‹ Le Prince des sotsChapitre 7 sur 37 · MARIETTE D AN G II II EN · texte numérisé non relu

MARIETTE D AN G II II EN

Oh ! laisse-moi te fiiii' ; il en est temps encore. Plus lard, je ne pourrais ; plus tard, malgré mes

(vœux, Mourante, je dirais : .l(^ t'aime, je l'adore! Et si je succombais, serais-tu plus heureux?

Km lisant la missive apportée par son page, Louis d'Oiiéans, avec sa légèreté habituelle, ne songeait plus guère à l'algarade de la lille d'Etienne II, comte palatin du Rhin, et de Tadée Visconti. Il avait besoin de ne pas songer à cette inarche ascendante qui, de l'adultère, poussait Isabeaii au régicide... dont elle fut préservée plus tard par la folie du roi.

:.o i.K l'iii.M.i. Di;s sors

En elîet, (^liarles Yl, en déiiionce, laissa le lioiivernemenl aux mains de sa feiiiinc

Louis d'Orléans, (jui d(3vaiL être le père d'un poète de grand renom, Charles d'Orléans, était aussi un i)oèteà ses heures; mais c'était surtout un homme effréné de plaisirs, avec des intermittences de piété.

Amoureux par tempérament,, sans préjugé de race, il s'éprenait de la brune et de la blonde, noble ou bourgeoise, fille de ville ou vassale des champs; toutes possédaient le même droit à sa passagère affection.

Un corsage bien meublé, une taille bien prise, un(^ jambe bien laite, l'attiraient et le ravissaient. Une jolie main et un pied mignon l'enchantaient.

D'Orléans rêvait de tout cela en lisant l'épître de Marguerite de Hainaut, parce que Marguerite réunissait tout cela.

Mais l'apparition de Mariette d'Anghuien, suivie de son mari, lui fit oublier le rêve charmant pour la réalité aimable.

— Approchez, Aubert, et vous, notre gentille épousée...

LE PRINCE DES SOTS âl

Le pluriel notre ne frappa aucunemenl le inari, mais fit rougir l'épouse qui n'en parut que plus jolie.

— Çà, continua le duc, le père Legrand, mon chapelain, vous a-t-il bien sermonnés? J'ai quitté la place, la messe dite, car, s'il m'eût aperçu à son prône, cet émule du chanoine Gerson m'aurait fait subir une longue remontrance, pour le luxe de mes habits.

— Je suppose, monseigneur, qu'il ne l'eùl fait que pour mettre en regard votre noblesse d'âme el votre générosité, répondit Aubert.

— Aubert, je vous ai fait l'investiture du fief de Cauny, près Nogenl-sur-Marne, de la dépendance de mon château de Beauté. Je voulais, en vous donnant le titre et le revenu de ce fief, vous garder auprès de ma personne ; mais un ras imprévu m'a fait changer d'avis. Vous irez, dès demain, habiter votre manoir.

— Quoi, monseigneur ! oh ! cela me peine.

— C'est décidé. Mais je me rendrai souvent à mon château de Beauté, en faisant la chasse dans le bois de Vincennes, qui est si proche de votre fief, et je vous manderai près de moi...

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