N. Riheyron, aumônier, 7 juillet
6. Louis Parrel de Reyraguet, prieur claustral (3). Il est inscrit pour une pension de 1.400 livres dans l'Etat des menses -
(1) Tablettes hist. du Velay, IV, p. 287.
(2) Minutes de Plagnieu. notaire de Ghamalières.
(3) Voir ci-dessus, p. 148. •
conventuelles, offices claustraux et pensions provisoires dont la gestion est confiée au sieur BoUioud de Saint-Julien, rece-, veur général du clergé (27 mars 1788).
7. N. Lamy. Il est inscrit pour une pension de i.4oo livres dans l'Etat des pensions provisoires ci-dessus.
8. N. de Burine est inscrit pour une pension de i ,3oo livres dans le même tableau.
M'- l'abbé G, Arsac, ancien professeur d'histoire à la. Chartreuse, à qui nous devons les renseignements que nous, venons de donner sur les trois derniers moines de Chamalières, a bien.vouhi nous communiquer encore les notes suivantes :.
. « Le relâchement s'était introduit dans les monastères bénédictins à la suite de la commende. L'Assemblée du clergé de 1765 résolut d'appeler l'attention du Pape sur cet état de choses; elle n'en eut pas le temps. Louis XV par arrêt du 28 mai 1766 nomma une commission chargée de la, réforme : il daignait, disait-il, y faire entrer quelques membres de l'Episcopat. La Commission fut constituée le 3i juillet 1766 : il y avait cinq archevêques, cinq conseillers d'Etat et huit consulteurs. Le principal agent fut Loménie de , • Brienne, archevêque de Toulouse.
« On défendit l'émission des vœux avant 21 ans; on supprima les maisons qui n'avaient pas quinze ou vingt religieux. Les religieux de l'ancienne observance de Cluny furent atteints le 17 octobre 1787. On devait assigner à chacun d'eux une pension sur les revenus de leur monastère respectif; leurs biens étaient mis en régie. Un membre de la Commission des Réguliers récapitula en quelques mots les observations faites par les prélats sur vingt-trois de ces monastères. Les intéressés ne furent pas entendus ; les évêques, presque tous commendataires, étaient à la fois juges et parties. On porta sur Chamalières ce jugement : « La vie des religieux est au moins très inutile. »
« Les commissiaires demandèrent la suppression de neuf monastères sur quatre-vingt-huit, et c'est. en 1788 qu'un arrêt du Conseil défendit aux autres maisons de recevoir des novices.
^ « Jly eut un.règlement définitif des pensions le^ mars 1790.. ,
Première classe, de 21 à 45 ans, 1. 100 livres; deuxième classe, de 45 à 60 ans, i.3oo livres. Dans ce règlement il n'estpas question de Chamalières. « ' ■
Que devinrent l'église, le cimetière, l'enclos, le jardin, les bâtiments et la cour intérieure du prieuré ? Un rapport d'expert fait à propos d'un litige entre des. particuliers qui avaient acquis une partie de ces biens vendus par le tribunal révolutionnaire, donnera une réponse satisfaisante à ceXia question. ,
u Un couvent de Bénédictins était à Chamalières. Les biens de ces moines consistaient, entre autres, en une belle église, en un cimetière, en une vaste basse-cour, en un bâtiment, un jardin et un grand champ. On lit dans les registres des biqns confisqués qui sont déposés aux archives de la Préfecture : « Le 3o juin 1791, devant les membres composant l'administration du district du Puy a lieu la vente d'une maison construite depuis peu, d'un jardin et d'un clos, situés à Chamalières ayant appartenu aux Bénédictins établis au dit lieu, le tout contenant enlour neuf cartonnées, confinant du levant ou d'orient, l'église de Chamalières ; du levant et midi, en pointe, le chemin tendant au moulin ; du couchant, le rivage de la Loire, chemin entre deux ; et de bise, la cour ou place publique, ■"' .
« Ces objets furent vendus au sieur Pages qui de suite mit à sa place le sieur Jean-Paul Maurin aîné, négociant au Puy. On voit clairement que l'administration ne vendit que trois objets, la maison, le jardin et l'enclos ; que l'église, le cimetière et la cour ou place publique furent regardés comme propriété communale, puisqu'ils furent pris pour confins ainsi que les rivages de la Loire.
« Au sud déclinant à l'Est du cimetière se trouve un mur formant comme un rempart d'une élévation de dix mètres, au nord déclinant à l'ouest de là place se trouve un autre mur. Dans chacun de ces murs il y a un portail qu& les Bénédictins fermaient probablement la nuit.
V Le sieur Maurin vendit ces propriétés à M, Barthélémy Çhazal, propriétaire à Ventressac,, maire de la commune. Ce
dernier, suivant des actes notariés qui m'ont été produits, revendit ces objets à divers (0 : doux de ces acquéreurs revendirent la maison et le jardin à des demoiselles qui ont formé un couvent de l'Ordre de Saint-Joseph. L'un des acquéreurs de M. Chazal, le sieur Antoine Maisonneuve, avant de revendre à ces religieuses avait fait construire une grange et une écurie en dehors d'un mur et sur le terrain qui se trouve du côté de la Loire, et qui était occupé par un chemin et par le rivage formant une belle promenade.
« Le bâtiment des moines ne joignait pas l'église dans toute sa largeur, il y avait un espace non bâti, d'une longueur de sept mètres sur quatre mètres de largeur. Sur cet espace, se trouve une petite porte de l'église servant aux Sœurs et au public. Cette porte est presque en face de l'autel et rend l'église très froide en hiver (2). Depuis leur acquisition, les religieuses ont fait établir un escalier sur ce vacant et un appartement au-dessus ; de cette manière leur bâtiment joint l'église dans toute sa largeur. »
L'église de Ghamalières qui, pendant des siècles, avait vu des flots de pèlerins se prosterner devant les reliques de saint Gilles et devant le Saint Clou, ne subit pas le sort des autres propriétés du couvent ; elle ne fut pas vendue. Abandonnée aux prêtres jureurs jusqu'au règne de la Terreur, elle subit, à cette époque, tous les outrages des farouches révolutionnaires qui ne voulurent pas se laisser surpasser par ceux d'ailleurs. Des quatre cloches qui ornaient son magnifique clocher, trois furent données pour la fonte des canons. Une partie du clocher, y compris sa flèche élancée, fut abattue. Les superbes autels qui s'élevaient dans le chœur, dans les chapelles rayonnantes et aux deux côtés du transept, furent
(t) Voir aux Pièces justificatives, n" 10.
(2) M. Brive, ancien curé de Cliamalières, devait acheter plus tard ce terrain aux religieuses de Saint- Joseph pour y construire la sacristie actuelle : réparation très intelligente qui, en débarraS' sant par ailleurs l'église d'un fâcheux appendice, la rendait beau coup plus chaude.
défigurés. Lés débris qui restent en font vivement regretter lia destruction. La chapelle dé Ghalencon, où reposaient un'^ certain nombre de membres de la puissante famille de Ghalencon-Polignac, subit le même sort. ;
Nous dirons, en deux chapitres, ce qu'il reste de ces monuments etj de quelle manière l'église a été restaurée; mais auparavant nous devons quelques mots au couvent des Bénédictines.