‹ Le prieuré conventuel de Chamalières-sur-Loire [microform] ordre de Saint-Benoit, observance de Cluny, dépendant de l'Abbaye du Monastier-Saint-ChaffreChapitre 18 sur 132 · II · texte numérisé non relu

II

somme de vingt écus « sol d'or )), et trente sols qu'il s'était chargé de payer au sieur de Roqueplan, et dont il leur était redevable pour avoir fait la levée des tailles dans le mandement de Chamalières. L'acte est passé en présence d'Antoine FayoUe, curé du lieu (1). Par acte du 26 novembre 1607, il s'engage, au nom de sa communauté, à faire célébrer quatre messes pour le repos de l'âme de sa mère, Marguerite du Peloux, qui avait légué, dans ce but, au couvent une somme de trois cents livres. Les religieux du couvent sont alors Claude Dagier, sacristain, Bertrand de Leyssac, Jadis aumônier, Antoine Savel, vicaire de la Chapelle de Chalencon, Claude de Villeneuve et Vital Blanchon (2). Il transige, le 28 février 161 3, avec Jacques Robert, des Roberts, paroisse de Beauzac. Il afferme, le 3 février i6i4, « les ponhadeyres » du prieuré de Rosières à M. Margerit, curé de ce lieu, à charge par celui-ci de lui fournir annuellement vingt-sept cartons blé froment, mesure de Rosières (3). Le 18 juin 1618, il fait une donation entre vifs à son frère Jacques (.4.).

Passons aux actes plus importants de son administration. Et d'abord, le 19 avril 1606, par lettres datées de Maubourg, il nomme Aymar Gibert, de Pieyres-Hautes, bailli ou châtelain du mandement de Chamalières. Nous reproduisons ces lettres dans toute leur teneur :

« Nous, Nicolas de Fay, prieur du prieuré de Chamalières et de Confolant, scavoir faisons que pour le bon et louable rapport que faict nous a esté de la parsonne de nostre amé Aymar Gibert, du lieu de Pières Haultes, paroisse et mandement dudit Chamalières, et de ses sens, suffîzance, loyaulté, prudhomie et religion catholique, apostolique romayne et de son expériance au faict de pratique, Nous, à ces causes et aultres, avons audict Gibert donné et octroyé, donnons et octroyons par ces présantes Testât et office de baily ou chastel-

(1) Archives de la famille Gibert, d'Owige.

(2) Voir aux Pièces jusiifiGaUves, n° 2.

(3) Archives dép. de la Haute-Loire, série H, f. de Chamalières.

(4) Tablettes historiques du Velay, VIII, p. 507,

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lain en nostre mandement et juridiction dudict Chamalières et ses deppendances que naguyères exersoit feu noble Jean de Beaulx dernier paisible possesseur dudict estât, pour en jouyr par ledict Gibert aux honneurs, proffîcts, prérogatives, préhéminances, droictz et esmolumants audict estât appartenant, et tout ainsin qu'en jouyssoit ledict feu Jeande Beaulx, et vacant par son décès, et mandons à tous qu'il appartiendra, mêmes à nos autres officiers audict mandement qu'ilz le layssentjfassent et souffrent jouyr dudictestat et desproffîcts, prérogatives, préhéminances, droictz et esmolumentz audict estât appartenant et tout ainsin que les autres et précédantz bailys ont acostumé en jouyr de en ce ne luy donner et ne promectre luy estre faict ou donné aulcun troble ou empeschement, car telle est nostre volonté, et ce tant qu'il nous plaira. En foy de quoy nous avons signé ces lettres de nostre main et en icelles mys le seing de nos armes. A Malbourg, le dix-neuviesme jourdu moys d'avril, l'an mil six cens. »

Aymar Gibert prête serment et est mis en possession de sa charge le lundi 24 avril par Vacherel lieutenant, « en la place publicque soubz l'olme entier de la cour (1). »

