N" XVI
L' Empereur au prince Eugène.
Paris, 3 décembre 1813.
Mon fils, j'ai accordé les décorations de la Légion d honneur et de la Couronne de fer, que vous m'avez demandées pour l'armée dans votre lettre du 25 du mois dernier.
Le roi de Naples me mande qu'il sera bientôt 'a Bologne avec 30,000 hommes. Celte nouvelle vous permettra de vous maintenir en communication avec Venise et vous donnera le temps d'attendre l'armée que je forme pour pouvoir reprendre le pays de Venise. Agissez avec le roi le mieux qu'il vous sera possible; envoyez-lui un commissaire italien pour assurer la nourriture de ses troupes; enfin faites-lui toutes les prévenances possibles pour en tirer le meilleur parti. C'est une grande consolation pour moi de n'avoir plus rien a craindre pour l'Italie.
Je vous ai mandé que toutes les troupes italiennes qui étaient en Catalogne, en Aragon et k Bayonne sont actuellement en marche pour vous rejoindre.
Votre affectionné père ,
Napoléon. '^
N" XMl.
Le prince Eugène à V Empereur .
Vérone, 14 janvier 1814.
Sire
Les dernières nouvelles que j'ai reçues de Toscane et de Naples, ne m'ont guère permis de douter que les ennemis de V. M. ne fussent enfin parvenus à égarer le roi de jNaples ! Dans cet état de choses, j'ai pris sur moi de lui écrire la lettre dont j'ai l'honneur de vous présenter la copie et j'en ai chargé le général difilinga, un de mes aides de camp.
Je crains bien que cette lettre n'arrive un peu tard ; mais en vérité, je n'aurais pas osé prendre sur moi de l'écrire plus tôt, tant il m'était impossible de croire à la nouvelle défection dont V. M. était menacée!
Quel que soit le résultat de ma démarche , j'espère que V. M. ne la désaprouvera pas, et dans tout ce que je fais son approbation est l'unique but de mon ambition.
Je suis, etc., etc.
Eugène Napoléon.