CHAPITRE IX
Les prieurs, état stationnaire du prieuré, qui passe en commende (Ii46-1584). — Tandon Gautier : il reçoit diverses reconnaissances. — han lll de Scorailles. — Odon du Bois : les bâtiments de son prieuré sont inondés par la Loire ; il en est expulse par le vicomte de PoUgnac — Antoine de Flaghac, premier prieur commendataire : il reçoit diverses reconnaissances ; il devient d'abord vicaire général, puis abbé de V Ordre de Saint-Antoine de Viennois; il passe im accord avec Lancelot Faure, seigneur d' Alternances ; il afferme aux habitants de La Fayolle le droit de pacage dans la forêt de Gerbison. — Jacques Castrés. — Jeaji IV Jaloux : il permet au sacristain de Chamalières de choisir tel pistolère ou . clerc qu'il voudra, et s'engage à Ventretenir ; il assence un grand bois à G on f oient. — Nicolas 1" d'Emery. — Claude de Montvert : il reçoit diverses reconnaissances.
ANDON Gautier, trente-quatrième prieur de Chamalières, (i446-i/^64), sous le règne de Charles VII et de Louis XI, rois de France, figure, dit M. Jacotin (0, dans des reconnaissances de censitaires du prieuré, s'étendant du II octobre i446 au 3 mars i464 (n. st.).
Le II octobre i446, Jean Margerit, notaire de Chamalières, passe reconnaissance au prieur, en présence entre autres de Julien, bâtard de Mercuret, seigneur du Bouchet, baile du monastère, d'un pré au terroir de Combres limité par la Loire, le village de Combres et le chemin de La Bastide. '
Le 8 août i448, Mathieu Varenne, prêtre de l'église paroissiale de Sairit-Georges-l'Agricol, près Craponne, reconnaît devoir, comme ses prédécesseurs ont du depuis très long-
(1) Cartulaire de Chamalières, introduction^ p. viii.
temps, ab antlquo, à Tandon Gautier, prieur de Çhamalières, vingt-un cartons blé seigle de rente annuelle, payables à la Saint-Michel. L'acte est passé en présence, entre autres, de Pierre Gestier, clerc de Çhamalières, et de Jean Roche, curé de Saint-Pierre-Duchamp.
Le i6 octobre i4Co, Jacques Boyer, de la Mongie, paroisse de Saint-Pierre-Duchamp, passe reconnaissance au même prieur pour divers champs sis audit lieu.
Le 3 mars i464 (n. st.), Pons Pélissier, reconnaît tenir du même, absent, devant M" Claude OUier, son procureur, présent, divers ténements sis à Beauzac (l) .
Jean III de Scora.illes (i474), trente-cinquième prieur, contemporain de Louis XI, n'est connu que par un acte d'investiture passé à Çhamalières, le 17 mai 1474, dont son père, Guillaume de Scorailles, seigneur de Borrein, au diocèse de Rodez, fut témoin (2).
Odon du Bois, trente-sixième prieur, qui vécut probablement sous le règne de Louis XI, gouverna ce monastère (( à une date incertaine, dit M. Jacotin (3), postérieure à i432 et probablement voisine de i48o. De son temps, une crue extraordinaire de la Loire envahit les bâtiments du couvent de Çhamalières et submergea les terriers du prieuré qui fureiit ensuite entièrement perdus, lorsque ce prieur fut violemment expulsé par les gens du vicomte de Polighac, vraisemblablement Claude-Armand XIV, le même qui fit don à Çhamalières, le i"' juin 1487, d'un reliquaire en argent doré et en cristal pour y placer le saint Clou W. »
L'inondation, dont on vient de parler, emporta vraisemblablement l'antique pont, qui se trouvait à peu de distance du
(1) Arch.fdép. de la Haute-Loire, série H, f. de Çhamalières, actes tirés des minutes de Valicon, notaire.
(2) A. Jacotin, Cartulaire de Çhamalières, introd., p. ix. -:-. Archives dép. de la Haute-Loire, série H, f. de Çhamalières. ,
(3) Cartulaire de Çhamalières, introd., p. IX.
