DJABEL LE GRAND SCORPION
Nina Dolci, la fiUe d'honneur de la princesse de Salerne, était assise au chevet du lit d'Angélia Doria. C'était trois ou quatre heures après la fin de la fête. AngéUa s'était couchée malade, et Nina la veillait, bonne, tendre, docile aux fantaisies que la fièvre mettait dans l'esprit de son amie.
Angélia ne pouvait dormir ; elle était comme les enfants qui demandent des histoires; Nina se recueillait, et feignant de chercher les aventures d'autrui dans sa mémoire, elle racontait quelques épisodes de sa vie bohémienne. Elle avait vu bien des choses, cette zingara si jeune que le sort avait faite grande dame. Angélia l'écoutait. Parfois, Nina cfoyait l'avoir endormie et se taisait.
La lampe était entre elles deux, éclairant d'un rayon pareil ces deux beautés si différentes. Au moment où les premières lueurs du jour se glissaient à travers les rideaux, Angélia dit :
— Tu gardes le silence et moi, j'ai peur de penser. Fulvio veut me parler qu'a- 1- il à me dire? Raconte encore, je t'en prie, une histoire longue, longue !
Nina écoutait cette pauvre chère voix dont l'accent devenait de plus en plus semblable à celui des petits enfants.
— Je n'en sais plus, dit-elle.
Puis se reprenant :
— Il y en a une longue, longue ! C'est celle de Porporato. Angélia ouvrit les yeux tout grands.
— Tu la sais donc? dit-elle.
— Oui, Massimo Dolci, mon oncle, a eu une maison de campagne au pied du mont Sila, où est, dit-on, le château de Pourpre...
— Oh ! répéta Angélia, le château de Pourpre ! est-ce qu'il existe?
— Et mon oncle, continua la zingara, est l'ami de l'intendant second de police qui lui a prêté les dossiers de ce célèbre bandit.
— Et tu les as lus?
■ — Avec plus de curiosité que le plus intéressant de tous les contes !
— Alors, dit vite !
Angélia se tourna à demi sur l'oreiller, son visage exprimait une curiosité singulière.
— As-tu rencontré parfois, demanda Nina, en venant de Sicile, ces misérables caravanes de zingari qui plantent leurs tentes loin des villages, et semblent toujours voler l'air du ciel qu'elles respirent?
■ — Je me souviens d'avoir vu de ces gens-là, répondit Angélia.
— Eh bien ! reprit Nina, tu as peut-être rencontré sans le savoir la famille errante du tzigane Djâbel le Scorpion, dans laquelle se passa l'enfance de Porporato, et aussi l'enfance de Fiamma, sa petite sœur.
— Ah ! s'écria Angélia, tu vas aussi me parler de Fiamma?
— Il est impossible, répondit Nina avec un mouvement d'orgueil, de parler de Porporato sans parler de Fiamma, Djâbel, le grand Scorpion, tzigane rouge de Moravie, parcourait la terre de Bari, vers le commencement de ce siècle, avec sa famille ou tribu, nombreuse comme celle de Priam. Les deux premiers nés de Djâbel avaient nom Horeb et Baissa; Horeb connaissait l'art de lire dans les astres ; Baissa domptait les serpents et guérissait les fièvres par l'imposition des mains. Djâbel, lui, était doué pour les scorpions et les tarentules. Il était petit, maigre, hâve ; ses cheveux gris se hérissaient sur son crâne. Quand il regardait les chiens fixement, les chiens devenaient fous. Les paysans de la terre de Bari lui payaient une redevance pour qu'il ne regardât point leurs troupeaux. Le père du père de Djâbel avait connu le secret du château de Pourpre...
— Qu'est-ce donc que le château de pourpre? demanda Angélia.
— C'est, répondit Nina, le paradis mystérieux des fils d'Achingan, qui fut le premier roi des tziganes, et leur donna, dit-on, son nom. Il est situé au centre des Apennins du sud, dans un lieu inaccessible et couvert d'impénétrables forêts. On dit que parfois, dans les sentiers de la vallée, on entend des chants lointains et des bruits de fête. Ce sont les chants qui descendent du château de Pourpre, le palais des merveilles. Les gens de la montagne croient à son existence, et personne ne l'a vu. C'est le lieu du trésor, promis aux races déshéritées, inépuisable, comme l'eau de la mer et la bonté de Dieu...
