‹ Le prieuré conventuel de Chamalières-sur-Loire [microform] ordre de Saint-Benoit, observance de Cluny, dépendant de l'Abbaye du Monastier-Saint-ChaffreChapitre 9 sur 132 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Les premiers Prieurs : ère de prospérité (937-1050). — Dalmace I" de Beaumont, prieur de Chamalières et abbé du Monastier. — // fonde Je prieuré de Chamalières et y apporte le corps de saint Gilles. — // unit à l'abbaye de Saint-Chaffre V église de Saint- Jean-d'Aubrigoux, le prieuré conventuel de Chamalières et l'église Saint-Martin de Rosières, — Il réforme l'abbaye de Saint-Chaffre et relève le prieuré de Sainte-Enimie . — Son voyage à Rome, sa mort. — Lanfred. — Âmblard /er ; il annexe à son prieuré l'ermitage de Rosières. — Bertalaicus. — Amblard IL — Adhémar. — Eldebert. — Pierre 1". — Dalmace II : il annexe l'église de Saint-Flour, paroisse de Sauvessanges, et celle de Saint-André-de' Chalencon. — Pierre II : il annexe l'église de Saint-Bonnet de Médeyrolles. — Beraud.

ALMAGE P' DE Beaumont, premier prieur et très probablement fondateur du prieuré Saint-Gilles de Chamalières (936-945), contemporain de Louis IV d'Outre-Mer, roi de France, était issu de la noble et puissante famille de Beaumont, dont le manoir s'élevait jadis sur le territoire de la paroisse actuelle de Saint-Victor-sur- Ariane et commandait la profondé vallée de la Dore . Il était fils d'Anthelme et de Gausne, cette généreuse et sainte matrone féodale qui apprit par ses exemples autant que par ses leçons à ses nombreux enfants et petits-enfants à détester la rapine trop ordinaire à cette époque, à exercer les œuvres de miséricorde et à doter richement les églises et les monastères du voisinage. D'abord moine d'Aurillac, Dalmace fut un personnage très recommandable, un saint. Un érudit vellave, M. l'abbé Fraisse, ancien curé de Monistrol-sur-Loire, , présume avec raison qu'il fut chargé vers 983, par Arnoul, abbé d'Aurillac, sur la demande d'Hector, évêque du Puy, de réfor-

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mer le monastère de Saint-Gilles d'Arles (1). Nous croyons d'autant plus volontiers à cette mission qu'elle nous explique de la manière la plus satisfaisante les deux premières pages du Cartulaire de Chamalières et la translation des reliques de saint Gilles du célèbre monastère provençal dans l'humble couvent dont nous écrivons l'histoire.

Après avoir rétabli ou du moins essayé de rétablir la discipline monastique parmi les religieux d'Arles, Dalmace vint, toujours sur le conseil d'Arnoul et la demande de Gostescalc, le nouvel évequc du Puy, réformer les moines plus dociles du Monastier. u Le vénérable Dalmace, dit le Cartalaire (2), qui avait appris à garder son âme en paix dans l'adversité, dissimulait son indignation en attendant la juste vengeance du Seigneur dont il est dit dans les Saints Livres : « A moi la « vengeance et je traiterai chacun selon ses œuvres (3) ! » Cependant le monastère de Saint-Cliaffre en était arrivé à cet état de désolation que j'ai esquissé. C'est pourquoi l'évêque Gotescalc avait appelé pour le gouverner Dalmace de Beaumont qui, cédant à ses prières et obéissant aux ordres d'Arnoul, abbé d'Aurillac, entreprit l'œuvre difficile de la réforme. Il réussit à faire régner un ordre admirable dans les deux monastères. Cependant les moines de Saint-Gilles (d'Arles) gardaient leur méchanceté et persévéraient dans leur iniquité. Ils tenaient des propos menteurs et fomentaient la discorde autour dé lui, mais il se montrait sourd à toutes les récriminations, etjcomme s'il eût été muet, il n'ouvrait pas la bouche pour se plaindre. »

Dans ces tristes circonstances, Dalmace emploie, pour <îonvertir ses moines d'Arles et les ramener à de meilleurs sentiments, un de ces moyens dont les saints ont seuls le secret et qui ne réussissent qu'entre leurs mains. Il va enlever au couvent de cette ville les restes de saint Gilles, sans doute pour le punir et pour se concilier les cœurs moins endurcis des reli-

(1) Tablettes hist. du Velay, IV, 422 ; V, 6, 14, 15.

(2) Cartulaire de Chamalières . n° i,

(3) S. Paul, Hebr. X, 30.

gieux du Monastier, ou encore sim[)lement pour donner uti patron au nouveau prieuré qu'il allait fonder. « Enfin, dit le Cartalaire de Chamalières (l), cédant à une inspiration de la miséricorde divine qui ne laisse rien d'impuni, et prenant conseil des deux compagnons qu'à son départ d'Arles il avait emmenés avec lui, dont l'un était sacristain et l'autre cellérier et qui avaient par conséquent en mains tous les trésors du monastère il va s'emparer, la nuit, du corps de saint Gilles, de quelques ornements de soie et de quelques livres, et revient triomphalement à Chamalières. Là il donne au, saint une place d'honneur et lui prodigue les hommages. Il avait, suivant l'usage reçu parmi les laïques, hérité de Chamalières. Son frère Roirave avait voulu, lorsque le seigneur évêque Gotescalc lai eut donné la juridiction ecclésiastique de ce lieu, lui en donner à son tour la propriété temporelle : voilà pourquoi Chamalières était, si cher à Dalmace. »

Ces dernières lignes du numéro 2 du Cartulaire, imprimées en italiques, nous porteraient à croire que l'abbé réformateur de Saint-Chaffre fut le fondateur et le premier prieur du prieuré bénédictin de Saint-Gilles de Chamalières. Les premiers religieux de ce nouveau monastère furent sans doute avec Dalmace le sacristain et le cellérier d'Arles qu'il avait amenés avec lui et quelques novices pris au Monastier.

