‹ Le prince CoriolaniChapitre 6 sur 29 · LE ROI DU JOUR ET LE ROI DE LA NUIT · texte numérisé non relu

LE ROI DU JOUR ET LE ROI DE LA NUIT

Il n'y avait, ici, que trois hommes pour garder une apparence impassible, c'étaient les trois chevaliers du SUence, le banquier Massimo Dolci, l'intendant Visconti-Armellino et le cavaher Hercule Pisani. Autour d'eux, l'agitation grandissait, et le quatrième maître du Silence, le colonel San Severo, y prenait part de bon cœur.

— Corps de Bacchus ! s'écria-t-il, voilà un digne seigneur, ce Doria ! et le coquin de marquis a son affaire !

Cela se perdit dans le tumulte général. Pour donner une idée de ce que devint ce tumulte, malgré la haute position de la plupart des acteurs en scène, nous raconterons un incident dont San Severo fut le héros.

Pietro Falcone, à la vue du Fulvio Coriolani, avait reculé comme si une contraction nerveuse l'eût attiré en arrière.

— C'est lui ! avait- il dit tout bas.

Et ce mot : c'est lui ! avait dans sa bouche une terrible expressionde haine. Falcone, si calme d'ordinaire, que nous avons vu froid en face des aventures de la maison Spurzheim, semblait en proie à une rage soudaine. Il glissa sa main sous le revers de son costume et en tira un poignard sicilien à lame évidée et fine comme une aiguille. Certes, en ce moment de désordre rien n'était plus aisé que de frapper. C'était sa pensée, mais au moment où il prenait son élan, une main de fer le saisit à la gorge, tandis qu'une autre main également vigoureuse tordait son poignet et faisait tomber l'arme.

Cette main de fer, qui appartenait à San Severo, y allait de bon cœur. La face du docteur s'injectait de sang déjà, lorsque le regard du colonel tomba par hasard sur la main droite de l'inconnu, celle qui naguère tenait le stylet. Au doigt médius de cette main était l'anneau du Silence. San Severo lâcha prise aussitôt mais il entraîna le docteur jusqu'auprès des trois chevaUers et leur montra l'anneau.

Armellino dit :

— Nous savions cela !

San Severo baissa la tête, et réfléchit un instant.

— Mes compagnons, dit- il, moi, je ne le savais pas. Le jour où je ne comprendrai plus du tout, prenez garde !

ArmeUino et Falcone échangèrent un signe. Falcone se perdit dans la foule. Tout ceci n'avait pas duré une minute. Pas une parole n'avait été échangée dans le groupe de nos personnages

principaux, qui gardaient leurs poses respectives, comme il aTrive dans les solennelles occasions.

Lorédan Doria était à droite du marquis que Sampieri contenait, et qui semblait en proie à une attaque d'épilepsie; à gauche, Coriolani, la tête haute et les bras croisés sur sa poitrine, se tenait debout. Le roi et les princes entouraient ce groupe.

A l'autre bout du salon, la princesse de Salerne et ses compagnes applaudissaient Lorédan avec de véritables transports. Angélia pleurait de joie dans les bras de Nina, qui murmurait à son oreille :

— Que te disais-je. C'est méconnaître Fulvio que de craindre pour lui. Et cependant il ne s'était rien passé en réalité. Aucune réponse n'avait

été opposée aux accusations du Malatesta. Le roi n'avait pas prononcé une parole; les princes et le ministre d'État étaient muets. Mais il y avait dans ce nouveau venu une puissance si communicative qu'il semblait que sa présence seule dût faire sa cause gagnée. Il regardait Malatesta en souriant. Malatesta, la face marbrée de taches livides, faisait d'inutiles efforts pour soutenir son regard.