(4) Archives dép. de la Haute-Loire, série H, t. de Çhamalières. — Cart. de Çhamalières, n" dU.
couvent, en aval du fleuve. Les derniers vestiges de ce pont, appelé V Arche, parce qu'il ne se composait sans doute que d'une seule arche, ou encore parce qu'une seule de ses arches avait résisté plus longtemps aux crues extraordinaires, ont disparu seulement en 1866, lors de la construction du pont actuel de la voie ferrée, jeté sur la Loire, à la même place.
Odon du Bois vivait-il encore en 1494 ? Nous l'ignorons. En tout cas, le 26 novembre de cette année, « Piere, seigneur du Cortial, baille de Çhamalières », siégeait aux Etats du Velay assemblés à Yssingeaux, et ce « pour Monseigneur le Prieur dudit Çhamalières «.
Antoine de Flaghac, trente-septième prieur (i524), ne fit que passer à la tête de cette maison sous François I*"". M. Jacotin a donné de lui dans l'introduction du Cartulaire ('I) une notice à laquelle nous ne pouvons guère ajouter, mais que nous reproduisons fidèlement. « Antoine de Flaghac fut très probablement après le Concordat de i5ï6, le premier prieur commendataire de Çhamalières. Son nom a été conservé par des reconnaissances du terrier Tourrette, de l'année. i524 (2;. Il était simultanément vicaire général de l'Ordre de Saint-Antoine de Viennois, et fut élu abbé de cet ordre après Théodore de Saint-Chamond, décédé à Nancy, le 28 décembre 1527. Son élection, contestée pendant deux ans, "fut reconnue grâce à l'appui de l'archevêque de Bourges, François de Tourncm, depuis cardinal et premier ministre. Il était encore abbé en i533, année où frère Aymar Falcon, précepteur de Bar-le-Duc, mit sous presse et lui dédia son histoire de l'Ordre de Saint- Antoine (3). »
(1) Page IX.
(2) Arch. de la Haute-Loire, série H, fonds de Çhamalières.
(3) Ordre hospitalier fondé en 1095 par un gentilhomme du Dauphiné, nommé Gaston. En 1297, le Pape Boniface VIII ordonna que les Frères de Saint-Antoine vivraient sous la règle de saint Augustin et prendraient le titre de chanoines réguliers. Les religieux de cet ordre chantaient l'office au chœur et exerçaient l'hospitalilé. La maison-mère était à la Motte-Saint-Didier, au diocèse de Vienne |V. le Père Hélyot, Ilist, des Ordres Monastiques et religieux).
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, Guillaume II de Flaghac, fils de Bernard, trente-huitième prieur de Chamalières (i525-i552), sous François I''" et Henri II, prieur commendataire après le précédent, dont il était sans doute le neveu, figure dans un certain nombre de reconnaissances, dont la plus ancienne remonte au i6 mars i525. A cette date, discrète personne Jacques Margerit et Françoise Margerit, sa sœur, lui passent reconnaissance des maisons, cour, grange et diverses propriétés leur appartenant, à savoir le garayt de Las Gostas, le pré de Largialhas, le Grand Pré, le pré de la Planche, etc., sis au lieu et terroir de Granou, sous la censive annuelle de dix-sept cartons et demi de seigle, neuf de froment, quinze d'avoine, une géline, dix-sept sous et deux deniers argent, payables à la Saint- Michel (1). En 1627, Guillaume de Flaghac fait dresser par Tourrelte le terrier de la seigneurie.
Jean Garteyron, Jacques Deydier et autres, de Retournaguet, passent une nouvelle reconnaissance en faveur du même prieur, le 6 mars 1627, laquelle figure audit terrier.
Guillaume de Flaghac ne résidait pas à Chamalières. Le 23 avril 1628, en son absence, Pierre Rozier, fils de Claude, dous Préaux, paroisse de Beauzac, lui passe reconnaissance, recevant pour lui Bernard de Flaghac, son père et son procureur.
Le 10 mai 1529, Claude Tourton, marchand de Monistrol, reconnaît tenir de Guillaume de Flaghac, « prieur commendataire de Chamalières et de Confolent, quoique absent, avec l'approbation de Bernard de Flaghac, son procureur présent, diverses propriétés sises à Beauzac. — Fait à Chamalières devant le château, présents Antoine du Pont, curé de Chamalières ; frère Jean Advinent, reh'gieux. » — Acte reçu Chanut, notaire royal.
