‹ Le prieuré conventuel de Chamalières-sur-Loire [microform] ordre de Saint-Benoit, observance de Cluny, dépendant de l'Abbaye du Monastier-Saint-ChaffreChapitre 32 sur 132 · COQ SURMONTANT LE CLOCHER DE CHAMALIÈRES · texte numérisé non relu

COQ SURMONTANT LE CLOCHER DE CHAMALIÈRES

Diaprés un document communiqué par M, II. Noâct.

tant de charme et d'imprévu aux macjonneries du moyen âge. A Chamalières, ces joints sont tout battant neufs, il faut attendre qu'un peu de patine ait adouci le contraste.

(( Ahsidloles. — Une photographie prise au cours des travaux après l'enlèvement des lozes, montre une partie des dalles en pierre encore en place. En découvrant les autres ahsidioles, il a été trouvé suffisamment de pierres anciennes pour refaire en entier la couverture de Tune d'elles,

(( En présence delà découverte de la couverture primitive dont le bandeau saillant laissa.it soupçonner l'existence fune autre photographie, prise avant le commencement des travaux l'indique), que fallait-il faire ? Recouvrir de lozes une disposition curieuse, jeter aux gravois les vieilles pierres } Evidemment non 1 La solution adoptée s'imposait d'elle-même.

(( Voûte en briques. — Deux travées de la voûte primitive de la nef s'étaient écroulées et avaient été remplacées par un plafond en planches. En sondant les murs gouttereaux on s'est aperçu qu'ils étaient déversés, hourdés en terreau centre et en mauvais mortier sur les bords, ce qui explique l'écroulement de la voûte.

u Pour rétablir cette voûte en pierre, i\ fallait reprendre en entier les murs latéraux qui devaient la supporter : mais c'était une grosse dépense, dépassant de beaucoup les ressources réunies et hors de proportion avec le but à atteindre. On s'est contenté d'une voûte légère ne poussant pas les murs au vide et bien suËBsante pour abriter la nef : d'où un enduit pour masquer les trous de la brique creuse et un badigeon avec faux appareil.

« Clocher. — L'ancien clocher avait été démoli Jadis, parce qu'il écrasait de son poids les quatre piles de la croisée, assez mal maçonnées comme tout le reste de la primitive église, le clocher était donc écrasé à la hauteur des chapiteaux du premier rang de colonnettes et, sur cette arase, on avait étabh, en pierres sèches, provenant de la démohtion et parmi lesquelles on voyait des fragments sculptés, une surélévation d'un mètre cinquante, qui avait permis de suspendre la cloche. Ce n'était pas un clocher, mais un moignon de clocher,

u Restaurer un monument c'est lui permettre de résister de nouveau pendant une longue période, sans qu'il y ait à y revenir, surtout dans les parties hautes : c'est pour ce motif que le clocher a été rétabli, la hauteur des huit colonnettes conservées dans les angles, et leur écartement ont guidé pour le premier étage, car ils ne permettaient pas une autre solution ; et, pour le deuxième étage, on s'est inspiré des clochers romans de la vallée de la Loire, de celui de Retournac, notamment.

(( Le nouveau clocher est-il trop élevé ? l'avis des habitants de Chamalières serait plus précieux que celui du touriste qui passe.

« Jamais il n'est venu à la pensée de l'architecte de modifier l'éclairage du chœur ; c'eût été modifier un caractère essentiel de la partie de l'église qui offre un intérêt considérable et voici pour quelle raison.

« L'histoire de notre architecture nationale n'est pas autre chose que la recherche, par des générations d'architectes, d'édifices de plus en plus vastes, mieux voûtés et mieux éclairés. Ils se fichaient du « jour mystérieux » allant en diminuant et visaient à permettre aux gens de voir clair, à équilibrer les poussées des voûtes, à économiser la pierre, etc. Ces problèmes se posaient chaque fois qu'il devenait nécessaire d'agrandir une église, le seul édifice où les populations pouvaient alors se réunir.

(i Chamalières avait primitivement une église à trois nefs avec transepts, abside et absidioles terminant les bas-côtés. Pour l'agrandir, l'architecte a construit un vaste chœur par dessus les trois absides plus anciennes qui furent ensuite démolies : il p'a pas osé toutefois affaiblir les murs par de trop grandes baies. »

L'église de Chamalières, bien restaurée, malgré les affirmations contraires d'une critique superficielle possède plusieurs objets présentant un réel intérêt.

I . Bénitier. — Le remarquable fragment archéologique du Xi" siècle que l'on appelle le Bénitier de Chamalières, placé aujourd'hui en face de la grande porte d'entrée, se trouvait

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autrefois près da grand autel, du côté de l' Evangile : il mesure exactement 1 m. 20 de hauteur sur m. fiU de largeur. Il servait probablement de support au cierge pascal, comme le fait supposer une tige de fer brisée, que Von remarque au fond de la vasque servant à contenir l'eau bénite (Cig i3).

« Toutes les œuvres de cette époque, a-t-on dit, étaient symboliques et exprimaient une. idée. L'idée qu'a voulu rendre le sculpteur sur ce fragment de pierre est l'idée de l'église et de son fondateur.

«Nous y voyons, en effet, représentés : DatuV/ revêtu de son vêtement royal, avec sa harpe, chantant dans ses psaumes l'Arche d'Alliance, figure de i'Eghse fondée par Jésus- Chri st ; -Sa/pwo/i, le constructeur du temple consacré au yrai Dieu, facile à.reconnaître à son sceptre surmonté d'un cœur et d'une croix; du côté opposé, les deux statues d'/^aïe, annonçant aux générations futures le caractère du Christ fondateur de la véritable Eglise,. et de Jérémie, dont la figure austèsre et la longue barbe indiquent la tristesse du chantre inspiré des malheurs du temple de Jérusalem et du fondateur de rEglise. » . .

