‹ Le prieuré conventuel de Chamalières-sur-Loire [microform] ordre de Saint-Benoit, observance de Cluny, dépendant de l'Abbaye du Monastier-Saint-ChaffreChapitre 34 sur 132 · ALLELUIA, RESURRIXIÏ SICUT DIXIT, ALLELUIA · texte numérisé non relu

ALLELUIA, RESURRIXIÏ SICUT DIXIT, ALLELUIA

ORA PRO NOBIS DEUM ALLELUIA (l)

ï74t B. SEVROT ET P. MARE (sic) M'ONT FAITE.

Faisant avant tout œuvre d'archéologue et arrêtant nos études à la Révolution, nous devrions terminer ici un chapitre déjà long ; nous allons cependant jouer un instant le rôle plus facile de chroniqueur et faire connaître les principales œuvres accomplies par deux de nos prédécesseurs, MM. Brive et Reymond.

En arrivant, M. Brive trouva son église dans un état lamentable, absolument déchue de son antique splendeur. Après bien des hésitations, il se mit à l'œuvre avec la persuasion qu'à la longue on pourrait la réparer convenablement.

A l'intérieur, l'eau suintait de toutes parts. Que faire pour l'assainir ? Il fit refaire le pavé, et la dégagea à l'extérieur en enlevant une partie du terrain du cimetière, en faisant un chemin de ronde et en transportant la sacristie, qui masquait l'abside au nord-est, à la place où elle se trouve actuellement.

Le pavé est en dalles de Gostaros près Ghamalières. Quelquesunes de ces dalles qui servaient de pierres tombales dans l'ancien cimetière où elles se trouvaient jadis, méritent un coup d'œil. Les unes, près de la table de communion, portent de simples numéros en relief; les autres, dans le bas-côté méridional, portent aussi en relief des emblèmes funéraires, des

(1) Marie, reine du ciel, réjouissez-vous, alléluia, car Celui que vous avez mérité déporter, alléluia, est résuscité comme il l'avait dit, a^^e?ma. Priez Dieu pour nous, alléluia.

Le texte latin de cette inscription est plein de fautes. Le nom même d'un des fondeurs est défiguré : au lieu de « Mare », il faudrait, croyons-nous, lire « Marie », comme sur une cloche de Saint-Pierre-Duchamp, fondue en 1692.

écussons et des inscriptions que nous n'avons pu jusqu'ici interpréter. On lit quelque part le nom de « Valour «, sur une dalle qui recouvrait les restes mortels d'un neveu de M. Valour, ancien curé. Une partie de la voûte aux deux dernières travées de la grande nef, s'était effondrée, laissant à découvert les poutres de la toiture. M. Brive ne pouvait, fauté de ressources, la refaire en maçonnerie, il la simula en planches peintes.

Son esprit artistique découvrit sous l'épais badigeon qui le masquait, un riche appareil en beaux moellons d'Artias, il se servit d'un plâtrier italien, Benedetto Torroni, qui venait d'échouer à Ghamalières, pour faire disparaître l'aîTreux badigeon et jointoyer les riches moellons : il préludait ainsi aux grandes restaurations futures.

Les fenêtres et les grandes baies de son église avaient-elles été fermées jadis par des vitraux ? Nous l'ignorons ; en tout cas il jugea que des vitraux seraient d'un bel effet. Il réussit, en 1875, à en doter son église.

La vérité nous oblige à dire qu'ils n'ont rien de remarquable ; seule la grande verrière qui se trouve à la façade, audessus de la porte principale, mérite de fixer l'attention : elle est digne du monument qu'elle ajoure. Nous dirons cependant un mot de chacun des autres pour faire ressortir le zèle du vénérable curé qui sut intéresser ses paroissiens à la décoration de son église et pour transmettre à la postérité, car ils le méritent, les noms des généreux donateurs.

Dans le chœur, du côté de l'évangile, en partant du transept, on trouve :

1. Sangtus Petrus, saint Pierre avec les clefs. — Don de Rose Garnier, veuve Gibert, de Pieyres.

2. Sanctus Frangisgus Régis, saint Jean-François-Régis, l'apôtre du Velay, avec le surplis, l'étole, et un crucifix à la main. — Don de François Avinent, de Ghamalières.

