‹ Le prieuré conventuel de Chamalières-sur-Loire [microform] ordre de Saint-Benoit, observance de Cluny, dépendant de l'Abbaye du Monastier-Saint-ChaffreChapitre 35 sur 132 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Chapelles dites de Chalencon et de Roche, à Chamalièns, — Dates de leur fondation. ■— Chapelains qui les desservirent. — Personnages qui y furent enterrés. — Etat actuel.

eut-il à Ghamalières, en dehors de la magnifique église paroissiale que nous venons de décrire, quelque autre sanctuaire ? Il y eut au moins deux chapelles indépendantes, appelées chapelles de Chalencon et de Roche, du nom de leurs fondateurs, les seigneurs de Chalencon et de Roche.

1. Chapelle de Chalencon. — Les puissants seigneurs de Chalencon, que nous avons vu doter si souvent et si généreusement le prieuré, l'avaient bâtie vers la fin du xni° siècle, suivant quelques-uns, bien plus tôt, croyons-nous, pour des raisons que nous donnerons tout à l'heure. Elle était adossée au rempart méridional ; on y entrait par une porte qui s'ouvrait au couchant dans le cimetière et regardait l'abside de l'église.

Les seigneurs de Chalencon, d'abord, les de Polignac, leurs héritiers et leurs successeurs, ensuite, y placèrent leur tombeau. Nous connaissons par les archives les noms de quelques membres de ces deux grandes familles qui y furent ensevelis et aussi quelques-uns des chapelains qui la desservirent.

Le premier chapelain connu de la chapelle de Chalencon, à Chamalières, est le prêtre Pierre. 11 figure comme témoin, le 12 des calendes de novembre (21 octobre) ii63, dans un acte de donation consenti par Guillaume Arbert, chevalier de Chalencon, en faveur du couvent (78). Entre ii84 et 11 90, il donne lui-même au monastère une somme de deux cent cinquante livres pour l'œuvre des pelisses ou manteaux des rehgieux (i53).

Pierre du Bouchet, religieux du couvent, autre vicaire de la cTiapelle de Ghalencon, est nommé dans un accord passé le ag mai 1639 entre le prieur Guillaume de Flaghac et Lancelot Faure, seigneur d'AUemances.

Barthélémy de Montchalm, religieux du monastère, est vicaire de la chapelle de Ghalencon le 28 janvier 1572.

Antoine Savel, religieux profès du couvent, est vicaire de la même chapelle du 22 septembre i6o3 au 18 octobre i6o4.

Nous trouvons encore, avec le titre de vicaires ou de chapelains de ce sanctuaire :

N' Cornet, 7 novembre 1707 ;

iV. Sa6y, de 1709 à 1715 ;

N' Chappot, de 1716 au 26 janvier 1782 ;

Alexis Pons, religieux du couvent, de 1782 à 1770 ;

Ltouis-Apollinaire-Armand de Polignac, religieux de Gluny.

Jean Borie, prêtre et chanoine de l'église collégiale de Saint-Paulien, fondé de procuration de Louis- Apollinaire- Armand de Polignac, religieux de Gluny, demeurant au prieuré de Sainte-Marguerite d'Alincourt près Gompiègne, par acte du 21 décembre 1770, prend possession, le 19 février de Tannée suivante, au nom de celui-ci, de la chapelle de Ghalencon, sise dans le cloître de Ghamalières, en conséquence de la nomination et des provisions de ladite chapelle par Héracle-Melchior, vicomte de Polignac, gouverneur pour Sa Majesté de la ville du Puy et de la province du Velay, en date du 4 novembre 1770. Le procureur fondé du nouveau chapelain est assisté dans la cérémonie de prise de possession de Jean-Louis Vigoureux, curé de Ghamalières. Le notaire signale comme présents et opposants Louis Parrel, prieur claustral, Jean-Baptiste Meyssat, sacristain, et Jean-Pierre Pascal, tous prêtres et religieux bénédictins (•).

Nous n'avons pu relever les noms de tous les chapelains qui desservirent la chapelle de Ghalencon, encore moins ceux de tous les personnages qui y furent enterrés ; nous n'en connaissons guère que cinq :

(1; Minutes de Plagnieu, notaire de Ghamalières,

Etienne de Chalencon, élu évêque du Puy en 1220, mort en laSi.

Guillaume de Chalencon, seigneur dudit lieu. Il demande par testament du 25 avril 1824 à être enterré au tombeau de ses prédécesseurs, édifié au cimetière de Ghamalières ; il y est, en effet, enterré A^ers l'année 1827.

