‹ Le Prince des sotsChapitre 36 sur 37 · LE BATARD · texte numérisé non relu

LE BATARD

Lorsque auprès d'un mortel la haine vient s'asseoir R Choisis dans tous les maux I lui dit-elle, décide. Tu n'as que deux chemins ; c'est honte ou désespoir» Tu n'as que deux amis; c'est crime ou suicide. »

D'Orléans avait eu avec Mariette d'Anghuien un court entretien dans lequel il l'avait informée de la présence de son fils à Paris et de leur rencontre qui lui aurait pu être fatale. Il l'avait rassurée sur l'issue de l'attentat dont il avait été l'objet et lui avait promis de les réunir; de là la méprise qui venait d'avoir lieu.

Pendant que Charles VI faisait sa toilette de roi pour aller tenir sa cour plénière dans la

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salle du conseil d'Ktat, Goniii, dans la pénombre de l'estrade, montrait à Itidiard le dui- de Bourgogne immobile et pensif, lui disant à l'oreille :

— Tu vois cet bomme. Il y a quelques heures, c'était le seigneur le plus heureux et le plus triomphant de la chrétienté. Il se berçait de songes d'or aux acclamations du peuple. On criait: « Vive Bourgogne! » et d'Orléans ne recueillait que des murmures, voire même des injures sur son passage. Voilà que ce dernier a laissé tomber de sa bouche quelques paroles qui ont tout changé. Lui aussi a été acclamé. Ce revirement ne fait qu'accroître la haine que Bourgogne "porte à d'Orléans, et la ballade que lu as entendue est venue y ajouter encore tous les poisons de la jalousie. C'est sur ce point douloureux qu'il faut frapper... Suis mes instructions, va droit au duc, et trouve le moyen de lui parler du val d'Amour.

— Pourquoi ne le faites-vous pas vous-même ? demanda Richard.

— Parcs que je ne suis qu'un bouffon et que je ne dois que faire rire. Tu hais bien ïaulref

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comme lui, attisez ensemble vos deux, haines. Sur cette invitation pressante Richard descendit de l'estrade et, sans prendre garde à Raoulet d'Actonville qui veillait sur son maître et le suivait du regard, il s'approcha lentement du duc, qui ressemblait à un des chevaliers de pierre sculptés sur les tombeaux et qui, secouant sa torpeur, se mit à répéter :

El je n'ai jiKis d'autre liesse

Que ton portrait fait de ma main.

Puis, violemment agité, Bourgogne serra les poings et murmura : « Misérable ! » Au mênïe moment, il aperçut Richard.

— Monseigneur! dit celui-ci tout ému.

— Qui es-tu?

— L'homme que vous avez délivré du pilori aujourd'hui même.

— Que veux-tu?

— Assistance contre un haut et puissant seigneur !

— Quel?

— Monseigneur d'Orléans.

— Qu'y a-t-il de commun entre lui et toi?

liln I.i; l'Itl-NCE DES SOTS

— Il y a ma mère.

— Kxpli([iie-lui.

Richard raconta la laile de son père, de celui qu'il croyait être son père, renlèvement de sa mère et sa séquestration. Il avait été à l'iiôtel de Brehaiyne, poui' la Kjclamer au duc luimême, et on l'avait jeté à la porte, en lui disant que l'hôtel de Brehaigne n'était pas comme l'hôtel d'Artois, où le premier manant pouvait entrer; et comme il se récriait en se débattant, en traitant le duc ainsi qu'il le mérite, on l'avait garrotté et livré au prévôt de Paris.

— Tu ignores alors où la mère a été enfermée ?

— Maître Goniu qui sait, sinon tout, presque tout, m'altirme qu'elle ne peut être que près de ce qu'il appelle le val...

— Le val d'Amour! et tu voudrais y pénétrer?

— Oui, monseigneur.

— Comment?