La première parole prononcée sortit de la bouche du roi qui rejeta en arrière le capuchon de son domino, et découvrit cette belle figure bourbonnienne couronnée de cheveux blancs comme la neige, à laquelle le peuple de Naples payait toujours un si sincère respect. Le roi dit :

— Doria tu es un gentilhomme . Ton père eût fait comme toi : tu as bien fait ! Lorédan s'incUna. Le prince royal vint à lui et l'embrassa. C'était sur

le bras du prince royal que Ferdinand de Bourbon s'était appuyé pendant toute cette scène. L'autre compagnon du roi était son second fils, le prince de Salerne.

Fulvio Coriolani s'inclina à son tour devant le roi. Le roi lui dit :

— Prince, soyez le bien- venu. On vous a accusé en votre absence, vous allez vous défendre.

— J'y tâcherai, sire, répondit Coriolani.

. Et tous les cœurs étaient avec lui déjà. Avant de continuer il se tourna vers Lorédan.

— Comte, dit-il, je vous remercie et je vous offre la main. Lorédan salua, mais sa main resta immobile à son flanc.

— Prince, répliqua-t-il froidement, vous ne me devez rien; j'ai défendu l'honneur de ma maison.

— L'honneur de votre maison est le mien, comte, dit Coriolani, puisque je vais être votre frère.

Lorédan répartit d'un ton glacé :

— L'avenir est à Dieu. Ma sœur est libre sous le bon plaisir du roi, son son maître et ie mien.

Il salua de nouveau et rompit ostensiblement l'entretien. Coriolani lui tendit en silence son gant qu'il reprit. Cela fait, Coriolani se redressa, et parlant au roi :

— Sire, sauf le respect que je dois à Votre INIajesté, dit- il, le marquis de Malatesta en a menti méchamment et lâchement. Honte à celui qui a perdu le souvenir de sa mère, à ce point d'outrager sa propre sœur I

— Bien dit ! bien dit ! s'écria- t-on de toutes parts.

Et l'archiduchesse Marie-Clémentine, femmedu prince de Saleme s'écria:

— Prince, au nom de mes sœurs et de toute la cour, je vous remercie, vous avez noblement exprimé notre pensée.

Coriolani mit la main sur son cœur. Son regard, en rendant grâce à la princesse, se fixa sur le pâle visage d'Angélia qui lui fit un signe de tête souriant.

— Où es-tu? fit l'implacable Sampieri à l'oreille de Malatesta.

— Sire, dit aussitôt ce dernier, dont la parole était embarrassée sauf le respect que je dois à Votre Majesté, ce bandit, qui donne des leçons aux gentilhommes en votre présence, ne vaut pas la peii^e qu'un Doria d'Angri relève son démenti. Je soutiens mon dire, et j'accepte le provocation de mon cousin Lorédan Doria, qui est au moins un galant homme.

Sampieri lui serra la main furtivement. Malatesta reprit avec plus d'assurance :

— Puisque celui-là vous a ensorcelés, ô grands de Naples, mes anciens amis, je n'espère plus beaucoup faire tomber le voile qui vous bande les yeux. Je me borne donc à le mettre au défi de répondre à deux simples questions : « A quelle besogne a-t-il employé sa nuit? » Dans quelle contrée de la lune est située sa principauté de Coriolani? »

En achevant ces mots, le Malatesta avait recouvré toute son insolence.

— Sixe, 1 éprit le prince Fulvio, ce n'est pas à cet homme que je m'adresse. C'est à Votre Majesté qui a témoigné le bienveillant désir d'entendre ma réponce.

— Bienveillant, oui, prince, dit le roi; nous ne vous croyons pas coupable jusqu'à preuve contraire.

Coriolani fit un pas vers le roi, mit un genou en terre et lui baisa la main en disant tout bas :

— Je rends cet hommage au roi qui m'aime. Je le rends surtout à l'ami de mon noble et bien-aimé père !

Autour du salon on se demandait :

— Que dit-il? que dit- il?

