CHAPITRE X
Les prieurs coMMENDATAmEs, commencement de décadence (1581-1673). -—Guillaume IIIReymond: il présente un titulaire pour la cure de Saint-Georges-l'Agricol ; il défend son prieuré contre les royalistes pendant les guerres de religion. — Nicolas 11 de Fay de Latour- Maubourg ; il reçoit par procureur divers hommages ; il rend lui-même hommage au seigneur de Roche et à Vévêque du Puy ; il nomme Aymar Gibert, de Pieyres, bailli de Chamalières ; il acquiert le domaine de la Fouillouse ; il siège aux Etats du Velay. — Nicolas III de Combres : il siège aux Etats du Velciy et reçoit diverses reconnaissances. — Jean V de Fay de Latour-Maubourg : il siège aux Etats du Velay ; il voit une partie de la voûte de son église s'effondrer ; il a des procès avec les habitants de Saint-Pierre - Duchamp et de Roche au sujet des dîmes ; il devient abbé de Saint- Vosy, au Puy.
uiLLAUME III Reymond, quarante-troisième prieur de Chamalières (i584) sous Henri III, était bachelier es décrets. II présenta, le lo août i584, François Ayel, prêtre de l'Herm, paroisse de Boisset, à la nomination de l'évêque du Puy pour hr cure de Saint-Georges-l'Agricol, dont il était coUateur, et qui était vacante par suite du décès d'Antoine Ponsier, dernier titulaire (1).
Combien de temps resla-t-il à la tête du couvent ? Vit-il les guerres de religion qui devaient bientôt diviser la France ? Nous l'ignorons. Nous insérons néanmoins ici quelques faits concernant cette période troublée.
En septembre 1694, le roi Henri IV établit à Chamalières une garnison de cinq hommes de guerre à pied, commandés par
(1) Arch. dép. de la Haute-Loire, série H, f. de la Chaise-Dieu, liasse Saint-Georges-rAgricol.
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le sergent Surrel, sous les ordres de M. de Chaste, sénéchal. En novembre et décembre, le sieur La Combe a remplacé Surrel à la tête des 'cinq hommes. Ils sont alors sous le commandement de M. de Chevrières, gouverneur et lieutenant pour Sa Majesté audit pays. Le monastère est ainsi préservé des bandes dévastatrices qui parcourent le Velay (1).
Nous sommes incliné à croire qu'à cette époque le prieuré de Chamalières n'avait pas de titulaire, car il aurait figuré dans les deux actes qui suivent.
Le 3 novembre iôq/j, Frères Claude Dagier, sacristain, Jacques Tourrette et Claude de Villeneuve, religieux, et mèssire Hercule Rogier, curé, tant en leur nom qu'au nom de Frère Bertrand de Leyssac, aumônier, assancent à Aymar Gibert, de Pieyres-IIautes, tout l'arrantement de la pitance du couvent, consistant en rentes, dîmes, droits de lods et tous autres droits seigneuriaux, pour deux années consécutives, moyennant la somme de dix écus sol d'or, chaque année, payable à la Saint-André. Ledit Gibert est tenu, de plus, de fournir les potages des avents et carêmes une fois le jour avec l'huile à ce nécessaire, de fournir aussi l'huile nécessaire pour frire le poisson pour un repas chaque jour. — Acte reçu Girard, notaire de Chamalières (2).
Le 27 novembre de la môme année, les mêmes religieux et Antoine Savel en plus assancent au même Aymar Gibert pour deux ans les apports des obits qui sont dus dans l'église au prix annuel de deux écus sol d'or à chacun des religieux et au curé, au nombre de six, payables moitié à la fête de saint Luc et moitié à lu fêle d'août ; Aymar Gibert prélèvera les obits à ses frais et déjpens. — Acte reçu Girard > notaire de Chamalières.
Quel est le prieur qui a fait construire la maison appartenant actuellement à Victor Terrasson, portant la date iSgG, sur la Loire ? Probablement Guillaume III Reymond, en tout cas, Jean Sabot, procureur du prieur de Chamalières, assarice,
(1) Chroniques du Puy, Mémoires de Jean Burel, pages 387 et 415.
(2) Archives de la famille Gibert, d'Owige.
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le i5 juillet 1697, à Aymar' Gibert, de Pieyres-Hautes, les quarts des entiers revenus de sa métairie de Pieyres pour une année seulement au prix de trois setiers de blé qu'il doit porter au château de Lherm. — Acte reçu Vacherel (1)..
