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en deux rouleaux, ce qui né donné qu'une poussée insignifiante.
« Ces restaurations effectuées sous l'habile direction de M. Henri Nodet, architecte des Monuments historiques, viennent de s'achever ; elles n'ont rien enlevé à l'aspect ancien du monument. )> Elles ont coûté environ 66.000 francs entièrement à la charge de l'Etat. Cette somme considérable a été obtenue grâce aux démarches de M. le curé Reymond et de la municipalité, très efficacement appuyées par MM. Claude Bernard, conseiller général du canton, et Charles Dupuy, alors député de la circonscription et Président du Conseil des Ministrès.
« Le doubleau le plus rapproché de l'abside est le seul qui soit ancien, il repose sur des colonnes engagées d'un quart ; son profil est rectangulaire. Les colonnes anciennes du doubleau effondré subsistent avec leurs chapiteaux : l'un aii sud semble représenter Daniel dans la fosse aux lions, l'autre des sirènes ; au nord, l'un est mutilé, l'autre recouvert de feuillages.
« La nef est éclairée sur la façade par une fenêlre en pleia cintre aussi large que la porte (fig. 5). Elle reçoit en outre du jour par six fenêtres placées, trois de chaque côté, dans l'axe transverse des travées ; elles sont toutes encadrées par une voussure en plein-cintre qui repose sur deux colonnettes.
a Trois compartiments d'arête de forme très barlongue recouvrent chaque bas-côté ; ces voûtes appareillées d'une façon parfaite, sont renforcées par de gros doubleaux pleincintre et sans Ornement, qui reposent, eux aussi, sur des colonnes engagées d'un quart et couronnées de chapiteaux à feuillages. Les bas-côtés, de même que la nef, ont une fenêtre sur la façade et une fenêtre par travée, toutes à plein-cintre et à large ébrasement, disposées dans le bas en forme de gradins. Les piliers de la nef sont formes d'un massif rectangulaire, flanqué de quatres colonnes engagées d'un quart. Les chapiteaux, sauf ceux des doubleaux, sont simples et ornés de feuillages. Leur sculpture est en même temps très variée et très originale.
(( Le long de chaque bas-côté régnent des arcades pleincintre sous lesquelles s'ouvrent les fenêtres ; cesarcades, ainsi que les doubleaux latéraux, sont de profd rectangulaire. Les tailloirs des grandes arcades, formés d'un bandeau et d'un eavet, ne font retour ni sur la nef ni sur les bas-côtés. Les bases se composent d'un tore, d'un fdet, d'une scotie et d'un autre tore aplati et tronqué. Les socles qui ont à la nef des dimensions ordinaires, sont élevés au contraire de plus de G m. 06 le long des murs extérieurs des bas-côtés.
« Au pilier le plus rapproché du transept, les colonnes qui supportent les grandes arcades sont plus hautes que les autres, ce qui occasionne une déformation de l'arc, déformation qu'on retrouve dans l'arcade latérale du bas-côté. Peutêtre, voulait-on construire des collatéraux plus élevés. Il nous paraît certain qu'il y eut une interruption dans la construction, car, à partir de là, on remarque intérieurement et extérieurement une différence dans Fappareil ; peut-être enfin, bien que cela paraisse peu probable au premier abord, avait-on commencé l'église par les deux extrémités à la fois, et les interruptions que l'on voit dans les joints, se trouvaient-elles aux points de raccord.
(( L'arc qui supporte le carré du transept, descend plus bas que les doubleaux ; il repose sur des tronçons de colonnes sculptés en forme de tête et qui semblent avoir été taillés après coup. Une des arcades qui font communiquer le carré du transept avec les croisillons, celle du Nord, retombe aussi sur une portion de colonnette portée en encorbellement. Tous les autres arcs de cette partie de l'édifice ont pour pieds-droits des colonnes dont le socle est rectangulaire jusqu'à une hauteur de o m. 85 au-dessus du niveau du sol actuel. Le carré du transept est couvert d'une coupole ovoïde dont le sommet ne dépasse pas le niveau des voûtes de la nef ; les trompes qui supportent cette coupole sont construites en cul-de-four. La portion débordante des bras du transept est assez peu accentuée ; elle n'est marquée intérieurement que par une différence de I m, 5o (fig. 6). Le transept est éclairé sur chaque bras par une haute et large fenêtre; ces deux ouvertures ne sont pas
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placées de façon symétrique. Les chapiteaux de ce transept sont ornés de feuillages ; quelques-uns ont une grosse volute. Sur l'un d'eux, au sud, une statuette se détache du fût de la colonne et semble s'accrocher aux feuilles du chapiteau : c'est là une fantaisie d'artiste rare et curieuse. Les colonnes quj supportent l'arcade par laquelle la nef communique avec le chœur sont très galbées ; l'astragale fait corps avec le fût ; certaines de ces colonnes n'étant pas assez hautes, on a dû les surélever au moyen d'un petit tronc de cône en pierre placé au-dessus de la base.