Clémence de Roche, fille de Guigon IV, seigneur de Roche, et de Dauphine de Montboissier, épouse de Guillaume de Chalencon (5 novembre 1296), dut être inhumée à côté de son mari. Le Nécrologe de Ghamalières en fait mémoire le 7 des ides de février ; il ajoute qu'elle avait légué un repas et vingt sous tournois (343). Elle vivait encore en i3i4.

Guigon ou Guyot, fils de Guillaume de Chalencon et de Clémence de Roche, seigneur de Chalencon, vers 1827, fut sans doute inhumé près de ses père et mère. Le Nécrologe en fait mémoire le 7 des ides de février et dit qu'il avait légué au monastère un repas et vingt sous tournois (343).

Enfin Louis-Armand, premier du nom, vicomte de Polignac, seigneur et baron de Chalencon, Randon, Solignac, Ceyssac, Saint-Paulien, Saint-Agrève, Servissac, Rochegude, et autres lieux, l'un des plus valeureux capitaines de Charles VII, mort en i452, vint à son tour reposer dans la chapelle de Chalencon, à Ghamalières.

Tels furent, avec beaucoup d'autres peut-être que nous ne connaissons pas, les personnages enterrés dans cette chapelle. Un terrier de la vicomte de Polignac, renouvelé à Craponne au mois d'avrili 569, nous apprend que les rois de nos montagnes l'entretenaient encore à cette époque (i), ce qui ressort d'ailleurs suffisamment du fait bien établi qu'ils y nommèrent des chapelains, non seulement jusqu'à la fin du xvi^ siècle, mais même jusqu'à la veille de la Révolution française.

La chapelle de Chalencon épargnée dans son ensemble par le vandalisme révolutionnaire ne survécut pas longtemps à la tourmente ; sa voûte fut abattue dans la première moitié du XIX' siècle. Les murs qui restent font partie d'une habitation

{{} Ann, de la Soç. académique du Puy, XXIÏ, p. 242.

vulgaire appartenant au sieur Aubert, de Saint-Pierre- Duchamp. L'ancienne porte cintrée qui s'ouvrait dans l'ancien cimetière, à l'aspect du couchant, a vu ses pierres de taille arrachées et employées ailleurs ; elle se dessine cependant d'une manière assez visible à la surface du mur. Bientôt peutêtre on pourra dire de cet antique monument où reposèrent d'illustres poussières, que les ruines mêmes en ont disparu, etlam perlere ruinse. . .

2. Chapelle de Roche. — Elle fut fondée, nous l'avons vu, à la fm du xiii" siècle par Guigon III, seigneur de Roche-eri- Régnier. Une clause du testament du puissant baron, daté du 17 août 1265, la dotait d'une rente annuelle de cent sous viennois ; un chapelain, à la nomination des seigneurs de Roche, devait y célébrer à perpétuité le saint sacrifice pour l'âme du fondateur et celle des membres de sa famille.

Jourdaine de Montlaur, veuve de Guigon III, par testament du i4 janvier 1279, légua à l'église de Ghamalières un calice d'argent, d'une valeur de cent sous tournois « pour célébrer la sainte messe dans la chapelle que feu son mari y avait fait construire n.

Cette chapelle était-elle dans l'église prieurale ou en dehors ? Nous n'avons pu jusqu'ici donner une réponse explicite à cette question ; il ne nous a pas été, non plus, possible de donner un seul nom de chapelain. L'histoire de Idi Baronnie de Roche et le Nécrologe de Ghamalières (343) nous permettent de citer quelques personnages qui y furent inhumés.

Les premiers que nous rencontrons sont deux enfants de Guigon III et de Jourdaine de Montlaur, Poncet et Dalcie, décédés sans alliance avant 1279 : ils furent enterrés dans la chapelle de Roche, le testament de Jourdaine, leur mère, donne le fait comme certain. La sépulture au même lieu de quelques autres membres de la famille ou de quelques personnes amies est tout à fait probable.

