‹ Le Prince de ByzanceChapitre 90 sur 124 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LE CAPUCIN (alpage) CAVALCANTI

J'attendrai, (à Cavakanti qui paraît) Je vous salue, seigneur,

en Jésus-Christ.

CAVALCANTI

Je vous rends ce salut !

LE CAPUCIN Je viens vous parler de votre âme-

CAVALCANTI J'ai fait ma théologie.

LE CAPUCIN

Connaissant les sciences sacrées, vous savez les diverses luxures ?

CAVALCANTI

Neuf, mon Révérend, comme les muses...

LE CAPUCIN

Vous savez donc la malœuvre de chair huitième.

CAVALCANTI Qui vous envoie?... Vous m'agacez !

LE CAPUCIN

A tout péché un autre se peut joindre, qui l'aggrave! Le pécheur qui dans l'ombre trébuche ne répond que de lui au juge souverain.

Mais celui qui pèche ayant tous les regards sur lui, devient coupable en raison de son rang.

CAVALCANTI

Mais celui qui s'entête dans l'injuste soupçon, offense le Saint-Esprit, lui-même.

LE CAPUCIN

On m'avait dit que vous étiez sophiste, néoplatonicien !

CAVALCANTI

Ne touchez pas à Platon, c'est un Père d'avant l'Eglise, le premier il conçut l'amour, hors du sexe, au-dessus du

plaisir.

82 THÉÂTRE DE LA ROSE f CROIX

LE CAPUCIN L'amour est lait de chair.

CAVALCANTI

Vous avez peu vécu et passé de la ferme au séminaire, destiné aux besognes communes de la foi, vous n'avez pas mandat auprès des grandes âmes.

Il existe, mon père, des êtres si subtils, que l'émoi de leur cœur, au lieu de descendre à leurs reins remonte vers l'esprit.

LE CAPUCIN

Je n'y crois pas.

CAVALCANTI

Vous n'avez pas le droit d'un démenti : Si nous otions tous deux notre manteau, il faudrait s'incliner devant moi, je vous suis supérieur.

LE CAPUCIN

L'opinion vous accuse et mon zèle me pousse,

CAVALCANTI

Sortez.

LE PU1NCK DIS DYZANCE 83

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