‹ Le prieuré conventuel de Chamalières-sur-Loire [microform] ordre de Saint-Benoit, observance de Cluny, dépendant de l'Abbaye du Monastier-Saint-ChaffreChapitre 14 sur 132 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Les pbieurs, prospe'rité croissante dd prieuré (H 7 2-1200). — Ponce 1°'' : de Chalencon, prieur de Çhamalières et abbé du Monastier {iilï- 1176). — Comme prieur, il passe deux arrangements concernant les églises de Saint-Pierre-Duchamp et de Saint-Georges-VÂgricol. — En qualité d'abbé du Monastier, il transige avec l'abbé de Mazan. — Pierre IV de Servissac, prieur de Çhamalières et abbé du Monastier (H 79-1200). — // charge le moine Girbert de Mézères de continuer la rédaction du Cartidaire. — Il passe des conventions importantes concernant le village de Saint-Flour, paroisse de Sauvessanges,la forêt deja Fayolle et la métairie de Rosières. — Il acquiert les dîmes de Roche, de belles prairies à Ventressac et s'occupe de recruter le personnel des deux monastères d'hommes et de femmes. — Il annexe à son couvent le prieuré de Confolent. — Il fonde en faveur de Ms moines l'œuvre des pelisses. — Il devient enfin aboé du Monastier.

ucGEssEUR de Pierre III de Beaumont qui se démit sans doute en sa faveur peu de temps avant sa mort, Ponce P'' de Chalencon, dixneuvième prieur (il ^2-23 avril 1176), vécut sous le règne de Louis VII le Jeune, roi de France. « Il appartenait, dit M. Jacotin (1), à celte vieille race féodale que l'on voit figurer, dès io3i, parmi les bienfaiteurs de Çhamalières (202), et qui vint se fondre, dans les premières années du quinzième siècle avec celle de Polignac. » Nous ne connaissons guère son administration, comme celle de tous ses prédécesseurs, que par le Cartulaire, où nous le voyons figurer dans des litiges, des sépultures, des acquisitions et des donations.

(1) Cartulaire de Çhamalières, introduction, p. iv.

il apparaît pour la première fois dans un démêlé que nous connaissons déjà, survenu entre la collégiale de Saint-Georges au Puy et lui, au sujet d'une rente de cinq sous léguée à ladite collégiale et assise sur les revenus de l'église de Saint - Pierre-Duchamp, dépendance du prieuré de Çhamalières. Une sentence arbitrale d'Oton, sacristain, et de Pierre Giraud, archiprêtre de Notre-Dame, datée de 1172, réduit ladite rente à quatre sous (^i.

Ponce de Clialencon vit encore se terminer heureusement, le 5 des nones de mars (3 mars 1174)? un différend concernant les dîmes de Saint-Georges-l'Agricol. Le prieur Sylvius de Fay avait acheté ces rentes trente ans auparavant, de Guinelle, chevalier de Roche; mais, comme lès neveux de celui-ci, Austorge, Zacharie, Guillaume et Pierre le Noir, irères entre eux, inquiétaient le couvent à ce sujet, on recourut à l'arbitrage de Régnier et de Guigon de Roche. Les arbitres décident que le prieur Ponce recevra dans son couvent Austorge, un des quatre frères, et qu'il lui assurera le vivre et le vêtement : le conflit se trouve ainsi terminé (94).

Dans le courant de la même année, Ponce reçoit une donation à l'occasion d'une sépulture. Raymond Alphérand, chevalier de Mercœur (près Malrevers), donne à Saint-Gilles pour le repos d'Aladaïs, son épouse, enterrée à Çhamalières, les rentes annuelles suivantes : six sous et une hémine d'avoine à Mercœur, une hémine d'avoine et deux gélines à Vaunac, paroisse d'Yssingeaux, une hémine de seigle à la Blache, paroisse de Saint-Julien-du-Pinet (95).

Nous ne connaissons qu'une acquisition faite par le prieur Ponce; le 28 avril 1 176, il achète de Guigon de Charrées, chevalier, et de son épouse Guillemette la terre de Chamgiraud et la moitié du lieu de la FayoUe, paroisse de Çhamalières. Le vendeur s'engage à ne jamais inquiéter le couvent au sujet de ces possessions, sous peine de rendre les quatre cent soixante sous qu'il a reçus du prieur (175).

(1) Cartulaire de Çhamalières, 342. Arch. dép. de la Hauto'-Loiréf F. de l'Evêché, G. 439 (Liasse).

Gomme son prédécesseur, Ponce dé .Chalencon figure daiis ,une foule de donations faites en faveur de son monastère, de 1 172 à 1 175 inclusivement.

. En 1 173, mourut Ponce Aguirel qui avait donné au couvent ses droits sur les dîmes de Planèzes, paroisse de Mézères, et de Pieyres, paroisse de Ghamalières. Après sa mort, Blanc, son frère, approuva la dite donation en présence de Ponce, prieur, de Pierre Jean, obrier, et de Geoffroy, moine (162).

Le 4 des ides d'octobre (12 octobre] de la même année, meurt Elié de Mézères qui donne à Saint-Gilles la moitié du mas d'Ollias, paroisse de Rosières, et une appenderie à la Roche, paroisse de Retournac. La donation est approuvée par Ermengarde, son épouse, et Gallienne, sa sœur. L'acte est passé en présence de Ponce, prieur (i63).

Aux ides de décembre (i3 décembre) de l'année 1172, au temps de Ponce, prieur, mourut une dame de Retournaguet, nommée Poncia, mère des Dauphins, qui, à ses derniers moments, donna à Ghamalières le quart d'un mas sis à Arnoux (alors de la paroisse de Retournac), produisant une rente annuelle de deux setiers seigle et cinq sous (92).

Le 4 des nones de mai (4 mai 1173), Ponce de Ghalencon donne quatre marcs d'argent à Guillaume Astier, à Pierre, son .frère, et à Thomas, son petit-fils, pour l'administration des dîmes de Leyssac au sujet de laquelle ils se plaignaient; ils se déclarent dès lors satisfaits (164).

Dans le cours de la même année 1 178, meurt dame Agnès, épouse de Ponce Hermion de Roche, qui donne à Saint-Gilles des rentes de peu de valeur à percevoir à Ghangeac, paroisse de Vorey, à Mans, paroisse de Saint-Maurice, aux Terrasses, paroisse de Saint-Pierre-Duchamp, et aux Sagnes, paroisse de Retournac (gS).

yers II 73, dame Gotolendis donne encore une rente annuelle d'une hémine de seigle et deux sous Viennois à percevoir à La Mure, plus dix deniers Viennois à prendre sur une vigne du château de Rochebaron, paroisse de Bas (i23).

Enfin, en 1176, Gorde, dame de Beauzac, et ses fils Artaud, Beraud et Philippe, donnent à Ghamalières en présence de

Ponce, prieur, une rente annuelle de vingt-cinq sous, à percevoir sur le mas des Jalayoux, paroisse de Retournac, à condition que les moines diront des messes et feront une procession pour le repos de l'âme d'Umbert ïronchet, époux de ladite dame (124).

Ponce de Ghalencon serait devenu, d'après plusieurs écrivains, de prieur de Ghamalières abbé du Monastier-Saint- Ghaffre. Le Gallla Christiana le place dans la liste des abbés de ce monastère entre Pierre de Beaumont et Guillaume de Varces ; le savant chanoine Ulysse Ghevalier (0 le range entre Francon et Pierre II de Servissac et nous le montre passant une transaction avec Pierre, abbé de Mazan, au sujet des dîmes du Gros de Montroy, paroisse de Saint-Front : l'abbaye de Mazan doit fournir annuellement à la sacristie de Saint-Ghaffre pour les frais du luminaire, un setier de blé, moitié seigle et moitié orge ou avoine (2).