Quand il s'enfuit d'Arles, observe judicieusement M. l'abbé Fraisse (2), Dalmace de Beaumont eut bien soin d'emporter, avec les reliques de saint Gilles et quelques ornements d'église, un certain nombre de livres, « témoignant par là que s'il avait une. grande piété et beaucoup de zèle pour le culte divin, il ne manquait pas, non plus, d'amour pour la science. »

Dalmace fut prieur de Chamalières de 987 à 945. Il unit à ce monastère, en 988, un mas sis à Varagnat, paroisse de Médeyrolles. « Au temps de Dalmace, abbé (de Saint-Chaffre)

(2 Tablettes hist. du Velay, V, p. 7.

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et recleur de ce couvent, dit le Cartulaire (0, un nommé Airaud, voulant que son fils Pierre s'y fît moine, donna à Saint-Gilles (2) un mas à Varagnat avec tous ses droits, jardins, prés et autres dépendances. » A la même date, a sous le priorat encore de Dalmace, le i5 des calendes de mars, férié VIP, la septième année du règne de Louis IV d'Outre-Mer (samedi i5 février 940), Adhémar donne à Saint-Gilles trois maisons avec jardins, cours et toutes leurs dépendances, à Saint- Maurice-de-Lignon, sur le territoire de Bas {K. w

Telles furent les premières de ces innombrables libéralités que nous allons voir affluer vers le prieuré de Ghamalières, trois siècles durant, de toutes les localités cir'convoisines.

« Dalmace de Beaumont fut à la fois et pendant plusieurs années, dit M. Jacotin (4), abbé de Saint-Chaffre et prieur de Ghamalières. 11 se démit de cette dernière charge avant 946, mais il continua ses fondions d'abbé du Monaslier jusqu'à sa mort survenue en 964. Ce fut lui qui réunit à cette abbaye le prieuré de Ghamalières dans lequel il fit déposer le corps de saint Gilles (5). »

Il lui avait déjà annexé, en 988, l'église de Saint-Jeand'Aubrigoux. « La deuxième année de Louis (IV d'Outre-Mer, en 938), sous l'abbatiat de Dalmace de Beaumont, sa mère Gausne, poussée par une inspiration divine, donna à Saint- Chaffre l'église de Saint-Jean-d'Aubrigoux avec toutes ses dépendances temporelles et spirituelles, plus deux mas et deux appenderies au môme lieu avec toutes leurs appartenances, sans aucune retenue (6). »

(1) N» 19lj Cartulaire du Monastier, n° 54.

(2) Dans la pensée du moyen âge, le domaine d'une église appartient au saint titulaire : c'est lui qui paraît dans les actes pour recevoir les legs et les donations : il a la garde du patrimoine ecclésiastique, et le droit d'en châtier les profanateurs. (Ozanam, Mélanges, I, p. 81).

(3) Cartulaire de Chamalières, Uo 106.

(4) Ibid. lûtroduction, p. m, (5)/6W, ^"2.

(6) Ibid, n-ÎSS. .

Le Cartalaire da Monastier (^) raconte en ces termes l'union du prieuré de Chamalières à l'abbaye de Saint-Ghaffre, vers 050 : « Dalmace acquit le lieu de Chamalières en Velay, compris dans le patrimoine de ses parents ; ce n'était alors qu'un modeste oratoire en l'honneur de la bienheureuse Vierge Marie, transformé maintenant en un noble monastère, grâce au patronage des saints qui y sont vénérés, grâce en particulier aux mérites du bienheureux Gilles dont le corps sacré y est conservé presque en son entier et pieusement vénéré. Gomment il s'est fait que ces respectables reliques y ont été apportées du tombeau où elles reposaient, les archives de l'église de Chamalières le racontent en détail (-). »

Dalmace, nous l'avons vu, tenait de s^on frère Roirave la propriété temporelle de Chamalières. L'évêque Gotescalc, qui pouvait sans doute y prétendre quelques droits, la lui avait confirmée; il lui avait donné en même temps la juridiction spirituelle sur ce lieu, comme d'ailleurs sur la paroisse de Rosières, sur Ventressac, paroisse de Chamalières, et sur Colence, paroisse de Ghadron. La charte (937-8) qui nous fournit ces renseignements, souscrite par l'archevêque de Bourges, l'évêque du Puy et quelques autres, porte aussi le sceau de l'abbé Dalmace (3).

Le même abbé Dalmace, continue le Cartulaire da Monastier W, acquit encore en Velay, non loin de Chamalières, l'église de Saint-Martin de Rosières et au lieu de Fabras ou des Fabriques, voisin de la vallée de l'Emblavés, un mas et une appenderie, généreusement cédés par noble dame Hermengarde, du consentement de Guidon, son mari. Les bienfaiteurs font ce don pour la rémission .de leurs péchés et le salut de leur âme, à Dieu, à saint Théofrède, à saint Martin et à tous

(2) Ce document, auquel le Cartulaire de Chamalières fait également allusion (n" 2), semble perdu. (Note du chanoine Ulysse Chevalier).

(3) Cart. du Monastier, l° 53 ; — Cart. de Chamalières, n» 338.

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les saints, h jperpétuité. L'acte est passé un dimanche de janvier, sous le règne de Louis IV d'Outre-Mer, entre 987 et 96 1.

Dalmace fait ainsi pour le compte de l'abbaye du Monastier une foule d'autres acquisitions qu'il n'entre pas dans notre cadre de raconter.

Nous ne connaissons pas la date précise de son élévation à la dignité abbatiale, mais ce que nous savons déjà, c'est que la deuxième année du règne de Louis IV d'Outre-Mer, en 988, Gotescalc, devenu d'abbé de Saint-ChafTre évêque du Puy, le sollicitait d'essayer dans ce couvent l'œuvre de la réforme, car les religieux du Monastier étaient tombés dans le relâchement,

« Les causes (de l'indiscipline), dit l'auteur des Notes historiques sur les abbés de Saint-Chaffre (1), ne manquaient pas : usurpation des biens du couvent, invasions normandes et hongroises, luttes avec les évêques du Pay. Une fois encore Dieu suscita un réformateur, Gotescalc, qui chargea en 987, Arnulphe, abbé d'Aurillac, de celte œuvre importante. Celui-ci s'en remit à son tour à Dalmace, abbé de Saint-Gilles (d'Arles), qui partagea avec Gotescalc le titre d'abbé de Saint- ChafFre. Ce fait de deux abbés a été remarqué par Dom Vaissette pour d'autres monastères de France. »

