‹ Le prieuré conventuel de Chamalières-sur-Loire [microform] ordre de Saint-Benoit, observance de Cluny, dépendant de l'Abbaye du Monastier-Saint-ChaffreChapitre 83 sur 132 · MESSES, BIENS DE LA CURE, CONSTRUCTION DU CLOCHER · texte numérisé non relu

MESSES, BIENS DE LA CURE, CONSTRUCTION DU CLOCHER

D'après le Pouillé de i5i6, pour la levée des décimes (2), le curé de Saint-Georges, archiprêtré de Saint-Paulien, est taxé quarante sols.

Au xvi' siècle, Saint-Georges-FAgricol ne révèle sa vie que par de pieuses fondations; c'est à qui, dans ses dispositions testamentaires, stipulera des legs pieux ou instituera des offices à perpétuité pour soi ou pour les siens. De i5i5 à i533,. il y eut quatre fondations de messes dans l'église paroissiale.

Première fondation. — Elle fut faite, le i"' avril i5ï5, par Antoine Pastel, originaire de la Freytisse, demeurant alors à Mons, et par Antonia Fontane, son épouse.

(1) Abbé Theilliérb, Les Châteaux du Velayy IV« livraison, p. 34.

(2) Archives nationales, G4, folio 442, verso*

Les doila leurs fondent à perpétuité, moyennant la sonimé annuelle de douze livres tournois, monnaie royale, une messe qui doit être célébrée à haute voix, au grand autel, le premier jour de chaque mois, par le prieur et tous les prêtres de l'église. Nous traduisons, pour l'édification de nos lecteurs, quelques lignes de ce premier acte de fondation où se révèle dans toute sa simplicité la foi vive de nos pères : w L'an du Seigneur i5i5 et le premier jour du mois d'avril, en présence de nous notaire, constitués personnellement Antoine Pastel et, avec son autorisation, Antonia Fontane, son épouse..., considérant qu'il n'y a rien de plus certain que la mort et rien de plus incertain que l'heure de la mort ; voulant pourvoir au salut et remède de leur âme, de celle de leurs parents et amis, ainsi que de tous les fidèles défunts ; souhaitant procurer de la meilleure manière possible la gloire de Dieu lout-puissant et de toute la cour céleste... ont institué, légué et fondé une messe perpétuelle qui doit être chantée à haute voix, au grand autel de l'église paroissiale. »

Nous relevons dans cet acte de fondation, plein d'intérêt pour un habitant de Saint-Georges, les noms de Benoît Porrat curé ; de Philippe Mantrand, vicaire ; de Philippe, de Bonnefont, Mathieu, du Suc, Vital Trescartes et Louis Girard, prêtres originaires de la paroisse. Comme on le voit, Saint- Georges a été jadis bien fécond en vocations ecclésias^ tiques.

Deuxième fondation. — Le 26 mars 1621, Vital Cathaud, prêtre, du lieu de Piassac, établit dans l'église paroissiale des Saints-Georges-et-Agricol, Sanctorum Georgii et Agricoles, moyennant la somme de vingt-cinq livres tournois, des vêpres des morts avec complies de Notre-Dame, Libéra me Domine, Oremus Jîdelium ou tout autre; ces vêpres doivent être chantées à toutes les fêtes principales de la bienheureuse Vierge Marie : (Immaculée) Conception, Nativité, Annonciation, Purification et Assomption.

Cet acte ne parle pas du curé de Saint-Georges ; il nomme Philippe, de Bonnefont, comme vicaire à la place de Philippe Mantrand ; il cite, encore Mathieu, du Suc, Vital Trescartes,

Louis Girard, et de plus : Pierre Monnier et Claude Blanc, prêtres; Jean Suc, Vital Mantrand et Claude Belledent, clercs minorés ou tonsurés.

Troisième fondation, 2 mars i53i. — Elle ne renferme qu'une seule particularité intéressante : Georges Trescartes y est appelé balle, bajulas, et procurateur de l'église de Saint- Georges CI).

Quatrième fondation. — Le 24 janvier i533, André Saleyron, religieux de Viaye, près Saint- Vincent, fonde à perpétuité quatre messes qui doivent être célébrées à haute voix, avec diacre et sous-diacre, au grand autel de l'église paroissiale des Saints- Georges -Agricol-et- Vital, Sanctonim Gcorgii, Agrioolœ et Vitalis.

