‹ Le prieuré conventuel de Chamalières-sur-Loire [microform] ordre de Saint-Benoit, observance de Cluny, dépendant de l'Abbaye du Monastier-Saint-ChaffreChapitre 15 sur 132 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Les Pbieuhs : état statiowaiue du i'Bieubé (133>1433). — Bernard Ifug/onet, prieur de Sainl-Pierre-le-Monastier, au Puy, et de Chamalières, vicaire général de Durand de Saint-Pourçain, évéque du Puy. — Comme prieur de Saint-Pierre-le-MonasUer, il fait réparer l'église de ce nom; il y fonde une vicairie ; il rend hommage à l évéque du Puy : il achète et revend la seigneurie d'Ours-Mons ; sa réputation de sainteté. — Il figure comme prieur de Chamalières dans deux actes de peu d'importance. — ^ Hérail de Joyeuse : procès entre ce prieur et celui de S aint- Etienne- Lardeyrol. — Jean II Faure : il rend hommage à Vévégue du Puy. — Pierre VI dp. Nozières ; il rend hommage aux évéques du Puy ; il afferme une pêcherie sur la Loire dans la traverse Ae la paroisse de Beauzac ; il reçoit divers hommages et fait dresser le terrier du mandement de Beauzac. — Guillaume I^^ Grégoire : il reçoit diverses reconnaissances.

ERNARD HuGO?(ET vlnç i-neuvlèmc prieur de Chamalières (i333-i 33/i), qui vivait sous Philippe VI de Valois, roi de France, était frère d'Etienne Hugonet, son prédécesseur, fils comme lui de Déodat et de Raymonde « Hugonetle », et originaire de Séverac-le-Château, en Rouergue. D'abord religieux bénédictin de Séverac, il fut successif Venient prieur de Saint-Pierre-le-Monastier, au Puy et de Chamalières-sur-Loire, deux prieurés dépendant de l'abbaye du Monastier-Saint-Ghaffre. a Ses prédications populaires, dit M. A. Ghassaihg (^), sa charité et ses vertus lui acquirent une réputation exceptionnelle. Par une charte datée du château d'Espaly, l'évêque Durand de Saint-Pourçain nomma, le

(1) Chroniques de Médicis, II, p. 175, note.

28 mai 1821, ce prieur et l'official Pierre Jacobî, auteur de la Pratique dorée ('), vicaires généraux du diocèse du Puy. »

Lorsqu'il devint vicaire général de l'évêque du Puy, Bernard Hugonet était déjà prieur de Saint-Pierre-le-Monastier depuis l'année 1817 W. Par testament en date du 20 mai i325, son frère N. Hugonet, de Séverac, lui donne tous ses biens meubles et immeubles (3). En qualité de prieur de Saint-Pierrele-Monastier, il rend hommage, en 1828, à Bernard Brun, évêque du Puy, et lui passe reconnaissance d'un curtil, d'une maison et d'une vigne à la Ronzade, près Le Puy, « que tient de lui Andrevet Barthélémy, feutrier, au nom de sa femme W. » C'est encore comme prieur de Saint-Pierre qu'il passe un accord, le 7 octobre i38i, avec l'Université Saint-Mayol, au sujet du paiement d'une rente annuelle jadis léguée à ladite université par Bernard de Castanet, évêque du Puy (5).

Frère Bernard Hugonet aima son prieuré de Saint-Pierre d'une affection particulière, car en attendant de demander d'être enterré dans son église, il la fît réparer, l'orna de son mieux, fonda dans une de ses chapelles une \icairie qu'il dota d'une bonne rente. Médicis, bourgeois du Puy, nous a laissé dans ses Chroniques (6) l'énumération de toutes ces libéralités,

« L'an M. CGC et I le susdit honorable et dévot religieux frère Bernard Hugonet, de Seveyrac, au. diocèse de Rodez, voyant l'église de son prieuré de Saint-Pierre-le-Monastier du Puy,

(1) Pierre Jacobi, d'Aurillac, auteur de h Pratique, avait été officiai du Puy sous les évéques Durand de Saint-Pourçain, Pierre Gogueil et Bernard Brun. Il prenait le titre de legum doctor ou professor. Le livre de ce juriste a eu au xvi* siècle plusieurs éditions. (A.. Chassaing, Chroniques de Médicis, ï, 139, note.) (2) A. Jacotik, Carlulaire de C ham aller es, mtvod., p. vi.