3. Sanctus Frangisgus Assisiensis, saint François d'Assise. — Don de Rosette Roche, de Blavozy-La-FayoUe (1).

(1) Institutrice de La Fayolle, originaire de Blavozy.

4. N.-D. j)E LovKDES, Priez p. /i. ^ Don des i5 pèlerins de Chamalières à Lourdes en 187/».

Encore dans le chœur, du côté de 1 epître, en partant du transept, on remarque :

I, Sanctus Joannes, saint Jean l'Evangéliste, avec le calice d'où sort un serpent. — Don de la famille Gibert, d'Owige.

a. Sanctus Carolus Borromeus, saint Charles- Borromée, en costume de cardinal. — Don de M. le Comte Jourda de Vaux.

3. Sanctus Benedigtus, saint Benoît avec les règles dé l'Ordre qui porte son nom. — Don de M. Demeure et de Sophie Jousserand.

4. Sanctus Joseph, saint Joseph. — Don de M. de Saint- Germain et de Mlle Teyssonnaire (1). j

Au milieu de l'abside : L'Enfant- Jésus. — Don de Marie Maurin, de Granou, épouse Malfrait (2).

A la naissance des voûtes, les trois ocull sont garnis de grisailles ; celle du milieu, avec la boule et le triangle, représente la Sainte Trinité.

Au transept nord on voit :

Sanctus Egidius, saint Gilles, patron de la paroisse, en costume de bénédictin, avec la crosse abbatiale dans la main droite, la main gauche reposant sur le cou de la biche traditionnelle, le tout de grandeur naturelle. — Don de Mgr Le Breton et de M. Brive, curé de la paroisse.

Au transept méridional, on aperçoit : Notre-Dame de France avec ces mots : Salve, Regina, Mater immaculata. — Don de M. Jean-Dominique Gourtial, ancien vicaire de Chamalières, ancien desservant de Varennes-Saint-Honorat.

Quelques années plus tard, en 1887, M. Brive entoura le sanctuaire d'une grille en fer forgé qui ne dépare pas du tout l'ensemble du monument. Elle se compose de séries nombreuses de spirales au centre desquelles émergent des croix=

(1) De Saint-Germaia-Laprade ; Mlle Teyssonneyre, de Fay-la- Triouleyre, paroisse de Saint-Germain.

(2) Insigne bienfaitrice de l'église.

lobées. Les séries sont rattachées entre elles par des pieds droits qui s'épanouissent à leur sommet en trèfles et en fleurs de lis. Une plaque commémorative de la pose de cette clôture, porte l'inscription suivante : « L'an MDGCCLXXXVII, M. Brive étant curé, cette grillé a été faite par Roux-Ghomettc, serrurier à Retournac (Haute-Loire) ».

L'église de Ghamalières doit encore à M. Brive les belles lampes-lustres suspendues autour du sanctuaire, dont l'une, la principale, porte le nom de sa donatrice, Marie Maurin, épouse Malfrait, de Granou. Mais l'œuvre capitale du vénérable curé, celle à laquelle il travailla d'abord et peut-être avec le plus d'ardeur, parce qu'il la considérait avec raison comme la plus importante, fut de faire classer son église comme monument historique ; il y réussit après de nombreuses démarches (i853).

Marchant sur les traces de son prédécesseur, M. Reyhiond parvint par ses instances multipliées auprès de M. Bernard, conseiller général du canton de Vorey, et surtout auprès de M. Charles Dupuy, président du Conseil, à obtenir les restaurations sur lesquelles nous n'avons pas à revenir. Il couronna l'œuvre en obtenant de quelques-uns de ses plus riches paroissiens ces dons princiers qui lui permirent d'élever la grande statue du Sacré-Cœur, les trois autels en pierre de Volvic, dans le style du monument, et d'acquérir deux cloches nouvelles. -

La grande statue du Sacré-Cœur, qui se dresse derrière le maître-autel est en plastique. Elle mesure 2 m. 66 de hauteur, le socle compris. C'est une reproduction de la statue de Montmartre, (( Venez à moi », de M. Thomas, de l'Institut. Le piédestal a 3 m. 20 de hauteur sur o m. 80 d'épaisseur.