Le jour douteux que laissaient sourdre les rideaux pâlissait déjà les lueurs de la lampe. Une curiosité croissante se lisait sur le charmant visage d'Angélia. Les traits de Nina s'étaient animés tandis qu'elle parlait. Il y avait sur son front comme une auréole de poésie et ses yeux brillaient. Elle était là dans son élément, la fille des imaginations orientales, amie des splendeurs impossibles et du merveilleux plein de mystères. Elle reprit :
— Le septième aïeul de Djâbel mourut en cherchant le secret du château de Pourpre. Il s'appelait Pharam. Il était le septième neveu de Ptolaum, tige de la tribu, qui était venu de Châl (Egypte). Ce fut Pharam qui bâtit le château de Pourpre. Quand il en fut chassé par les chrétiens, il répandit dans le sentier de l'exil la poussière du marbre rouge qui servit à bâtir le palais. Les descendants de Pharam jurent par lui. Et parmi les Romichâl (hommes d'Egypte) les fils de Pharam sont maintenant les premiers. Ils disent que la poussière de marbre répandue par Pharam, leur aïeul, était fée. Le vent n'a point le pouvoir de la disperser, la pluie ne peut pas la dissoudre : là où l'aïeul l'a mise, elle reste. Et quiconque retrouvera un grain de cette poussière, un seul, n'aura qu'à suivre la trace pour arriver au château de Pourpre, où sont les trésors de Ptolaum. Aussi, tant qu'il y aura un descendant de Pharam, il y aura un homme qui donnera sa vie entière à la recherche de ce trésor.
Djâbel le grand Scorpion et sa tribu erraient sans cesse de la terre d'Otrante à la terre de Bari, sans dépasser jamais la Capitanate. Ils essayaient de se rapprocher des sommets de l'Apennin, d'où la force armée les repoussait toujours. On craint en effet les zingares dans la montagne, parce que la montagne fait le brigand. Djâbel devenait vieux; ses fils grandissaient, sa race se multipliait à ce point que la famine régnait souvent sous les tentes. Il avait dix tentes. Sous la tente d'Horeb, le fils aîné, était un enfant de race chrétienne que l'on cachait avec soin. Les tziganes l'appelaient Beldemonio, à cause de ses précoces hardiesses.
— Beldemonio ! répéta Angélia; où donc ai- je entendu ce nom?
— A Naples, où il est dans toutes les bouches... Laisse-moi poursuivre : sous la tente de Baïssa, le second fils était une fillette, appelée Mani, mais que les chrétiens avaient surnommée Fiamm.a, à cause de sa danse légère. Elle était belle comme le sont les filles de Bohême; ses cheveux étaient noirs ; ses yeux brillaient sous l'arc sombre de ses sourcils. Sa taille peu élevée était souple et fine.
Beldemonio lui, était grand et fort; ses longs cheveux blonds encadraient son front candide, s'il avait eu, comme Achille, dos habits de femme, il n'eut point trouvé de rivale. Fiamma et Beldemonio tout enfants qu'ils étaient avaient juré le serment d'amitié : c'était la sœur et le frère.
Une fois, les deux tentes d'Horeb et de Baïssa se réunirent non loin de Brienza, dans une vallée où coule le torrent d'Organa. Les jeunes gens des deux tentes furent lancés dans la montagne à la cueillette des simples, ::ar tous les tziganes sont médecins. Beldemonio et Fiamma suivaient tous ieux le lit de l'Organa; ils arrivèrent ainsi au sommet d'un roc, dont la iable surplomblait le cours du torrent. Au-dessus d'eux était une rampe naccessible où poussaient çà et là des myrtes et des fleurs empourprées. Deux tourterelles voltigeaient autour d'une crevasse en poussant des cris plaintifs. Fiamma dit à Beldemonio :
— Pourquoi pleurent-elles?
Il leva les yeux vers le sommet du roc où les tiges épineuses des cactus l'agitaient.
— Elles pleurent, répondit-il. parce qu'il y a des petits dans leur nid, et que voilà deux enfants qui rampent là-haut vers la crevasse.
Fiamma poussa un cri. EUe venait d'apercevoir les têtes cruelles des petits chasseurs.
— Je vais les tuer si tu veux, dit Beldemonio, qui saisit un caillou. Une pierre lancée par la main d'un zingare va droit au but comme la
balle d'un mousquet.
— Non. non ! s'écria Fiamma, ne tue pas les enfants, mais sauve les petits des pauvres tourterelles.
Au moment où Beldemonio s'élançait pour giavir la rampe, un des enfants atteignit la crevasse, d'où l'un des tourtereaux sortit et prit son vol timide qui allait s'abaissant de telle sorte, que la jeune fille, tendit sa main pour le saisir.
A cet instant, un épervier tomba du ciel comme la foudre, atteignit le petit oiseau dans sa chute et l'entraîna. Beldemonio avait toujours son caillou à la main; la pierre sifiâa. L' épervier tomba tête première dans le torrent, tandis que le tourtereau, battant faiblement de ses petites ailes blessées, disparut au miheu des buissons.
— Merci, dit Fiamma, mais l'autre?
L'autre sortait justement de la crevasse, évitant la main des enfants dépités, en abaissant vers nous son vol incertain.