— Veuillez simplement, monseigneur, exprimer le désir qu'à la fête que monseigneur d'Orléans doit vous donner dans son hôtel, maître

Goniii el sa troupe concourenl par leurs divertissements; comme je fais partie maintenant de la troupe...

— Oui, mais ce n'est pas tout; comment feras-tu ensuite?

— Maître Gonin me fournira les moyens. D'abord l'habitude est, à l'hôtel de Brehaigne, de réserver au prince des sots et à sa troupe, pour les préparatifs des divertissements, une portion -de la galerie qui avoisine le val ; de plus, maître Gonin possède, je ne sais comment, une clef de la partie secrète de l'hôtel.

— Eh bien, nous entrerons ensemble dans ce repaire, dans ce val d'Amour : tu iras où ton devoir filial te dira d'aller... moi je satisferai ma curiosité.

— Hélas ! monseigneur, j'ai bien peur que l'attention ne s'éveille, si l'on vous voit vous lever et suivre un chemin sans issue.

— Ne crains rien, dit Raoulet d'Actonville en intervenant. Je fomenterai entre les gens de monseigneur de Bourgogne et ceux de monseigneur d'Orléans une discorde à la faveur de laquelle tout sera possible.

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— (jii'il l'ii soil donc ainsi, dit Bourgogne <.'n se levant.

— Je vous obéirai, monseigneur, répondit Uicliard en s'inclinant.

Le duc se dirigea vers la salle de J(M1 : on s'y dispulait, (Ui aliail imi venir aii\ luaiiis.

Au nioiuent où liicliard rejoignait (lonin, Uaoulel dit à son maître :

— Voilà un garçon que je ne perdrai pas de vue. Son emploi est tout trouvé, le châtiment sera complet.

Jean sans Peur ne répondit rien et entra dans la salle de jeu, où le tumulte paraissait ^'apaiser.

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E .lEl! DE CARTES

Ouaiul il mourut, il ii'av;iit pas un liard ; Et couiine perdre était chez lui coutume, S'il a gagne Paradis, je présume Que ce doit ôlrc un grand coup de hasard.

Avant Charles VI, on ne connaissait que le jeu de dés, dont l'origine est inconnue, tant elle est lointaine. On cite le frère de saint Louis parmi les plus curieux joueurs. Du Guesclin perdit à ce jeu tout ce qu'il possédait, et le vainqueur des Anglais serait mort sur un grabat sans les libéralités de Charles V.

Louis d'Orléans aimait le jeu aussi passionnément qu'il aimait les lemmes. Avant la l'olie

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de Charles Yl, c'était, entre les deux frères, i\ qui mettrait l'autre à sec.

Quand le jeu de cartes eut été inventé pour l'amusement du roi, il remplaça le jeu de dés. Ce lut une vogue qui devint une fureur. L'hôtel de Nesles, transformé en tripot, fut souvent le théâtre de batailles sanglantes.

Comme nous venons de le voir, on allait même en venir aux mains dans le palais du roi. Ce furent ses oncles qui firent cesser le scandale.

Jean sans Peur traversa la salle et sortit, après avoir pris congé des joueurs.

Non loin de là, Charles VI, qui avait revêtu ses habits les plus riches, oppressé par une digestion laborieuse qu'expliquait la voracité avec laquelle il avait calmé sa faim, s'était endormi sur une chaise qui lui servait de trône.

Ce sommeil réparateur se prolongea jusqu'au matin.

Quand il se réveilla, Charles VI était frais et dispos. Il avait repris la plénitude de sa raison. Il se préparait à aller tenir son conseil d'Etat, tandis que son frère songeait à se

rendre au château de Beauté pour recevoir des mains de Gonin la jeune tille que celui-ci avait ordre de lui amener. Auparavant, il devait se rendre à Vincennes, pour prendre des nouvelles de la reine. Il avait été relever de sa garde son page Jacob, qui se garda bien de faire l'aveu des causes de sa pâmoison, et qui monta à cheval, pour suivre le prince, avec un empressement fdial.