(3) Archives dép. de la Haute -Loire, f. del'Evêché.G. 6, fol. 144,

(4) A. Lascombe, Répertoire des hommages de l'Evéchè du Puy, p. 360.

(5) Archives dép. de la Haute-Loire, i. derEvéché, 6. 5, fol. 28.

(6) Tome II. pages 175, 176 et 177.

qui, par longue saison devant,, avoit esté fabriquée et fondée par révérend Père en Dieu Monsieur Messire Guido, evesque du Puy, laquelle estoit encore à parfaire, c'est asçavoir le voultement qui est du trect(dela travée) qui est de la table des âmes de Purgatoire jusques à la porte de ladite église, et du dessus de ladite porte jusques au couvert de ladite église, ce que à ses seuls dépends fit parfaire et parachever ; et en oultre, fist les deux autels, celluy de la messe perrochielle, et celluy Sainct Sébastien, et le voultement dessus, plus la chappelle Saint Beneict dans icelle église où il est enterré; en trestous lesquels lieux sont ses armes martelées et taillées, lequel porte d'or, à quatre pals de gueules, et ung chief d'azur, à deux estoilles, et ung roch (entre deux) d'or (i). Et en icelle chappelle funda vicarie, et la dota de six livres, lesquelles vouloit estre prises sur les maisons de Jehan Demblarts, sive Codoing, du Puy, sci tuées et assises en la rue de la Oleria, soubs la seigneurie dudit prieur, retenant pour luy et ses successeurs la collation d'icelle, pour estre conférée dumtaxat à aucun religieux dudit Monastier ou autre du Monastier Sainct Ghaffroy, dont ledit prieuré dépend, et qui soit claustrier léans, y aiant habitacion avec les douze religieux, oultre le prieur qui est compté pour deux. Et si celluy à qui ledit bénéfice sera concédé n'est prebstre, pourra icelluy prieur la conférer à autruy. Item, sera tenu icelluy vicaire prier Dieu pour luy, ses prédécesseurs et successeurs, parents et bienfaiteurs et fundateurs dudit monastère, et dire chaque jour dans icelle chapelle l'office des Mortz, et faire ung anniversaire ou retour en ladite église de la somme de vingt solz le jour de sainct Bres (saint Brice, i3 novembre) chacun an, auquel jour son père trespassa, et si ladite feste advenoitle dimanche, que se fasse le sabmedi devant et desditz vingt solz soient distribuez dix solz aux religieux, moynes, prebstres et clercz qui audit anniversaire seront, et cinq solz soient portez par l'église

(1) Pàtlé de.,, et de... au chef de. .. chargé d'un fer de moulin de.», 'accosté dé deux étoilles de.., (Dom Estienkot, Antiq, bénéd. du diocèse du Puy, p. 44).

pour offrir aux messes qui dans icélle église audit jour' se diront, et les cinq solz restaris soient pour le vin que boiront les moynes à leur disner, et si y a restes, soient données aux poures. Laquelle vicarie devront et .pourront conférer ledit prieur et ses successeurs dans ung nioys, et si dans le moyS ne le faict, la pourra conférer l'abbé de Monestier dans ung raoys, et se l'abbé ne le faict, la pourra conférer l'Evesque du Puy dans ung moys, et se l'Evesque ne le faict, observé l'ordre premys, la pourra conférer de rechief ledit prieur. Ce que tout fut auctorisé et approuvé par lesditz monsieur messire Bernard (1), évesque du Puy, et messire Bernard (2), abbé de Monestier : tout ce que dessus instrumenté sus ledit an (3) par maistre Jehan Maselier, notoire. »

Bernard Hugonet, prieur de Saint-Pierre-le-Monastier, devient seigneur d'Ours-Mons près Le Puy en iSàB. A cette date, il achète de Pons Mbnédier, seigneur dOurs, de la licence d'Aymare de la Brosse, femme dudit seigneur, de son fils Pierre, émancipé, tous ses droits sur le lieu d'Ours ; toutes les censives en argent, froment, seigle, avoine, fèves et gélines j la justice haute, moyenne et basse, moyennant trois cenis livres tournois et dix livres pour les joyes. L'acquéreur

' (i) Bernard Brun, évêque du Puy (1327-1342). Note de M. Chassaing.