Les jours fixés pour la célébration des qu'atre messes sont : la fête des Morts, le premier jour libre après l'octave des fêtes de la Nativité de Notre-Seigneur, de la Résurrection (Pâques) et de la Pentecôte. Après la messe, le célébrant doit réciter à genoux le Salve Regina, avec les verset et oraison de la bienheureuse Vierge Marie. Il doit, de plus, chanter à haute voix le Libéra me en entier, ad longiim, et enfin faire l'absoute, le tout moyennant la somme de vingt-quatre livres tournois. Sont nommés comme prêtres et procurateurs de l'église de Saint-Georges-l'Agricol, Georges Trescartes et Pierre Pastel.

Avant le Concordat, les prêtres ne recevaient pas de pension du gouvernement français. Ils avaient, pour vivre, outre leur patrimoine et les honoraires attachés à leurs fonctions sacrées, ce qu'on appelait des bénéfices, c'est-à-dire les biens ou revenus inhérents à une dignité ecclésiastique! Ces biens provenaient de fondations pieuses pu de donations libres et volontaires. Voici, en détail, les biens de la cure de Saint- Georges à la fin du xvi° siècle; la liste n'en est pas longue :

« L'an 1579, dernier jour de février, excellent prince Henry (Henri III), par la grâce de Dieu, roy de France et de Pologne, régnant.

(1) Le balle était le receveur des rentes,

« Extrait du cadastre de la paroisse de Saint-Georges, mandement de Craponne, folio 2/4, au verso :

a Premièrement. — La cure de Saint-Georges tient une maison, cour et jardin contenant deux journaux et demi, confrontant : d'orient, le cimetière; de midy, la maison de la Confrérie (1) ; de nuit, le chemin de Saint-Georges à Retournac ; de bize, l'église de Saint-Georges.

« Deuxièmement. — Une terre appelée de la Cure, contenant quatre cartonnées, confrontant : d'orient le chemin de Craponne à Retournac ; de midy, le coudert du Pouts ; de nuit, les jardins de maître Pierre Valan tin et Claude Marcon, l'église et le cimetière ; de bize, le commun de Miracle Marcon.

Troisièmement. — Une terre appelée la Rambay, contenant trois cartonnées, confrontant : d'orient, le jardin de Jean Pastel ; de midy, la terre de Mathieu Breure et Claude Pastel ; de nuit, le pré de maître Pierre Valantin et de Claude Marcon ; de bize, la terre de Claude Varenne.

« Quatrièmement. — Le pré et la terre de Lhem, ayant appartenu à la famille Marcon.

« Extrait et collationné sur l'original dudit cadastre qui est au pouvoir de noble Charles de Yinols, seigneur de la Chomette et du Bouchet. »

Suivant une autre copie du même cadastre, datée du i3 décembre 1599, la cure de Saint-Georges possédait encore, à la même époque, deux bois dits de la Molle, l'un d'une contenance de neuf coupes, et l'autre d'une cartonnée et demie, plus une sanhe d'une demi-cartonnée ; une terre appelée Las Yollas, de deux cartonnées ; une étable, d'un journal, et un jardin d'un tiers de journal.

Nous n'avons relevé, en dépouillant les archives, que deux faits concernant la vie religieuse de nos pères, au xvii" siècle.

C'est d'abord la construction du clocher de l'église paroissiale, qui porte la date de i654. Quel est le curé qui présida à sa construction ? Gabriel Privât ou Florian Verdier, dont nous parlerons plus loin. Quel en fut l'architecte? Quels furent

(1) Aujourd hui le couvent des religieuses de Saiot- Joseph,

^entrepreneur et les. ouvriers qui rélevèrent ? Qui est-ce quî en supporta les frais ? Voilà autant de questions auxquelles nous ne pouvons pas donner la moindre réponse. Nous nous contenterons de le décrire tel qu'il est aujourd'hui.

C'est ensuite la fondation du couvent de Saint-Joseph, qui eut lieu une trentaine d'années plus tard, en 1687. Les premières religieuses s'établirent dans les bâtiments d'un vieil hôpital bâti vers i35o, par un seigneur de Mons pour les pèlerins surpris par la maladie loin de leur pays natal. Nous montrerons les excellentes religieuses de Saint-Joseph remplissant paisiblement et sans bruit leur noble mission toute d'abnégation et de dévouement.

j IV. — Saint-Georges au xviii" sièicle : La pension du vicaire ; fondation du couvent des carmélites ; description de la paroisse en i762 ; démêlés avec la ville de Graponne.