D'Orléans n'avait plus souvenir de son frère, à qui il avait vu déjà des éclairs de lucidité, durant quelques minutes, et ne valant pas la peine d'être comptés.

LR ROI

Revêtu de ses insignes royaux, Charles Yl fit son entrée dans la salle du conseil d'Etat avec une majesté qui contrastait singulièrement avec son attitude de la veille. La reine, remise à peine de ses couches, était venue le rejoindre en toute hâte. Elle s'assit à côté de son époux, sur un siège un peu moins élevé que le siège royal; deux dames d'honneur se tenaient derrière elle. Et derrière celles-ci d'autres dames avaient pris place sur des tabourets.

Autour d'une immense table ovale s'étaient

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rnngrs, après lo roi, les ducs de Berry, d'Anjou et de Bourbon, puis le duc de Bourgogne; une place restai! vide, celle du duc d'Orléans; un groupe de seigneurs des deux partis complétait l'assemblée.

— Paix et salul à tous, dit Cliarles VI avec une légère inclinaison de la tête; cà, seyezvous et dites-nous où en sont les affaires de notre royaume.

— Sire, dit le duc de Berry, le royaume est tranquille. Plus de révoltes, plus de guerres ! l'Anglais disparaît, le commerce renaît; seulement l'argent est toujours rare.

— Comment l'argent est-il rare, si le commerce renaît? Et l'Anglais a une singulière façon de disparaître, en empiétant toujours. Seriez-vous du même sentiment, cousin de Bourgogne?

— Sire, répondit ce dernier, voici ce que je pense de l'état du royaume. Daignez vous figurer un homme précipité de la tour Saint- Jacques. Avant de toucher le sol, il se dit : (( Cela ne va pas mal jusqu'ici, mais gare l'arrivée ! »

— Que signifie celle allégorie?

— Cela signifie que le royaume de France esl prccipilc dans un abîme, au fond duquel il périra, s'il n'esl sauvé avant de rattoindrc.

— Expliquez-vous.

— Tout va de mal en pis, depuis que votre main a cessé de tenir les renés de l'Etat : les prodigalités de madame la reine et de monseigneur le duc d'Orléans font dire à Jean Petit, en chaire, qu'ils sont vêtus de la substance du peuple et qu'ils ne vivent que de ses larmes; le droit de prise rétabli, malgré vos ordonnances; les impôts forcés, les taxes multipliées à rinfini, les charges de justice et autres vendues au plus offrant...

— Beau neveu, dit Berry en interrompant le duc, vous oubliez que vous venez de vous réconcilier avec votre cousin d'Orléans et que vous avez juré d'éviter toute nouvelle occasion de discorde. D'ailleurs, rien n'est perdu. Notre neveu d'Orléans se prépare à faire face à toutes les nécessités par la levée de la taxe annuelle.

— Celle taxe serait la seconde de l'année, répondit Bourgogne.

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— OÙ a passé l'argent de la première?

demanda le roi.

— Tout est dépensé, les coffres sont entièrement vides! répondit la reine, en regardant Bourgogne d'un air de défi.

■ — Comment sont-ils épuisés? Avons-nous eu quelque guerre ruineuse ?

— Non, Sire; la guerre contre l'Anglais se fait de château à château, les seigneurs supportent seuls les frais.

— Alors, madame, tout cet or s'est follement dissipé.

— Sire, vous nous offensez sans justice, votre frère et moi. Tout a été consacré à des travaux d'art magnifiques, à des fêtes et tournois, propres à récréer le populaire et à l'émerveiller.

— Oui, reprit brutalement Bourgogne, à telles enseignes qu'il en est résulté la rébellion des Maillotins qui ont plus ébranlé le trône que l'Anglais.

— D'accord, dit Berry, appuyé par ses frères; mais à quoi bon jeter la pierre au passé? Ne songeons qu'à pourvoir l'avenir. Il y a un moyen, la refonte des monnaies.