Sous la sage administration de Dalmace au Monastier, la prospérité de ce couvent ne larde pas de renaître ; ses biens s'accroissent rapidement par suite des donations qui lui sont faites ou d'achats conclus à propos. Ce nouvel essor imprimé à l'antique abbaye, qu'il avait peut-être vu de ses propres yeux, détermina sans doute Etienne, évêque de Mende, à s'adresser au saint, abbé pour relever le monastère de Sainte- Enimie fondé par la vierge de ce nom, fille de Clotaire II et sœur de Dagobert P'. « Il le pria, dit M. l'abbé Fraisse (2), aii nom de son chapitre, au nom des principaux seigneurs du pays et principalement du vicomte Bernard, de prendre ce monastère sous sa conduite, et d'y envoyer quelques-uns de

(1) Page 67. — Dom Vaissette, Hist. du Languedoc, dénuée 950, Echo de N.-D. de France, î' aQuée^n' i^.

(2) Tablettes hist. du Velay, V, p. 8.

ses religieux pour y rétablir l'observance régulière. Dalmace refusa d'abord, parce qu'il se souvenait sans doute des efforts qu'il avait dû faire et des obstacles qu'il avait eu à surmonter, soit à Saint-Gilles (d'Arles), soit au Monastier, pour mener à bonne fin de pareilles entreprises. Puis, il consentit néanmoins, mais à condition que lui et ses successeurs auraient dans le couvent de Sainte-Enimie, la pleine et entière autorité. Etienne en compagnie de Dalmace, fit donc le voyage de Rome. Le pape Agapet II et le sénateur de Rome, Albéric, approuvèrent (le 5 mai 96 1) l'acte de rétablissement, du monastère de Sainle-Enimie », qui fut souscrit par Gotescalc, évêqu« du Puy, dans le courant de la même année.

Dalmace alla recevoir au ciel, au plus tôt en 964 (0, la récompense d'une vie tout entière consacrée au bien des quatre couvents bénédictins d'Aurillac, d'Arles, de Chamalières et du Monastier, qu'il avait édifiés par ses travaux et ses vertus.

Après Dalmace, et pendant toute une longue période (946-io5o), l'histoire du prieuré de Saint-Gilles présente un intérêt bien moindre. Les archives ne nous révèlent guère plus que les noms des prieurs et de quelques religieux, auxquels elles nous permettent d'ajouter quelquefois de longues séries de donations, où l'on voit revivre avec leur foi vive, leur piété profonde, leur dévouement sans borne au monastère, les générations successives des principales familles établies sur les montagnes et dans les vallées environnantes.. Nous rattacherons toujours aux prieurs les libéralités faites à leur couvent, à commencer par le successeur de Dalmace.

Le second prieur de Chamalières, à supposer que ce titre eût alors pour synonyme celui de doyen, fut Lanfred. Il n'est mentionné que par une seule charte datée de la dixième année du règne de Louis ÏV d'Outre-Mer. Au mois de janvier de cette année, c'est-à-dire en 946, il donne en qualité de doyen du couvent trente sous à un nommé Gotbrand qui lui avait

(1) Cartulaire du Monastier, -n" 301.

cédé généreusement une terre et un pré sis au Montèil, paroisse de Beauzac (117) (*).

Faut-il rattacher à Lanfred ou à Amblard I«% son successeur, les donations suivantes qui s'échelonnent de 947 à 981 ? Le Cartalaire ne nous permet pas de le dire. Nous les insérons néanmoins ici pour combler une lacune qui serait trop grande. Rien de plus touchant ni de plus édifiant, d'ailleurs, pour des lecteurs chrétiens que ces actes où s'épanouissent tous les plus beaux sentiments inspirés par la foi. Les généreux bienfaiteurs déclarent faire leurs dons moins au couvent qu'à Dieu, à la Bienheureuse Vierge Marie, à saint Tréofrède, patron de l'abbaye du Monastier, à saint Gilles, patron du prieuré de Chamalières. Dans quel but et pour quels motifs se dépouillent-ils de leurs biens en faveur du prieuré ? C'est, disent-ils, pour mériter le ciel et l'éternelle récompense, pour échapper à l'enfer et éteindre ses flammes ; c'est afin d'obtenir le pardon dp leurs péchés, dé les expier ici-bas ; c'est pour le remède et le salut de leur âme et de celle de leurs parents ; c'est pour obtenir la faveur enviée de dormir leur dernier sommeil à l'ombre dii sanctuaire élevé à la gloire de saint Gilles ; c'est enfin pour avoir l'honneur de compter quelque membre de leur famille dans les rangs des pieux cénobites qui prient et font pénitence dans l'austère couvent de l'Ordre illustre de Saint-Benoit. Supprimant dans l'analyse des actes de donations toutes les formules pieuses, indiquant à qui elles s'adressent et quels sont les motifs qui les ont déterminées, nous ne retiendrons guère plus que les noms des bienfaiteurs, la date et l'objet de leurs largesses, les lieux où elles se placent, les gratifications généralement spontanées, quelquefois sollicitées, des prieurs aux bienfaiteurs.

Dans ces conditions, Gotescalc donne, en 947, un mas sis aux Ghazaux, paroisse d'Yssingeaux (267). En 962, Etienne,

(1) Désormais, les numéros ainsi placés eDtre parenthèses dans le texte doivent être regardés comme des références aux numéros identifiues du Cartulaire de Chamalières.

vicomte de Polignac, cède un mas avec ses dépendances^ au lieu de Larcenac, dans la vallée de l'Emblavés. Le prieur, en retour d'un si grand don, remet au vicomte une somme de soixante-dix sous. Parmi les témoins de l'acte figure Bliosinde, épouse du vicomte (269). En 954, Adhémar abandonne tout le lieu de Planèzes, paroisse de Mezères (167).

Sous le règne de Lothaire II et l'abbatiat de Golfalde ou Vulfalde au Monastier, entre 954 et 981, Guitard donne au prieuré, pour le repos de l'âme d'Umbert, son père, et d'Algarde, sa mère, un mas avec ciirtillage, jardin, pré, bois et toutes ses dépendances à Lagarde-Ghalin, mandement du château d'Usson (100).