Au commencement du xviii" siècle, la dilïiculté de se donner un vicaire préoccupait vivement nos religieux ancêtres. Comme la modique pension de cent vingt livres allouée à cette charge et prélevée sur toute la paroisse n'était pas suffisante pour entretenir convenablement un prêtre « à cause de la cherté des vivres », personne ne voulait l'accepter. Voilà pourquoi les principaux habitants de la communauté, réunis le 12 février 17 19, décident de porter le traitement du vicaire de cent vingt à cent cinquante livres, « afin, disentils, que par ce moyen la paroisse qui est très étendue et dans un pays de montagnes, composée par des hameaux, soit bien desservie et que les sacrements puissent être administrés aux paroissiens ». Cette délibération est approuvée, le 16 mars 1721, par M. de Bernage, chevalier, conseiller d'Etat, intendant de Languedoc. En conséquence, la pension du vicaire est prélevée régulièrement, chaque année, par les collecteurs en service de tour sur le mandement de Saint=. Agricol, et Messire Robert La Farge, notre curé, est aidé dans l'exercice du ministère paroissial par un jeune prêtre jusque

— 3io —

vers Tannée 1728. Mais à cette époque, les syndics ne veulent plus, pour des raisons que nous ignorons complètement, faire le traitement du vicaire. Le curé adresse alors lui-même à M. de Bernage une requête où il le prie de rappeler à ses paroissiens l'ordonnance du 16 mars 1721 et de les mettre en demeure de lever la pension du vicaire.

« Supplie humblement messire Pierre Lafarge, prêfre et curé de la paroisse du lieu de Saint-Georges-Lagricol au diocèze du Puy et vous remontre que par délibération du 18* février 1719, la communauté dudit lieu ayant réglé à i5o fr. la pension et entretien d'un vicaire faisant partie de l'abonnement de la dîme de ladite paroisse, il fut fait en conséquence un rooUe pour la levée de ladite somme sur tous les paroissiens quy composent ladite paroisse, tant des domicilliés dudit lieu que de ceux des différents hameaux et mandements qui en dépendent, conformément à ladite délibération, et ensuite les consuls vous ayant présenté requeste, vous auriez rendu ordonnance le 16° mars 1721 qui authorise ladite délibération et ordonne que ladite somme de i5o fr. sera imposée annuellement sur ladite paroisse en la forme ordinaire pour estre payée par les coletteurs audit vicaire, en exécution de laquelle ordonnance la communauté a fait l'imposition de ladite somme pendant quelques années, mais elle a négligé de la faire dans les autres soubz prétexte que la paroisse est composée de plusieurs parcelles de différents mandements, en sorte qu'il sera très difficile au suppliant de parvenir à se faire payer annuellement ladite somme, à moins qu'il ne lui soit permis de faire faire la levée suivant le rooUe qui fut fait en 17 19, en conséquence de la délibération du 18 février de ladite année. C'est pourquoi le suppliant a recours à vostre grandeur. A ces causes, vu la délibération dudit jour 18" février 1719, le rooUe fait en conséquence de vostre ordonnance du 16° mars 1721, vous plaira. Monseigneur, permettre au suppliant de faire faire la levée de ladite somme de i5o fr. sur ledit roolle par les coUeteurs qui seront nommés à cet effet par les paroissiens et sur le pied des leveures qui sera par eux convenu et en cas vostre grandeur y fairait

— 3Ai -

difficulté ordonner de nouveau l'exécution de vostre ordonnance du 16" mars 1721 avec injonction aux consuls de comprendre ladite somme dans les impositions annuelles à payne d'en respondre en leur propre et privé nom, et ferez justice. »

L'intendant de Languedoc fait droit à la requête de messire Pierre-Robert La Targe, et signifie, le 6 mai 1729, aux syndics de Saint-Georges-l'Agricol, d'a.voir à exécuter son ordonnance. Ils s'y soumettent fidèlement jusqu'en 1745. Mais alors ils essayent de nouveau de s'afTranchir de. celte obligation. Aussi le 18 décembre 1745, messire Jean Hilaire, vicaire de messire Pierre Pauche de Jallès, successeur de Pierre- Robert Lafarge, fait-il signifier par le ministère d'Antoine Bourgeat, sergent immatriculé en la juridiction de Saint-Agricol et autres terres du seigneur marquis 'd'Agrain, à M* Thomas Philippon, du lieu du Dimingeal, collecteur en exercice dudit mandement de Saint-Agricol, de lui payer la somme de cent cinquante livres pour l'année précédente, sans préjudice des arrérages qui lui sont dus pour les années encore précédentes.

