ACTE DEUXIÈME C
Merci. On ne sait jamais où ça vous mène.
LA DDCIIESSE.
Servir le roi !
Il y a trop de gens qui s'en servent I
LA DUCHESSE
Travailler.
A quoi?
LA DUCHESSE
On prend un métier, monsieur, quand on est au point où vous en êtes.
Il fallait m'en apprendre un, madame, quand j'étais petit.
LA DUCHESSE
Vous pouvez, en tout cas, ne pas vous cribler de dettes.
Avec ça que je suis le seul! Le prince de Souabe do t cinquante millions.
LA DUCHESSE
Le prince de Souabe fait ce qu'il veut, vous n'êtes pas le prince de Souabe.
Malheureusement. Il a une mère qui est reine, le veinard, et qui finance.
86 LE PRINCE D'AUllEC
LA DUCHESSE
Elle a bien tort. Si j'étais à sa place...
La reine de Souabe fait ce qu'elle veut, vous n'êtes pas la reine de Souabe. Ah ! mais je vais me fâcher. Est-ce que je vous demande quelque chose? Vous tombez ici, au moment le plus inopportun, vous me fatiguez de vos réclamations sur le présent, sur le passé, sur mon père, sur moi, sur tout ; vous me reprochez d'avoir raté mon bachot, dix-sept ans après !
LA DUCHESSE
Je vous rappelle surtout ce que j'ai fait pour vous.
Eh ! je le sais bien, vous n'avez pas besoin de tant le ressasser. Chaque fois que vous avez payé mes dettes, je vous ai assez remerciée, mon Dieu ! Nous sommes quittes.
On ne l'est jamais envers ses parents, mon enfant.
Je m'en aperçois ; c'est dur de vous avoir pour créancier ! Vous en abusez pour critiquer toutes mes actions, nies goûts, mes travaux, mon genre d'existence. J'aime le jeu, les chevaux, et le luxe et la dépense. Après? Le beau mal! Tout cela rentre dans mon état de gentilhomme, et je n'en fais ni plus ni moins que ceux de mon âge et de mon monde.
LA DUCHESSE
Cela ne suffit pas. Quand on a l'honneur d'avoir votre nom...