Aldiardis donne à Saint-Gilles, en 968, à l'occasion de la mort de Bernard, son époux, et de concert avec Guy, Héracle et Dommolène, frères de celui-ci, une appenderie à Ghamboulives, paroisse de Vorey (17)- A la même date, Léger donne trois maisons et leurs dépendances au même lieu (172).

En 960, Abbon, seigneur de Beaumont, et son épouse Imberge donnent à Ghamalières, d'abord deux mas aux appartenances de Cheyrac, paroisse de Saint-Victor-sur- Arlanc (3o4) ; puis encore, au même lieu, des prés et des champs ; les donateurs reçoivent en retour de l'abbé quaranteneuf sous. Ils cèdent enfin, au même endroit, un pré au prix de quatre sous (3o5).

Deux ans plus tard, en mai, Gaubert, prêtre, donne tout le bien dont il avait hérité de ses parents au lieu d'Escobeyre, paroisse de Malrevers. Au nombre des ténioins figure Arlibode, moine et secrétaire (268). -

Un dimanche de septembre, en 967, sous le règne de Conrad le Pacifique, roi d'Arles ou de la Bourgogne transjurane, Grimald donne au prieuré avec le consentement de son fils Amalric, un mas que Marcombald cultive au mont Cornaton, sur le territoire de Vienne en Dauphiné (126).

Au mois (le mai 969, Guibald cède à Saint-Gilles une vigne de plein rapport sise à Saint-Didier-Mont-d'Or (Rhône) (127).

En 970, Rostaing, son épouse Alexandra et leurs fils Roland

et Rostaing, lèguent à leur tour un demi-mas avec maison et cour à Jarez, canton de Rive-de-Gier (Loire) : Gérauld cultive le mas avec son père, Arluin habite la maison (128). . En 971, ïheuton et son épouse Ermengarde donnent un mas avec ses dépendances au lieu de Vernassal (igS).

Enfin la vingtième année de Lolhaire II, dit le Cartiilaire, c'est à-dire en 976, Rodave de Beaumont donne à Ghamalières un mas sis à la Ghazolte, paroisse de Retournac, avec toutes ses dépendances (220).

Amblard I" (981-987) apparaît pour la première fois et comme troisième prieur en 981 . A cette date, il reçoit la donation que Truand, prêtre de l'église Saint-Martin de Rosières, fait à Saint-Gilles d'une maison et d'un jardin, d'un pré et d'un champ dont il avait hérité au lieu de Félines, peut-être Fifalioux, paroisse de Rosières (i83). Le Cartulaire de Chamalières, cette fois beaucoup plus explicite qu'il ne l'a été jusqu'ici, nous permet de placer sous lepriorat d'Amblard I", et cela d'une manière certaine, un grand nombre de donations.

Amblard I"'' reçoit comme prieur, entre 981 et 986, le don fait à son monastère par Odalric le Jeune, d'une maison et d'un jardin, de champs et de prés, sis à Meissignac, paroisse d'Yssingeaux (55). En 982, Girbert et son épouse Aia cèdent à Saint-Gilles un mas avec ses dépendances, sis à Montreguerry, paroisse de JuUianges (262). A la même date, Carissime donne tout ce qu'elle possède au Gros, paroisse de Sairit- Geneys (268).

A partir de 985, Amblard P' n'est plus appelé prieur, mais doyen, decanus, par le rédacteur du Cartulaire. Au cours de cette année, un nommé Girbert donne au monastère un ermitage, cellaiHum, à Rosières (3o) ; Héracle, vicomte de Polignac lui fait aussi une donation que les auteurs de VHistoire du Languedoc (l) se contentent d'enregistrer, sans la spécifier ; le prêtre Bénigne donne une maison, un jardin et une vigne à Ghamboulives, paroisse Saint-Symphorien de

(1) Tome III, p. 83, col. 1.

Vorey(r8), il cède encore, entre 986 et looi, un champ' sis au même lieu, près de la terre d'Archimbaud (16); dame Lamberge lègue, vers gSS, une maison et un jardin au même lieu (19) ; Girbert, craignant le jugement de Dieu, donne un enclos et une terre à Frimas, paroisse de Craponne (266).

Vers la fin du règne de Lothaire II et sous l'abbatiat de Guy P'" au Monastier (1), en 986, dame Aldesende donne à Saint- Gilles, à l'occasion de la mort de Jarenton, son mari, et avec l'approbation de son fils Arnald, le mas del Poiolar à Vaunac, paroisse d'Yssingeaux, qui rapporte : en mai, dix-huit deniers ; à Noël, dix-huit deniers, un setier d'avoine, une géline et un disnar meissonenc (89 et 53). La même année, Martin donne un four au lieu de Mirabel, paroisse de Retournaç (i65) ; en décembre, Rodave donne un mas et ses dépendances, plus un breuil à Prat-Clos, même paroisse (289).

Amblard I" était encore doyen de Ghamalières sous le règne de Louis V le Fainéant, par conséquent en 986 ou 987. Gausne, dame de Beaumont, et ses deux fils Rodave et Airaud, donnent alors à Saint-Gilles une appenderie à Jalayoux, non loin de Sarlanges, le mas d'Hermenradesque à Sarlanges. même, avec Ricon, fils d'Achard, leur ami, qu'ils engagent à se faire moine (109).

On pourrait sans doute rattacher encore au gouvernement d'Amblard les deux faits suivants. Entre 987 et 996, sous le règne de Hugues Gapet et l'abbatiat de Guy P' à Saint-Ghaffre, dame Maiasendis donne à Ghamalières un mas sis aux Villettes, paroisse de ïiranges (228) ; Heldebert d'Artites et son frère Guiraud donnent deux appenderies cultivées par Dominique et sises à la Brousse, paroisse de Retournac (288).

Bertalaicus, gaa/rième pneur de Ghamalières, n'est mentionné que deux fois dans le Cartiilaire, à l'occasion de dons qui lui sont faits, la troisième année du règne de Hugues Gapet, en 989 ou 990. A cette époque, Odalric et son épouse

(l). Cette charte ne peut être postérieure à 986, date de la mort de Lothaire II, ni antérieure à 985, année ou Guy I« devint abbé de Saint-Chaffre (Note du Carlulmre, édition Cuassaing-Jacotiîs).