Bernard de Flaghac, alias de Rochebonne, transigea, le 29 mai 1629, au nom du prieur, son fils, avec Lancelot Faure, seigneur d'AUemances.
Comme il y avait différend, dit l'acte que nous analysons.
(1) Archives de Ja famille Gibert, d'Owigp, près Chamalières.
entre Guillaume de Flaghac, prieur, et Laricelot Faure, seigneur d'AUemances, Bernard de Rochebonne, seigneur de Flaghac, père du prieur, disait que son fils, comme seigneur de Ghamalières, avait sous sa directe et justice toutes les terres et propriétés de ce mandement, y compris celles d'AUemances. A ce titre, le prieur avait à bon droit sommé le seigneur dudit lieu de lui passer reconnaissance et de lui payer les arrérages des censives ; il avait même obtenu du sénéchal de Beaucaire et Nîmes, un arrêt en ce sens. De son côté, Lancelot prétendait n'être tenu ni à l'hommage ni à aucune censive.
Il intervint enfin, le 29 mai 1629, un accord entre les parties. Lancelot Faure reconnaît tenir de la directe du prieur les propriétés qu'il possède à Ghamalières et autres lieux sous le cens "annuel de dix cartonnières de blé seigle, dix-huit d'avoine, quatorze sous et sept deniers, une géline et demie, une demi-livre de poivre, quatre setiers de vin ou, à la place du vin, onze sous tournois. Fait à Ghamalières dans la maison dous Queyros, en présence de Frères Pierre du Bouchet, vicaire de la chapelle de Ghalencon, Jean Advinent, religieux du couvent et autres témoins.
Le prieur Guillaume de Flaghac déclare, le 28 septembre i535, que le précédent acte a été réellement passé entre le seigneur d'AUemances et Bernard de Flaghac, son père et son procureur ; il le ratifie donc, à Ghamalières, dans la maison dous Qaeyros, en présence de vénérables personnes Pierre ïourrette, aumônier du couvent et prieur de Saint-Maurice de Roche-en-Régnier (sic)^ Jean Advinent, religieux claustral, Vital Aurelle, clerc, Pierre de Fraisse et Pierre Granouillet d'Yssingeaux, serviteurs du prieur. Actes reçus Tourrette, notaire de Ghamalières (li.
Le 24 mars i533, Guillaume de Flaghac, prieur de Goudet(?) et de Ghamalières afferme aux prudhommes Vital, Pierre, Jean, Simon et Jacques Soulier, de la Fayolle, le pasquerage ou droit de faire paître le bétail, de quelque espèce qu'il soit, sur toute
(1) Archives dép. de la Haute-Loire, série H, f. de Ghamalières.
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La montagne de Gerbison, confinant du levant le chemia des Saignes au Puy, du couchant le commun des habitants de Ventressac, du midi le surplus duditténement, appelé la montagne ou le suc de Gerbison, du nord le bois d'Aymar Gibert et le champ de Jean Pradon. Ladite afferme est consentie au prix annuel pour chacun des preneurs d'un demi carton comble d'avoine, portable au prieur à chaque fête de saint Michel.
Le prieur permet à chacuQ des hommes susdits de défricher la forêt et de l'ensemencer de telles céréales qu'ils voudront, à condition de lui donner le quart de gerbes. Fait à Ghamalières dans la salle du prieuré, en présence entre autres personnes de vénérables hommes Valentin Burdo et Barthélémy Laporte, prêtres et prudhommes (1).
Noble Antoine, seigneur de Ribbes, fait hommage, en i538, à Guillaume de Flaghacet lui passe reconnaissance de quinze setiers de vin, mesure de Ghamalières, et de quatre deniers argent, payables à la Saint-Michel. Acte reçu Tourrette, notaire.
Le i5 avril i546, Antoine de Pieyres, nouveau procureur de Guillaume de Flaghac, accorda à Pierre Rogier le droit de pêcher dans la Loire sur toute l'étendue du mandement du prieuré. Le nom du prieur figure pour la dernière fois dans un titre du 3o avril i552 (2) .
Jacques Castres, alias Ghastrès, trente-neuvième prieur, sous Henri II, roi de France, n'est connu, dit M. Jacotin (3), que par une procuration passée au château de Soubrey, près Saint-Pierre-Salettes, le 24 mars i559 (n. st.) et recueillie dans un registre de Vidal Vacherel, notaire de Roche-en- Régnier (4') .