Nous ne voulons pas, dirons-nous avec l'auleur des Notés chronologiques sur les abbés de Saint-Chaffre (3), rayer Ponce de Ghalencon des diptyques du Monastier ; mais, comme lui, « nous attendons que de nouveaux documents viennent déterminer et la date de son existence et le rang qu'il convient de lui assigner » .

Pierre IV de Servissac, vingtième prieur (11 79 ? — 1200), vivait sous le règne de Philippe-Auguste, roi de France; il s'appliqua à marcher sur les traces de Pierre III de Beaumont en faisant continuer la rédaction du Cartulaire par le moine Girbert de Mézères, en défendant les propriétés du couvent par des actions intentées à propos contre les envahisseurs devant les juridictions compétentes, en les accroissant sans cesse par des acquisitions et surtout par la réception de legs nombreux faits à l'occasion de sépultures, d'admissions de nouveaux religieux, ou enfin à titre absolument gracieux et gratuit.

(1) Cartulaire du Monastier, introduction, p. xxiv.

(2) Cartulaire du Monastier, n» 466 . • (3} Le Puy, J.-M. Freydier, 1801.

(( Peu de temps après la mort de Pierre IIÏ de' Beaumont,' dit le Cartalaire, un moine répondant au nom de Girbert de Mézères (1), distingué par son grand savoir et la dignité de sa vie, se mit à la prière de Francon, abbé de Saint- Ghaffre, et de Pierre de Servissac, prieur de cette maison (de Ghamalières), à résumer les vieilles chartes confirmant les donations et acquisitions faites sous le priorat de ce dernier ou sous celui de ses prédécesseurs ; il transcrivit son travail à la suite du volume laissé par Pierre de Beaumont (iSg). n

Non content d'assurer à son prieuré par la conservation des titres authentiques résumés dans un livret facile à consulter, la possession des biens déjà légués ou acquis à prix d'argent, Pierre de Servissac sut au besoin les défendre devant les justices du ressort. C'est ainsi qu'il amène, entre 1179 et 1200, Dalmace, Eustache, Ponce et Hugues de Montrevel à passer avec lui une convention importante au sujet du droit de garde qu'ils exerçaient sur le village de Saint-Flour, paroisse de Sauvessanges (Puy-de-Dôme). Les quatre frères revendiquaient ce droit avec une telle rigueur que le pauvre village était peu à peu déserté. Les moines de Chamalières, auxquels ce lieu avait été donné par les seigneurs de Beaumont, amenèrent les quatre frères à renoncer à leurs exactions. Il fut décidé que si le village descendait jusqu'à n'avoir que quatorze feux, ses maîtres ne percevraient qu'une hémine d'avoine, douze deniers et une géline pour chaque feu ; que si, au contraire, il venait à s'agrandir, les seigneurs de Montrevel ne pourraient ni augmenter la redevance actuelle, ni réclamer aucune boirade. En retour, Hugon, le plus jeune d'entre eux, fut reçu moine à Ghamalières. Cette convention, qui fait honneur aux religieux, et qui montre leur zèle à soutenir les intérêts des pauvres gens, fut garantie par Guillaume de Baffîe, Ponce de Beaumont, son frère Pierre et quelques aulres seigneurs du voisinage. Si les frères de Montrevel venaient à manquer à la foi jurée et si les garants manquaient eux-mêmes à leurs

(t) Voir ci-dessus, p. 55, la réception si touchante de Girbert au nombre des moines de Ghamalières.

devoirs, les évêques de Lyon, du Puy et de Clermont seraient priés de lancer rexcommunication sur leurs personnes, leurs familles et leurs terres. Cet acte solennel fut rédigé et lu publiquement dans la salle du chapitre de Ghamalières, en présence d'un grand nombre de seigneurs et de Ponce Aimarix, prieur claustral, Pierre Jean, sacristain, Mathieu de Rosières, Siméon, cellérier, Géraud d'Yssingeaux, Boniface, secrétaire, qui hoc scrlpsit, Girin d'Artias, Bertrand Malet, Pierre de Glavenas, religieux, et Gotescalc, baile du couvent (i 34).

Entre 1 179 et 1200, le prieur Pierre de Servissac eut encore un différend avec Bertrand de Gairelz (de Gayres ou de Sereys ?) et Ponce d'Artias au sujet de la forêt de la Fayolle, paroisse de Ghamalières, et des Sagnes, paroisse de Retournac, qu'ils affirmaient leur appartenir. Les parties conviennent de prendre pour arbitres les « anciens, antiquos viros )),.de Ghamalières, de Retournac et de Ventressac qui rendent la sentence suivante : « Tout ce qui se trouve en dehors des limites fixées par eux (le Cartiilaire ne les désigne pas), est déclaré appartenir au monastère ; le reste à la partie adverse » . Ghacun des arbitres reçoit pour ses services des mains du prieur une somme de soixante-dix sous. Pierre de la Monzie avait, dans ladite forêt de la Fayolle, certains droits, bien minimes sans doule, qu'il cède à Pierre de Servissac au prix de cinq sous (187).

Le zélé prieur ne se contente pas de défendre les possessions de son couvent, il ne néglige aucune occasion de les arrondir. - Nous pouvons en donner plusieurs preuves.

Vers 1179, il charge, de concert avec Guillaume de Varces, abÎDé de Saint-Ghaffre, Mathieu de Rosières et Durand de Roche, d'acheter les dîmes des Esmidon de Roche. Les mandataires de l'abbé et du prieur s'acquittent fidèlement de leur mission. Le marché conclu, ils comptent mille quarante sous à Esmidon de Roche qui avait hérité des dîmes ; de plus, ils reçoivent son fils comme moine sans l'apport d'aucune dot. Or, comme les Esmidon tenaient, dit-on, ces dîmes des Rorgues de Polignac, de Hugues de Loudes, de Raymond

Radulfe et de leurs fils, les négociateurs sollicitent leur assentiment et comptent cent sous aux Rorgues et soixante-dix sous à Raymond Radulfe. L'acte est passé à la cour de Roche, en présence de Guy, chanoine de Notre-Dame, d'autre Guy, son neveu, qui possédaient l'alleu de ces dîmes et de qui les Rorgues et autres les tenaient en fief. Esmidpn de Roche qui a consenti la vente, son épouse et ses enfants promettent, la main sur les Evangiles, de la respecter. Guy, seigneur de Roche, s'en porte garant. Au nombre des témoins figurent Pierre Jean, sacristain, G. Ebraud, Siméon, Jordan, Boniface, G. d'Yssingeaux, Odon et les autres religieux, Durand, chapelain de Roche, et beaucoup d'autres. Les acquéreurs des dîmes, Mathieu de Rosières et Durand de Roche, en donnent le produit, de l'avis de Guillaume et de Francon, abbés de Saint- Chaffre, et de Pierre de Servissac, prieur de Chamalières, aux religieux de ce couvent pour l'œuvre du fromage, in opus casei: jusque-là on ne leur avait servi du fromage que trois fois par semaine, s'il ne se rencontrait pas de fête de douze leçons (96).