. Le soufile d'impiété railleuse qui, au xvm" siècle, jeta dans le doute tant d'âmes naturellement croyantes, effleura à peine les habitants de Saint-Georges-l'Agricol. Sans cesse courbés sur le sillon, nos pieux ancêtres n'eurent ni le temps, ni le désir de prêter l'oreille aux sarcasmes des rares Voltariens que le hasard mit sur leur passage ; ils ne cessèrent, les femmes surtout, de chercher dans les espérances d'une vie meilleure une juste compensation aux amertumes de la vie présente.

Fondé depuis soixante ans, le couvent de Saint-Joseph est, en 1760, aussi prospère que jamais. La plupart de ses religieuses se dévouent avec un zèle persévérant à l'éducation des jeunes fî)les ; une d'entre elle « prend soin de la sacristie et fournit les hosties pour la sainte messe » ; les autres travaillent à la dentelle.

Bien que la communauté se recrute presque exclusivement dans la paroisse, les vides faits par la mort sont aussitôt comblés, sans préjudice d'ailleurs pour le couvent voisin du

tiers-ordre du Mont-Garmcl, tant est considérable le nombre des jeunes filles de Saint-Georges qui se consacrent, dès cette époque, au service de Dieu.

Les religieuses Garméliles remontent, sans contredit, aux premières années du xvjn" siècle. En tout cas, en 1760, le couvent est fondé, et les religieuses sont placées sous la direction des Carmes du Puy. Depuis lors, elles se sont généralement consacrées à l'éducation des jeunes filles, au soin des orphelines, à la visite des pauvres et des malades. Elles ont donné à la paroisse de solides chrétiennes et d'excellentes mères de famille.

Ni les religieuses du Garmel ni celles de Saint-Joseph n'eurent jamais assez d'élèves pour se livrer toutes à l'enseignement ; plusieurs d'enire elles s'occupèrent uniquement, dès le principe, à faire de la dentelle. Cette précieuse industrie semble avoir été, depuis deux siècles, le gagne-pain habituel non seulement des rehgieuses, mais de presque toutes les les femmes de notre pays.

Avec ces quelques notes sur la pension du vicaire et sur les couvents de Saint-Georges au xvm° siècle, les archives nous ont fourni une description historique et géographique de la paroisse, en 1762. L'auteur de cette intéressante description, messire Pierre de Jallets, curé, nous donne des renseignements très exacts sur le chef-lieu et les moindres villages de notre petite paroisse (J).

u Saint-Georges... Sancti Georgii Agrlcolœ : lieu où est située l'église paroissiale sous l'invocation de saint Georges, dont la fête se célèbre le 4 novembre, jour de la dédicace des SS. Vital et Agricol. On ne sait point l'année de la consécration de l'église. Il n'est point décidé si Mgr l'évêque est le collateur ou si M. le prieur de Chamalières est le patron de ce bénéfice. Il n'y a dans le territoire de la paroisse aucun bénéfice simple. Le nombre des feux se porte à i4o à peu près.

(( Lieux. — Saint-Georges, le Bouchet, Piassac, le Fraysse,

(i; Tablettes hist. duVelay, VII, p. 144.

Soleyrot, Bonnefont, Theux, Joannez, hameaux et moulins sur la rivière d'Ance, et autres deux moulins dits de Bonnefont et de Theux sur la même rivière ; les Garlandes, hameau ; la Monlellade. Les susdits villages relèvent de la justice seigneuriale de M. le vicomte de Polignac. Craponne est le lieu de la justice ordinaire, laquelle relève du sénéchal du Puy et du Parlement de Toulouse.

a Ces villages font partie du Consulat et du mandement de Craponne. A ces villages il faut joindre celui d'Ancette composé de quatre maisons, dépendant pour le spirituel de Saint- Julien-d'Ance et pour le temporel de Saint-Georges (l).

