CHŒUR ET ABSIDE de L'EGLISE DE CHAMALÏÈRES
Etat actuel D'après juic photographie coiuuiuniqiu'e par M. H. Nodcl .
des chapiteaux qui surmontent les colonnettes sont couverts de grands rinceaux analogues à ceux que l'on voit au cloître du Puy. Enfin, le tout est couronné par une corniche reposant sur de curieux modillons formés de têtes grimaçantes ou de feuilles renversées d'une sculpture remarquable, mais pas un seul n'est à copeaux.
Nous ne quitterons pas le chœur et l'abside sans indiquer trois particularités : au sud, le long du chœur, la base d'une des colonnettes qui supportent les arcatures supérieures vient en pénétration dans" la corniche sur laquelle elle s'appuie ; la fenêtre inférieure pratiquée dans Taxe de l'abside a son archivolte ornée d'un ruban plissé et perlé ; au nord, l'archivolte d'une autre fenêtre est décorée de bâtons brisés.
« L'escalier tournant qui conduit au clocher est pris au nord dans l'épaisseur du mur, un peu en avant du carré du transept ; il est très étroit. L'ancien clocher avait été en partie démoli, et avait perdu tout son caractère; c'était une tour rectangulaire bâtie sur la croix du transept. Des personnes encore vivantes à Chamalières ont pu le voir avant sa démo- . lition et il existe, dans l'intérieur de l'église, plusieurs petits pilastres cannelés qui pourraient provenir de cet ancien clocher. Il semble que cette démolition ait été nécessitée par l'état d'écrasement de deux des piliers, qu'on a été forcé de reprendre depuis leur base. En effet, si le chœur et l'abside de Chamalières sont bien construits, la partie ancienne (la nef, les bas-côtés, le transept et le clocher) l'était aussi mal que possible. La reprise des piliers a montré que le noyau, en opus incertum, était mal serré, que les moellons y avaient été jetés et non posés, puisqu'on les a rencontrés fichés par la pointe dans des amas de mauvais mortier. La charge du clocher s'était donc portée en entier sur les parements en pierre de taille qu'elle avait écrasée à la longue, le cœur ne travaillant pas.
« L'ancien clocher avait donc été démonté pour soulager les piliers qui s'écrasaient et qu'on ne voulait pas ou ne pouvait pas reprendre. Ce clocher a été rebâti d'après les dessins de M, Nodet : il comprend deux étages avec quatre baies étroites
au premier et deux plus larges au deuxième, toutes en plein cintre. Il produit un excellent effet. Le coq qui surmonte ce clocher, en bronze fondu et non martelé, est une œuvre d'art remarquable, et présente tous les caractères du xn° siècle. Il nous était parvenu intact, sauf la queue réparée en fer au xvi° ou au xvn° siècle. Il a été lui aussi restauré avec soin (fig. 12).
u L'église de Chamalières était recouverte de grandes pierres plates reposant directement sur le rein des voûtes. Pour donner à la toiture des bas-côtés une inclinaison, suffisante on avait disposé sur la partie qui devait être la plus élevée une certaine épaisseur de terre ))
Les restaurations de l'église de Chamalières ont été assez vivement critiquées par un homme certainement compétent, M. André Hallays, rédacteur au Journal des Débats dans deux articles parus l'un dans ce journal (1'' août 1902), l'autre dans le journal La Haute-Loire (23 octobre 1902).
Le distingué critique parisien n'avait pris, croyons-nous, de notre monument historique, qu'une connaissance hâtive et superficielle ; aussi souscrivons-nous sans réserves à la réponse à son premier article, émanée d'un connaisseur et basée sur une étude plus sérieuse et plus approfondie, reproduite par La Haute-Loire, dans son numéro du 30 septembre 1902.
Les points critiqués, y lisons-nous, sont les suivants :
(( 1° Les joints saillants.
« 2° Les pierres dont on a recouvert les absidioles.
« 3° La voûte en briques avec imitation d'appareils en pierre.
« 4° Le clocher à deux étages.
« Joints saillants. — On en retrouve dans un grand nombre d'édifices romans de l'Auvergne et du Velay, sur les parties qui ont été défendues par des meubles ou constructions adossées après coup ou sous des enduits de mortier. Si donc ces joints étaient bons autrefois, ils le sont encore aujourd'hui ; ils ont, de plus, le grand avantage, sur des murs dont les pierres sont usées aux arêtes, comme c'est le droit des vieilles pierres, de ne pas empâter l'aspect des parements et de faire ressortir les variations de l'appareil, variations (jui donnent
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