Claude Dagîer, sacristain, et Claude de Villeneuve, que nous avons vu figurer dans plusieurs actes, vivaient encore, le premier, le 2 janvier 1602, et le second, le iG août iSgg.
Antoine Savel était déjà religieux le 12 mars i586 ; il avait alors environ 5o ans.
Nicolas II de Fay de Latour-Maubourg, quarante-quatrième prieur de Chamalières, sous le règne de Henri IV et de Louis XIII « était, dit M. Jacotin (2), le cinquième fils de Jean, seigneur de' Latour-Maubourg, Chabrespine, l'Herm et Saint-Quintin, et de Marguerite du Peloux. Henri IV récompensait volontiers par des bénéfices ecclésiastiques la fidélité et le dévouement de ses partisans. On peut supposer que le prieuré de Chamalières lui fut conféré en rémunération des services que son père avait rendus à la cause royaliste, et de la part que prirent ses frères et lui-même à la malheureuse tentative de la porte Saint-Gilles (au Puy), dans la nuit du 16 au 17 octobre 1694, si funeste à la noblesse du Velay. »
Nicolas de Fay ne réside guère dans son prieuré. En son absence, c'est Vital Blanchon, praticien de Chamalières, qui reçoit les hommages dus au prieur, comme seigneur dudit lieu. Le 3 avril 1698, Jeanne Tranquade, de Chamalières, lui passe reconnaissàSce pour divers tènements sis autour de cette localité. Jean Gibert, de Granou, reconnaît à son tour, le 22 avril de la même année, tenir de sa directe « les bâtiments, fonds, terres, prés, pâturaux, bois, jardins, chenevier, vigne, maison couverte à lauzes, grange couverte à paille » qu'il possède à Granou, sous la censive annuelle, savoir : argent, dix deniers ; seigle, quatre poniadeyres et demie ; vin de pays, trois pots et trois quarts, le tout mesure de Chamalières et payable à la Saint-Michel. Stipulé dans le cloître du cou-
Ci) Archives de la famille Gibert, d'Owige.
(2) Cartulaire de Chamalières, introduction, p. xi,
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vent (0. Le 3i janvier t6oo, les habitants du Vert, paroisse de Bas, déclarent tenir de la directe du même prieur, absent, Messire Jean Sabot, prêtre de Saint-Maurice-de-Lignon, son procureur, présent et recevant pour lui, diverses propriétés sises audit lieu. Le 22 novembre iCor, Gilles Laniel, de Beauzac, Valentin Ghibolon et son gendre Roche, lui passent aussi reconnaissance. Enfin, le 6 janvier 1607, Jeanne Berthon, fille et héritière universelle de feu Laurent Berthon, reconnaît tenir de lui trois maisons et diverses propriétés sises' à Confolent et à Beauzac (0.
En même temps qu'il reçoit les reconnaissances de ses vassaux, le prieur de Ghamalières Nicolas de Fay est obligé à son tour de rendre ses devoirs de foi et hommage à de puissants suzerains, les seigneurs de Roche-en-Régnier et les évêques du Puy.
Les 9 et 28 novembre 1606, il fait hommage de tout ce qu'il tient dans le mandement de Roche et ses dépendances, à messire Annet de Lévy, duc de Ventadour, pair de France, lieutenant général pour le roi en Languedoc... à genoux, les mains jointes entre celles du seigneur, le baisant à la joue (3).
Les 9 janvier 1624, le prieur de Ghamalières passe reconnaissance à Just de Serres, évêque du Puy, d'une pension annuelle de vingt cartons blé seigle, qu'il promet de payer perpétuellement, comme elle a été payée de temps immémo-î rial par les prieurs de Gonfolent aux évêques du Puy (^).
Les archives nous ont révélé un assez grand nombre d'actes accomplis par lui à Ghamalières ; relatons d'abord les moins importants.
Le 20 janvier 1602, Barthélémy Soulier, de la FayoUe, et André Ghalendar, du Tailher, lui donnent quittance d'une
(1) Minutes de Marcellin Torrenc, notaire de Ghamalières. — Archives de la famille Gibert, d'Owige.
(2) Archives dép. de la Haute-Loire, t. de Ghamalières.
(3) Archives da château de Bressey-sur-Tille (Gôle-dOr^. Baronnie de Roche, p. 129.
(4) A. LascombE; Répertoire des Hommages de l'Evéchédu PM«/,p. 130.