‹ Le prieuré conventuel de Chamalières-sur-Loire [microform] ordre de Saint-Benoit, observance de Cluny, dépendant de l'Abbaye du Monastier-Saint-ChaffreChapitre 19 sur 132 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Les piueurs commendataires, décadence du prieuré (1674-1718). — Vital de Roux de Revel : il siège aux Etats du Velay ; il reçoit à Chamalières le savant bénédictin Dom Estiennot ; il oblige ses censitaires à passer diverses reconnaissances en sa faveur; il plaide, au sujet des dîmes de Ventressac, de Chamalières, de Rosières et de Changeac, avec les habitants de ces différents lieux. — Personnel du couvent. — Joseph-Vital de Roux Potier : il nomme Henri Bresson bailli de Confolent; il est condamné à payer un dîner aux religieux du Monastier. — Passage à Chamalières de Dom Jacques Boyer, écrivain bénédictin, — Personnel du couvent.

iTAL DE Roux DE Revel, quarante-septlème prieur de Chamalières (i 674-1 700), sous Louis XIV, roi de France, était chanoine de la Cathédrale de Carcassonne, lorsqu'il fut nommé prieur commendataire. Il était connu, de son temps, sous les noms de l'abbé de Revel ou de M. de Montbel. Nous le voyons siéger, le 21 février 1674, comme prieur de Chamalières, aux Etats particuliers du Velay (1). Il se fit représenter aux Etats qui s'ouvrirent, le 7 mars 1689, dans la salle du Chapitre, par Dom Jérôme Sauron, sacristain (2).

« En 1676, dit M. A. Jacotin (3), il reçut à Chamalières, la visite de Dom Claude Estiennot de la Serre, qui préparait ses Antiquitates in diœcesi Podiensl Benedictinœ, et ses Fragmenta Historiœ Aquitinicœ ; c'est là que l'infatigable et savant béné-

(1) A. Jacotin, Cartulaire de Chamalières, introduction, p. xii.

(2) Tablettes hist. du Velay, II, p. 78, note.

(3) Ouvrage cité, p, xii.

dictin eut commutiication de notre Cartulaire, dont il, inséra plusieurs passages dans le premier de ses ouvrages, avec quelques notes chronologiques sur les prieurs, et en fit des extraits utilisés par Du Gange dans son Glossaire. )>

Vital de Roux figure, comme prieur de Chamalières, dans un grand nombre d'actes, ventes, reconnaissances, assances, transactions, concernant son prieuré.

Le 3i mars 1674, il vend à Louis Doupla, maître tailleur d'habits, au prix de cent vingt livres, une maison sise à Confolent, ayant appartenu à Marcellin Filhot, condamné à mort par la Cour de Toulouse, et confisquée au profit du couvent de Chamalières (r?. Le 28 mars 1692, il donne quittance à dame Agnès de Cusson, femme d'André-Dominique d'Apchon, baron de Vaumières, pour des arrérages de censives dus sur le domaine de Saint- Agnat (2).

Le 3i octobre 1688, il reçoit de Pierre Bernard, de Retournaguet, la reconnaissance d'une ponière et demi-quart de seigle pour une terre située au terroir de Changue (3). Le 8 novembre suivant, il reçoit aussi par procureur une autre reconnaissance de Marie Darne, veuve de Claude Maleys, du Chambonnet, paroisse de Retournac, pour une terre appelée La Naute (4).

En 1679, Vital de Roux, habitant Le Puy, gère les affaires de son prieuré par des procureurs. Le 20 juillet de cette année, Pierre Pages, docteur et avocat en la sénéchaussée du Pay, assance au nom du prieur à divers habitants de Leyssac, paroisse de Saint-Pierre-Duchamp, les dîmes à la gerbe de ce village. Jérôme Sauron, aumônier du couvent, agissant en vertu d'une procuration du prieur, assance d'abord, le, 24 mai i683, à André Simond, de Malleys, les dîmes à la gerbe de ce lieu pour neuf ans moyennant le prix annuel de 21 cartons froment et 21 seigle, mesure de Lavalemblavès ; il assance

(1) Archives dép. de la Haute-Loire, série H, f. de Chamalières.

(2) Ibid., série E.

(3) Acte reçu Calhpn, notaire.

(4) Archiues dép. de la Haute-Loire, Lde Chamalières,

ensuite, le 26 février i684j à Mathieu Jury, de Pieyres-Basses, « les revenus des terres quartives que ledit prieur a droit de prendre au territoire de Pieyres-Hautes et Basses, et de Granou, avec les boirades dues auxdits lieux, pour six années consécutives, moyennant vingt trois setiers bon grain, savoir vingt-six cartons froment, un selier orge, et ua setier avoine valant douze ras, et le reste seigle, payables par moitié à la Saint-Michel et à la Noël (1).