(2) Sous lépiscopat de Bernard Brun, le siège abbatial du Moniaslier-Saint-Chaffre fut occupé par un abbé du même nom de Bernard ; ce Bernard est connu seulement pour avoir été envoyé, vers 1324y avec l'évéque d'Aleth, par le pape Jean XXII, en ambassade auprès du roi de Litbuanie qui voulait abjurer Tidolâtrie et demandait le baptême {Gall. Christ, t. II. col. 768). Note de M. Chassaiog.

(3) Le synchronisme relevé par notre chroniqueur prouve que cet acte de fondation est bien postérieur à Tannée i301 ; il ne peut être antérieur à 1327, première année de l'épiscopàt de Bernard Brun. D'ailleurs, une reconnaissance consentie le 30 avril 1490 par Jean Bonnefoy, blancbier, indique que cette fondation de .Bernard Ilugooet datait de mai 1331. (Note de M. Chassaing).

aura à payer, chaque année, à réveqûe, quatre /erra/.çd'âvoîne et douze deniers.

Bernard Hugonet achète encore l'année suivante, r32/f, aux fils de Pons Monédier, l'unique prairie qui leur reste à Ours. « Il se place presque immédiatement, dit l'auleur d'une courte notice sur Ours ('), que nous citons textuellement, sous la protection et sous la sauvegarde du roi ; et, pour que personne n'en ignore, à sa requête un sergent vient exécuter cette sauvegarde au village d'Ours, et y apposer un baston : la royauté se fait jour partout et son pouvoir laisse déjà bien au second plan celui des autres seigneurs.

{( Il s'agit ensuite pour Bernard de se conduire en bon et fidèle vassal vis-à-vis de son suzerain : il oITre donc à Bernard Brun qui occupa le siège épiscopal du Puy de 1827 à 1842, de lui prêter-foi et hommage : l'évêque lui assigne, pour ce faire, la prochaine fête de Saint-Michel, et il lui en donne l'attestation escripte en parchemin et passé au chasteau (ïEspaly, "en i328.

« Ce ne fut cependant que deux ans plus tard qu'eut réellement lieu cette cérémonie : i33o.

a Ces indications données, que nous reste-t-il à dire sur l'administration du vénérable Prieur? Bien peu de chose: conflits de juridictions, contestations, procès..., bref, le menu de l'époque.

{( Parfois, entre les deux parties, se dressait un tiers qui mettait les plaideurs d'accord en prenant l'objet du litige, notamment en 1824.

« Certain débat et question s'était élevée au sujet du coudert d'Ours entre Benoît Badafol et Pierre d'Espaly. Chacun d'eux réclamait la juridiction ; le premier pour lui, le second, pour révêque et le prieur : arrivent deux sergents du bailliage qui, pour obvier à scandale, mettent ledit coudert sous la main du roi : i324.

« Il y eut, en i325, quelques excès (l'histoire ne dit pas

(l) Bulletin de la Société Académique du Puy, 2* année, 4901, pages 161 à 163.

lesquels), commis dans le village et forteresse d'Ours, par deux habitants du Puy. Pierre de Mirabel, baillif du village, au nom de l'évêque et du prieur, fit Information et sommaire apprinse contre les coupables.

« Fatigué de ces embarras, excédé de ces complications, Bernard Hugonet vendit la seigneurie à Jacques Rocel en i334, et cette vente fut ratifiée en i337, par l'abbé de Saint-Chaffre, Bernard de Morerio et ses religieux capitulairement assemblés. »

Peu de temps avant d'aliéner la seigneurie d'Ours, Bernard Hugonet était devenu prieur de Ghamalières, sans doute à la suite du décès de son frère Etienne, survenu le 26 janvier i332 ou i333. Il figure en cette qualité dans les deux actes qui suivent.