Radegonde donnent à Saint-Gilles un demî-màs, au lieu de Meissignac, paroisse d'Yssingeaux, lequel rapporte annuellement en mai et 'à la moisson douze deniers; à Noël, douze deniers, une hémine d'avoine et une géline (5o\ Eldebert qui reçoit la sépulture au cimetière du couvent, lui lègue à son tour, à la même date, un mas avec toutes ses dépendances, prés, bois, au lieu de Lantriac (190}.

La quatrième année du règne de Hugues Capet, en 990 ou 991, sous l'abbatiat de Guy I"" à Saint-ChafFre, et sans doute aussi sous l'administration de Bertalaïcus à Chamalières, Bénigne, laïque, donne à Saint-Gilles un champ situé sur le territoire de la paroisse de Vorey (20). A la même époque, Girard cède un mas cultivé par Bonhomme et sis à Vousse, paroisse de Retournac (280).

Plaçons enfin sous le priorat de Bertalaïcus les faits qui suivent. En 991, Bénigne, prêtre, pour mériter la grâce de ne jamais pécher mortellement, donne une vigne sise à Chamboulives (169) ; dame Laudérite donne une maison et un jardin au même lieu (170). En 998 ou 994, sous le gouvernement de Bertalaïcus ou de son successeur, dame Aspasie donne à Ghamalières pour le repos de l'âme de son mari . Humbert une appenderie à Vaunac, laquelle rend en mai six deniers, à Noël six deniers, une hémine d'avoine, une géline et le quart des fruits (4i).

Amblard II, cinquième prieur, n'est connu que par une charte où il est qualifié de doyen. « Sous le règne de Robert le PieUx, entre 996 et 999, Amblard étant doyen, lisons-nous dans le Cartulaire, dame Audiardis et sa fille Berneldis, donnent à Dieu et à Saint-Gilles un curlillage avec un jardin et ses dépendances au lieu de Meissignac, paroisse d'Y.ssingeaux (56).

On pourrait, sans doute, rattacher au priorat d'Amblard II les trois donations suivantes. Sous le règne de Robert le Pieux et l'abbatiat de Guy P"^, à Saint-Gliaffre, entre 996 et ici 4, Aciori ■ donne' à Saint-Gilles un mas et une appenderie à Ghabâsserielies, paroisse de Graponne (25 1). En 998 ou 999, Oaucefànd et son épouse Raimodis donnent à Ghamalières

pour la sépulture en ce lieu de leur fils Arnald, un mas aux Chatons, sur la paroisse de la Bienheureuse Vierge Marie de Tence (65). Enfin, aux dernières années du x* siècle, Placiburge donne un mas avec ses dépendances, à Varagnat, paroisse de MédeyroUes, Puy-de-Dôme (255).

Adhémar fut le sixième prieur de Ghamalières ; son nom ne nous est révélé que par une seule charte. « Sous le règne de Robert le Pieux (entre looo et loi 2), Adhémar étant doyen, Blismodis et son fils Galbert de Mézères donnent à ce lieu très saint pour le salut de leur âme et de celle de Hugues, aîné de la famille, enterré à Ghamalières,' une appenderie à OUias, lieu maintenant détruit, paroisse de Rosières (174).

Nous rattachons les deux donations suivantes au prieur Adhémar pour la seule raison qu'il commence le onzième siècle où les conjectures les plus plausibles nous permettent de les placer, et aussi pour montrer que le prieuré avait quelques possessions assez lointaines.

Aleugarge et Galère, son mari, donnent à Saint-Gilles de Ghamalières, une terre au lieu de Saint-Rome, près du village de La Ghamp, paroisse de Relournac ; plus deux mas à La Séauve ; enfin, la terre de Gombres, paroisse de Saint-Sauveuren-Rue, Loire, (129). D'autre part, Boson, chevalier, de concert avec Adeugarde, son épouse, donne à son tour au prieuré, une maison et un jardin, à Pouilly-les-Nonnains, paroisse de Roanne, Loire, (i3o^. Enfin, Jordan donne tout son grand mas de Drossanges, paroisse dé Tiranges, alleu et fief, après si la mort de sa 'fille, elle vient à mourir sans postérité. En tout cas, quiconque occupera ce mas fournira annuellement aux religieux de Ghamalières deux setiers de seigle et un repas (206). Arnald donne une appenderie sise au lieu de Changeac, paroisse de Vorey. Elle est cultivée par Ebrard et rend annuellement une hémine d'avoine, huit deniers, un chapon et un agneau C272). Guillaume donne une appenderie à Saintignac, paroisse de Retournac, qui rapporte annuellement douze deniers, une hémine d'avoine, une géhne et un agneau ; plus, au même endroit, une chabanerie ou fernie dont le revenu est de quatre deniers, une cjuartç

d'avoine. Il donne enfin à Sannay, paroisse de Ghortielix, une appendcrie au revenu de six deniers, une quarte d'avoine, un chapon et un agneau (279). Rainoard et son épouse Archinnedis, donnent un demi-mas cultivé pnr Bernaud et sis à Jussac, paroisse de Retournac (3oo).

Eldebeut, septième prieur (1014-1020), est constamment appelé doyen dans les différentes chartes qui le mentionnent. Nous allons ranger en cinq séries, d'après leurs dates, les donations qui furent faites au monastère sous son priorat.

1° En loi/i, sous le règne de Robert le Pieux, Bertrand Archaud donne un mas avec ses dépendances au lieu de Sauvessanges (24 î dame Léothgarde lègue, du consentement de ses fils Henri, Bernard et Arnald, une appenderie avec habitation et jardin, au lieu de Vaunac, paroisse d'Yssingeaux. Ces dernières propriétés rendent en mai deux deniers et une maille (menue monnaie) ; à Noël, la même somme, plus un cartal d'avoine, une géline et le quart des récoltes (4o).

2° Entre ioi4 et 1020, sous le règne de Robert le Pieux, Bertrand, clerc, donne à Saint-Gilles la moitié d'un mas, une appenderie et un bois à Bruac, paroisse de Craponne ; celle de Beaune n'existait sans doute pas encore (248). Entre 1016 et 1020, il cède aussi une maison, un jardin, plus six sétérées de pré, autant de terre, et promet encore de laisser le reste de ses propriétés situées audit lieu (217).