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— La icriintc (les monnaios! s'i'Ci'ia .li\'in sans Poiij'. Vous voulez donr (|ue les gens de Pai'is courent aux piques et aux barricades? Ils nous feraient bouillir comme juifs et faux monnaycurs.

— Paroles vaines ! interjeta Isabeau, c'est de l'argent qu'il faut à tout prix.

— Pour de nouvelles prodigalités?

— C'en est trop, monsieur de Bourgogne, vous manquez au roi en manquant à la reine.

Isabeau fit mine de se lever.

— Restez céans, madame, ditCliarles VI. Nous sommes réunis en conseil d'État; c'est pour discuter et cbercber la vérité, fùt-elle désagréable à quelqu'un d'entre nous. Ali ! pourquoi faut-il que j'aie retrouvé la raison ! Le présent me contriste; l'avenir m'eiïraie. Je ne parle pas du passé, c'est-à-dire de ma minorité. Ce n'était rien en comparaison de ce qui fut fait pendant ma maladie. A qui me fier ? Que faire?

— Il n'y a qu'un remède, Sire, dit Bourgogne, c'est de convoquer les états généraux.

— Les états généraux ! murmurèrent les seigneurs du parti d'Orléans.

— Oui, les états généraux, affirma Jean sans Peur.

Et s'adressant au roi :

— Cette déférence envers vos sujets, Sire, calmera les esprits, les soumettra à de nouveaux subsides, applicables cette fois aux seuls besoins du royaume.

— Les états généraux, reprit Berry, que signifie cette institution, sinon l'abaissement de la royauté ? Le roi ne relève que de Dieu. Il peut dans les temps difficiles prendre conseil de sa noblesse ; mais descendre plus bas, jamais !

Pendant que les Armagnacs applaudissaient et que les Bourguignons faisaient le contraire, Isabeau se demandait ce qu'était devenu d'Orléans et finissait par se dire qu'il ne pouvait être retenu que par quelque galante besogne.

— Mon cousin de Bourgogne, dit le roi qui s'était recueilli, nous vous savons gré d'avoir bravement attaqué l'administration du gouvernement et des finances dans ces derniers temps. Mais prenez garde que la grande chaleur que vous témoignez en faveur du populaire ne vous fasse accuser de pensées d'ambition.

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— Bien touclié! iiiiirnuiia l'eny, en s'adressant à SCS deux frères.

Il ajouta tout haut :

— Admirablement raisonné, Sire.

— Monseigneur deBcrry, repartit le roi, nous ne vous dissimulerons pas non plus que nous tenons aussi en suspicion les assemblées exclusivement composées de pairs et de barons. Une telle assemblée choisirait, pour me suppléer, le prince qui a toujours protégé la noblesse. Donc, ou Bourgogne ou Orléans! Si mon frère était là, je lui dirais : « Je vous pardonne ce que vous avez fait, mais je ne veux pas vous mettre à même de recommencer. » Il ne s'agit pas de m.oi; il s'agit de la chose publique. Ah ! nous ne sommes plus au temps de Charlemagne, où il n'y avait que des nobles et des serfs. Les serfs se sont peu à peu rachetés; les communes se sont formées; la bourgeoisie a acquis franchises et richesses; elle tend à devenir le contre poids de la noblesse. Il faut songer à étabhr l'équilibre. Mais d'abord, pour première résolution, annuler l'ordonnance qui m'a été arrachée en janvier 1400 et qui attribuait à mon frère

la surintendance des finances et à la reine la présidence du conseil.

— Mais, Sire, je n'ai pas mérité... dit la reine.

