‹ Le prince de Ligne et ses contemporainsChapitre 18 sur 28 · I.e maître de la maison se Ipva briisquemeot, et tout le · texte numérisé non relu

I.e maître de la maison se Ipva briisquemeot, et tout le

monde avec lui...

Puis le posl-scriiitutn qui imprime au récit sa vraie moralité. La Harpe suppose qu'on l'interroge si cette prédiction est véritable : — Qu'appelez- vous vrai ? Ne l'avoz-vous pas vu de nos jours? « Oui les faits, mais la prédiction, une prophétie si extraordinaire!... » C'est-à-dire que tout ce qui vous parait ici de plus merveilleux, c'est la propliétie. Vous vous trompez... Le prodige réel, ce n'est pas la prophétie, c'est l'euliisscinent de faits monstrueux. « Si, conclut La Harpe, vous en êtes encore à ne voir dans tout ce que nous avons vu que ce qu'on appelle une rèvolulion; si vous croyez que ccHc-lâ est comme une autre, c'est que vous n'avez ni lu, ni réfléchi, ni senti, liln ce cas, la propliétie mômej si elle avait ew lieu, ne serait qu'un miracle de plus perdu pour vous comme pour les autres, et c'est là le plus grand mal. o

H me semble que cette page n'est nullemcnl inférieure aux seènci de nos plus grands tragiques; c'est là une inspiration de génie où le talent d'exéculion est égal au talent de conccptiop, ou La Harpe remplit tout entier lu vœu de Montaigne recommandant aux auteurs de « naturaliser l'art et d'artiaiiser la nature o. « Le-s diamants ne pèsent jamais lourd*, répondait un

fin lettré à quelqu'un qui s'étonnait qu'on nommât de rAcadémie un candidat dont le bagage lui semblait léger. Heureux les écrivains qui laissent^ comme La Harpe, un diamant que la postérité recueille dans son écrin !

Les talents dcvojds. — Rélir de la Brelonne. — Une définition du goût. — Mercier, le premier livrier de France.— Soû orgueil, Hcs Ihéories novatriccu. Le radiialisme littéraire. — n La prose est a mai ! " — Ëpigrammes, — Deux pestiférés de la littérature.

— Hcponsi! de Voltaire. — Créhillon père et Crébillon fils. — j c. J'ai dîné hier. * — Le triumvirat du mauvais goût. — Admira-fl lion des AUemantis pour Mercier.— Le singe de Jean-Jacques.-^ Tableau de Paris. — te Nouveau Parié.— Une distinction in Dieusc. — Doux vers solilaires. — Origine du mat o sans-culoltci.

— Sur la cooyeisation à Paris. — La douane.— = Qui n'a pas [ait cuire seapois?' — Une femme à Paria n'a jamais (juaranlc ans. — Couronne parRIée. — Les deuï commanions, — Ce que signifie l'êpithèle de « scélérat». — Paris : un diamant entoure de fumier.— Le Parisien. — Voulez-vaus délibérer par bras? — Les gens médiocres. — Le travail du Champ de Mars. — « Ils parlent de lilierlé et ne savent pas lire 1 1 — RéTolte et révolulion. — Uq député conclliaat. — Enseigne ilc coiffeur. — Ma cuiller à soupe, — Visite au duc de Rovîgo.

Comme Linguet', comme Rétif de la Bretonne*, Mer-^

. 1 . Voir, sur Lioguel : (es Cavieurs de la Hévolution, i vol. in-J!, n Lévy, 2* édition.

ï. Voir, sur Relit de la Bretonne : Gérard-de Nerval, Us lUu-

cier' appartient à la classe de ces taleuU incomplels et dévoyés, capables de larges conceptions, ivres de

pensées et de projets qui s'entrecroisent, se détruisent et s'engondreal dans un tourbillon perpétuel, Ames impétueuses, sans cesse hanléos par la fsvvre de i'ac-