3" Entre 1016 et 1020, sous le règne de Robert le Pieux, Adalbert et son fils Girard, Gibernus et son frère Adalbalde, Bernard, fils de ce dernier, donnent à leur tour des vignes et une terre à Chamboulives (21); Austorge, désirant être enterré dans le cimetière du couvent, cède un mas à VaUnac, alleu et fief compris : ses fils Guy et Lagnel confirment la donation du mas, dont le cens est de huit deniers, urt cartal d'avoine et le quart des fruits (42) ; Astier et sa mère Gausne donnent une maison, un jardin et une héminée de terre, au lieu de Meissignac, paroisse d'Yssingeaux, au cens de cinq deniers en mai ; quatre deniers, une hémine d'avoine, une géline et quart à Noël (5i).

4" Vers 1020, sous le règne de Robert le Pieux, Théothbcrt et Anne, son épouse, donnent à Dieu et à Saint-Gilles une appenderie, une maison, un jardin et un verger, au lieu de Pieyres, paroisse de Ghamalières (26) ; Hugues donne pour le repos de son âme et de celle de son fils Galbert, le mas Hugonin, ainsi qu'une maison, un jardin et ses dépendances à Ranc, lieu aujourd'hui détruit, paroisse de Beaulieu (3ii).

5» Entre 1016 et io3i, sous le règne de Robert le Pieux, Guigon et Cathaburgis, son épouse, donnent à Saint-Gilles un mas avec ses dépendances au lieu des Bruyères, paroisse de Saint-Jean-de-Pailhès ou de Montregard.(i94) ; Géraud de Beaumont et ses fils Géraud et Gérard donnent un mas à Doulioux, paroisse de Craponne (247) ; Berland et son frère Girard donnent une appenderie, un jardin, deux sétérées de champ et une de pré, à Artites, au cens annuel de dix-huit deniers et trois quartes d'avoine (282) ; Durand donne le mas Gontier et l'appenderie Gibertine, à Sarlanges, il se fait ensuite moine (292) ; Garenton, abbé, donne une terre au mont Martret, paroisse de Retournac (298).

Pierre P^ huitième prieur de Ghamalières (1020-1028), reçoit pour le compte de son couvent une foule de donations que nous allons classer, suivant leur ordre chronologique, en cinq séries différentes :

1° En 102 1, sous le règne de Robert le Pieux, l'abbatiat de Guillaume I"'' de Capdenac au Monastier et le priorat de Pierre P"" à Ghamalières, Gérald, de concert avec son petit neveu Umbert, donne à Saint-Gilles la moitié d'un mas au Monteillet, paroisse de Saint-Voy, pour le repos de l'âme de son frère Umbert ; le mas est cultivé par Golfade (61 et 66) ; dame Anne cède, de son côté, quelques bruyères, aux lieux de Gublèzes et de Malivernat, paroisse de Saint-Jeures (67).

2" Entre 102 1 et 1028, sous le règne de Robert le Pieux, Guillaume et son épouse Gautburge, de concert avec leurs enfants Hugues, Bertrand et Arnald, donnent un mas, à Donaze, paroisse de Ghamalières ; de plus. Dédier et sa fille Ermessende donnent un autre mas, au même lieu (27 et 28) ;

Sulficie de Beaujeu (Beljoc) donne, pour le repos de son âme et de celle de ses fds Aslier et Guillaume, un demi-mas, au Besset, paroisse d'Yssingeaux (49) ; Guillaume, de concert avec ses fils Pierre, Austorge et Guillaume, donne une maison et un jardin sis au même lieu (54) ; Isarn donne le tiers d'un mas que Bernard cultive, à Chazaux, paroisse d'Yssingeaux (57) ; Lagnel et ses frères Guy, clerc, Guy, laïque Austorge et Armand cèdent un mas à l'Arzalier, alors de la . paroisse d'Yssingeaux, aujourd'hui de celle de Saint-Juliendu-Pinet, plus le puy de Glavenas (58) ; Godolène et ses fds Guy et Sylvius donnent le cinquième du mas de Lachaud sur la paroisse et le territoire de Lapte (62) ; Robert et son épouse Agiardis donnent un demi-mas, aux Changeas, paroisse de Saint- Jeures, et reçoivent du prieur douze sous en retour d'un si grand don (63) ; Etienne donne pour le salut de Léotard, son père, et de Galberte, sa mère, une certaine étendue de terre et la moitié du mont Gouyon près Tence ; peu de temps après, les moines de Chamalières échangent ces propriétés avec les religieuses de Bellecombe (64 ) ; Aldebert ou Edelbert d'Artites donne avec son fils comme moine la terre de Malaval, ainsi que ses dîmes, prémices et autres droits, et comme les fils d'Edelbert inquiétaient le couvent à cause de cette libéralité, le prieur leur donne un cheval, caballunii et une somme de vingt sous, à condition qu'ils renoncent pour toujours à leurs prétentions (160) ; Raimbert et Archimbaud frères donnent une vigne, sous les jardins, à Chamboulives, et une jachère, versanam, à Combres (171); Guy et son épouse Barneldis donnent un mas avec toutes ses dépendances à ,Lous Pis, paroisse de Saint-Etienne-Lardeyrol (189).

Toujours à la même époque, entre 102 1 et 1028, sous le règne de Robert le Pieux, Benaïa et ses fils Pierre et Armand donnent à Saint-Gilles une appenderie, à Soddes, paroisse de Saint-Paulien (219); Guillaume donne un moulin et une terre, un mas et une appenderie, ainsi que des bois et des champs, au Fieu, paroisse de Saint-Julien-d'Ance (233); autre Guillaume donne son fils comme moine, et à cette -occasion il cède au couvent un mas et deux appenderies à

Pouzols, plus une autre appenderie à Anderx, le tout paroisse deRetournac (274) ; Pierre et Théotburge, son épouse, enterrent leur fils Ebrard à Gliamalières : ils donnent en retour au couvent un mas et deux appenderies au Bouchet, même paroisse, aujourd'hui paroisse de Beaux (276); Guillaume donne tout ce qu'il possède à la Roche, paroisse de Retournac (277); Giraud et sa femme Agnès donnent une maison, un jardin, une vigne, un préau et tout ce qu'ils détiennent à Saintignac, même paroisse (278) ; Aldebert de Roche donne tout ce qui lui appartient à Artites, un mas avec jardin, maisons, prés et champs (288) ; Eldebert d' Artites donne la terre Cancellata, au même lieu (284) ; il donne encore une autre terre confrontant la forêt de Mione (285) ; Benaïa donne, de concert avec ses fils Pierre et Hugues, pour le repos de l'âme d'Austorge de Saint- Paulien, tout ce qu'elle possède à Rochette et à Orcerolles, paroisse de Graponne (291); Hieuzo Airaud et son épouse Aia cèdent un mas et une appenderie, au Martret, paroisse de Retournac (294); enfin Adrald, Etienne et Léotard donnent le mont Martret et une terre contiguë, même paroisse (296).