Le 2 avril i334» Hugues la Guillelmie, bailli pour l'évêque du comté de Velay et de son ressort, du consentement de Bernard Hugonet, prieur de Ghamalières, et de Guigon de Malbosc, prieur de^Saint-Pierre-le-Monastier, vicaires généraux de l'évêque Bernard V Le Brun, consentit à noble Pierre de Mirmande, damoiseau, le bail et nouvelle assence d'un moulin situé au-dessous du château de Cayres et qui, après avoir appartenu à feu Armand Salabrun et à ses hoirs, avait dûment fait retour à l'évêque. Ce moulin appelé actuellement de Trintinhac, était le moulin banal du château de Cayres et de son mandement (1).

Le 6 avril de la même année, Hugues la Guillelmie, agissant encore avec le consentement des deux prieurs de Ghamalières et de Saint-Pierre-le-Monastier, donne en bail emphitéotique à noble Pierre de Mirmande, damoiseau, un autre moulin sis au lieu de Rivets sur le château de Gàyres, moyennant une rente annuelle de trois setiers de blé, mesure de Gayres (2).

« Bernard Hugonet, dit M. Ghassaing (3), fut enterré dans

(1) Archives dép. de Haute-Loire, série G, f. de l'Evêché, 5.

(2) Archives dép. de la Haute-Loire, G, f. de l'E'êché, 53 (Liasse).

(3) Chroniques de Médicis . Il, p. 175, note.

Téglise de Saînt-Pièrre-(le-Monastier) ; jusqu'au siècle dernier, son corps était resté dans un état de conservation parfaite. Ce phénomène, que rapportent Odo de Gissey (D, Théodore Bochard de Sarron (»), Dom Estiennot (3 et le Gcdlia Christiania (4), contribua encore à lui faire un renom de sainteté. Aussi était-il l'objet d'une vénération particulière, et maintes guérisons miraculeuses furent attribuées à son intercession. » Nous ne citerons, entre tous ces témoignages, que celui d'Odo de Gissey, parce qu'il est le plus ancien, a Durand, dit-il, avait pour grand vicaire général au Puy un vertueux religieux de sainct Benoist, appelé Bernard Hugonet, prieur de sainct Pierre le Monastier au Puy, homme bien versé es Droicts, natif de Severac le Chasteau en Roûergue, lequel avait esté auparavant Prieur de Chamalière en ce païs de Velay; d'où il fut appelé au Puy... L'église de sainct Pierre le Monastier ayant esté de longtemps commencée, fut par ce Bernard Hugonet parachevée, ornée de riches meubles, et augmentée de revenus. J'ay veu le corps de ce vertueux Prieur encore tout entier et sans corruption aucune, en une longue caisse de bois, où peu auparavant Monsieur le Prieur Jacques Mondot, docteur en Droit Canon, l'avait relevé du tombeau qui est au-dessous. »

Hkrail DE Joyeuse fut le trentième prieur du couvent de Ghamalièresy sous le règne de Philippe YI de Valois, roi de France. Nous empruntons à M. A. Jacotin ^^) presque toute la notice qui suit :

u HÉRAiL DE Joyeuse (i343-i34/i), d'abord prieur de Saint- Pierre-le-Monastier (6), puis de Chamahères, résidait au château de la Bastide de Virac C7). H soutint, à propos de dîmes,

(1) Hist. de N.-D. du Puy, Uvre III, cb. XVI.

(!) Hîst. de VEgl. angél. de N.-D. du Puy, liv. lïl, ch. VII.

(3) Antiq. bénéd. du diocèse du Puy, pages 44 et 45.

(4) Tome II, Eccl. Anic, coi. 723.

(5) Cartulaire de Chamalières, ihtroduction, p. vu.

(6) Titres des 9 décembre 1339 et 2 février 1340 (d. st.) Arch. de la Haute-Loire, série H, fonds de Saint-Pierre-le-Monastier.