• Sylvius de Fay avait acheté de Mathieu, baile du monastère, une métairie, bailliam, à Rosières, que Pierre de Beaumont avait rétrocédée au prix de mille cinquante sous aux fils du vendeur parce qu'ils inquiétaient le couvent à ce sujet ; malheureusement ceux-ci ne purent payer une somme si considérable. L'un d'eux, Etienne, réussit à payer sept cents sous, mais il ne put faire davantage. Dans ces circonstances, dit le Cartulaire, Pierre de Servissac et ses religieux ne craignirent pas, entre 1 179 et 1200, de charger le monastère pour décharger les bailes ; ils leur rachetèrent la métairie, leur rendirent la somme de sept cents sous déjà payée et leur firent grâce de Vingt setiers de froment qu'ils devaient. Enfin, pour prévenir toute contestation nouvelle, le prieur leur céda un mas à Solignac, l'appenderie de Bourianne et le champ de l'Ouche, à charge seulement d'en faire hommage. Que si Etienne était plus tard obligé de vendre ces fonds, le prieur se réservait de les retenir ou de substituer quelqu'un à ses droits. Outre la gratification qu'il avait déjà accordée au baile, le prieur donna

encore quarante sous à sa femme. Au nombre des témoins de cette transaction figure Bruz, chapelain ou curé sans doute de Rosières (i3i).

A la même époque, Pierre de Servissac achète des susdits bailes de Rosières tout ce qu'ils possèdent à Ventressac. De ces possessions les prés étaient déjà engagés au couvent pour une somme de onze livres. Outre cette somme qu'il leur^ abandonne, le prieur leur donne encore dix-sept livres et demie ; il donne aussi à divers, d'abord une mesure, puis une charge de vin, enfin dix sous (i32).

Toujours à la même époque, le prieur Pierre de Servissac achète de Ponce du Verdier, de ses trois sœurs et'de S. Salvain tous leurs droits sur les prairies de Ventressac engagés pour une somme de soixante sous. En plus de cette somme, le prieur leur donne encore quatre livres et les décharge de toute redevance envers le monastère. 11 achète encore des prés : de Guiton del Pont et de son épouse, au prix de quatre livres ; de Guillemette de Ventressac et de Romain, baile, au prix de huit livres ; de Clémence et de ses fils au prix de soixante sous ; de Pierre Veir, au prix de quarante sous ; de Martin et de N. Boyer, son épouse, au prix de quarante sous (i33).

Pierre de Servissac enrichit son prieuré non seulement par des acquisitions à titre onéreux, mais aussi par des donations proprement dites faites par des personnes qui sollicitent la faveur d'être enterrées à Ghamalières ou encore d'être admises dans ses deux couvents d'hommes ou de femmes.

Aux dernières années du priorat de Pierre de Servissac, Aumar et Durand d'Artias donnent à Ghamalières pour l'âme de leur frère Etienne qu'ils enterrent en ce lieu une rente annuelle de deux setiers de seigle à prendre au Viallard, paroisse de Beauzac, non loin du mont Ibis, actuellement de la Madeleine (i4o). Pierre Roure de Vertamise donne à son tour pour le repos de son épouse qu'il ensevelit au même endroit deux ouches à Beauzac (i5i).

Nombreux étaient sans doute ceux qui voulaient reposer à l'ombre de la magnifique église de Saint-Gilles, plus nombreux encore ceux qui venaient s'y sanctifier dans la retraite ;

c'est ce dont témoigne l'analyse suivante de quelques chartes; se rapportant au priorat de Pierre de Servissaç.

Le mardi 8 mai 1179 ou le 29 septembre 1180, Ranulfe, chevalier de Beaumont, donne son fils G., comme moine à; Ghamalières ; à cette occasion, il cède au couvent la moitié du, mas de Monclaos près Craponne, alleu et fief compris ; il jure avec ses deux fils Ranulfe et Peitavin, la main sur les Eva.ngiles, de respecter ce don. Le mas rend deux setiers de seigle>: et un setier d'avoine, mesure de Craponne, et sept sous (3^4).,

Entre 1 179 et 1 200, Pierre et Guillaume, fils de Géraud de Saint-Paulien, donnent à Ghamalières, à l'occasion de rentrée de leurs deux sœurs au couvent des bénédictines de ce lieu, le, quart du mas de Leyret, plus cinq setiers de seigle à Çhambeyron, paroisse de Saint-Maurice-de-Roche; Les témoins de l'acte sont, entre autres, Mathieu de Rosières, Siméon et Boniface, moines (i^h).

A la même époque, Aumar d'Artias, clerc, donne à Gha-, malières, à l'occasion de la réception de son fils Etienne comme, moine dans ce couvent, deux setiers et une hémine de seigle^ un setier comble d'avoine j deux sous et une géline de rente annuelle à prendre sur le mas de Saintignac, paroisse de^ Retournac. 11 donne encore, pour la réception aussi comme moine de Ponce, son autre fils, et pour sa mère- Ermengarde une rente de trois hémines de seigle, de trois hémines d'avoine et de cinq sous, au lieu de Chabanoles, paroisse de Retournac (iSg).

Vers la fin du xu" siècle, Durand, seigneur d'Artias, donne, à Saint-Gilles, à l'occasion de l'admission de son fils Girin comme moine, une rente annuelle consistant en une cuisse de vache, coxam vaxce, imposée sur les prairies des Sagnes, ^ plus le moulin de Vousse et tout le rivage jusqu'au ruisseau d'Orsier,en deçà duquel personne ne peut construire de moulin sans le consentement du prieur (142).

Aux dernières années du xii" siècle. Marcha, dame de Roche, donne au monastère, du consentement de ses fils Ponce, clerc, et Pierre Adhémar, chevalier, à cause de la réception de son fils Odon comme moine, les dîmes du Bois, paroisse de Saint-

Maiirice-de-Roche^ se réservant toutefois de les racheter au prix de trois cents sous ( 1^8) .

Enfin, à la même époque, Ponce, baile de Ventressae, donne au couvent, pour la réception de son frère Hugues au nombre des religieux, iin nias à Sarlanges et un pré à Ventressae (t49>.

Bertrand, seigneur de Chalencon, fait recevoir son fils Police, comme moine au couvent de Saint-Gilles ; à cette occasion, il donne une renie de soixante-dix sous pour le luminaire dans la même église. Au nombre des témoins figurent P. Gaudin, B. Malez et P. Bouchet, moines (248).

Tous ces dons faits au monastère à l'occasion d'admissions de nouveaux irioines ou de sépultures de personnes qui désiraient reposer à l'ombre de son église, n'étaient pas alDsoluihent désintéressés ; il en était bien autrement de ceux dont il nous reste à parler.

Entre 1 184 et 1 190, Francon, abbé de Saint-Chaffre, jugeant que la maison de Confolent serait très utile au couvent de Ghamalières, à cause de l'abondance de poissons qu'elle pourrait lui fournir et de sa proximité relative de ce dernier lieu, tandis qu'elle était trop éloignée du Monastier, la donna du consentement de son chapitre à Pierre de Servissac et à ses successeurs sous la réserve de l'hommage et du cens dus à l'abbé de Saiiit-ChafFre et l'obligation d'y entretenir deux rhoines. En reconnaissance d'un si grand bienfait, le prieur et les religieux de Ghamalières cherchèrent à lui témoigner leur reconnaissance et profitèrent pour cela de la première occasion qui s'offrit à eiix. Pimenta, pâtissier de Saint-Ghafifre, venait de laisser en mourant une fille unique qu'il avait recommandé aux moines de placer comme religieuse dans un couvent. Le monastère de Ghamalières la prit à sa charge, la plaça à l'abbaye de Bellecombe et donna pour son admission trois setiers de blé et deux sous de cens annuel à prendre sur la maison d'Adiac, paroisse de Beaulieu. De plus, les religieux de Ghamalières payèrent les dettes dont était grevée la maison de Confolent et y firent les réparations nécessaires. Le tout leur coûta une somme de treize cents sous. La donation de cette maison faite par Francon fut confirmée par lui

au Chapitre de Chamalières en présence dé Guigon de Roche, de Bertrand de Chalencpn, d'Etienne son frère, de Bertrand de Cairelz et d'Aumar d'Artias (i52).

