CHAPITRE XV
L'Eglise. — Description détaillée. — Critiques auxquelles les réparations ont donné lieu. — Curiosités diverses : Bénitier, autel et porte du XI I^ siècle; — mausolée du XIII" siècle; — echea; — fresques; — un moine et une religieuse bénédictine ; — petits pilastres cannelés ; — cloître ; — inscription de l'ancienne cloche. — Œuvres de MM. Brive et Reymond, curés. — Bienfaiteurs insignes de l'église en ces dernières aimées.
UELQUES hommes compétents, entre autres, MM. Achille Normand (1), architecte, et Francisque Mandet (2), pubhciste, ont décrit minutieusement la belle église de Ghamalières dans son ancien état de vétusté. Nous empruntons à une notice de M. Noël ThioUier (3), publiée après les restaurations, la nouvelle description détaillée que nous allons en donner. Les courtes remarques, la plupart historiques que nous y ajouterons, seront imprimées en italique.
u L'église de Ghamalières est sans contredit la plus intéressante du Velay après la merveilleuse cathédrale du Puy. Il est difficile d'exprimer l'impression qu'on éprouve en pénétrant dans cet édifice. Le jour se répand avec beaucoup d'harmonie à travers la nef et les bas-côtés, tandis que le regard se perd dans l'obscurité qui enveloppe l'abside aux dimensions insolites. C'est, en eff'et, la disposition du chœur qui donne à cette église son caractère à part. Imaginez un vaste sanctuaire à
(1) Annales de la Société académique du Puy, XVIII, pages i06 à
lis.
[t) Histoire du Veldy, VI, pages 331 à 342.
(3) L'Eglise de Chamalières*sur- Loire, Le Puy» Marchessou» 190i.
peine éclairé par de toutes petites fenêtres, couyert d'une voûte en demi-coupole, plus large à la fois que la nef et les bascôtés réunis ; vous reconnaîtrez qu'il était difficile de trouver un plan plus original, et qu'on ne peut guère qualifier de barbare le siècle qui en a vu l'exécution.
« Toutefois nous manquons de renseignements sur la construction de ce remarquable monument. La chronique du Monastier (1) indique bien qu'à l'époque oii elle fut rédigée, c'est-à-dire au début du xii' siècle, il existait à Ghamalières une belle église, mais c'est là un texte vague dont on ne peut guère tirer une conclusion.
« De tous les édifices religieux de l'ancien diocèse du Puy, l'église de Ghamalières est peut-être la mieux conservée ; aucune des réparations qu'y ont effectuées l'administration des Monuments historiques ou d'autres ne l'ont défigurée.
« On constate, au premier aspect, la marque d'une transilion très caractérisée : la nef, les bas-côtés, le transept et la partie inférieure de l'abside semblent dater de la fin du xi" siècle ou du début du xii" ; la partie supérieure du chœur et de l'abside a été remaniée à une date évidemment postérieure.
t La nef se composait de trois travées voûtées en berceau plein-cintre et supportées par des doubleaux. La voûte assez élevée n'était pas contre-butée par celle des bas-côtés ; elle a par suite exercé une forte poussée sur les murs qui ont subi de ce fait une déviation dans leurs aplombs, à tel point qu'elle était tombée, au milieu du dix-septième siècle, aux deux premières travées de la nef. Cette voûte avait été remplacée, sous la direction de M. Brive, curé de la paroisse, par un lambris également disposé en plein-cintre, sur lequel on avait figuré en peinture la continuation de l'appareil.
« Une importante subvention de la commission des Monuments historiques a permis d'en opérer la restauration ; mais l'état des murs latéraux des deux premières travées de la nef était si mauvais que l'architecte a dû renoncer à faire la voûte en pierre ; on l'a reconstruite en briques creuses et ciment
(1) Ulysse Chevalier, Cartulaire du Monastier, pages 57 et £8,