N° IX
LeVre du prince FMgène à la princesse Jiuguste.
Vérone, 23 novembre I8I3.
Je t'envoie, ma bonne Auguste, une letlre que j'ai reçue du roi par un officier parlementaire. Cet officier n'était autre que le prince Taxis. J'ai causé plus d'une heure avec lui, et je t'assure que je n'ai dit que ce que je devais. En deux mots, il m'a apporté la proposition de la part de tous les alliés, pour me faire quitter la cause de l'Empereur, de me reconnaître comme roi d'Italie.
J'ai répondu tout ce que toi-même tu aurais répondu, et il est parti ému et admirateur de ma manière de penser ; comme il a vu que je ne voulais entendre à rien qu'a un armistice, il m'a assuré que le roi l'obtiendrait d'autant plus " que les alliés admiraient mon caractère et ma conduite. »
C'est déjà une bien belle récompense que de commander ainsi l'estime à ses ennemis.
Déchire le billet du roi, ne parle de rien deloutcela.
Dans l'armée on ne sait qu'il est venu un parlementaire que comme officier autrichien.
Adieu, etc., etc.
L' Empereur mi prince Eugène.
Saint- Cloud, 17 novembre 1813.
Mon fils, le général Danthouard arrive. Vous avez encore une belle armée, et si vous avez avec cela 100 pièces de canon, Tennemi est incapable de vous forcer, il ne s'agit que de gagner du temps. J'ai ici 600,000 hommes en mouvement; j'en réunirai 100,000 en Italie. Je vais prendre des mesures pour porter tous vos cadres au grand complet de 900 hommes par bataillon. Faitesmoi connaître si tous les régiments de l'armée d'Italie d'ancienne formation auraient de l'étoffe pour établir les
6*' bataillons.
Votre affectionné père,
Napoléon.
P. S. Vous trouverez ci-jointe la note du départ des colonnes italiennes.