Le nom de Vital de Roux apparaît dans une foule de procès qui se terminent quelquefois par des jugements ou encore plus souvent par des transactions. Le 28 juillet 1674, il obtient un arrêt du Parlement de Toulouse qui lui rend les dîmes de Ventressac, perçues à tort pendant quelque temps par les fermiers de Mgr Armand de Béthuné, évêque du Puy. Le 25 dudit mois, il fait signifier cet arrêt à l'évêque, qui reconnaît d'ailleurs sans peine comme bien fondées les revendications du prieur. Cinq ans plus tard, en 1679, il obtient du sénéchal du Puy une sentence condamnant les habitants de Ghamalières à lui payer la dîme de tous les fruits. Le 16 décembre de la même année, les habitants de la FayoUe se départent à son profit d'un procès pendant devant le Grand Conseil ; ils s'engagent, en conséquence, à lui payer la dîme des quatre gros grains, froment, seigle, orge et avoine, le vingtième du via à la côte, plus les arrérages des dîmes et les frais du procès, s'élevant à la somme de deux cent vingt livres ; le prieur les tient quittes des dîmes charnelles et des légumes (2).

Le 4 janvier 1686, Christophe de Fébure, religieux du couvent de Ghamalières, fait signifier à Dom Jérôme Sauron, sacristain, procureur général du prieur Vital de Roux, qu'en vertu des actes de fondation, le pistolère ou clerc de l'église doit être nourri et entretenu aux dépens du prieur comme un de ses domestiques ; que ledit prieur ne pouvant satisfaire à cette obligation, puisqu'il est absent, il paye à cet effet une

(1) Arjhives dép. de la Haute-Loire, série H, f. de ChamalièreSé

(2) Archives dép, de la Haute- Loire, série H, t. de Ghamalières..

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somme de cent livres (l). Nous ignorons quelle suite fut donnée à ces réclamations.

« En 1688 et 1689, dit un collaborateur des Tablettes historiques du Velay (2), messire Vital de Roux, abbé de Revel et prieur de Saint-Gilles, curé primitif de Rosières, plaidait devant le sénéchal du Puy contre Joachim de Montagut, seigneur de Bouzols, à raison des dîmes que le domaine du Monteil, appartenant à la famille de Montagut, devait payer à la gerbe dans la paroisse de Rosières. Les religieux de Ghamalières intervinrent dans cette instance par le ministère de Dom Pierre de Lagrevol, sous-prieur. Les religieux prétendaient être curés-primitifs de Rosières et protestaient contre une composition faite par la famille Montagut, avec messire Nicolas de Fay, précédent prieur.

« En la même année 1688, Vital de Roux, prieur de Saint- Gilles, plaidait aussi devant le sénéchal contre Robert Gay de Plagnol, à raison des dimes que devaient au monastère de Saint-Gilles les domaines de Plagnol et de Charbonnier, sis dans la paroisse de Rosières. Ce procès menaçait d'être éternel. Il durait encore en 1760. »

Le i5 septembre 1692, Dom Jérôme Sauron, agissant au nom de Vital de Roux, passe avec les habitants de Chàngeac, paroisse de Vorey, une transaction portant abonnement des dimes pour leurs terres de Donaze, village alors de la paroisse de Chamalières, situé sur la montagne.

Enfin, le 5 août 1698, Vital de Roux passe un accord avec les habitants de Pieyres et de Granou au sujet du quart des fruits du domaine de la Quartive, lui appartenant. Ils s'obligent à lui payer et à porter à Chamalières, à la Saint-Michel, vingt setiers seigle, deux setiers et demi froment, seize quintaux paille, outre l'argent, le fromage et les boirades déjà stipulés. Il est question dans cet acte des sieurs Pons, sacristain, Usson, sous-prieur. Maltrait, aumônier, Bergounhoux, religieux, et Pierre Beauzac, vicaire de Rosières (3),

(I) Archives de la famille Lobeyrac, du Puy.

(2; Tome IV, p. 484.

(3) Archives dép. de la Haute-Loire, série H, f. de Chamalières»

Yoîci quelques notes biographiques sur plusieurs religieux du couvent de Ghàmalières au temps de Vital de Roux.

1. Dom Jérôme Sauron, sacristain. — Nous l'avons vu gérer les affaires du couvent, en i683, i684 et 1692, comme procureur de Vital de Roux, prieur, et le représenter aux Etats du Velay en 1689. Le 26 mai 1691, il assiste à un mariage célébré dans l'église paroissiale de Ghàmalières. Jean Gibert, hôte, consent un certain nombre d'obligations en sa faveur du 3i décembre 1691 au 16 septembre 1701, s'élevant ensemble à la somme de i65 livres 9 sols 5 deniers. Décédé en 1706.

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