— Je crois. Dieu me pardonne ! s'écria Malatesta en ricanant, que ce fils du hasard a parlé de son père I

Le prince royal fit un signe. On entendit les crosses de vingt mousquets résonner bruyamment sur les dalles. Tous les regard étonnés se tournèrent vers le vestibule que l'on vit plein de gardes suisses. Malatesta voulut parler encore, mais Sampieri, jugeant qu'il se perdait sans retour, lui mit la main sur la bouche.

— Laisse aller, lui dit- il, tu as assez fait...

— Sire, reprit Coriolani au milieu du silence rétabli comme par enchantement dès qu'il ouvrit la bouche, je voyais depuis quelques semaines un deuil dans votre auguste maison. Ceci est pour répondre à la question, qui m'a mis au défi de dire queUe a été ma besogne de cette nuit. Votre Majesté avait près d'elle une noble jeune fille, dont les veines contiennent du sang impérial et royal, Mathilde Famèse, que vous aveK tenue sur les foat» de baptême...

— Aurais- tu de ses nouvelles, Fulvio? s'écria le roi \4vement.

On savait, à la cour, combien le roi aimait sa filleule. La mère de Mathilde était morte jeune ; elle était la parente de Ferdinand. Colonna dit à MarescaJchi qu'il avait rejoint dans la foule :

— Le misérable nous porte là un coup de maître ! Coriolani poursuivait :

— Pou vais- je faire trop pour reconnaître la gracieuse hospitalité que Votre Majesté a daigné m'accorder? Ceux qui disent m' avoir vu cette nuit au pont délia Maddalena et sur la plage, ne se trompent point : j'y suis allé. J'ai été plus loin : une barque m'a emporté au travers du golfe de Naples ; j'ai franchi le canal de Procida. De l'autre côté des îles, en face du Foce del Fusaro, il y avait un navire à l'ancre, j'y suis monté...

— Et vous avez des nouvelles de Mathilde? demanda pour la seconde fois le roi.

— Oui, sire.

— De bonnes nouvelles !

— Oui, sire.

— Que Dieu vous récompense, Fulvio ! Dites-nous quel était ce navire? Le cercle s'était resserré autour de Coriolani, et l'on avait fait place aux

princesses qui étaient maintenant sur le premier rang.

— Ce navire, répondit le prince Fulvio, appartenait à ce chef redoutable que votre poUce croit tenir sans cesse et qui lui échappe toujours.

— Porporato !

Ce nom prononcé tout bas, courut d'un bout à l'autre des salons. Le roi dit :

— Ce baron d'Altamonte qui devait être exécuté demain n'est donc pas Porporato?

— Non, sire

— Le prince Coriolani avait dit formellement le contraire lors de la confrontation, fit observer le ministre d'État.

— Excellence, si je n'avais vu de mes yeux cette nuit Porporato à bord de sa felouque, je dirais encore à l'heure qu'il est : Altamonte était Porporato : ils se ressemblent trait pour trait. C'est à ce point, que j'ai bien peur qu'il y ait dans tout ceci une regrettable erreur. Je crois que la justice et la poUce se sont trompées. Je crois que Altamonde était innocent.

Andréa Visconti-Armellino fit un pas en avant.

— Ma démission d'intendant second de la police, dit-il, est déposée depuis hier au ministère d'État : le motif de ma démission est celui-ci : Je partage l'opinion du noble Ful\-io Coriolani.

— Oh ! oh ! fit le grand San-Severo à l'oreille de Massino Dolci, qui restait seul à la place occupée naguère par les trois chevahers du Silence, quelle comédie est-ce là? passerai-je ma \'ie entière à n'y voir goutte dans vos histoires ?

— Voilà qui est étrange, Piccoloniini, dit le roi au ministre; j'ai déjà reçu à ce sujet, cette nuit, une lettre du seigneur Johann Spurzheim qui, tout malade et mourant qu'il est. , .

