‹ Le prince de Ligne et ses contemporainsChapitre 20 sur 28 · On fit contre lui à ce propos répigramme suivante · texte numérisé non relu

On fit contre lui à ce propos répigramme suivante

... En brûlant un temple fameux Érôstrate pensait acquérir do la gloire Beicrem, en son délire inégal et fougueux.

Ira plus sûrement au temple de Mé noire.

Aux arts, dons précieux faits à l'humanité.

Vandale destructeur, il déclare la guerre; Il voudrait même, en sa folle colère, Oler à Raphaël son immortalité...

Prononcez, lequel des deux hommes, Éro;trate ou Reicrem, est le plus insensé?

Reicrem forme i*anagranime de Mercier.

Voici un autre couplet que lui valut sa diatribe sur Newton

Air : Dm pat redoublé.

Mercier qui quelquefois est fou, El se donne pour sage.

Croit, allant par terre à Saint-Cloud, Voir marcher le rivage; Rêvant, quoiqu'après le réveil, Quelque part quMl séjourne.

Il croit voir tourner le soleil.

Quand la télé lui tourne.

232 LH PRINCK LE LIGNE fil SES C0J(TEM l'OR AISS,

liiiue, il estime que nos grands niatires ont coiujkkÎ avec leur bibliolhi'rque el non dans le livre ouvert du Dloiide, dont le seul Molit're a déciiiffrô quelqui!! pages; lepoiJLf loi iju'il le rôvc, sera \a Chantre de la Vertu, lo Flagtilaleur du Vice, l'Homme de l'Um'vtn. Foin de la légi-i'L'lê, dii l'ironie, de la gaîvié française, choses conipromellanlcs qui ne sii'ent pitinl à la gravita des temps! S'il ne réalise pas tout à fait cet idéal, du moins a-t-il iuvenlù la prose poétique, et la prose i rencontré eu lui son Messie. « La prose est a moil • g"écric-t-il fièreiucut. Ll- public ne parut pas très convaincu et applaudit à celte épigramme.

Monsieur Mercier, voas èies un gniDd lianitne, Que votre prose est belle en ses uccenla nouveaux I . . . Votn; essai draiiiatique csl de toute lioautÉ; Cgoiuie vous y inODln.'z aveu saj^nvilé

Oue m Corneille lant vanté,

Et te Hacioe par l'envie

Jusi[ii'd i^e inorueiit respectif,

N'ont pas connu la tragédie!

Gimiiie c'est boïu! comme e'eat éeritl Cumtiie. . . Ma foi, monsieuv Mercier, vous aies un grand homme.

Ab! quand on vous a lu, comme on dort d'un bon soinmel Comme on a le cœur gros, comme on est vontrisié '. Que cela vaut bien mieux que la folle gaieti^ Uonl depuis si longtemps, Moliârc nous asHimnie I Je le répète on véritiS, Monsieiu' Mereier, vous êtes un grand homme !

A l'entendre, peintres, sculpteurs sont gens bons

à être jetés à la rivière; les statues, des * poupées

de marbre >, les critiques sont les assassins du géûie, il faudrait supprimer jusqu'au nom des Raphaël, des Corrêge, des Titien, dont les œuvres, dit-il, ont été si pernicieuses pour les mœurs. Plein de mépris pour Copernic et Yabsurbe Newton, il avance que la terre est ronde et plate, et qu'autour d'elle le soleil tourne comme un cheval de manège ' ; il préfère cette figure à celle de « voir tourner la terre comme un chapon h. la broche ».

Dans sa jeunesse, il va chez Voltaire, a Vous avcï si fort surpassé vos confrères, lut dit-il, que vous sui^ passerez encore Fontenelle dans l'art do vivre longtemps. — ^h! monsieur, répondit Voltaire, l'ontcnclle était un Normand, il a trompé la nature, o Malgré son compliment, Mercier ne se retient pas (le fustiger Voltaire, qui avait déprécié un de ses auteurs favoris : u Quiconque a lu Rabelais et n'y a vu qu'un boniron, h coup silr est un sot, s'appelât-il Voltaire. » Il contemple dans sa gloire le vieux Crébillon qui, le recevant au milieu d'une quinzaine de chiens, la tôte et les jambes nues comme un athlète au repos, la poi- Irîne découverte, ùte sa pipe en manière de s;ilal, et lui récite quelques vers très obscurs d'une tragédie

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