Vers la même époque, le même abbé de Saint-Chaffre visitant le prieuré de Chamalières, apprit que les moines n'avaient pas de pelisses ou de manteaux d'hiver depuis cinq et peut-être dix ans, et que pendant ce long intervalle ils avaient beaucoup souffert du froid. Compatissant à leurs besoins, il.se préoccupa tout de suite d'y remédier. Ayant donc réuni tous les religieux au Chapitre, il engagea ceux qui, contrairement à la règle, avaient conservé quelque argent, à le donner pour cette œuvre de miséricorde. L'un d'eux, Geoffroy de Roche qui était dans ce cas, donna deux cent cinquante sous. A son exemple, Pierre, prêtre de Chalencon, donna à son lour deux cent cinquante sous. Avec cet; argent, le couvent racheta au prix de cent sous un moulin à Monistrol au cens annuel de deux setiers blé et deux sous. Avec autres cent sous il acheta encore de Ponce Lautard certains droits sur une prairie à Sain t-Privat, lieu détruit,' paroisse de Beauzac, constituant un revenu annuel de dix sous. Le prieur Pierre se servit ensuite des cinq cents sous du prêtre de Chalencon, pour subvenir aux nécessités de sa maison et payer les dettes, à savoir, un mas à Sarlanges, une rente d'un setierde seigle à Fraissonnet, paroisse de Viverols, et les dîmes du Pouyt, paroisse de Chamalières. Il affecta encore cette somme à racheter à l'église de Beauzac tout ce qu'elle possédait au territoire de Confolent en offrandes, dîmes de pain et de vin, s 'élevant à trois setiers de seigle et huit sous. Gomme le couvent de Chamalières avait fait beaucoup de dépenses pour arriver à posséder Confolent, il fut décidé que cette maison lui donnerait à perpétuité trois' setiers de froment et deux sous; que les huit sous qu'elle donnait autrefois à l'église de Beauzac et maintenant à Chamalières seraient affectés à l'œuvre des pelisses. L'acte se termine ainsi : que quiconque, poussé par les furies infernales, osera amoindrir ou aliéner ces dons, soit maudit avec le traître Judas qui se pendit, avec Dathan et Abiron que la

terre engloutit vivants ; qu'il soit condamné comme eux, s'il ne revient à résipiscence, aux tourments éternels. Amen, qu'il en soit ainsi (i53) ! .

Au temps de Pierre de Servissac, entre 1179 et i;<ioo, Pierre de Murs, chevalier, donne à Saint-Gilles tout ce qu'il possède à Montreguerry, paroisse de JuUianges, et reçoit en retour du prieur une somme de quarante, sous (t36).

Vers la fin du xii" siècle, nous ne savons à quelle date bien précise, mais sous le priorat de Pierre de Servissac, le couvent de Chamalières reçoit un grand nombre de donations que nous résumons brièvement. Et d'abord, Guillaume de Rochebaron entretint toujours pendant sa longue existence, dit le Cartulaire, les meilleurs rapports avec le monastère, qui n'avait rien à y perdre. Il lui fournissait, en effet, chaque année, durant le carême, du pain de froment. Sur la fin de sa vie, il donna encore au prieuré, du consentement de ses fils Ponce et Lambert, un mas sis à Florac, paroisse de Rosières, qui rapportait annuellement cinq sous et un setier d'avoine (38).

Aumar, seigneur d'Artias, donne aux moines pour le repos de son épouse Adàugart, un bon repas à prendre au château d'Artias le lendemain de l'octave de Pâques. Gomme, par suite de revers de fortune, le seigneur ne donne plus le repas, son fils Aumar, clerc, le prend à sa charge et pour en assurer le service à perpétuité, il donne, au mas de Roche près Retournac, qu'il a acquis de Régnier, seigneur de Roche, douze jardins produisant chacun une rente annuelle d'un cartal de froment et une géline. Le repas doit se composer de pain, de pois, d'œufs, de poisson, de fromage, de vin et de nectar. Durand d'Artias, frère d'Aumar, ses deux neveux Ponce et Aumar souscrivent cette donation (i38).

Le souvenir de ce repas s'est conservé, dans les traditions locales, mais l'imagination populaire n'a pas manqué de poétiser ce fait assez vulgaire et d'exagérer notablement le nombre des moines, qui ne dépassa jamais le chiffre de vingtsept, même dans les plus beaux temps. Au jour convenu, dit la légende^ les religieux sortaient du couvent l'un après

Tautre, le prieur en tête, gardant tous le plus rigoureux silence. Après avoir franchi la Loire sur le vieux pont, disparu depuis longtemps, qui se trouvait à peu de distance en aval, ils prenaient l'étroit sentier pratiqué dans les rochers qui bordaient la rive gauche et conduisant jusqu'au château, situé à deux kilomètres du couvent. Tel était le nombre des religieux que lorsque le prieur mettait le pied sur le pontlevis du château, le dernier religieux ne faisait que quitter le seuil du monastère. Le repas fini, les moines y rentraient dans le même ordre et avec le même recueillement. Les habitants de Ghamalières et des lieux circonvoisins contemplaient leur long défilé avec une légitime curiosité mêlée d'une pieuse édification.

Moins généreux que les seigneurs d'Artias, dame Gùillemette de Ventressac donne un setier de seigle à prendre annuellement à Tranchebourse, au mandement de Graponne (i4i). BoUerz, chevalier de Chalencon, donne les dîmes de Pravel,' paroisse de Tiranges, consistant chaque année en deux setiers de seigle (i43). Gaucerand d'Artias donne cinq sous annuels à Artias, une chabannerie i^ferme) à Graussac, paroisse de Beauzac, et deux champs à Espalion, paroisse deVorey (i44). Aumar et Elie de Saussac, chevaliers, voulant, à l'approche de la mort, combler de leurs largesses une maison qu'ils ont tant aimée de leur vivant, lui donnent une rente de trois hémines d'avoine, une de froment, une d'orge, trois chapons, deux gélines, quatre sous et une/ojasse de froment au lieu de Gheyriac, paroisse de Rosières, et de plus, un demi-mas au Theil, paroisse de Beauzac (i45). Un jeune homme, Austorge, de Maisonseule, paroisse de Retournac, sur le point de mourir, donne du consentement de ses frères Pierre et Guillaume, une maison et un jardin au cens annuel d'une quarte d'avoine, une géline et six deniers (i46). Humbert de Seneuil, chevalier, donne une appenderie sur le territoire de Voj-ey, produisant un revenu d'une hémine de seigle, une quarte d'avoine et douze deniers (147). Guillaume Ebraud, chevalier, à l'article de la mort, donne soixante sous de cens annuel à Pont- Renard, paroisse de Saint-Pal-en-Ghalencon, un ma? à

Chiseneuye, paroisse de Beaùzac, valant dix marcs d'argent, dix sous à Crémerolles, paroisse dé Bas, douze deniers à Arnoux, paroisse de Beaux, douze. deniers au Mazel, paroisse de Retournac (i5o). Enfin, Hugues Vivace, chevalier, donne

un jardin à Pieyres, paroisse de Ghamalières (i 54).