— Ne m'interrompez pas, madame. Ainsi ferai-je, car telle est ma volonté bien arrêtée. J'entends que vous n'ayez plus part aux affaires publiques. Quant à mon frère, il n'auraplus l'occasion de satisfaire, au détriment de la caisse de l'État, son goût immodéré pour le luxe et les fêtes. C'est à notre cousin de Bourgogne que je confierai les finances. Une telle charge attire sur celui qui la remplit la haine du populaire. Je souhaite que sa popularité ne s'y use pas trop vite. Pour le gouvernement du royaume, il sera partagé entre d'Orléans et Bourgogne. Nulle ordonnance ne vaudra, si elle n'est signée de tous deux.

— Mais s'il y a divergence d'opinion? demanda Berry.

— Dans ce cas, les états devront être convoqués, d'Orléans et Bourgogne déchus. Voilà, j'espère, qui consolidera leur réconciliation. J'ai dit.

;î-ji i.i: l'iii.Nc.i: itiis suis

Jl lil signe à rassemblée de se séparer.

Isabeau et Bourgogne étaient décontits ; les autres se disaient ce (jifa gardé la elironique :

— Quand Cliarles M n'est pas le plus fou. il eslle plus sage du royaume.

l'an dalouse -

« Charles VI, dit une vieille chronique, enson temps fut piteux, doux et bénin à son peuple, servant et aimant Dieu et grand aumônier. Il avait le visage aucunement coloré et les yeux mi-clos. Il semblait qu'il dormait, la tête couverte en unchaperon à courte cornette, et il se

(1) Nous avons respecté jusque dans ses défaillances l'œuvre de Gérard de Nerval; il est bien certain que ce dernier chapitre est resté plutôt à l'état de canevas, qu'à l'état d'oeuvre finie. Nous le donnons tel que nous l'avons trouvé, nous faisant scrupule de le développer et de nous substituer à l'auteur, qui a laissé son œuvre inachevée.

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promenaitd;insl'liôtelSainl-l'ol,rhounia|iiès la tenue du conseil d'Etat, regardant de-r-i de-là, les changements faits audit hôtel, comme un homme qui en avait longuement absente, se remémorant toute chose en son lieu et place. >

Le roi, en eflet, semblait ro])rendre sérieusement possession de sa raison et rentier pour toujours dans la vie normale. Il allait et venait à travers son hôtel, comme pour s'y retrouver.

Il n'était nouvelle dans Paris que de sa métamorphose et de sa déclaration virile, dans la séance du conseil d'Etat. On célébrait dans les églises son retour à la raison et l'on disait des messes, hautes et basses, pour son entière guérison.

La reine s'en voulait de ne pas avoir empêché ce réveil. Elle cherchait d'un autre côté à oublier les infidélités du frère du roi, dans la compagnie du seigneur de Boisbourdon, un joli cavalier qu'elle avait attaché à sa personne.

Du temps que ceci se passait, Marguerite de Hainaut, la femme de Jean sans Peur, s'était, sens le costume d'un jeune seigneur, introduite

dans riiôlel de Breliaigne, au moment où Marguerite d'An gh ai en, sous un semblable déguisement, en sortait, pour aller à la recherche de son fils chez le prince des sots. Mais Raoulet d'Actonville était venu l'y quérir, pour lui indiquer le moyen le plus sûr d'arracher sa mère aux mains d'Orléans.

En se dirigeant du côté de l'hôtel d'Artois (hôtel du duc de Bourgogne), ils rencontrèrent le frère Sachet qui faisait toujours sa quête par les rues.

Richard l'aborda comme on aborde un confesseur, et lui demanda son absolution pour la mission qu'il avait promis à son père de remremplir.

Jean Petit se contenta de lui dire : Fiat vohinlas Dei, mais avec un accent tel que Richard en fut terrifié.

Le pauvre garçon était comme pétrifié.

Raoulet d'Actonville l'entraîna et, un instant après, dans une maison près de la porte Barbette, devant l'hôtel du maréchal d'Ëvreux, non loin de l'hôtel d'Artois, Eustache Maillet, le porteur d'eau que nous avons vu exposé au

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