‹ Le Prieure royal de Saint-Magloire de LehonChapitre 15 sur 44 · A. COMMENT LI CORPS S. MAGLOIRE EU EMBLÉ DE SARGE · texte numérisé non relu

A. COMMENT LI CORPS S. MAGLOIRE EU EMBLÉ DE SARGE

Et chiens couranz sans nombre avoit.

Un jour avint que celi roi Li rois, qui les leuz bien savoit,

Chacier ala à grant arroi ; Delez une rive d'un fleuve,

De chevallierz et de maisnie Au pié d'une montaigne, trueve

Sanz nombre et en sa compaignie. Sis moines repoz qui là fureiit.

(i) Cette vie de saint V[Cagloire, en vers français, dont le manuscrit original, sur vélin, N° 5122, est conservé à la Bibl. de l'Arsenal et qui se compose de 5560 vers, est la traduction faite en 13 19, par Gefroi des Nés (ou des Nefs), des manuscrits latins 5283, 15456, 11951 et 14364 de la Bibl. Nat. et du manuscrit 1032 de la Bibl. de l'Arsenal, dont le texte remonte aux IX', XP, XIP et XIIP siècles. Ils contiennent le récit de la vie de saint Magloire, de ses miracles, de la translation de ses reliques et de la fondation du monastère de Lehon. Trois paragraphes, formant un ensemble de 900 vers, sont consacrés à Lehon. Nous n'en publions ici que 277 vers, que nous avons choisis parmi les passages principaux et les plus intéressants.

Entre espines et ronces furent

Et de ce qu'aus mains laboroient

Leur poure vivre là quéroient.

Et quant li rois pâlies et maigres

[Les veit,] liez ne fu ne alleigres ;

Ainçois de la paour devine

Qui le cuer li point et espine,

Encerchié leur a sagement

De leur vie au commencement,

Ne pour coi telz lieus habitoient

Qui désert et saunage estoient.

Lors cil, pour la chevallerie

Qu'entour li virent espartie

Et pour le roial ornement

Que sus li virent, vraiement

Connurent que cilz rois estoit

Qui ainsi à eus s'arestoit.

Lors à genouz le saluèrent

Et moult humblement Tembracierent.

La terre leur a denéée,

Mes pecune leur a donnée

Et en départant leur vost dire :

« — Se tout puissant D'.eu, nostre sire,

Pour la paine et pénalité

Qu'avez et vostre humilité,

Quaucun saint tous veille otroier

Et en ce leu ci envoler.

De l'aide auquel et prière

Secouruz sois çà en arrière

Et je en mes granz faiz soutenu,

Tantost com ce iert avenu,

Qù que je soie, en ma présence

Venez séurz et sans doutance :

Car lors ce leu dédierai

En son nom et l'onorerai.

Toutes fois que me vendrez querre.

De possessions et de terre,

Selonc mon pooir largement :

Ce vous promec certainement. »

Ainsi le roiz d'euz se départ.

Et quand ils virent le départ, Contristés toute jour plorèrent Et le jour tout en pleur menèrent.

En la parfîn se conseillèrent ; Puis après, trois jourz jéunèrent.

Et, ce fait, donc d'euz home sage D'aler en Sarge ont fait message.

Puis, en après mainte journée.

Un moine de noble ligniée, Qui adonc non Condan non avoit Et assez de lettres savoit, Proudome et de grant abstinence, De bele et très douce éloquence, (Et c'est cil dont j'ai ci parlé Devant, qui fu en Sarge allé) Appareliez fu sanz demeure Quand le temps convenable et l'eure Vit, que les gardes mis li urent. Lors, avec cil Condain s'esmurent Aucuns moines de petit nombre, Qui, sanz ce que riens les encombre, De par Dieu qui les maine et guie.

A Sarge vindrent par navie.

Et lors cens, avec ques la garde Qui le cors saint ilecques garde.

Jusqu'au premier somme veillèrent.

Et quand virent et esprouvèrent Que ceux qui en l'isle habitoient De vin et de sommeil estoient Enseveliz et assommé, Lors cilz qui fu Condan nommé Le couvercle du tomblel a Saint Magloire tourné de là Sanz avoir nule aide humai nne, Que sis très fors homes à paine

NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

Poïssent de terre lever.

Quant donc le leva sanz grever,

Chascun puet bien dire en apert

Que là miracle fist apert

Saint Magloire, sanz fiction,

A la seue translacion.

Ainsinc. le cors de saint Magloire

Pristrent, si com nous dit l'estoire.

Et ainsi léaument l'emblèrent

Et dedenz la net l'emportèrent.

Un larrecin loïal firent,

Et tantost en la nef le mirent,

La nef montent et à la voie

Se metent, — et Diex les convoie î

B. COMMENT LE CORS S. MAGLOIRE FUT MIS DESSUS UN POMIER AIGRE ET LA PARTIE SUS aUOI LE CORS S. MAGLOIRE FU MIS DEVINT DOUCE ET l'aUTRE

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