« Il y a deux collecteurs qu'on nomme tous les ans à tour de rôle pour lever les deniers du roi et les remettre à M. le receveur du Puy. Outre lesdits villages, il y a encore celui de la Branchade dépendant de la justice de Chalencon, dont M. de Polignac est le seigneur.

« M. d'Agrain fait sa résidence une partie de l'année au château de Mons.

(( Aux deux villages de Broulhac et Meisonny, parcelles du Bas-Malivernas, est adjoint Tanahus pour le temporel, mais Tanahus dépend pour le spirituel de la paroisse de Saint- Pierre-Duchamp. M. d'Agrain en est seigneur.

« Autres VILLAGES : Dimiengat, la Freylisse, Lestrade, le Roure et Goiiterne, hameaux desquels M. d'Agrain a la seigneurie et haute justice. Cette justice relève du sénéchal du parlement de Toulouse.

. (( Le consulat est à Craponne, petite ville dépendant de M. de Polignac. Outre les deux consuls de Craponne, on nomme tous les ans deux collecteurs à tour de rôle. Ces collecteurs lèvent les deniers du roi et les remettent à M. le receveur du Puy. Tous les- villages ci-dessus dépendent du mandement de Craponne. Le village d'Ancelle dépend maintenant de Craponne et pour le spirituel de Sain t-Julien- d'An ce. A l'égard des villages qui dépendent de M. le marquis d'Agrain,

(1) Ancette relève aujourd'nui de Saint- Julien- d'Ance et pour le spirituel et pour le temporel.

savoir : Broulhac, Meisonny et Tanahus, ils s'appellent le Cronzet, parcelle du Bas-Mali vernas. Le Dimiengat, la Freytisse, l'Estrade, le Roure et Gouterne s'appellent mandement de Saint-Agricol. On tient une fois les assises par an au lieu et paroisse de Saint-Pierre-Duchamp. Quant aii village de la Branchade, dépendant de Ghalencon, dont M. de Polignac est le seigneur, on tient encore les assises au lieu et paroisse de Saint-André, chef-lieu dudit mandement. Les mandements relèvent de la généralité de Montpellier.

- « On a marqué ci-dessus exactement les noms des lieux qui composent la paroisse et autres articles énoncés dans le modèle qui nous a été présenté. Je ne vois point d'autres particularités qui intéressent ladite paroisse, sinon qu'elle est très pauvre par rapport au peu de récolte qu'on y a fait pendant six ans. J'avais envoyé l'année dernière mes observations au Puy, mais comme M. le syndic du diocèse m'écrit que ce papier s'est égaré et qu'il me prie de lui envoyer une autre description, c'est à quoi je satisfais par le présent.

« Desjallets, curé. »

« Saint-Georges-I'Agricol, le 22 mai 1762.

Comme on vient de le voir, au xvm" siècle, le chef-lieu delà paroisse de Saint-Georpes-l'Agricol et quelques-uns de ses villages faisaient partie, pour le temporel, du mandement de Graponne ; ils devaient, par conséquent, contribuer aux dépenses de cette ville sans en retirer aucun avantage. Fatigués d'un état de choses aussi défavorable à leurs intérêts, ils se décident résolument, en 1780, sous l'impulsion et la direction de M. Besset, leur curé, à prendre tous les moyens légitimes pour le faire cesser au plus tôt. Ils nomment à cet efTet des syndics qu'ils chargent de porler leurs réclamations devant les Etats particuliers du Velay. Fidèles à la mission qu'ils ont reçue, les syndics exposent aux Etats les raisons qui doivent les déterminer à séparer, pour le taillahle, Saint-Georges du mandement de Graponne. Les Etats du Velay trouvent ces raisons péremptoires, réfutent les objec-

tions des consuls de Craponne comme déhuées de fondement et prononcent la séparation qui est confirmée par arrêt des Etats généraux du Languedoc du lo janvier 1788.

Nous avons puisé ces renseignements dans quatre pièces très intéressantes, la nomination des syndics de Saint-Georges, un rapport adressé par eux aux Etats du Velay, une délibération des Etats du Velay, du 22 mai 1787, enfin . une délibération et un arrêt des Etats du Languedoc, du 10 janvier 1788, que l'on peut lire dans le Recueil des procès- verbaux de ces Etats, conservé à la bibliothèque publique du Puy(l).

Page 1