30 Le 4 août 1034, sous le règne de Robert le Pieux, Adhémar donne à Saint-Gilles, au lieu des Glauses ou de Bonnevialle, paroisse de Saint-Etienne-de-Rocoules, un mas au cens annuel de quatre deniers, une quarte d'avoine et une géline (192).

4° En 1027, sous le règne de Robert le Pieux, Guillaume et son épouse Adalgarde donnent à Ghamalières un mas sis à Marnhac, paroisse d'Yssingeaux (69) ; Adhémar et son épouse Dalmacie donnent le mas Saint-Julien, paroisse de Saint- Maurice-de-Lignon, ils ne se réservent que douze deniers pour la garde (97); ils cèdent encore tout ce qu'ils possèdent aux Ghabanneries, même paroisse (98).

5° Le 3 février 1028, sous le règne de Robert le Pieux, Guillaume de Saussac, son épouse Adalgarde et leurs fils Guy et Avit donnent le mas de la Bruyère ou de la Breurette de Montchaud, un autre mas à Villeneuve et une appenderie à Apilhac, le tout sur la paroisse d'Yssingeaux. Le mas de la Bruyère rapporte huit deniers ; celui de Villeneuve, sept sous;

celûi d'Apilhac, un carton de blé, unehémine d'avoine et une géline. Pierre, prieur de Ghamalières, donne aux bienfaiteurs de son couvent, en retour de leur libéralité, une sommé de cent sous (48).

Dalmace II, neuvième prieur (to35), nous est connu par le don qu'Arbert, abbé de Saint-Pierre-Latour du Puy, fit au couvent de , Ghamalières, de l'église de Saint-Flour, située sur le territoire de la paroisse actuelle de Sauvessanges (Puyde-Dôme). « La quatrième année du règne de Henri (!"% roi de France, en ro35), Dalmace étant doyen de Ghamalières, Arbert, abbé, désirant obtenir la miséricorde du Ghrist et la récompense éternelle, donna à Dieu et à saint Théofrède l'église dédiée à saint Flour, avec toutes ses dépendances spirituelles et temporelles ; il donna encore, au même lieu, un mas et une appenderie avec toutes ses dépendances (259). »

On pourrait peut-être placer sous le priorat de Dalmace II, à une date que nous ne pouvons pas bien préciser, les faits qui suivent :

1° Entre io3i et 1047, sous le règne de Henri 1"% roi de France, et le gouvernement de Guillaume l" de Gapdenac ou de Guillaume II de Splignac à l'abbaye de Saint-Chaffre, Gérald, chanoine deGhalencon(l), et son épouse Aialmodis donnent à Saint-Théojrède et à Saint-Gilles, c'est-à-dire à l'abbaye du Monaslier et au prieuré de Ghamalières, l'église de Saint- André rfe Feschales ou de Ghalencon, une appenderie à Boisset, un mas à Chiseneuve, paroisse de Beauzac, un moulin, une maison et un jardin à Ghalencon. Gérald promet encore de donner aux monastères, la chapelle de ce lieu ; Aïalmodis donne, de son côté, un mas à Saillent, paroisse de Beauzac, et entre comme religieuse au couvent des Bénédictines de Ghamalières (20a). Nous reviendrons sur ces donations et sur ce couvent ; en attendant, nous croyons pouvoir affirmer que

(1) Uq simple laïque peut porter le titre de chanoine. Les rois de France étaient jadis chanoines de Notre-Dame du Puy; M. le Président de la République française n'est-il pas chanoine de Saint-Jean de Latran, à Rome?

dès lors l'église de Saint-André et la chapelle de Ghalencon relevèrent immédiatement de Ghamalières.

A la même date, entre io3i et 10^7, Hugues, son épouse Aullarge, Hugues et Ponce, leurs enfants, donnent la moitié du Mas Presbyléral et la moitié d'un moulin aux Ors, paroisse d'Apinac, Umbert, leur neveu, et ses fils Pons et Gérald cèdent les autres moitiés (235) ; Abbon et son épouse Blismodis donnent leur appenderie de la Font, paroisse de Retournac, pour faire recevoir leur fils Ebrard comme moine (299).

2' Entre io3i et 1060, sous le règne de Henri I"% roi de France, et l'abbaliat de Guillaume P' de Gnpdenac ou de Guillaume II de Soligriac au Monastier, Gersoendis deProsme donne à Saint-Gilles jiln mas au Prège, paroisse de Saint- Didier-la-Séauve (99).

Pierre II, dixième prieur, administre le monastère en 1037 et io38, sous le règne de Henri P'", roi do France ; il est qualifié tantôt de prieur et tantôt de doyen. Sous son gouvernement, le prieuré voit s'accroître, avec la liste déjà bien longue de ses bienfaiteurs, celle non moins importante de ses possessions.

Le vendredi 8 juillet 1037, sous le prieur que nous venons de nommer, Dalmace et son épouse Aldéiardis, donnent à Saint-Gilles, pour leur salut et celui de leurs fils Guillaume, Airaud, Durand et Artaud, un mas au Monleil, paroisse de Saint-Pal-en-Chalencon (2o8).

Au cours des années 1037 ou io38, Géraud, désirant renoncer au siècle et après s'être dépouillé de tout, s'attacher au Christ dénué de tout, demande à prendre place dans les rangs des moines de Ghamalières ; à cette occasion, il donne à Saint-Gilles l'église de Saint-Bonnet-de-MédeyroUes, en Livradois, avec un mas voisin, plus trois mas et trois appenderies à Malivernas, paroisse de Saint-Pierre-Duchamp, enfin une autre appenderie au Poyet, village de la paroisse actuelle de Beaune. Les témoins de l'acte sont Larsoendis, épouse du donateur, Rodave, Ildebert et Ponce, ses fils, et Etienne, son frère (212).