Guillaume de Rocheharon, puissant seigneur dudit lieu, abandonne au couvent de Ghamalières qu'il a toujours aimé d'une affection particulière, une rente de trois setiers de seigle qu'il possédait par droit héréditaire sur l'église de Graponne (2/1 3). Armand Genzon lègue en mourant tout ce qu'il possède à Baissac, paroisse de Graponne (2/19). Bertrand de Chalencon abandonne le revenu d'un mas sis au même lieu pour un repas que les religieux feront au jour anniversaire de sa mort. Le cens de ce mas consistait, outre quelques setiers de seigle ou d'avoine, en un mouton, un agneau, deux porcs, douze deniers, un pain et une géline. L'épouse de Bertrand et son frère Ponce approuvent ce don (260 ■. Guillaume Saleira donne à Saint-Gilles un mas sis à La Rochette, paroisse de JuUianges (264 V

De prieur de Ghamalières Pierre de Servissac devint abbé clu Monastier-Saint-Ghaffre, le fait est certain ; mais les historiens ne s'accordent pas sur les dates. Le Gallia Christiana et le nouvel éditeur du Cartulaire de Ghamalières (1) donnent cet abbé comme vivant en t 208. « Sous l'abbatiat de Pierre de Servissac, vers 1208, dit Iq Cartulaire, Galbert, chevalier de Mézères, donne à Dieu et à saint Gilles avec son fils M..., comme moine, la garde et tous les droits qu'il exerçait justement ou injustement au Monteil, paroisse de Rosières, plus une appenderie appelée Lardairolenche. n

Le chanoine Ulysse Ghevalier, éditeur du Cartulaire du Monastier (2)^ le fait succéder sur le siège abbatial de ce monastère à Ponce de Ghalencon et le fait vivre en 1206.

(( Un acte du Cartulaire de Chamalières du i"' mai 1206, fait seul, dit-il, un peu de jour sur la personnalité de cet abbé, »

(2) Introduction, p. xxiv.

L'auteur des Notes chronologiques sur les ahbes de Saint- Chaffre le fait succéder à Francon. a Pour combler, dit-il (l)r le vide fait par la mort de Francon, nos Bénédictins élurent Pierre de Servissac, prieur de Ghamalières sous Guillaume de Varcia et son successeur, et il fut remplacé dans sa première dignité par Raymond de Mercœur. C'est par erreur sans doute que le rédacteur du deuxième livre du Cartulaire le fait vivre en 1026 (270-271). />

Nous allons voir le prieuré de Ghamalières poursuivre sous le prieur qui va suivre son développement ascensionnel et progressif, puis rester dans un état stationnaire sous ses successeurs immédiats.

(1) Page 10.

; CHAPITRE vil

Les prieurs, état statiokxaire pu prieuré (1212-1332). — Raymond de

Mercœur ; il reçoit pour le compte de son couvent de nombreuses

donations ; il charge Durand Coiron de continuer la rédaction du

Cartulaire. —Durand Coiron: il transige avec Galbert de Mézères

' au sujet de la garde du château de ce lieu. — Pierre V Aurelle : il

vend la terre de Cambres au mandement d'Argental et acquiesce à

une sentence arbitrale concernant la garde de Conf oient, ■ — Guy

■' de Montlatir. — Gaucelinde Barjac : il passe diverses transactions

, avej l'évêque du Puy, auquel il rend hommage. — Ponce II de là

' Garde : il transige aveo l'évêque du Puy. — Raymond H de

Mostuéjols : il rend hommage à l'évêque du Puy ; il transige par

procureur avec le sacristain du couvent au sujet du pistolère ou

clerc de l'église. — Etienne Hugonet : il transige avec les habitants

de Rosières et avec Bertrand de Plagnol, seigneur dudit lieu ; il

rend' hommage a l'évêque du Puy.

ATMOND I" DE Mercceur, vlngt-umème prieur (i2i2-i2i3), contemporain de Philippe- Auguste, roi de France, « apporta un soin particulier, dit M. Antoine Jacotin (1), à sauvegarder les intérêts qui lui étaient confiés, ce qui inspira à l'un de ses successeurs la pensée d'attribuer à son administration un acte notoirement faux (numéro 3i2 du Cartulairé), mais qlii probablement pouvait utilement servir dans un procès douteux. » Il sauvegarda, en effet, les intérêts de son couvent en recevant en peu de temps un certain nombre de donations et en faisant continuer la rédaction du Çartulaire.

. Kn 12 12, sous son priorat, dame Gironde, son fils Armand

(1) Caftulaire de ChamaUères, introduction, p. v,

et son épouse, donnent du consentement du P. Truch, son mari, et d'Armand, clerc de l'Eglise du Puy, frère de celui-ci, tout ce qu'ils possèdent à Pieyres, paroisse de Chamalières. Le prieur, touché d'une si grande générosité et compatissant aux besoins de ses bienfaiteurs, leur donna en retour mille sous et une rente annuelle de cinq sous à Gheyrîac, paroisse de Rosières. 11 donna encore vingt sous à Gironde, autant à chacun des autres bienfaiteurs du monastère et un marc d'argent à Adhémar de Roche, qui avait usé de toule son influence pour obtenir ce don. Au nombre des témoins de cet acte figurent P. Boucliet, P. de Ghazelles, Odilon de Roche, Nicolas, Durand Goiron, Mathieu, Maurice et Jacques, moines du couvent (i56).

En 12 12 ou 12 13, dame Aëlis de la Mastre donne à Ghamalières tout ce qu'elle possède au lieu de Pieyres. Le prieur, compatissant beaucoup à sa pauvreté et considérant l'utilité de ce don pour sa maison donna quatre livres et dix sous à l'un de ses fils, cinq sous à l'autre et cinq sous à un baile. Les témoins de cette donation furent P. de Glavenas, P. de Ghalencon, P. Bouchet, P. de Ghazelles, Jacques et Géraud de Beaumont, moines (i57).

A la même époque, Armand de Recours donne à Saint- Gilles une rente annuelle de douze sous à prendre sur le lieu de Pieyres ; il reçoit en retour du prieur cinq sous et une charge (asinada) de vin, en présence de P. de Glavenas, de Jacques et de G. de Beaumont, moines (i58).

A la même date, Girin de Lherm, chevalier de Mézères, avait cédé au couvent en s'y donnant comme moine, le fief de Lherm et les dîmes d'Artites ; mais, comme ses fds Austorge, Etienne et Hugues inquiétaient le monastère à cause de cette donation, le prieur leur compta une somme de quarante sous (290).