Ce sont d'abord deux enfants encore de Guigon III, seigneur de RochC) et de Jourdaine de Montlaur : Béatrix et Hugues,

Béatrix de Roche, mariée à Ponce d'Ariane, figure , dans le testament de Guigon III, 17 août 1265, Elle était morte

avant 1279. Le Nécrologe en fait mémoire le 3 des nones de mars.

llugaes de Roche, chanoine du Puy et de Lyon, paraît comme témoin au mariage de Clémence, sa sœur, le 5 novembre 1295. Par testament du 5 mai i3i2 il dispose de tout ce qu'il possède en faveur d'un clerc, Hugon de Gorces, son ami, qui l'a assisté dans ses infirmités. Hugues de Roche décéda, dit le Nécrologe, aux nones de mars.

Dauphine de Montboissier, mariée à Guigon IV de Roche entre 1276 et 1278, voulut sans doute reposer dans la chapelle de Roche, à Ghamalières, car le Nécrologe en fait mémoire au i4 des calendes de janvier, et ajoute qu'elle légua au monastère une rente de quinze sous tournois à percevoir sur les dîmes d'Olliergues. EUefit son testament le mercredi avant la fêle de saint Jean-Baptiste, en i33o.

Les seigneurs de Roche permirent probablement à quelquesuns de leurs amis ou de leurs familiers de dormir leur dernier sommeil dans leur tombeau de Ghamalières. Hugon, Pierre et Armand de Gorces partagèrent sans doute cette faveur.

Hugon de Gorces, clerc, fut vraisemblablement inhumé à côté de son bienfaiteur et ami, le chanoine Hugues de Roche. D'après le Nécrologe qui le mentionne au 8 des ides de mars, il donna au prieuré douze sous et six deniers tournois.

Pierre de Gorces, chevalier, dont le Nécrologe fait mémoire le 8 des ides de mars, eut le même honneur. Nous le voyons figurer, d'abQrd comme arbitre au mariage de Clémence de Roche, le 5 novembre 1296, puis comme témoin à l'hommage rendu par Guigon V de Roche à Bernard de Castanet, évêque du Puy, le 2 juillet i3o9. Il est bailli de Roche en i345.

Armand de Gorces, mentionné par le Nécrologe au 8 des ides de mars, avait légué au prieuré douze sous et quatre deniers tournois.

, Il n'est pas bien invraisemblable que Joie, JoyCi belle-mère d'Armand de Gorces, ait obtenu de reposer près de son gendre,

dans la chapelle de Roche. Depuis quelque temps, les seigneurs de ce lieu demandent à être enterrés, non pas à Ghamalières, mais dans l'église des Frères-Prêcheurs, au Puy, où ils ont leur principal tombeau de famille. En tout cas, d'après le Nécrologe, elle mourut le 6 des ides de mars et légua au prieuré douze sous et six deniers tournois.

Voilà toiites les personnes qui furent réellement ' ou que l'on peut légitimement présumer avoir été inhumées à Ghamalières, dans la chapelle dite de Roche, dont nous n'avons pu jusqu'ici trouver le moindre vestige.

Le Nécrologe mentionne quelques autres sépultures, d'abord, au 8 des ides de mars, celle d'Alazie, veuve de Raymond Adhémard, laquelle légua au couvent vingt-cinq sous pour deux repas ; puis, au 4 des ides de juillet, celle de Florence de Mercuret, qui donna deux cartaux de froment à prendre sur Tousse. Le temps nous a manqué pour faire des recherches sur ces deux personnes ; mais nous pouvons dire un mot dé Guillaume Mitte, abbé de Saint-Anloine de Viennois, dont le Nécrologe fait mémoire aux calendes d'octobre.

Guillaume Mitte de Mons, fils de Bertrand et d'Alix de Lignières, qui possédaient le château de Mons, paroisse de Saint-Georges l'Agricol, fut le troisième abbé et grand-maître de l'Ordre hospitalier de Saint-Antoine de Viennois, dont la maison-mère se trouvait à la Motte-Saint-Didier, au diocèse de Vienne. Il fit achever l'église de son abbaye et construire la chapelle de saint Jean l'Evangéliste, où il fut enterré en i342 (IJ. En mourant, il se souvint du prieuré de Ghamalières où l'un de ses ancêtres, tué au siège de Graponne, avait été inhumé ; il lui légua une messe et un office des morts

Après avoir parlé du prieuré, de l'église et des chapelles de Ghamalières, nous devons, pour être complet, entretenir nos lecteurs de saint Gilles et de son culte, du Saint Glou et des autres reliques qui y ont été ou qui y sont encore vénérées.

(1) Voir notre monographie, Saînt-GçorgeS'l'Agricol, la paroisse, tes seigneuries, ]pdi^es 10& et lOl.

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