— Demain, à la première heure, interrompit le ministre d'État, je

comptais soumettre à Votre Majesté des communications importantes. Le roi le regardait en face.

— Malheur à ceux qui voudraient me tromper ! prononça-t-il tout bas en fronçant le sourcil; je suis le plus vieux souverain de l'Europe, mais j'ai encore la tête saine et le bras long !

Il nous est impossible de faire comprendre dès à présent au lecteur la ligne de conduite de ce redoutable agonisant, Johann Spurzheim. Il portait ici un coup funeste à Piccolomini, et pourtant il n'était point avec le prince Coriolani; Malatesta lui importait peu, il ne s'occupait pas du roi et ne croyait point en Dieu : Il travaillait pour lui seul, dirigeant ses batteries du fond de son alcôve et mêlant à plaisir l'éche veau embrouillé de son intrigue. C'était un spéculateur effréné. Nous ne connaissons ici qu'un de ses agents, Pietro Falcone, mais qui sait combien Falcone avait de collègues inconnus dans les salons du Palais Doria !

— Et qu'as- tu fait à bord de la felouque, Fulvio? demanda le roi.

— J'ai parlé à Porporato, sire.

— C'est la seconde fois et maintenant, tu le reconnaîtrais ?

— Je le reconnaîtrais, sire.

— Pourquoi s'approchait- il ainsi de mes côtes?

— C'est un étrange personnage, sire, qui dit aussi, en parlant des rivages de Naples, « mes côtes. »

Le roi eut un sourire contraint.

— Nous sommes deux pour un seul royaume, murmura- t-il; je suis le roi du jour; ce brigand est le roi de la nuit. Tout cela changera si Dieu m'est en aide. J'ai bien arraché mon héritage des mains de Murât qui était un soldat...

Chacun put voir les sourcils du prince Fulvio se froncer à ce nom de Murât.

— Sire, dit-il, Porporato avait, à son dire, deux motifs pour s'approcher de votre capitale.

— Voyons les motifs de Sa Majesté nocturne !

D'abord, délivrer le baron d'Altamonte, non point par amitié, mais par principe : Porporato a fait serment de délivrer tous les condamnés à la peine capitale.

— Cette fois, du moins, il a été parjure !

— S'il m'est permis de répondre à Votre Majesté, Porporato avait prévu le cas, il m'a dit en propres termes : « De deux choses l'une : ou ils l'assassineront, ou je le délivrerai I »

A son tour, le roi fronça le sourcil.

— Et le second motif de sa diabolique Majesté? demanda- t-il,

— Le second motif est tout autre, sire. Porporato recherche la main d'une jeune iille noble de votre cour.

— Ah ça, dit le roi, il connaît donc notre cour?

— Beaucoup, Sire.

— Est-ce qu'il nous fait l'honneur d'y venir parfois?

— Souvent.

Ferdinand devint pâle et sa colère se fit jour.

LE PALAIS DORL\ 45

— Sur notre vie ! s'écria-t-il, nous voulons des ministres qui nous mettent à l'abri de pareilles insolences !

— Sire, dit Coriolani avec froideur, je n'ai pas accusé les ministres de Votre Majesté.

Il y eut un silence, le roi regrettait fort d'avoir entamé cet entretien en public. Il le rompit brusquement et de mauvaise grâce.

— Parle-nous de Mathilde, notre filleule, prince, dit- il; combien cet homme veut- il nous vendre sa liberté?

— Troc pour troc, sire, répondit Fulvio; Porporato demande sa future femme à la place de la noble Mathilde Farnèse.

— Espère-t-il?... s'écria le roi avec indignation.

Coriolani se tourna vers le vestibule où le cavalier Hercule Pisani était debout, au-devant de la garde suisse. Il fit un signe. Pisani disparut au miUeu des soldats.