(7) Arrondissement de Largentière,

— toô — -

un procès contre Pierre Pradel, moine de la Ghaise-Dîeu, prieur de Saint-Etienne-Lardeyrol, sur les limites de cette paroisse. Après une longue enquête qui eut lieu le 18 octobre i3/(3, à Rosières, Jean Bonamy, chanoine de Billom, chancelier de l'officialité du Puy et commissaire député par l'évêque Jean Chandorat, détermina les limites en litige, par sentence du 28 mars i344 (n. st ). Dans cette instance, Hérail eut pour procureur Pierre de Monljou, damoiseau et sacristain de Saint- Pierre-le-Monastier, et se qualifiait nobilis, religiosas et potens vir, ce qui prouve son extraction de la grande maison de Joyeuse (i). »

Sous le priorat d'Hérail de Joyeuse, Guigon V, seigneur de Roche, donne au couvent de Chamalières par une clause de son testament du i4 mai i3Zj4, une somme de vingt-cinq livres tournois, à charge par les rehgieux de célébrer chaque année, au jour anniversaire de sa mort, un office de vingtcinq sous tournois, de dire des messes pour le repos de son âme, etc., (2).

Jean II Faure, trente-neuvième prieur de Chamalières, rendait hommage, en ï349, vers la fin du règne de Philippe VI de Valois, à messire Jean de Chandorat, évêque du Puy, pour le lieu de Chamalières, le mas de Las Costs (Las Cours) et ses autres possessions (3). « Le Répertoire des Hommages auquel nous empruntons ce renseignement, dit M. Jacotin W, l'appelle à tort Fabre, la vraie forme de Fabri étant Faure. Celte famille, originaire de Chamalières, est très ancienne. Noble Lancelot Faure était, en 1629 et i535, seigneur d'AUemances (5). Les Faure, en Velay, portaient d'or, à un arbre de sinople (6). »

(1) Chartrier de Chamblas, rouleau sur parchemin.

(2) Tri'chard du Moli>, Baronnie de Roche, Documents, p. xlvu.

(3) A. La s COMBE, Répertoire des Hommages de l'Evêché du Puy y p.l30.

(4) Cartulaire de Chamalières, introd., p. vu.

(5) Chartrier de Chamblas, rouleau sur parebemin.

(6) Le P. Marg-Gilbert de Vareuses, le Roy d'Armes, 2« édit., Paris, 1640.

— loi —

Pierre VI de Nozières, trente-denxihme prieur de Chamalières (1366-1899), conlemporain de Charles V le Sage, roi de France, rend hommage en i366 à Messire Bertrand de la Tour, évêque du Puy, et lui passe reconnaissance des mas de Las Costs (Las Cours), des Bayles, de Pieyres, des Sagnes, de Ventressac, du Poyet, de la grange des Andrés, du mas de L'Herm, des granges d'Aunac, de Pécombarde, de Pierre Montagne et de Guillaume Olivier avec toutes leurs appartenances. L'évêque se réserve toutes les dîmes de Ventressac et tout ce qu'il a perçu jusque-là dans le bois de Granou.

Le prieur renouvelle cet hommage, en i385, en faveur de Bertrand de Chanac, archevêque de Bourges, patriarche de Jérusalem, alors administrateur du diocèse du Puy ; en 1389, en faveur de Pierre VII Gérard, cardinal du titre de Saint- Pierre-ès-liens, vulgairement appelé le cardinal du Puy il).

tt Le 23 mars 1575 (n. st.), dit M. Antoine Jacolin (2), Pierre de Murât, doyen de Bourges, et Beraud du Blau (Blavi), fordoyen du Puy, vicaires généraux de l'évêque Bertrand II de la Tour, et Pierre de Nozières, prieur de Chamalières et de Confolent, arrentèrent à J. Mazel, prêtre, et à J. Chizeneuve, leur vie durant, l'écluse ou pêcherie (de Bareyre) qui se construisait, aux frais communs de l'évêque et du prieur, sur la Loire, aux terroirs appelés à l'ouest Peyregrosse, et à l'est la Rostanheyre. L'entretien de Kécluse restait à la charge des rentiers ; en cas de destruction, elle devait être reiaite par moitié aux frais de l'évêque et du prieur, et par moitié aux frais des preneurs. Le quart des saumons capturés dans l'écluse ou dans les paniers à saumons devait revenir à l'évêque, un autre quart au prieur, et les deux autres quarts aux rentiers, auxquels étaient aussi attribués tous les autres poissons. L'évêque avait le privilège d'acheter aux fermiers de la pêche, à un prix juste et modéré et outre sa propre part, tout

(1) A. Lascombe, Répertoire des Hommages de VEvéché du Puy, pages 130 et 131.

