous a été fournie par le travail de M. GoUy et par nos recherches personnelles.
IL — GûRÉs ET Vicaires
1. Ponce de Rochebaron. — Il est relevé de la suspense ou de l'interdit par Pierre de Maloert, chanoine de Saint- Vosy et chancelier de la cour de l'Evêché du Puy, conformément au ordres de l'évêque, le 4 juin 1829 (3).
2. Etienne Groscher. — Originaire sans doute d'Espaly où nous trouvons au commencement du xiv'' siècle une famille de ce nom. 11 reconnaît, le 16 juin 1884, que son prieuré doit chaque année au seigneur de Roche trois livres de cire, une quarte d'avoine et six deniers tournois pour cens et pension, quatre quartes de seigle pour bailhage et un dîner (pran-
{\) Tablettes hist. du Velau, IL p. 296.
(2) Tablettes historiques du Velaij, II, p. 298.
(3) Arcbires dép. de la Haute-Loire, G. 'j, fol. 32.
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dium), quand le seigneur de Roche et sa compagnie viendront audit prieuré. Il reconnaît en oulre que le prieuré est de la justice du seigneur de Roche fl).
3. Bertrand Planchet. — Une sentence de Raymond Bonot, ofTicial du Pay et prieur de Langogne, diocèse de Mende, le condamne, le 20 décembre 1429, à payer une rente annuelle de dix sous podiens, « valant quinze sous tournois «, à l'Université Saint-Mayol, du Puy ("î). Au temps de Bertrand Planchet ou de soa successeur, vers i456, la cure de « SolignsiC-Charais » ainsi appelée par les chroniqueurs, parce qu'elle relevait alors du prieuré de Charais en Vivarais, paye dix-huit deniers annuellement à Vhostier de Saint-Pierre-le- Monastier, au Puy, pour le pain du saint Sacrifice (3).
L[. Jacques Bouchard, prieur de Solignac-sous-Roche, passe en 1628 une reconnaissance en faveur de l'université Saint- Mayol, au Puy (4).
D'après le Pouillé de i5i6, pour la levée des décimes (5), le prieur de Solignac, prior Solempniaci, archiprêtré de Saint- Paulien, est taxé quarante-quatre sols.
5. A^, curé. Il avait eu pour vicaire de i565 à i568 Jean Pic, originaire de Veyrines, paroisse de Retournac, qui devint plus tard curé de Saint- André-de-Ghalencon.
G. Louis P' Ponivianne en 16 16.