Jean VI Jaloux (1571), fut le quarantième prieur de Ghamalières. 11 apparaît pour la première fois dans les actes que
(i) Papiers de la famille Arrestail, de la Payolle.
(2) Archives dép. de la Haute-Loire, série H, f. de Ghamalières.
(3) Cartulaire de Ghamalières, introd., p. x, {^) Archives dép. de la Haute-Loire, série H,
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nous avons analysés sous le règne de Charles IX, le 26 avril 1571. A cette date, il passe un accord avec le sacristain du couvent: « Reconnaissant qu'il y a eu de tout temps et qu'il doit y avoir encore en l'église du prieuré de Ghamalières un serviteur du sacristain, vulgairement appelé pistolère; que ce serviteur ou pistolère doit être nourri par le prieur ou bien recevoir de lui une pension convenable pour son entretien ; qu'il doit être capable de remplir sa charge ; considérant que Mathieu Soulier, prêtre de Ghamalières, nommé par lui, ne veut pas remplir cet emploi, Jean Jaloux permet à Jacques Tourrette, sacristain actuel, de choisir pour cette charge qui bon lui semblera ; le prieur s'engage à entretenir le titulaire nommé. Fait en présence, entre autres, de Claude d'Albos, prieur de Saint-Germain-des-Fossés (l). n
Le 19 novembre 1571, dit M. Jacotin<2), Jacques d'Apchon, chevalier de l'Ordre du roi, seigneur et baron de Saint- Germain-des-Fossés, Noailly et Gerzat, averti de la nouvelle accense (ferme) consentie par Claude Dalbos, prieur de Saint- Germain-des-Fossés « comme procureur fondé par vénérable homme messire Jehan Jaloux, prieur pour Ihors du prieuré de Ghamalières et de ses dépendances », en faveur de Jean Marcon, de la Grouleyre, d'un bois sis au terroir de Confolent appelé de Ghambolives, à la censive annuelle de huit cartons de seigle, ratifia ladite accense au profit dudit Marcon. A cette date, Jean Marques, notaire du Puy, était fermier principal et Jean Marcon seus-rentier de Confolent (3).
Nicolas I" d'Emert ou d'Esmert, quarante-unième prieur, écuyer, prêtre, habitant de Saint-Germain-des-Fossés, contemporain de Charles IX, roi de France, « fut pourvu, dit M. Jacotin (-t), du prieuré de Ghamalières, par bref du pape Pie V, du 8 août lôyi. Le 28 janvier 1672, il en prit posses-
(1) Archives de la famille Lobeyrac, da Puy,
(2) Cartulaire de Ghamalières, introd., p. x.
(3) Archives dép. de la Haute-Loire, série E, protocole de Claude Girard.
(4) Cartulaire de Chamalières, introd., p. x.
^îon par son procureur, frère Jacques Tourrette, sacristain, qui se présenta à la porte de l'église Saint-Gilles, à l'heure de la grand'messe ; et de ce requis, frère Barthélémy de Montchalm, vicaire de Ghalencon, assisté des autres religieux, mit ledit procureur en possession réelle « par le bailh du verroilh et ouverture de la porte de l'esglise, sonnement des cloches, bailh du missal, baysement d'autel, serement en forme de religion et toutes aultres solempnités requises en tel faict('). »
Nicolas d'Emery était sans doute encore prieur de Ghamalières le 7 décembre 1572. A cette date^ Frère Jean d'Orvy était aumônier du couvent (2).
Claude de Monïvert, quarante-deuxième prieur (1579), sous Henri III, roi de France, ne fit que passer à la tête de ce prieuré ; il est mentionné dans deux articles du terrier de Claude Girard. Le lô décembre 1679, Charles Manevy, d'Yssingeaux, reconnaît tenir de sa directe diverses propriétés sises au terroir de Meissignac ; le lendemain, 11 décembre de la même année, un nommé Gabriel Gharitat passe aussi une reconnaissance en sa faveur (3).
(!) Archives dép, de la Haute-Loire, série E, protocole de Claude Girard. ^
C^:) Archives dép. de la Haute- Loire, f . de Chamalières. (3) Archives dép. de la Haute-Loire, série H, f. de Chamalières.