‹ Le prince d'Aurec; comédie en trois actesChapitre 55 sur 85 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

LA DUCHESSE

Sérieuse et rapide.

Sans reprendre les choses de trop haut, il est pourtant indispensable que je remonte quelques années en arrière.

(Le prince soupire avec des gestes énervés.) Pourquoi SOUpirCZ-VOUS ? LE PRINCE.

Allez, allez, allez.

LA DUCHESSE

N'ayez pas peur, je ne reviendrai pas sur le passé. Quand je me suis mariée...

LE PRINCB.

Oh ! passons au déluge.

LA DUCHESSE

Qu'est-ce que ça veut dire, ça ?

Rien.

LA DUCHESSE

Sans doute une impertinence. Vous m'y avez habituée. Quand je me suis mariée, à dix neuf ans, j'avais une ibrlune magnifique. Le jour où je perdis votre malheureux père, vous étiez tout jeune, mais vous n'ignorez pas dans quels gros embarras il nie laissait. De ma dot constituée en communauté selon mon désir et malgré la résistance de ma famille...

Quittez ce sujet, je vous en prie, qui m'est pénible.

LA DUCHESSE

Pas encore autant qu'à moi. De ma dot, de dix millions, trois seulement me restaient.

encore très joli !

LA DUCHESSE

Avec ces trois derniers millions...

Oui, je sais par cœur. Sur le conseil d'un M. Sorbier, magistrat et ami de votre père, vous m'avez mis en pension, à Angers, vous vous êtes fixée vous-même aux environs, à Rccigny, et là vous êtes parvenue à refaire à peu près notre fortune, à force d'économies...

LA DUCHESSE

De privations, pendant douze ans.

Après ? Où voulez-vous en venir ?

LA DUCHESSE

Écoutez-moi jusqu'au bout, vous le verrez. Je procède par ordre. Gomme vous n'aviez rien fait pendant vos études, vous avez été incapable de passer votre baccalauréat, alors que le moindre fils de nos fermiers...

Pardon, j'ai été reçu à l'écrit.

LA DUCHESSE

Et refusé trois fois à l'oral ! A peine sorti du collège, vous avez mené la vie de jeune homme, c'est-à-dire que vous

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