— Je ii'aurais point souffert, dit Fulvio, qu'on manquât de respect à Votre Majesté en ma présence. Je vais rapporter les propres paroles de Porporato il a dit : « Je rends au roi sa filleule sans rançon. Demain, celle que je veux sera en mon pouvoir. »

Lorédan Doria, qui était auprès de sa sœur et qui fixait sur Fulvio un regard perçant, fit un mouvement involontaire, comme pour la protéger.

Le roi n'eut pas le temps de répondre. Hercule Pisani traversa de nouveau les rangs des soldats. Il tenait par la main cette jeune femme voilée que nous avons vue dans la cour du palais où Beldemonio s'était fait descendre en sortant de chez Joham Spurzheim. Fulvio alla vers elle, la prit des mains de Pisani et l'amena au roi qui lui tendit les bras, les larmes aux yeux.

— Votre Majesté, dit le prince sans élever la voix, est- elle satisfaite de mon service de cette nuit?

Mathilde Farnèse recevait déjà les caresses des princesses. Le roi tendit la main à Fulvio. Les princesses et la cour applaudirent avec transport. Angélia était éblouie, mais Nina n'était pas même étonnée.

Les trois chevaliers du Silence, Andréa Visconti-Armellino, Massimo Dolci et Hercule Pisani étaient de nouveau réunis, formant un groupe impassible au-devant du grand colonel San Severo qui perdait plante au milieu de cette mer d'énigmes.

— Seigneur Armellimo, dit le roi, nous n'acceptons pas votre démission.

— En ce cas, la mienne est aux pieds de Votre Majesté, répliqua vivement Piccolomini.

Le roi sourit, et dit :

— Le soleil, demain, verra bien des choses. En attendant, puisque votre démission est à mes pieds. Excellence, je me nomme, pour cette nuit, ministre d'État... Et sois de bonne heure au palais, Fulvio !

Le prince Coriolani s'inclina. Chacun vit bien que le portefeuille de Piccolomini était à lui s'il voulait le prendre.

— Holà ! Baumgaften ! appela le roi.

Le major de la garde suisse entra aussitôt; le roi lui dit quelques mots à l'oreille, Sampieri devina et fit un mouvement vers la porte. Il sentit une

main qui le retenait. Le docteur Pietro Falcone était entre lui etMalatesta.

— Messieurs, dit Falcone, vous avez joué une partie vous l'avez perdue, je vous offre votre revanche.

— Seigneur Marescalchi, disait en ce moment Baumgarten, je vous arrête au nom du roi.

Malatesta, depuis un moment, restait atterré.

— Au nom du roi, dit encore Beaumgarten, seigneur Gravina, je vous arrête.

— ■ Tout mon sang pour une revanche ! gronda le Malatesta; je ferais un pacte avec le démon !

Baumgarten venait d'arrêter Ziani et Colonna.

— Nous n'avons plus qu'une minute, dit Pietro Falcone; voilà le Pitti qu'on arrête à son tour, mais il est prévenu, les autres aussi. Souvenezvous bien de ceci, Sampieri et vous, Malatesta : vous avez un allié. A quelque heure et en quelque lieu que ce soit, dès que le nom de Johann Spurzheim sera prononcé à votre oreille, tenez- vous prêts.

— • Johann Spurzheim ! répéta Sampieri stupéfait. Et Malatesta ajouta :

— Je n'avais évoqué que Satan !

Baumgarten était en face d'eux, il dit :

— Au nom du roi, Domenico Sampieri et Giulio Doria d'Angri, marquis Malatesta, je vous arrête.

Falcone s'était perdu dans la foule. A ce moment, Fulvio Coriolani abordait Angélia Doria et lui baisait respectueusement la main.

Comme la princesse de Salerne l'appelait, U laissa tomber rapidement ces paroles :

— Comtesse, il est d'usage que deux fiancés échangent le secret de leurs cœurs. Demain, je solliciterai de vous une entrevue d'où dépendra notre avenir à tous deux.

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