(( Ces quatre statues supportent une tour munie de quatre contreforts, figures des quatre marques de la véritable Eglise, fondée par Jésus-Christ, propagée par les Apôtres, et gouvernée par l'adorable Trinité. Enfin, la tour inexpugnable de l'Eglise est dominée par le Cierge pascal, qui représente Jésus, la véritable lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde W.n

.2. Autel DU xii^ siiîgle. — On en voit quelques [fragments coritre le collatéral nord, entre autres le support, décoré sur le devant de deux arcades en plein cintre et d'une seule sur chaque côté: L'archivolte de ces arcades est ornée de fleurettes;: dans les écpinçons subsistent encore des traces de

(1) Abbé CnkmiEK, ouvrage cité, pages 48 et 49. — La tête de Salomon a été refaite sous la direction de M. l'abbé Chabrier par un Ouvrier du pays, M. Michel Soiignac, de Roche; d'après une gravure d'un vieux missel.

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autrefois près du grand autel, du coté de rEoamille : il mesure exactement i m. 20 de hauteur sur m. 'l'i de larcjcur. Il serviait probablement de support au cierge pascal, comme le fait supposer une tige de fer brisée, que l'on remarque au fond de la vasque servant à contenir l'eau bénite (Tig t3),

« Toutes les œuvres de cette époque, a-t-on dit, étaient symboliques et exprimaient une idée. L'idée qu'a voulu rendre le sculpteur sur ce fragment de pierre est l'idée de l'église et de son fondateur.

« Nous y voyons, en effet, représentés : DaiuV/ revêtu de son vêtement royal, avec sa harpe, chantant dans ses psaumes l'Arche d'Alliance, figure de l'Eglise fondée par Jésus-Christ ; Salomon, le constructeur du temple consacré au vrai Dieu, facile à reconnaître à son sceptre surmonté d'un cœur et d'une croix ; du côté opposé, les deux statues d'Isaïe, annonçant aux générations futures le caractère du Christ fondateur de la véritable Eglise, et de Jérémie, dont la figure austère et la longue barbe indiquent la tristesse du chantre inspiré des malheurs du temple de Jérusalem et du fondateur de l'Eglise. ))

« Ces quatre statues supportent une tour munie de quatre contreforts, figures des quatre marques de la véritable Eglise, fondée par Jésus-Christ, propagée par les Apôtres, et gouvernée par l'adorable Trinité. Enfin, la tour inexpugnable de l'Eglise est dominée par le Cierge jDascal, qui représente Jésus, la véritable lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde (l). »

3. Autel du xif siècle. — On en voit quelques |fragmenls contre le collatéral nord, entre autres le support, décoré sur le devant de deux arcades en plein cintre et d'une seule sur chaque côté. L'archivolte de ces arcades est ornée de fleurettes : dans les écoincons subsistent encore des traces de

(1) Abbé CiiABiuEii, ouvrage cité, pages 48 et 49. — La tête de Salomon a été refaite sous la direction de M . Tabbé Chabrier par un ouvrier du pays, M. Michel Solignac, de Roche, d'après une gravure d'un vieux missel.

peintures, têtes d'anges, etc. La dalle elle-même mesure o m. 95 de largeur sur o m. 62 de profondeur ; sa décoration paraît dater de la fin du xii" siècle ; elle repose aujourd'hui sur des colonnettes avec chapiteaux qui semblent être du xni" siècle. Sa hauteur, y compris les colonnes et leur base, est de o m. 25 ; au dessus de cet autel on a placé un bas-relief représentant saint Pierre tenant une clé d'une main et un livre de l'autre,

3. Porte du xn^ siècle. — La porte primitive en bois de l'église existe encore. Restée en place jus qu' en 1892, elle fut alors remplacée par une porte moderne et déposée à l'intérieur de l'église. Elle consisie en une série de planches jointives et reliées entre elles par des pentures de fer : sur le côté extérieur des planches sont sculptés des sujets en faible relief, offrant cependant beaucoup d'intérêt (fig. i4).

Cette porte est rectangulaire : elle mesure 2 m. 5o de largeur sur 4 m. 10 de hauteur, et semble être en bois de sapin. Le bas en est brisé et on y a rajouté après coup un panneau moins large. On y remarque à l'extérieur, une large bordure formée d'entrelacs, se terminant par des feuilles. Le tout était peint, et, dans les parties hautes protégées par le cintre en pierre de la porte, les couleurs sont encore assez vives : le fond est en vermillon ; les rinceaux, l'un peint en bleu, l'autre en rose, sont sculptés en bas-relief. Les contours des feuilles sont cernés, les bleus de noir, les roses de blanc. Au pourtour extérieur règne une bande en bois avec clous

Cette bordure est analogue sur les deux vantaux ; le reste de leur ornementation diffère un peu. Chacun d'eux est divisé en quatre tableaux. Dans le haut, c'est une croix non pattée aux quatre branches égales, ornée de cinq disques hémisphériques saillants. On y reconnaît la couleur verle. Le fond est décoré d'entrelacs et de sculptures. Dans le bas, au vantail de gauche, c'est un centaure, ou plutôt le sagittaire et un aigle : à celui de droite, un lion ailé à queue retroussée et un oiseau avec queue de lion.

Au dessous, on remarque deux guerriers à cheval croisant leur lance, Plus bas encore, on voit une bande horizontale

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