Géraud de Bcaumont et son épouse Larsoendis donnent à Saint-Gilles le puy du Mont Barthélémy avec un petit bois qui le couronne (224); Guillaume donne un moulin avec une appcnderie, des prés, des bois et des champs, au Fieu, paroisse de Saint- Julien-d'Ance (233); Géraud et son épouse Larsoendis donnent une [parcelle de jeune bois, au Mazel, paroisse de Retournac (296) ; Aldebert et ses fils Adhémnr et Arnald donnent le mas inférieur de Jussac aux religieux de Chamalières qui en retour admettent comme moine Ebrard, membre de la famille (297) ; Girbert et son épouse Aia donnent à leur tour une appenderie au même lieu (298) ; Ponce Naute cède le quart du mas de Dovol, paroisse de Beauzac, et une appenderie au mdme lieu, à l'occasion de la réception de son frère Armand comme moine dans le couvent ; il donne encore le tiers du mas de la Reveure, lieu détruit, paroisse de Relournac ; son frère donne un autre tiers (3o2 et 3o3) ; Ebraud donne tout ce qu'il possède à Lavet, paroisse de Saint-Jean-d'Aubrigoux, plus le mas Garmaisum, paroisse de Saint-Julien-d'Ance (3o6) ; Adaland donne la moitié du lieu de Fraissonnet, paroisse de Viverols, Puy-de-Dôme (3o7) ; Rotberge et son fils Pierre donnent tout ce qu'ils détiennent dans les paroisses de Saint-Préjet de Sauvessahges et d'Arzon, ainsi qu'à Douchanet, paroisse de Monistrol-d' Allier (3o8) ; Aslier et son épouse Bertheldis cèdent, au terroir de Rasapote, près de l'Allier, paroisse de Saint-Anthème (Puy-de-Dôme), un mas dont le revenu annuel est de dix-huit deniers, une vache ou six deniers, un setier d'avoine, un mouton, un agneau et une géline (309).

Au cours de l'année io38, Trulbert donne à Chamalières deux mas et une appenderie au Gros, paroisse de Saint- Geneys de Juliaco (232) ; le 26 mars ou le 20 août de celte même année, sous le priorat de Pierre II, Bertrand et Rodave lui cèdent deux mas, à Montreguerry, paroisse de JuUianges (261).

Nous rattachons à l'administration du même prieur les deux donations suivantes. Entre io4o et 1047, sous le règne de Henri P' et l'abbaliat de Guillaume de Solignac au Monas-

lier, Arberl, abbé de Saint-Pierre-Latour, issu de la famille de Beaumont, donne à Saint-Gilles un mas à Paucheville, paroisse de Graponne (245) ; il renonce aussi à cerlains usages abusifs qu'il exerçait aux lieux de Trioulayre, paroisse de Saint-Jean-d'Aubrigoux, d'Amour, paroisse de Souvessanges, de Gheyrac, paroisse de Saint-Victor-sur-Arlanc, de Fraisse, paroisse de Saint-Georges-l'Agricol, d'Arzon, du Favet, paroisse de Félines, et du Vernet, paroisse d'Eglisolles (Puy-de-Dôme), qui relevaient de Ghamalières (246).

Beraud, onzième prieur, gouverna en eelte qualité le couvrent de Ghamalières, sous le règne de Henri 1"% roi de France, vers io5o. Suivant le Cartulaire, il reçoit au moins deux donations, à cette époque, pour le compte de son monastère : par la première, Guillaume Achard lui cède lé quart du village du Meynial, paroisse de Rosières, ses fils Hugues, Olivier, Pierre et Arbert approuvent pleinement ses largesses (i88j ; en vertu de la seconde, Abbon de Beanmont, son épouse et leurs fils Bertrand, Etienne et Rodave, abandonnent au prieuré fondé par leurs ancêtres le lieu de Coussanges, paroisse de Viverols (Puy-de-Dôme). Guillaume H, abbé du Monastier, s'en réserve la jouissance durant sa vie, mais, à sa mort, il renonce à toutes ses prétentions en présence de plusieurs témoins, parmi lesquels figure Beraud, prieur de Ghamalières (3 10).

On pourrait peut-être rattacher au priorat de Beraud la donation suivante. Sous le règne de Philippe I", entre 1060 et 1108, Etienne de Beaumont, fils d' Abbon, donne à l'église de Saint-Flour, paroisse de Sauvessanges et relevant de Ghamafières, une terre sise à Bordel, paroisse de MédeyroUes, Puy-de-Dôme (260).

Si nous avons enregistré fidèlement les nombreuses donations faites au prieuré de Ghamafières, c'est moins à cause de l'intérêt qu'elles peuvent offrir à la plupart de nos lecteurs que pour en tirer une conclusion. Nous pouvons appliquer au monastère de Saint-Gilles ce que M. Rocher, un de nos meilleurs historiens vellaves, a dit des Ordres religieux de notre pays en général, a Les abbayes, les monastères ont protégé,

instruit et consolé pendant des siècles les populations éparses dans nos montagnes. En retour de ces bienfaits quotidiens et comme prix de tant de labeurs et de sacrifices, l'Eglise anicienne a reçu ces ricbes possessions, ces vastes domaines dont on a fait tant de bruit. Nos documents locaux et surtout les Cartulaires du Monastier et de Ghamalières attestent la portée exacte de ces libéralités des fidèles, libéralités souvent modiques, toujours volontaires, qui n'ont composé un ensemble de véritable importance que grâce à l'esprit d'ordre et d'économie, apanage traditionnel des corporations religieuses (1) ».

La générosité et la reconnaissance des populations environnantes, nous le constaterons encore souvent dans notre récit, lelle fut la principale source des biens et des revenus du prieuré bénédictin de Ghamalières, Cette importante observation une fois faite, revenons-en aux prieurs et aux faits que l'histoire nous permettra de rattacher à l'administration respective de chacun d'eux.

(I) Tablettes historiques du Velay, IV, p. 273.

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