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HERMÈS
Lo vrai Dieu est celui qui, ne se montrant pus, parait en toute chose.
Le Destin est aveugle.
ATHÉNÉ
HERMÈS
Qui l'a dit? Ceux qui étaient frappés.
Nous sommes des aveugles, nous, les Dieux passionnés !
Veux-tu que je t'avoue quand j'ai douté de Zeus?
A l'instant même de sa gloire !
Il faisait trop de bruit, il lançait trop de foudre;
ce n'était qu'un Titan vainqueur.
ATHÉNÉ
Si le père entendait ?
HERMÈS
Il sourirait, dedans sa majesté.
Il m'apprécie comme courrier; que lui importe ma pensée!
— Je ne resterai pas ce que je suis, ô Athéné !
J'ai inventé la lyre et je trouverai mieux.
Le mystère me liante et me passionne;
je sais que Zeus obéit au Destin ;
je saurai quelque jour, à qui le Destin obéit .'
ATHÉNÉ
Ce sont là des propos dignes de Prométhée !
HERMÈS
Prométhée voit loin, en effet, jusqu'aux contins de l'avenir mais son esprit gêné se perd dans un bizarre amour de la justice
8 THÉÂTRE DE LA ROSE f CHOIX
il s'émeut, il s'indigne, il pleure, il compatit ;
il a servi le Père, malgré qu'il le déteste.
Contre son cœur, sa raison sans cesse combat,
sans le fermer, sans l'endurcir :
lui qui n'a point de maux, souffre des maux d'autrui!
(Prométhée paraît) Regarde ce vainqueur, vois cette allure consternée!
Il médite pendant que les autres festoient.
Tu peux échanger avec lui de subtiles idées.
Je vais étudier les effets de la foudre sur l'éphémère.
Tu m'as jeté, dans l'âme, de la nuit!
Je ne parlerai pas à ce Daïmon, malgré qu'il prophétise ;
Il diminue la gloire paternelle!
je le déteste !
(Athéné disparait à gauche, Hermès à droite, Proinéthée à ce moment est aumilieu di troisième plan ; il descend en scène, avec lenteur.)
LA PROMÈTHÉIDE