Les trois autels sont en pierre de Volvic, roman pur, style du xii° siècle. Le maître-autel et l'autel de la Sainte- Vierge ont été dessinés par M. Petitgrand, celui de Saint-Gilles par M. Nodet, l'un et l'autre architectes des Monuments historiques. La tablette du maître-autel, supportée par quatre petits pilastres cannelés, mesure 3 m. 06 de long. Les galeries latérales se composent de deux arcatures trilobées. Le tabernacle, d'un

seul bloc, est fermé par une porte en cuivre doré où l'on remarque un, calice entre une grappe de raisin et des épis, symboles de la sainte Eucharistie.

L'autel de la Sainte Vierge est de dimensions plus réduites : la tablette ne mesure que 2 m. 3o de long ; elle est supportée par trois colonnes avec chapiteaux et bases polygonales. Le tabernacle orné de feuillages sculptés se termine en haut par un socle destiné à supporter la statue de la -Sainte Vierge.

L'autel de saint Gilles, moins ornementé que celui de la Sainte Vierge, a quelque chose de moins lourd et de plus dégagé. Il attend des décors indispensables.

Le clocher restauré ou plutôt refait dans son entier, demandait une sonnerie digne de lui. M. Reymond fut heureusement inspiré de donner deux compagnes à ^ancienne cloche.

La plus grosse, en mi, pesant gSo kilos, a été donnée par M. Gilles Gibert, d'Owige ; elle porte l'inscription suivante :

Je m'appelle Marguerite-Marie du Sacré-Cœur de Jésus, Euphrasie-Gilles-Amélie-Maria. J'ai été faite en 1900, M. Reymond, curé, M. Delmas, vicaire, M. Malley, maire. Mon arrivée a couronné l'érection des trois autels en pierre, la restauration de l'église et la reconstruction du clocher, œuvres attribuées aux bénédictions divines qui ont découlé des deux principales dévotions de la paroisse, dév. au Sacré-Cœur de Jésus, dév. à N.-D. du Saint Rosaire. Mon parrain et donateur a été M. Gilles Gibert, d'Owige, ma marraine Mlle Amélie Gibert, bienfaitrice de l'église. Benedicam Dommum in omni tempore. Magnificate Dominum mecum. Cor Jesu, Joriiax ardens charitatis, miserere nobis (1). ^Ferdinand Farnier, fondeur à Robécourt (Vosges).

La plus petite cloche, en si, pesant 280 kilos, a été donnée par Mlle Augustine Soulier, du Pinet. On y lit l'inscription qui suit :

« Je m'appelle Bernadette de l'Immaculée-Conception,

(1) Je bénirai le Seigneur en tout temps. Glorifiez le Seigneur avec moi ! Cœur de Jésus, fournaise ardente de charité, ayez pitié de nous,

Augustine-Madeleine-Rose-Marie. J'ai été faite en igoo, M. Reymond, curé, M. Delmas, vicaire, M. Malley, maire... Ma marraine et donatrice a été Mlle Augustin e Soulier, du Pinet, bienfaitrice de l'église, mon parrain, M. Jacques Reymond, curé. Angelica salutatio semper in ore meo. Sanctissimam Virginem Mariam laudate mecum. Ave, Maria, gratia plena, Regina Saci^atissimi Rosarii, ora pro nobis peccatoribus U). -

Avant de clore ce chapitre, nous croyons devoir inscrire ici, au nom de la paroisse reconnaissante, les noms des plus insignes bienfaiteurs de l'église, ceux du moins qui sont parvenus à notre connaissance :

M'"" DE VAUX, née Marie-Claudine VEYRE de SORAS,

de Chamalières,

Marie MAURIN, épouse MALFRAIT, de Granou,

Gilles dit Jean GIBERT, d'Owige,

Amélie GIBERT, sa nièce, d'Owige,

Augustine SOULIER, du Pinet.

Nous n'espérons pas, en inscrivant ces noms dans un livre périssable les éterniser sur la terre, mais ils brilleront sûrement à jamais au ciel dans le Livre de Vie !...

De notre magnifique église jadis prieurale, aujourd'hui paroissiale, passons aux chapelles dites de Chalencon et de Roche, que l'on voyait autrefois à Ghamalières-sur-Loire.

(1) La salutation angélique est toujours sur mes lèvres. Louez avec moi la Très Sainte Vierge Marie. Je vous salue, Marie, pleine de grâce. Reine du très saint Rosaire, priez pour nous pauvres pécheurs.

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