En 12 13, Guillaume d'Andrable, chevalier de Ghalencon, arrivé au terme de sa vie, donne à Ghamalières pour le repos de son ame, une hémine de seigle a prendre annuellement sur le moulin de Rosier, paroisse de Saint-André-de-Ghalencon, au lieu dit Aspraloïta (i55)*

Faut-il rattacher à Raymond de Mercœur ou à Durand Coiron, son successeur, les donations suivantes stipulées en faveur du monastère? Nous l'ignorons. En toute hypothèse, nous les consignons ici. Le dimanche i5 juillet 12 18, Bertrand du Fieu, chevalier, se fait moine à Chamaliéres. A cette occasion, il donne au couvent une rente de vingt sous pour un repas à prendre annuellement entre les fêles de la Toussaint et de la Saint-André. L'acte est passé dans le cloître, en présence de tous les religieux, de Bertrand et de Ponce, fils du donateur, qui jurent sur les saints Evangiles de tenir cette donation. Au nombre des témoins figurent Ponce, prieur de Saint-Maurice, Adhémar de Roche et Girbert Pelez, chevaliers (280). L'année suivante, Umbert Peitavin, chevalier, se fait moine aussi à Chamaliéres ; il donne au couvent une rente annuelle de vingt sous pour un repas à faire le jeudi avant le dimanche des Rameaux ; plus une hémine de seigle annuellement ; plus, pour une vigne, un cartal de seigle ; toutes ces rentes sont hypothéquées sur ses propriétés du Verl, paroisse de Retournac (28 1).

Telles furent, d'après le Cartiilaire de Chamaliéres que nous traduisons le plus littéralement et le plus exactement possible, les donations faites à son couvent sous le priorat de Raymond de Mercœur. Le zélé prieur ajouta à l'honneur de l'avoir enrichi celui d'avoir travaillé à parfaire son précieux Cartiilaire.

En prenant la direction du monastère, il avait chargé Durand Coiron de poursuivre la rédaction de ce petit volume inestimable pour notre histoire locale, c'est-à-dire d'analyser les vieilles chartes le concernant, et de les classer u à la manière d'un architecte intelligent qui, après avoir jeté les fondements d'une maison, en élève les parois et la toiture (09). »

Voulant en homme prudent, ajoute le rédacteur du Cartulaire, veiller aux intérêts de sa maison ; considérant d'ailleurs que, à cause des guerres et autres calamités de ces malheureux temps, les terres n'étaient plus capables de rendre les cens inscrits dans les cliartes; voyant enfin que

Pierre da Puy, balle du prieuré, parvenu à une grande vieillesse ne pouvait plus lever les rentes sur les montagnes et que, s'il venait à mourir, on n'en saurait pas le détail, il les fait décrire, sous la dictée du bai le, à la suite du Cartulaire, telles qu'on les y voit encore figurer à partir du numéro 334 jusqu'au numéro 337 inclusivement. À la simple inspection des noms de lieux, on voit que par montagnes, il faut entendre principalement tout le plateau compris entre la Loire, l'Ance et l'Arzon (333).

Voilà tous les renseignements que nous avons pu réunir sur le priorat de Raymond de Mercœur et sur le prieuré de Chamalières de son vivant. Parvenu à l'apogée de son développement, notre monastère va se maintenir pendant trois siècles dans un état sensiblement stationnaire en attendant que la commende stipulée par le Concordat de Léon X et de François P'", en i5t6, prépare sa lente décadence et consomme à longue échéance sa i^uine définitive et irrémédiable,

Durand Coiron, vingt-deuxième prieur de Chamalières (122G), contemporain de saint Louis IX, roi de France, fut d'abord simple moine du couvent; il figure en cette qualilé comme témoin de la donation de certaines rentes faite par dame Gironde en 12 12 (i56). En prenant la direction du monastère dans le cours de cette même année au plus tard, Raymond de Mercœur le charge de continuer la rédaction du Cartulaire{ibg). Obéissant ponctuellement a son supérieur, il se met tout de suite à l'œuvre. Son consciencieux travail débute ainsi : « On a énuméré plus haut, dans un volume que nous avons eu la bonne fortune de trouver commencé, les rentes que cette maison (de Chamalières) perçoit sur l'église, le chef4ieu et la paroisse de Rosières ; quant à nous, nous allons exposer dans l'ordre voulu, autant que nos recherches nous le permettront, celles qu'elle possède sur lo lieu, le mandement et la paroisse de Retournac (273).

Il n'apparaît comme prieur qu'en 1226 à l'occasion de la garde du château de Mézères. « Galbert, fils d'autre Galbert, chevalier de Rosières, et Ber. Comarc cherchaient querelle, dit

le rédacteur àvi Cartalav^e, à notre maison; ils ne cessaient de nous molester, nous et les hommes du Monteil, paroisse de Rosières, au sujet de la garde et de la clôture du château Gàlbertenche de Mézères ; ils n'abandonnèrent leurs réclamations et ne nous tinrent "quittes que lorsque Durand Goiron,. notre prieur, eut donné soixante-quinze sous à Galbert luimême, dix sous à P. Hermion, soixante sous et une charge de vinà Ber. Gotearc. Getle transaction eut lieu en 1226, en la fête de saint Philippe et de saint Jacques, c'est-à-dire le i" mai ("271). ».

• Molesté par les seigneurs du voisinage, Durand Goiron réussit riéanmoins'à sauvegarder l'intégrité des possessions deson prieuré. 11 n'en sera pas de même de son successeur qui sera obligé, sans doute pour faire face à > des nécessités urgentes, à aliéner une propriété lointaine à la vérité, mais légilimement acquise et possédée jusqu'à lui sans conteste. Nous né pouvons pas dire que cette aliénation constitue à elle setile la décadence, mais ne la fait-elle pas déjà prévoir?

De 987 à 1226, le Cartulaire de Chamalières nous a fourni à peu près seul l'histoire du prieuré. Notre tâche s'est réduite à ranger les chartes dans leur ordre chronologique, à les traduire et à. les- interprêter à l'aide de la géographie locale et des vieux glossateurs. Dorénavant nous allons puiser dans les monographies locales, dans les archives publiques, dans celles des cures, des àiairies, des particuliers et dans les vieilles minutes des études notariales. Comme nous l'avons fait jusqu'ici, nous prendrons pour guide M. Antoine Jacolin dans son Introduction au Cartulaire.

Pierre V Aurelle, vingt-troisième prieur (i23i), contemporain de saint Louis IX, roi de France, noUs est aussi peu connu qiie son prédécesseur. Il vend, le 18 mars 1281 (ri. st.) au nom de, son couvent, à Artaud Payan, prieur de Saint- Sauveur-en-Rue, au prix de quarante livres viennoises, la^ terre de Gombres, au mandement d'Argental. Le 25 novem-, bre dé la même année, il acquiesce à une sentence arbitrale rendue par Roland, prieur de Saint-Romain-la-Monge, et Durand Goiron, obrier de Saint-GhafFre, entre Pierre Datbert,,

prieur de Confolent, et B. de Rochebaron, seigneur de Beauzac sur la garde de Confolent, les clames tant réels que personnels des hommes et les cens que réclamait ce seigneur, en cas de mariage de sa sœur ou de sa fille, et de nouvelle chevalerie pour lui ou son fils (1).

Faut-il attribuer à Pierre Aurelle ou à son successeur la réception de la donation suivante ? Nous l'ignorons.

Le 29 juin [253, Hérail d'Ariane, chanoine du Pay, fait son testament (2) . Il lègue au monastère de Ghamalières trente sous podiens de rente annuelle que ledit monastère avait achetés en son nom et de ses deniers de Ponce Hermion, chevalier, pour un repas à faire chaque année dans la maison de Ghamalières, et ce pour le repos de l'âme d'Etienne (de Gha- . lencon) de bonne mémoire, évêque du Puy (3], le jour anniversaire de son décès (12 février).

Guy de Montlaur, vingt-quatrième prieur, contemporain de saint Louis IX, roi de France, était issu de la famille seigneuriale de Montlaur W, dont le manoir s'élevait près de la petite ville actuelle de Goucouron CArdèche).

