‹ Le Prince de ByzanceChapitre 71 sur 124 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

C I Y ALCANTI écrivant.- LA MARQUISE une missive à In main.

LA MARQUISE (entrée vive).

Un exprès de Sicile, aux armes, grand cachet, pour le provéditeur : je l'ai presque arraché des mains du messager. Avant de le donner à Cavalcanti je veux lire. (Lisant) : « au provéditeur marquis Buodelmonte. Le Cavalcanti est dangereux : qu'on le pende. Ne couronnez pas le frérot et attendez : un exprès au besoin, je viendrais en personne (( Frédéric. » Cavalcanti! ( celui-ci l'aperçoit et se lève )■ Quand votre prince aura conquis du balcon les suffrages du peuple, promettez-moi que vous lirez ceci.

CAVALCANTI Madame, je promets.

LA MARQUISE Voici ma main : vous ne la baisez pas?

CAVALCANTI Madame, je n'osais.

LA MARQUISE Non, vous n'y pensiez pas.

LE PRINCE DE liYZANCE 4b

CAVALCANTI

Je vous aurai déplu ; vous êtes triste.

LA MARQUISE Vous ne pouvez pas me déplaire.

CAVALCANTI

Votre mélancolie me peine !

Vrai ! Oh c'est bien vrai cela, que ma mélancolie vous peine. Pour la dissiper, jurez-moi que vous avez plus que des gratitudes,... de l'estime et qu'à vos jeux enfin, je ne suis pas la Buodelmonte.

CAVALCANTI

En doutez-vous?

LA MARQUISE

Je voudrais, que vous me le disiez — avec solennité.

CAVALCANTI (grave).

Devant Dieu qui nous voit, sur mon cœur et le vôtre je vous estime hautement et vous admire. La vie seule a eu tort, et non votre grande àme, digne du plus beau cœur, Giovanna, marquise Buodelmonte.

LA MARQUISE

Vous m'avez par ces mots rendu ce que j'ai fait : vous m'avez élevé avec votre parole : je vaux mieux mainte-

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nant. II est des choses que je ne ferais plus, vous m'avez baptisé une seconde fois {elle ramasse un gant du condottièrej. Son gant c'est un peu de lui-même !

CAVALCANTI

Hélas, j'avais juré de servir fièrement mon prince vierge ; déjà, j'en suis réduit à grimacer l'amour!

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