ACTE DEUXIÈME
avez continué à ne rien faire de dix-huit à trente ans, période pendant laquelle, avec vos folies de toute espèce, vous m'avez coûté onze cent mille francs !
Permettez ?
LA DUCHESSE
Pas un sou de moins, j'ai mes livres. A trente ans, vous avez rencontré, grâce à moi, une petite nièce du duc de Richelieu, Thérèse de Varaucourt, et vous l'avez épousée. C'était un mariage superbe î J'espérais que vous vous rangeriez. Allons donc ! Vous vous êtes remis à jouer, de plus belle, toutes les nuits, et, en moins de deux ans, vous avez gaspillé, avec la dot de votre femme, le peu de fortune personnelle qui vous restait, soit un total de cent mille livres de rentes. Alors, comme vous n'aviez plus rien, vous vous êtes jeté à mes pieds, ici-même, et vous m'avez fait de beaux serments. « Je te promets de ne plus jamais toucher une carte. » J'ai été assez simple pour vous croire. Une troisième fois, j'ai rétabli votre situation, et vous, une troisième fois, comme à plaisir, vous l'avez compromise. Aujourd'hui, vous devez à des usuriers, vous devez à tous vos fournisseurs, vous devez au carrossier, au fleuriste, au boulanger, à l'épicier !
Oh ! pas d'escalier de service 1
LA DUCHESSE
Le chiffre de vos dettes courantes se monte à plus de deux cent mille francs, et la nuit dernière, au Jockey, vous en avez perdu quatre cents contre le prince de Souabe. Voilà où vous en êtes. Eh bien, mon enfant,
sachez-le, c'est fini. Ne comptez plus sur moi, parce que je ne paierai rien, rien de rien.
Rien de rien. C'est entendu. C'est tout ? Je vais danser.
Fausse sortie.
LA DUCHESSE, le rappelant.
Dominique.
Quoi?
LA DUCHESSE
Vous ne trouvez pas autre chose à me répondre?
Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise de plus? Vous avez parfaitement raison; si j'étais à votre place, j'en ferais autant.
Nouvelle fausse sortie.
LA DUCHESSE
Mais, malheureux! vous n'allez jamais pouvoir sortir de là!
Que si.
LA DUCHESSE
Plus de six cent mille francs! Comment ferez- vous?
Cela me regarde.
LA DUCHESSE
Vous avez donc de l'argent?