‹ Le prieuré conventuel de Chamalières-sur-Loire [microform] ordre de Saint-Benoit, observance de Cluny, dépendant de l'Abbaye du Monastier-Saint-ChaffreChapitre 116 sur 132 · L. — Origines du chef-lieu et des villages · texte numérisé non relu

L. — Origines du chef-lieu et des villages

Un auleur ('), dont nous n'avons pu contrôler les assertions, fait remonter MédeyroUes à une assez haute antiquité. « Sur la place, en face de l'église, dit-il, on voit une énorme pierre triangulaire posée sur trois autres qui la supportent à la hauteur d'un mètre. Ce monument a tous les caractères d'un ouvrage druidique. Le peuple l'appelle traille. Ses trois angles et le nom qui leur est donné, rappelleraient peut-être ces trois principes dans lesquels les Druides résumaient leur croyance et leur morale : servir les dieux, faire Je bien et. se montrer brave. »

u On prétend, ajoute le même auteur, qu'en 629, lors de la translation des reliques de saint Bonnet, le pieux cortège passa par MédeyroUes, où il fit une station. Peut-être n'étaitce qu'un simple monastère, comme semblerait l'indiquer une croix très ancienne appelée la Croix des Pères. Quoiqu'il en soit, l'église (ancienne) de MédeyroUes était du ix° siècle. En 1062, l'évêque de Clermont confia l'église de Saint- Bonnet-de-MédeyroUes à saint Pierre de GhavanoD, fondateur de l'abbaye de Pébrac. »

Ce dernier alinéa demanderait plus d'une rectification, surtout pour les dates. Nous nous attacherons à ce travail en ïious appuyant sur des documents d'une authenticité indiscutable.

Le Cartalaire de Chamalières (212) nous révèle l'existence de MédeyroUes, localité déjà assez importante pour avoir une église, au commencement du xi" siècle. « Au cours des années 1087 ou io38, y lisons-nous, Géraud (de Beaumont, seigneur dudit lieu), désirant renoncer au siècle, demande à prendre place dans les rangs des moines de Chamalières ; à cette occasion, il donne à saint Gilles (patron de ce prieuré), l'église de Saint-Bonnet-de-MédeyroUes, ecclesiam Sancti Boniti de Medairolas, en pays Livradois, avec un mas voisin.

(1) Abbé GiuvEL, C/irom(^?/ps rfwiLeuradoïs, pages 41 et 369, ',

Les témoins de l'acte sont Larsoendis, épouse du donateur, Rodave, Ildebert,et Ponce, ses fils, et Etienne, son frère. »

Le Cartulaire nous montre ainsi les moines de Ghamalières non seulement en possession de l'église de Médeyrolles, mais percevant des cens sur trois de ses villages, Varagnat, Bordel et Chelle. Nous ne saurions mieux faire que de traduire fidèlement les différentes chartes qui les mentionnent.

1. Varagnat, in Vereniaco, in Vareniaco, a Garanezet, a Guaraniaret. — Au temps de Dalmace, abbé (de Saint- GhafiPre) et recteur de ce couvent (de Ghamalières), entre 987 et 945), un nommé Airaud, voulant que son fils Pierre s'y fît moine, donna à Saint-Gilles un mas sis à Varagnat avec tous ses droits, jardins, prés et autres dépendances (191). Au cours du x° siècle, dame Placiburge donna au même monastère pour le salut de son âme et la rémission de ses péchés un mas sis au même lieu, exploité par Girbert. Au nombre des témoins figurent son fils Guy, Ponce, Dalmace et Bertrand (255). Sous le priorat de Jarenton (1095-98), Adémar Archatius (ionnait entre autres à Ghamalières, pour la rémission de ses péchés, la moitié d'un autre mas alodial au même endroit (216). Ge dernier mas rapportait au couvent : en mai, un mouton et un agneau ; à Noël, un setier seigle, un setier avoine, et douze deniers, un pain et une géline (3i3)...

2. Bordel, in Burdellis. — Sous le règne de Philippe I", entre 1060 et 1108, Etienne de Beaumont, fils d'Abbon, donne à l'église de Saint-Flour (paroisse de Sauvessanges), pour le repos de son âme et de celles de ses père et mère, une terre sise au lieu de Bordel (260).

3. GiiELLE, ad Casellas, de Casaltis. — Au xii" siècle, il y avait en ce lieu un mas qui payait au monastère de Ghamalières : en mai, un mouton et un agneau ; à Noël douze deniers, un setier avoine, un pain et une géline (3i6- 325).

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