— Tu le veux? dit Beldemonio qui, d'un bond, atteignit au vol la petite tourterelle et roula au fond du torrent sans lâcher prise. L'instant d'après, il revenait vers Fiamma tenant le petit oiseau vivant dont les belles plumes gris de perle étaient à peine mouillées. Il saignait de plusieurs blessures. Depuis ce jour-là Fiamma a été l'esclave de son frère. Elle avait reconnu sous cette blonde chevelure la puissante tête du lion.
AngéUa pensa tout haut :
— Fulvio eût- il fait cela pour moi?
Nina ne répondit pas, mais elle eut un orgueilleux sourire. Elle poursuivit :
— Ils avaient quatorze ans. C'est l'âge où les fiUettes tziganes deviennent femmes. On se disputait déjà le cœur de Fiamma, et Djâbel le grand Scorpion, dit : Je la veux : C'était le chef et le père; nul ne lui résistait jamais. Beldemonio vint à la tente de Djâbel, qui avait autour de lui cinq de ses fils, et lui dit :
— Maître, tu es trop vieux pour Mani, ma sœur.
Les fils levèrent sur lui le pûm, qui est une grosse balle de plomb au bout d'une lanière de cuir, arme sourde et presque toujours mortelle. Beldemonio arracha un des pieux qui fixaient les cordes de la tente et se défendit, or voici ce qui arriva : la lanière de cuir, brandie par Thipharé, le quatrième fils, se rompit. La balle frappa la tête de Djâbel le grand Scorpion, qui tomba en disant : C'était le sort !
Comme ses fils s'élançaient tous ensemble contre Beldemonio, Djâbel les arrêta de sa voix mourante, et dit :
— Ne le tuez pas : c'est lui qui trouvera la route du château de Pourpre ! Et il rendit son souffle au vent, car il n'y a point de Dieu pour les
tziganes. La volonté de Djâbel le grand Scorpion avait toujours été respectée de son vivant : mais pourquoi obéirait-on aux morts? On s'empara de Beldemonio, qui était seul contre tous. On lui lia les pieds et les mains : on le jeta dans un coin de la tente. La nuit suivante, Fiamma, sa sœur, coupa les liens et ils s'enfuirent.
Alors commença, pour eux, une vie d'aventures et de périls. Les tentes des fils de Djâbel se réunirent contre eux, qui, n'ayant aucune protection à espérer du côté de l'autorité chrétienne, furent traqués dans les monts comme des bêtes sauvages. Cela dura un an. Baissa, le nouveau père des zingares, fils de Pharam, avait dit :
— Celui de nos garçons qui s'emparera de Mani, l'aura pour femme. Celui qui s'emparera de Beldemonio, le prédestiné, aura tout ce qu'il demandera.
Il appelait Beldemonio le prédestiné, parce que Djâbel avait dit : « Celui là trouvera le chemin du château de Pourpre. » La chasse fut rude. Quand la passion les tient, ces hommes du Châl sont patients, courageux, infatigables. Ils s'acheminèrent tous ensemble à la poursuite de Fiamma et de Beldemonio, qui vingt fois furent sur le point de tomber dans les mains des fils de Djâbel. En ce temps-là, Beldemonio n'avait point d'armes. Quand il ne pouvait éviter les Romichâl, il les combattait comme les preux des anciens jours, avec des branches arrachées aux arbres de la montagne, avec des cailloux ramassés dans le lit desséché des torrents. La fronde de David lui manquait, mais il n'avait besoin que de sa main sûre et \agoureuse.
Enfin, au bout du dixième mois, les ennemis de Beldemonio et de Fiamma, rétrécissant toujours davantage le cercle, les avaient acculés à la cime d'une montagne dans la partie la plus déserte de l'Apennin. Fiamma et Beldemonio passèrent trois jours et trois nuits sans prendre de nourriture. La troisième nuit, Fiamma dit : — J'ai faim.
Beldemonio l'entendit. Saisir sa massue et bondir dans le sentier qui descendait la montagne, ce fut l'affaire d'un seul et même instant. Fiamma le suivit, mais au bout de quelques secondes, eUe l'avait déjà perdu de vue.
Il y avait quatre feux au bas de la montagne. Les fils de Pharam dormaient sur la foi de leurs sentinelles et de leurs chiens vigilants. Leurs chiens connaissaient Beldemonio; ils vinrent lui lécher les mains; la sentinelle n'eut pas le temps de crier alarme. A peine avait-elle aperçu Beldemonio qu'elle tombait la tête écrasée par un coup de massue. Ce fut alors un grand tumulte; des plaintes, des clameurs, des coups de feu. Fiamma hâta sa course, car il était seul contre vingt.
Mais c'était Beldemonio, la foudre vivante ! la volonté devant laquelle ritaUe entière devait bientôt trembler ! C'était l'enfant redoutable qui demain allait s'appeler Porporato ! Quand Fiamma fut à portée, elle aperçut un homme debout, au milieu de la tente ouverte, oii des cadavres étaient couchés. Elle eut du pain...