Le 28 décembre de la même année 1606, INicolas de Fay, « pour avoir payement des arrérages de cens à lui dus par feu Mathieu Longeon, dit le Capitaine Sagesse, et par Charlotte de Gallibert, son épouse, sur les deux métairies du Tailher et et du Vernet ou de la Fouillouse », achète de cette dernière le domaine de la Fouillouse au prix de cinq cents livres tournois. Huit ans plus tard, le 10 décembre 16 14, il l'assance à Agnès ou Anne Soulier, fille d'Etienne, au cens de 3 sols 12 deniers d'argent, 4 cartons demi-pognadeyre de seigle, 3 cartons I pognadeyre d'avoine, 3o pots et demi de vin, une demigéline, deux manœuvres ou pour icelles 1 4 sols, avec entrée de 600 livres tournois. Enfin le dernier août 1624, il reconnaît avoir reçu de Benoîte ou Marguerite Soulier, épouse d'Aymar Gibert, de Pieyres-Hautes, absent, mais Aymar Gibert, leur aïeul, présent, la somme de quatre cents livres, à compte de

(1) Archives de la famille Gibert, d'Owige.

la somme convenue entre feue Anne ou Agnès Gibert et lui prieur, au sujet des entrées du contrat d'assance de la métairie du Vernet ou de la Fouillouse (1).

Les prieurs de Chamalières, comme seigneurs temporels de ce lieu, avaient entrée aux Etats du Velay. Nous voyons Nicolas de Fay siéger en cette qualité aux Etats ouverts le lundi, 17 juin 1624, à 9 heures du matin, dans la salle destinée à leurs délibérations au Puy-en-Velay (2).

Outre Claude Dagier et Claude de Villeneuve, religieux de Chamalières sous le priorat de Nicolas II de Fay, nous en connaissons un troisième. Frère Eymar Savel, déjà religieux lé 3i janvier 1600, rentier des obits du couvent du 21 avril i64q au 9 novembre 1649 ^^^•

Nicolas III de Combres, quarante-cinquième prieur de Chamalières (i633-i64o), contemporain de Louis XIII, assiste en personne à l'assemblée des Etats du Velay, réunie> au Puy le 16 avril i633. Il se fait représenter par Christophe Bertrand, prévôt, qui siège à côté de Pierre Leblanc, chanoine de Notre-Dame aux Etats de l'année suivante, 21 juin i634. lï assiste en personne aux Etats du 8 juin i638 (4).

Trois jours avant l'ouverture des Etats, le 18 juin, le prieur est à Roche-en-Régnier. Il rencontre près de la porte allant au marché, Mathieu Grand, Vidal Chevalier, Jean Pinoncel et Jean Freschet, du village de Leyssac; il profite de cette occasion pour lejir exposer qu'il a le droit de percevoir la dîme charnelle et la dîme à la gerbe sur leur village ; il leur fait remarquer qu'il a envoyé plusieurs fois des exprès, et même le matin de ce jour, Nicolas Gibert, son valet, pour réclamer ces dîmes, qu'ils ont refusé de donner. Il fait constater leur refus obstiné par le ministère de Vacherel, notaire de Roche (5).

(1) Acte reçu Vacherel, notaire de Roche. — Archives de la famille Gibert, d'Owige.

(2) Tablettes hist. du Velay, II, p. 84.

[^) Archives dép. de la Haute Loire, f. de Chamalières.

(4) Tablettes hist. du Velay, II, pages 173, 177 et 204.

(5) Archives dép. de la Haute-Loire, série H, f. de Chamalières.

Le i5 juin i64o, Nicolas de Combres recevait une reconnaissance censitaire de Jacques Rivier (l).

Jean V de Fay de Latour-Maubourg, quarante-sixième prieur de Ghamalières (1642-1673), contemporain de Louis XIV, siégea le 37 juin 1642, en celte qualité aux Etats du Velay (2). Sous son gouvernement se place un fait important, l'efFondrement de la voûte aux deux premières travées du côté de la grande porte d'entrée, mentionné dans la délibération que nous transcrivons.

