‹ Le prince Eugène en 1814Chapitre 20 sur 51 · N" XXV · texte numérisé non relu

N" XXV

Le prince EiKjéne au roi de IS'aples.

Vérone, 28 janvier 1814.

Sire ,

Mon aide de camp me remet à l'instant la réponse que V. M. a bien voulu faire a ma dépêche du 14. Il est donc vrai que V. M. a jugé indispensable aux intérêts de sa couronne, non-seulement de s'allier aux ennemis de l'Empereur, mais de marcher contre ses troupes !

Sire, je l'avoueje n'aurais jamais cru un tel événement possible, et j'éprouve le besoin de lui dire que j'en ressens une profonde douleur. Puisse V. M. ne jamais regretter le parti qu'elle prend aujourd'hui, c'est le vœu démon cœur.

En disant, sire, que vos efforts réunis aux miens auraient pu sauver l'Italie tout entière, certes je n'ai pas à me reprocher d'avoir perdu de vue son royaume-, j'ai dit seulement ce que S. M. a certainement pensé plus d'une fois, ce qu'elle a même exprimé au général Gifllinga. Au reste, je n'ai plus le droit de parler sur cet objet. Je me borne à dire a V. M. que je reçois avec reconnaissance les nouvelles assurances d'amitié qu'elle me donne ef que je me repose d'ailleurs entièrement sur sa parole royale,

qu'elle ne fera aucun mouvement qui puisse menacer ('armée de l'Empereur qui m'est confiée sans m'en avoir préalablement et à temps informé.

Je suis, etc., etc.

Eugène Napoléon,

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