« Le chœur et l'abside sont sans contredit la partie la plus originale de l'église. Sur le carré du transept et avec une largeur un peu supérieure à celle des trois nefs réunies, prend naissance une petite travée de chœur mesurant une longueur de 5 m. 60. Un arc de décharge est disposé de chaque côté le long du mur ; son cintre est franchement brisé. Un doubleau reposant sur des pieds-droits rectangulaires, surmontés de chapiteaux ornés de feuillages d'une sculpture très plate, sépare le chœur d'une abside de même largeur que lui et voûtée d'un vaste cul-de-four (fîg. 6). Dans les flancs de cette abside s'ouvrent quatre petites absidioles, recouvertes chacune d'une voûte en quart de sphère ; elles communiquent avec elle par un arc brisé et reçoivent du jour par une grande fenêtre plein-cintre.
(( Un autre arc, au cintre légèrement surhaussé, est appliqué sur le mur qui les sépare ; une fenêtre identique à celle qui éclaire les absidioles, s'ouvre au milieu de ces espaces intermédiaires. Toutes ces arcades que nous venons de signaler, reposent sur des colonnes engagées d'un quart, surmontées par des chapiteaux à feuillages. La base de l'une de ces colonnes est décorée au-dessous d'un tore inférieur d'une tête de lion et d'une tête d'homme, d'un beau caractère, formant griffes aux deux angles extérieurs. S'il n'y a pas, à proprement parler, une absidiole dans l'axe de l'église, on doit remarquer qu'il s'y trouve une petite niche prise dans l'épaisseur du mur ; ses dimensions sont assez grandes pour qu'on ait pu y placer un autel. Une corniche sans ornement marque intérieu-
rcment le point de naissance du grand cul-de-four' qui recouvre l'abside, lequel est appareillé d'une façon remarquable. Enfin trois ocuU s'ouvrent en pénétration dans cette voûte.
• « La simple inspection du plan de cette abside (fig. 6) semble indiquer de prime abord que la disposition actuelle n'est pas primitive et que cette partie de l'édifice devait être, à l'origine, pourvue d'un déambulatoire, démoli après coup. Un examen attentif du monument, à l'intérieur comme à l'extérieur, montre qu'en réalité il en a été ainsi. Quoique les reprises aient été faites à l'intérieur avec une rare habileté, il semble que les arcs aigus, existant entre les absidioles, ont été ajoutés après coup pour renforcer le mur et lui permettre de supporter le poids de la voûte dont on le chargeait. Il paraît aussi probable que l'on a entaillé la retombée des arcades entourant les absidioles pour permettre aux arcs ajoutés de venir reposer sur le même tailloir. A l'extérieur surtout, une différence d'appareil, l'arc franchement brisé qui existe dans les arcatures appliquées au second étage, le bel appareil à joints très fins de la partie supérieure, accusent la fin du XII' siècle ; tandis que, dans le bas, les joints plus épais, l'emploi absolu du plein-cintre ou de l'arc brisé à peine sensible et des matériaux de moindres dimensions, seraient un indice du début de ce même siècle.
« A l'extérieur, la partie centrale de la façade, correspondant à la nef, est couverte par une toiture à double pente. Sur cette partie centrale, épaulée de chaque côté par deux gros contreforts rectangulaires amortis en glacis, sont appliquées, près du pignon, trois arcatures inégales en largeur et en hauteur, reposant, à leur extrémité, sur le contrefort, et, dans la partie intermédiaire, sur deux colonnettes. L'arcature du milieu est seule ajourée. Le portail de la façade occidentale est décorée de deux colonnettes supportant les deux tores de l'archivolte qui se termine extérieurement par une gorge ornée de petites sphères. Cette porte a été réparée en 1894 par M. Petitgrand, qui en a conservé la majeure partie. Les bas-côtés sont recouverts d'un toit en appentis ; leur façade occidentale est
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