Le 21 septembre 1268, il donne en emphitéose perpétuelle à Jean, Pons et Guillaume André, frères, de Ghamalières, la moitié diï mas d'OUias, lieu détruit, paroisse de Rosières, comprenant des terres cultivées et incultes, des prés^ des pacages et des bois, au cens annuel de trois hémines d'avoine, un setier de seigle, une hémine de froment et cinq sous podiens ; ce mas

(1) A. Jacotin, Cartulaire de Ghamalières, introd.. p. v, d'après le comte de Charpin FeugeroUes et M. C. Guigue, Cartulaire de Saint-Sauveur, charte 101.

(2) A. CiiASSAïKG, Cartulaire des Hospitaliers du Velay, p. 54.

(3) On voit encore les restes de son mausolée dans l'église de Ghamalières.

(4) L'assiette territoriale du château de Montlaur s'étendait sur les diocèses du Pay, de Monde, Viviers et Nîmes. « En Velay, elle comprenait la baronnie de Montbonnet et les châteaux de Mirmande, d'Agrain, de Rochefort, d'Eynac et de Châteauneuf-le-Monastier..., d'après Guy Allard, 900 fiefs relevaient de la baronnie de Montlaur (Ann. de la Société acad. du Puy, xxxiii, p. 176).

fut dès lors appelé du nom des emphitéotes « La Grange des Andrés «. L'acte est passé en présence de Pierre de Montlaur, prieur de Langogne, de Falcon de THerm, prieur de Saint- Maurice, et de Bernard de Combres, baile du monastère (1).

Guy de Montlaur fut très probablement prieur de Ghamalières avant et après 1268. Aussi croyons-nous pouvoir rattacher à son priorat quelques legs stipulés en faveur du monastère, de 1265 à 1279, par divers membres de la noble et puissante famille des seigneurs de Roche-en-Régnier.

Et d'abord Guigon lïl, par testament daté du château d'Artias, le 17 août 1266, lègue deux offices qui seront célébrés tous les ans et à perpétuité dans l'église de Ghamalières, l'un au jour anniversaire de sa mort, l'autre au jour anniversaire de la mort de son père, mais à la condition expresse que ni le prieur ni personne en son nom ne mettra obstacle à ce qu'il soit enterré dans le cimetière des Frères-Prêcheurs, au Puy... Il donne encore soixante sous viennois au même couvent... Il y fonde enfin une chapellenie qui sera dotée par son héritier universel de cent sous viennois de revenu annuel, et dont le chapelain, à la nomination du seigneur de Roche, fera l'office divin dans ledit couvent pour l'âme du fondateur et celle de ses parents (2). Le généreux seigneur ne tarde pas de mourir.

Six ans plus tard, le lendemain de la fête de sainte Lucie, i4 décembre 1271, Jamage de Jaujac, épouse de Guigon IV, teste à son tour et lègue un repas aux moines de Saint- Gilles (3\

, Nous voyons encore Jourdaine de Montlaur, épouse de Guigon m, après avoir sans doute appelé sur le prieuré de Ghamalières, dont un membre de sa famille était prieur, les faveurs de la famille où elle était entrée, lui léguer elle-même quatre repas de vingt-cinq sous tournois chacun, pour son

(1) Archives dép. de la Haute-Loire, série H, f. de Ghamalières. (i) Trbchard duMoljn> Baronnie de Roche-en-Régnier, Documents, p. XVI à XXII, passim, (3) i6î(^., pages 28 et 29.

ârtïie, pour celle de son mari et eelles de leurs enfatils qui y', sont inhumés. Ces enfants qu'çlle ne nomme pas devaient, être Poncet et Dulcie, décédés sans alliance pendant son veuvage. La bienfaisante dame de Roche lègue, encore au même couvent un calice d'argent, de la valeur de cent sous tournois, pour célébrer le saint sacrifice dans la chapelle que feu son mari y a fait construire. Elle veut enfin qu'à son décès ses héritiers donnent pour trois deniers de pain et de ' viande à chacun des pauvres de Ghamalières (l).

Gauceun de Barjac, vingt-cinquième prieur (128^-1 Soo) qui vécut sous Philippe le Bel, roi de France, est appelé dans divers titres Jausserand et Jaucebrun ; il était issu de la maison de Barjac en Vivarais qui possédait dans cette province, outre la seigneurie de Barjac, celles de Pierregourde, de Rochegude et de là Beaume (2).

Le livre « des compositions de l'évêché » du Puy signale, en 1292, une transaction entre l'évêque et ce prieur, concernant ïa justice de Beauzac, et, en 1299, ses droits de franc-' fief sur toute rétendue de son prieuré (3).

, En 1295, le prieur rend hommage à Guy de Neufville, évê^ que du Puy, et lui passe reconnaissance de tout ce qu'il possède au Theil et dans toute l'étendue de la paroisse de Beauzac (M.

En mars et en juillet 1299, intervient entre Jean de Gomi-^ nés, évêqué du Puy, et Gaucelîn de Barjac une transaction dans laquelle « la terre de Chariialières est limitée et confinée avec la terre de Mézères (5) )) .

Le Nécrologe de Ghamalières (6) nous apprend que Gaucelin de Barjac, Gauce//n«5 de Barjaco, mourut le 4 des nones de mai^ mais il ne nous dit pas de quelle année.

(1) Ibid., Documents, Images xxiv à xxxiv, passitn.

(2) D'AuBAis, Pièces fugitives , i. II., Not. du Haut- Vivarais, p. 41.

(3) Arch. ddp. de la Haute Loire, série G., f. de l'Èvêché, 2.

. (4) A. Lascombe, Répertoire des Hommages de V'Evêché du Puy, pages 41 et 130.

(5) Tablettes hist. du Velay, VII, p. 293.

(6) Cartulaire, n° 343. . -. i

PoNciî II DE LAGAi\BE,vingt^slxième prieur de Chafnàlihes'/ contemporain de Philippe le Bel, roi de France, était aussi , prieur, de Confolent. 11 transigeait en i3oi avec Jean de Gomines, évêque du Puy, sur le différend qu'ils avaient au : sujet de la justice haute, moyenne, et basse de Confolent (t),;

Raymond. II, a/ta^, BebnA.iid I*'' de MostuéjolS, de Mos-', taelolis, vlngt-septtèmé prieur (.iSoc)-iS II), docteur es décrets,: contemporain de Philippe le Bel, roi de France, était issu d'une famille noble du Rouergue.: En iSog, il rendait hom-; mage à Messire Bernard de Gastanet, évêque du Puy, .et i reconnaissait sa suzeraineté sur le lieu dé Ghâmalières, le. mas de Las Gosts (Las Gours), le mas des Bayles, le mas de, Piéyres,, le mas des Sagnes, le Village de Ventressaci le mas; du Poyet, la grange des Andrés, le mas de l'Herm, les granges, d'Aiilhac (d'OUias, paroisse de Rosières, ou Aunac, paroisse, de Ghâmalières), de Pécombarde, de Pierre Montagne et de] Guillaume Olivier (^).

Dans le cours de la même année iSog, Raymond de Mostuéjols passé procuration à Jean et à Aymar de la Ghapelle, , lé premier, procureur, tous deux moines du couvent, à Jean Maurin, prêtre, et à Bernard G iraùd, clerc, à l'effet de. le représenter,. en son absence, dans les affaires ou procès de, son prieuré.