Nina s'interrompit et appuyant ses deux mains contre son cœur, Le jour grandissait, la lampe terne perdait son éclat.
— Qu'as-tu? demanda Angélia, tu souffres?
— Non, répliqua la zingara; j'aime les lions !
— Aurais-tu consenti à devenir la femme de Porporato? La zingara répondit :
— Je ne serai la femme de personne... Veux-tu dormir?
— Oh I non ! s'écria la Doria; parle encore, Nina je t'en prie !
La zingara passa le revers de sa main sur son front, où perlaient des gouttes de sueur. Elle sourit amèrement, parce qu'elle entendit Angélia qui murmurait :
— Fulvio aussi est un lion !
— L'as-tu enfin deviné? prononça la zingara : le plus beau des lions et le plus terrible !
Elle reprit, après un court silence :
— Beldemonio se fit chasseur de chamois. Il avait conquis deux carabines et des munitions sous la tente de Baissa. Fiamma et lui avaient pris possession d'une hutte abandonnée dans les gorges du Monte-Gaudente. Ils vivaient grâce à l'adresse de Beldemonio, qui ne revenait jamais les mains vides. C'était à Potenza qu'il allait vendre ses peaux. Un jour qu'il s'y rendait, il rencontra une escorte de trois gendarmes qui conduisaient un pauvre diable, les mains liées derrière le dos. Il y avait en lui du chevalier errant. Il fit comme don Quichotte de la Manche, quand ce miroir de la chevalerie tomba sur la Sainte-Hermandad pour délivrer le Biscaïen. Il attaqua les trois gendarmes sans crier gare, et mit le pauvre diable en liberté. Celui-ci, en manière de remerciement, exécuta une prodigieuse cabriole, et s'élançant en trois bonds au sommet d'un grand hêtre, il se prit à tourner autour d'une branche avec la rapidité d'une crécelle dans la main d'un enfant. Cela fait, il se laissa glisser à terre et marcha sur les mains jusqu'au fossé de la route, qu'il franchit d'un saut périlleux. Les noms des compagnons de Porporato sont populaires à Naples. Ce pauvre diable était le fameux saltarello Cucuzone qui, depuis lors, ne l'a jamais quitté. Il venait d'Evoli, où les gendarmes l'avaient arrêté sur la place publique, parce qu'il n'avait point la permission de l'intendance.
Beldemonio ayant cependant vendu ses peaux de chamois re\dnt au Monte-Gaudente, mais il n'y trouva plus Fiamma. Voici ce qui s'était passé : Antonio Basili, marquis de Casanuova, intendant de Potenza, aimait aussi là. chasse. Tandis que Beldemonio était à la ville, le marquis parcourait la forêt avec sa meute et ses piqueurs, forçant un daim de toute beauté. Il rencontra Fiamma et commença une autre chasse. Tu sais, comtesse, qu'elle est la lâche complaisance de nos serviteurs italiens. Les gens du marquis crièrent, tayaut! et l'aidèrent sans vergogne à traquer la jeune fille.
Le soir, vers la tombée de la nuit, le saltarello Cucuzone faisait ses cabrioles sur la place publique. Il vit tout à coup, parmi les spectateurs, une figure pâle dont les yeux flamboyants le regardaient. Il plia aussitôt bagage et se rendit dans les fossés de la ville où Beldemonio l'attendait.
— Que voulez- vous de moi, maître? demanda Cucuzone.
— Tu as des ailes, répondit Beldemonio; je veux que tu me les prêtes pour pénétrer dans le palais de l'intendant.
— Et qu'y voulez- vous faire, maître?
— Reprendre ma sœur qu'il m'a volée.
Cucuzone approuva l'idée. Cette nuit-là même ils pénétrèrent dans le palais par les terrasses. Fiamma fut délivrée, et l'intendant mit à prix la tête de Beldemonio qui acheta des habits d'homme pour Fiamma et fut bandit. Il n'avait point de troupe, il était seul avec son valet Cucuzone et Fiamma sa sœur.
Un soir, il rencontra un pauvre blessé au bas de la montagne. Sa pitié fut excitée. Il chargea le blessé sur ses épaules, afin de le conduire à l'osteria voisine. C'était un piège tendu, l'osteria était pleine de sbires; les portes s'en refermèrent sur Beldemonio sans défiance. Il fut pris, chargé de chaînes et conduit au château du Pizzo, cette sombre forteresse qui avait vu naguère les derniers moments du roi Joachim Murât.
On était en effet à la fin de l'année 1815. Beldemonio eut le cachot où était mort le comte Monteleone, l'ami de ton père, comtesse, et l'ami du roi Ferdinand de Bourbon.