PROLOGUE DU JONGLEUR E>" ENFER
Seigneur, soldais et vassaux, Salut! vous ouïrez merveilles Si de toutes vos oreilles Vous savourez mes propos.
Tout à l'heure en la salle Paraîtra Lucifer, Dans la fdl-ce morale Du jongleur en enfer.
Vous y verrez Fange Qui, venu d'en haut, Par un tour étrange
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I.i; lil \iii'i\ quiiiiiut; Le juiiv;lcur certes Chez le démon Entra, dit-on, Portos oiivcirtes, Car c'était, Qnaud sur lenc 11 vivait.
Un compère Rijjleur lUivcur Batteur Pipeur, Tire-laine, Porte-crocs, Caiiitaine Des escrocs, Peut-être en somme, t'.oupe-jarrels, A cela près, Fort honnête homme.
— Viens, dit Satanas, Viens que je t'ombrasse !
J'ai pour toi, mon gas.
Une bonne place.
Entrelions-moi le fou Sous ma grande chaudière, Car je m'en vais sur terre Me promener un peu.
Si des àmos une seule Se perd, fais attention, ,io te pends par la gueule !
Cj' commence l'action :
LE l'KlNCE DES SOTS 181
La gueule d'enfer s'entr ouvrit pour laisser rentrer l'enfant. On applaudit fort.
— Vrai Dieu! dit le duc, je m'y connais; voilà un beau récit. A qui doit-on ces beaux vers?
— Je pense que c'est au poète Crétin, l'auteur des chants royaux.
— Ce Crétin est un grand poète !
La gueule d'enfer bâilla de nouveau, cette fois, toute large et laissa voir dans son intérieur l'empire de Satan, la chaudière des damnés au milieu. Le jongleur entretenait le feu sous la chaudière, au-dessus de laquelle on voyait des têtes paraître et disparaître, dans les vapeurs de l'eau bouillante.
L'assemblée frissonna, en songeant que pareil supplice attendait tout pécheur que l'Eglise n'a point absous, à l'heure où l'âme se sépare des corps.
Puis le dialogue suivant s'établit :