(( Le mardi 5 février i653, sur la place publique de l'Orme, à Ghamalières, par devant Mathieu Blanc, baile et lieutenant se présentent la majeure part des habitants dudit lieu et paroisse disant que depuis longtemps le couvert de l'église paroissiale étant tombé, la nef et aultels d'icelle auroient esté ruinés, en sorte qu'on n'y auroit pu célébrer la messe, ce qu'auroit occasionné lesdits paroissiens de prier le seigneur prieur et les religieux dudit Ghamalières de permettre au sieur curé de faire les fonctions curiales en un autel de leur église, ce qu'il a fait jusqu'à présent, que le seigneur évesque (3) faisant la visite, a enjoint aux habitants de faire réparer la dite église avec inhibition au sieur curé de faire les fonctions curiales dans ladite église, ensuite de quoi ils délibèrent qu'il doit être fait fond de la somme de cent quatre- vingt livres pour subvenir aux réparations qui seront jugées nécessaires par des maîtres maçons, charpentiers, laquelle somme sera mise entre les mains de Jean Vincent et André Savel pour par eux être délivrée à ceux qui feront lesdites réparations W. »

La voûte de l'église de Ghamalières ne sera refaite, nous le verrons, que deux siècles et demi plus tard.

« En juin 1667, dit M. Jacotin (5), Jean V de Fay plaidait

(1) Ibid., Terrier Cieyssac.

(2) Archives dép. de la Haute-Loire, série C.

(3) Mgr Henri Cauchon de Maupas da Tour, évêque du Puy (1641-1661).

(4) Archives dép. de la Haute-Loire, série H, f. de Ghamalières. (o) Cartulaire de Ghamalières, introduction, p. xii.

devant le sénéchal du Puy contre les habitants de Roche, qu'il accusait de fraude dans la livraison de la dîme à la gerbe (1). )) Nous ne connaissons pas l'issue de ce procès.

Le prieuré de Chamalières avait fourni dans les trois premiers siècles de son existence cinq abbés au monastère de Saint-Chaffre ; plus tard, un abbé à l'Ordre célèbre de Saint- Antoine de Viennois. Cette fois, ce sont les religieux de Saint- Vosy, au Puy, qui viennent y chercher le prieur Jean V de Fay pour en faire leur abbé. Il prit possession de cette nouvelle charge le i3 novembre 1660, tout en conservant celle de prieur de Chamalières (2).

Jean V de Fay avait engagé, nous ignorons à quelle date, un procès contre Jean Aufèves, curé de la paroisse, et contre le syndic des habitants de Saint-Pierre-Duchamp, au sujet des dîmes. Par arrêt définitif du Parlement, du i3 septembre i663, le curé est maintenu w au plein possessoire du dixme des fruits excroissants dans toute l'étendue de ladite paroisse, autre toutefois que du dixme du village deLeyssac appartenant audit prieur », qui est condamné « aux dépens de l'instance envers ledit Aufèves, modérés à quatre cens livres (3). »

Par une nouvelle transaction passée au mois d'août 1668, l'abonnement de la dîme à payer au prieur n fut réglé à la quantité de dix-neuf setiers quatre cartons blé seigle, outre le dixme charnel et la pension du secondaire (vicaire) », que les habitants- s'obligèrent à payer (4,\

En 1678, Jean V de Fay était encore prieur de Chamalières et de Saint-Maurice-de-Roche (5).

Sous ce priorat, nous relevons, à la date du 18 février 1647, le nom de Charles de Fébure, sacristain et rentier des obits du couvent.

(1) Archives dép. de la Haute-Loire, B, dictumsdes sentences de l'année 1657.

(2) Gallia Christiana, II, col. 761.

(3) Archives dép. de la llaute-Loirc , G. 718.

(4) Archives de la famille Cathaud, des Terrasses, paroisse de Saint-Pierre-Duchamp.

(5) Documents particuliers,

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