tnind», — Victor Fourpel, De Jean-Baplnle-houaemi à Antiri t'Wnier, 1 vol. m-18, Firmin-Didol. — Paul Lncrois, Bibliographie tl IconograTMe de tous les ouwaj/ei lis Rélif de la Brelanne. — AesemI, kn Canlemporaiiies, 3 vol.. Picard, cdiicur. — Charles Monse'cl, néUfdela Bretonne, 1 vol, in-lS, 185i.— Vîclor Pournol dëllDÎt itclit : un animal de gomt, dépourvu d'»illeui-s de toute cspècu de lulcnt; il cal, dan^ la littérature, njouic le . savant et spirituel écrivain, une curîositd excentrique et itmlsaine, comme les uids d'tiirondeili? , les eûtes de chien au piment et les clopurles à l'Ijuile iJe ricin dans l'art culinaire. — On peut le considérer coiQuie un « Ji'an -Jacques > du rjisaeau, comme 1g <t Père Duchcsnc > du roman. Il n'y a, d'après Monaelel, que lu France Ji^naraate, lu France de^ boutiques et des mansardes, qui ait lu ses (çros livres terrcuï, imprimés ave; des lélej de clou puis aussi la proï'uee et l'élranifcr, qui repoussent ai souvent co que BOUS admirons cl qui se passionnent plus encore pour ce qui nous répugne. Mais, hélaa 1 la dépravation du goiit était lelle que de grandes dames, la marquise de Montalembert, les duchesses de Lu^nes, de Mailly, madame de Chalais, etc., le rechcrcbaîeat en lo comblant de prévenances. Combien Fréron, eet homme de sens et do pL'incipes, si savamment calomnié par Voltaire, n'avall-il pas raison de se plaindre de celle décadence ; « Lo goùl, éeiivalt-il, est un prmce déLnJné qui de temps en temps doit Taii'e des protestations. . .i et ailk'ura : i Le goût est à la fois un discerucmcnt vit et une sensation dclicale. Si j'osaie, je dii'ais que c'est le cœur éclairé, s 1. Nû à Paris, en 1710, mort eu 1814. — Œuvres de Mercier :

Nouvel Essai sur l'art dramaliqiK; — le Tableau de Paris; fe

Nimv«ttifarù; — CAntiiO;— Songes et Visions philosophiques

tiou, prenant pour des éclairs de génie les libertinages (le leur imagination, poussant jusqu'au bout leurs défauts et leurs qualités ; gens rebelles h tout frein moral, à toute discipline littéraire, trop impatients d'agir sur l'esprit de leurs contemporains pour se mettre on peine de découvrir les chemins escarpés qui conduisent jusqu'à la postérité, cxœnlrîques toujours, spirituels parfois, avec un coin d'aventurier et de bohème dans leur siyle et leur vie ; au demeurant, grands remueurs d'idées', ces naaltresses idéales qu'ils se contentent de caresser, sans les épouser ni les posséder à fond ; vaniteux jusqu'au délire, natures riches jusqu'à l'exubérance, pleines de sève, originales, mais mal équilibrées, auxquelles manquent le jugement, la patience et cette facullé, p!us rare qu'on ne croit, le bon sens dans sa plus nobi» acception : tels par exemple, dans notre siècle, et toutes proportions gardées, un Fourier qui

Sonnet du lUalirt, 4 ïol. ;— la iSéoloijïe; — Purtrails (tes rais de France, G vol.; — Bonnet deNail, 4 vol.; — Tkéàtiie, h vol. : Jenncval; 'e Déserteur; la Drouetlc du Vinaigrier; Jean Ilennvycr; I7ndigenl ; t Habitant de la Guadeloupe; la Maison de ifoiière; Charles II, elc. — Charles Monselet, (ei Oubliés et les Dédaîgnéi, 2 vol. — Ualin, Hitluh-e de la Prtsse, I. IV. — Esprit de Mercier. — L. <lo Hocheforl, Souneoirs et Mélanget lUléraire!, pulitiqiies et ., biographiques, Paris, 1826, 2 vol. — Biographie Michaud.— C. Lénieni, la Comédie en France au XVIII' $iéc'e. — Mémoires de Fleury, 1. I".

1. Il définit lui-DiSmQ EB manière • • Secouer l'arbre aux idées-"

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prélendit renouveler les langues, la terre, l'humanilK pt lo ciel, un Saint-Simon qui ordonnait à son domcsliquedc l'avertir cha'iue malin qu'il avait do grandes

choses h faire, un Proudlion qui. avant la |ïublicalion du pamphlet contre la propri^'lé, écrivait k son ami : « Prie Dieu que je trouve un éditeur; c'est pout-^tre le salut de la France. »

Oui, les Mercier, les Lijiguel, les Rétif de la BrelonM ont fait école, et ceux-là sont nombreux dans le journalisme, dans les lettres, dans la politique, qui leur ont emprunté quelque trait de caractère : le public qui n'aime pas à charger sa mémoire de beaucoup de noms, les oublie, mais si l'on s'arme de patience, si l'on ne se rebute pas devant les exiravaganccs de leurs ouvrages, on remarque, dc-ci, de-là, quelques heureuses échappées, des phrases, jtarfois même des pages dignes d'attirer l'attention des curieux, et beaucoup d'observations qui servent à enrichir le dossier historique de leur époque.

Et quelle existence mouvementée que celle do Mercier par exemple ! Mercier le premier livrier de France, comme il se qualifiait lui-même! Quels vertiges de pensée, quels contrastes cl quelles métamorphoses !

Vous vous imaginez que les romantiques de 1830 onl tes premiers levé l'étendard contre les classiques, vous citez le mot célèbre : « Shakespeare est .un chùne, Racine est un pieul » Bagatelle! En plein xvni' siècle.

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