(2j Cartulaire de ChamaHères, introd., p. vn.

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le poisson qui lui était nécessaire (1). Le 2 septembre i38i, sous ce prieur et devant le baiili de Chamalières, Raymond Nicolas rendit compte aux hommes du bourg et du mandement de la taille répartie et recouvrée. sur eux, j)our la réparation de la forteresse de Chamalières, dont on redoutait la surprise par les Anglais. Enfin les 2 et i3 novembre i383, Pierre VI accorda l'investiture à Jean'Cussonels pour fonds de terres sis au terroir de Jussac (2). «

Le dernier jour du mois de février 1396, noble Etienne Vighê, de Chamalières, passe reconnaissance à Pierre de Nozières de divers tènements sis à Granou, au cens de quinze setiers de vin et quatre deniers argent payables à la Saint- Michel (3).

Pierre de Nozières était encore prieur de Chamalières en, 1398. Le 22 octobre de cette année, il charge Pierre de Besses de dresser le terrier et de recevoir les reconnaissances des, habitants du mandement de Beauzac ; il lui adjoint pour ce travail, avec le titre de commissaires, André Pélissier et Vital Fayard, prêtres, Jean Blanchard et Robert Granchamp. Le 1 3 novembre suivant, Jacques Mazel, prêtre, curé de Beauzac, passe reconnaissance au prieur de ses maisons, cours et dépendances, situées près de l'église de ce lieu, au cens de douze deniers tournois payables à la Saint-Michel; il prête serment de foi et hommage en plaçant la main sur la poitrine (4).

Pierre de Nozières était-il encore prieur de Chamalières le II février i4o8? Nous ne savons; en tout cas, à celte date, Roland Bernard était sacristain.

Guillaume I" Grégoire, trente-troisième prieur de Chamalières (1422-1433), contemporain de Charles VII, roi de France, apparaît pour la première fois dans les chartes que nous avons parcourues, le 10 mars 1422. A cette date, Pierre Gou-

(i) Archives dép. de la IJaute-Loire, G, 107 (Liasse).

(2) Arch. dép. de la Haute- Loire , série H, f. de Chamalières.

(3) Acte reçu Vigouroux, notaire.

(4) Archives dép. de la Haute-Loire, série H, f. de ChamaUères.

— io3 —

teyron, de Rosières, lui passe reconnaissance de plusieurs champs appelés des Ghalas, dons Peronis, les Ouches, etc., sous la censive de sept cartonnières et demie de froment et un ras d'avoine.

« Il échangea, dit M. Antoine Jacotin (l), le 17 août i43o, avec noble Gilles Pasturel, de Ventressac, des cens assis sur la borie de Ventressac, tenue par ce dernier en emphitéose du prieuré de Chamalières, et reçut en contre-échange d'autres cens assis à Orsinhac, que Gilles Pasturel tenait en fief du seigneur de Roche-en-Régnier, et promettait d'affranchir, en les remplaçant par une assiette équivalente, selon la coutume du Velay, à arbitrer par Jean du Bois, chevalier C^). n

Le 17 novembre 1482, Raymond Faure, de Chamalières, lui passe reconnaissance de tout son patrimoine consistant en maisons, granges, jardins, champs, prés, vignes, excepté le pré del Pozat^ sous la censive annuelle de dix cartonnières seigle, dix-huit d'avoine, quatre sous et sept deniers argent, une demi-livre de poivre, une géline et demie et quatre setiers de vin. Etaient présentes à cet acte, religieuses personnes Hugues Olivier, aumônier du couvent, Jean Baudoin, moine, et Etienne Ligoys, baile (3).

« Sa mort, dit M. Jacotin W, survint dans les derniers jour s d'octobre i433, car le 2 novembre de la même année l'abbé de Saint-Ghaffre, Bompar, sollicitait de l'évêque Guillaume de Chalencon, la levée de la mainmise sur les biens et dépouilles du prieur de Chamalières, nouvellement décédé. »

(1) Cartulaire de Chamalières, lotrod., p. viii.

(2) Archives dép de la Haute-Loire,, série H, f. de Chamalières.

(3) Minutes de Tourrette, notaire de Chamalières.

(A) Cartulaire de Chamalières, introduction, page viii.

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