Le 8 octobre i3io, l'un de ses procureurs transigeait, en j vertu des pouvoirs qu'il avait reçus, avec un nommé Pierre, Dessimond, relativement au droit de mainmorte que le prieur prétendait exiger sur la succession de Poncette Rochelimagne. Dans cet acte figure Pierre Massalèbre, moine et pitancier du couvent (3).

Le jeudi avant la fête de saint Géraud en i3ii (4;, Frère Aymar de la Ghapelle, comme procureur de Raymond dei

"({)- Archives dép. de la Haute- Loire, série G., f. del'Evêché.'S. ■ (2) A. Lascombe, Répertoire des Hommages de l'Evé'vhé du Puy, p, 130. ,

(3) Arch. dép de la Haute-Loire, f. de l'Evêché et de Chamalières.

(4) L^ fête de saiçt Géraud est célébrée le 13 octobre, ;

Mostuéjols, et Ponce Albert, sacrislaîn et marguillier du couvent, en viennent h une transaction au sujet d'un différend qui existait entre le prieur et ce dernier. Ponce Albert soutenait que le prieur devait pourvoir à la nourriture du clerc ou pistolère, comme à celle de ses autres domestiques, quand le pistolère était présent, et, s'il était absent, à celle de son remplaçant, ainsi qu'il avait été fait de tout temps. Le fondé de pouvoirs du prieur prétendait le contraire. Le sacristain produisit alors les témoignages de Messires Ponce Bonnier et Ponce Peytavy, prêtres, et celui de Mathieu de Rosières. Ponce Bonnier déclare que le prieur est tenu de donner à manger et à boire au clerc ou pistolère et à son remplaçant, à toutes les fêtes solennelles qui ont douze leçons, aux vigiles, octaves, trois' jours des Rogations, aux jours où l'on garnit et dégarnit l'église de courtines, pendant les quatre jours de l'année où l'on fait les chandelles, aux jours de convois ou d'anniversaires généraux, les jeudis et vendredis saints ; le prieur est tenu de fournir au pistolère du pain, de la viande et du vin de la famille ; le témoin ajoute qu'il a été ainsi fait par Gaucelin de Barjac, pendant trente ans ; il le sait d'autant mieux qu'il a été lui-même pistolère. Ponce Peytavy fait une déposition semblable, mais il reconnaît qu'il n'a pas été pistolère. Mathieu de Rosières, qui a été pistolère, fait une déclaration identique. En conséquence, Aymar de la Chapelle déclare qu'il sera fait droit aux réclamations du sacristain.

Il est pris acte de cet engagement dans une charte en forme dressée cinq ans plus tard seulement par Jean André, notaire de la cour épîscopale du Puy, le vendredi après la fête de sainte Marie- Madeleine en i3i6(l).

Etienne Hugonet de Lone, vingt-huitième prieur de Ghamalicres (iSao-iSSa), contemporain de Charles IV le Bel, roi de France, était originaire de Séverac-le-Château, en Rouergues. Il y avait en ce lieu un prieuré qui dépendait de Tabbaye de Saint-Chaflre du Monastier, depuis l'année iio4. Etienne était fils de Déodat Hugonet et de Raymonde

(1) Archives de la famille Lobeyrac, du Puy.

« Hugonette ». Un titre du 1 5 juillet 1 3 lo le qualifie de sacristain de Séverac (1).

Le 17 décembre 1820, il passait, en qualité de prieur de- Ghamalières et de chapelain perpétuel de l'église de Rosières, une transaction avec les habitants de cette paroisse au sujet des dîmes. Cet accord, qui devait être soumis à l'approbation de l'abbé et des religieux de Saint-Chaiïre, devait préalablement être ratifié par tous et chacun des habitants de Piosières qui y étaient intéressés. Le délai nécessaire à cette ratification avait été fixé d'abord au i!i janvier 1821, puis au 2 février. L'abbé Bernard et les religieux approuvèrent la transaction les II et 12 octobre de la même année {-).

Le 17 décembre 1820, après avoir transigé avec tous les habitants de Rosières, Etienne Hugonet passe un accord particulier avec Bertrand de Plagnol de Bosc, toujours au sujet des dîmes. <]elui-ci affirmait en avoir été exempté par Louis IX, roi de France, en 1237, parce qu'un de ses ancêtres avait pris part à la croisade en qualité d'écuyer. Le prieur, trouvant l'exemption assez valable, s'engage à ne plus lui demander dorénavant que deux cartons de froment, mesure de l'Emblaves. De Plagnol se déclare satisfait. Au nombre des témoins de cet accord figurent Ponce Houlie et Jean Lafond, prêtres de Rosières (3).

Etienne Hugonet donne tous ses biens, meuhles et immeubles, le 20 mai iSaS, à son frère Bernard Hugonet, prieur de Saint-Pierre-le-Monastier, au Puy (i). Dans le courant de la même année, il rend hommage à Durand de Saint-Pourçain, évêque du Puy, et lui passe reconnaissance de trois setiers et douze cartons de froment, de quatre setiers huit cartons et demi de seigle, de six ras combles d'avoine, mesure /erra/c de

(l) A. Jacotis, CariuMre de Charimlièref, introd-, p. vi; Cariulaire, n° 343.

f2) Abbé Fraisse, Cartulmre de Cham'alièrcs,p. ii5

(3) Archives dép. de la Haute- Loire, f. de Rosières. — Pièces justificatives, n* 1.

(4) Archives dép. de la Haute- Loire, G. 6, fol, 144.

La Bastide, do sept sols tournois, et deux géllnes de rente qu'il per(;oit au inas appelé d'Aunas, mandement du château do Mé/(!5res (l).

Le 8 lévrier 1327 (n. st.), il promet devant Jean Masse, membre de rolTicialité diocésaine, de tenir compte aux cha-' noines de Saint-vVgrèvc du Puy, des olïrandcs et des droits de> sépulture qu'il devait recueillir au sujet des obsèques de^ Guillaume de Clialencon, seigneur dudit lieu, décédé au Puy dans leur paroisse, et qui, par son testament du 27 avril iSaVi, avait élu sépulture dans le tombeau de ses prédécesseurs, édi^ lié au cimetière de Chamalières (2). Décédé le 8 des ides de février, nous ne savons pas de quelle année, Guillaume de Ghalencon donna au couvent quatre repas et vingt sous tournois. («^). '

Etienne Hugonnet est inscrit dans le Nécrologe de Chamalières au 7 des calendes de février (26 janvier); l'année de sa mort n'est pas donnée. Le rédacteur de ce vieux nécrologe, inséré dans la nouvelle édition du Car tulair e i'i), a Mt suivre son nom de ces deux notes laconiques mais très intéressantes :

« Dom Etienne Hugonet, prieur de ce prieuré de Chamalières, légua en son nom et au nom de Révérend Dom- Héracle, abbé du monastère de Saint-Chaffre, une quarte et quart de seigle, mesure de Rosières, pour l'abbesse de Bellecombe. »

«. Dom Etienne Hugonet, prieur de ce prieuré, légua pour Raymonde Hugônette, sa mère, et pour Déodat Hugonet, son père, deux anniversaires ou repas, pour lesquels il donna trente sous tournois ))

(1) A. Lascombe, Homma</es de l'Eoéché du Puy, p. 130.

(2) Archives djp. <^e la Haute Loire» série 6., f. de rEvôcht'^ . (S) Cartulaire de Chamalières, n° 3^3.

('<) Edition A. Chassaing et A. Jacotin, n" 3 53, repro lii'S^nl Dom EstieDDOt, Antiq . liened. in diœc Podiensi, pp. 213 et ^l-"».

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