‹ Le Prince des sotsChapitre 33 sur 37 · LA BALLADE · texte numérisé non relu

LA BALLADE

D'Orléans, d'une sensibilité féminine, d'un tempérament de poète, était sous le charme des fleurs dont la table était jonchée; mais des rasades multipliées finirent par le tirer de cette rêverie.

— Chambellan, dit-il, le prince des sots n'estil pas présent?

— Monseigneur, il est sur son estrade, au milieu de ses ménestriers.

— Faites-le descendre, je vous prie.

Sur un signe du chambellan, Gonin se pré-

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sentii devant le duc avec un embarras assez réel. Jl se rappelait la scène du château de Beauté et, depuis ce jour-là, il craignait toujours d'être reconnu, quoiqu'il lut bien grime.

— Il paraît drôle, dit le duc, que tu te jiermets des allégories à notre encontre...

— Dali ! cousin, se bâta de dire Bourgogne, faisant le bon prince, pardonnez-lui, pour l'esprit qu'il y met.

— Ainsi ferai-jc, mais à une condition.

— Laquelle, monseigneur? demanda Gonin.

— C'est que tu me mettes à même d'apprécier la plus jolie de les baladines, qu'on dit une fleur de beauté.

— Presque un bouton de rose.

— Presque, seulement?

— Elle a une excuse, son pays très chaud.

— Lequel ?

— L'Andalousie, monseigneur.

Gonin ajouta en aparté : « Une Andalouse de la rue Glatigny ! » Or, la rue Glatigny est ainsi qualifiée par un vieux et naïf chroniqueur : me où est des jiUelLés.

— Bien, ajouta d'Orléans, nous en reparle-

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