LA COUR A COMPIÈGNE
chasse à courre qu'il conduit, le 13 décembre, avec l'Impératrice. C'est pour lui une journée délicieuse, comme un premier pas sur la route de la liberté.
Des présents reçus au mois de janvier 1864, aucun n'a ravi l'Enfantde France à l'égal de celui des Spahis : trois costumes complets de maréchal des logis de leur régiment, faits à Gonstantine, qu'ils apportent solennellement de la caserne du quai d'Orsay au château.
Tout ce qui est mouvement et exercice le séduit : patiner sur le Lac, aller à cheval au Bois entre sa mère et la princesse Anna Murât, accompagner l'Empereur aux revues, où, depuis le 16 mars, on salue ses galons de sergent, là sont ses grandes joies. Et on leur donne large part dans son éducation, tout en le faisant assister à la plupart des cérémonies officielles.
M^' de Bonnechose en recevant, dans la chapelle des Tuileries, la barrette des mains de Napoléon III, a appelé toutes les faveurs du ciel sur l'enfant impérial. Sa Majesté ne l'oublie pas dans sa réponse :
fit... Mon fils, que protègent les bénédictions de l'Eglise, apprendra de bonne heure ses devoirs de chrétien, de citoyen et de prince et plus tard il continuera envers sa patrie, comme envers les amis de son père, à acquitter ma dette de reconnaissance et d'affection. »
On sait comment, à travers les fatalités de l'avenir,
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les v(L'Ux de l'Empereur devaient se réaliser. Chrétien, le Prince le sera jusqu'à l'heure dernière, agenouiik'' au malin du voyage suprême devant l'aulel de Chislehurst, donnant par delà la mort, un témoignage de sa foi dans la sublime prière retrouvée entre deux pages de son missel ; fidèle à ses affections et fl aux amis de son père, il conserva à tous ceux qui les avaient servis ou aimés, la hère reconnaissance qui est comme une tradition dans la race des Napoléons; le culte de la patrie, il l'eut jusqu'à mourir de l'amour quil i:;irdait à la France, tombant en héros, succombant en martyr pour lui bien montrer qu'il était demeuré digne d'elle.
Les adhésions à la Société du Prince Impérial se faisaient innombrables ; la province suivait l'exemple donné par Paris et s'ingéniait à lutter d'élan avec lui. Le rapport présenté à l'Impéralrice et au jeune Président, le 1 " mai, par le conseil supérieur de l'd'uvrc constatait deux mille trois cents prêts s'élevant au total de cinq cent soixante-sept mille huit cent cinquante-six francs.
Pour remercier ses collaborateurs en charité, le Prince va leur offrir une fête dans les parterres réservés du château.
A la seule annonce parue dans les journaux, les demandes d'invitations arrivent si nombreuses qu'il faut réquisitionner le jardin tout entier des Tuileries. Sur la présentation d'un reçu constatant le versement
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de sa cotisation annuelle (o fr. 20), tout jeune sociétaire sera admis, accompagné de son père et de sa mère.
Le 8 mai, trente-cinq mille personnes ont franchi les grilles quand l'Impératrice sort du château, tenant son (ils par la main; la Princesse Clotilde est au bras de l'Empereur.
Deux orchestres militaires, quatre théâtres de marionnettes, un cirque, sont disséminés sous les marronniers: ce ne sont qu'acclamations joyeuses sur le chemin du petit Prince, et à 4 heures, les barrières fermant les terrasses du bord de l'eau et des Feuillants s'écartent sur une perspective de longues tables chargées de gâteaux et de rafraîchissements.
Le salon de peinture est ouvert et ce n'est pas uniquement pour satisfaire sa curiosité qu'on y conduit l'héritier de la couronne. L'Empereur voulant qu'il apprenne à aimer les arts, à les connaître dès l'enfance pour savoir les protéger plus tard, lui laisse le choix d'une toile qui sera le commencement de sa galerie. Le Tambour blessé ^ de M. Armand Dumarcscq, est sa première acquisition ; dès le lendemain de la clôture du Salon, il le fait placer dans son cabinet, au palais de Saint-Cloud.
La naissance du Prince Louis-Napoléon (10 juillet) est le seul événement dans la vie calme des mois d'été passés à Fontainebleau, puis à Saint-Cloud.
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Au soir (lu 1.") août, l'Ecole Militaire reçoit la visite du polit Prince qui assiste au feu d'artifice du Cliampde-Mars, après avoir été admirer la place de la Concorde, féerique avec ses grands palmiers, le temple du Soleil dont l'obélisque forme la flèche, le jaillissement luminoux de ses fontaines. — Et ces splendeurslà vont être dépassées par les prodiges réalisés à Versailles en l'honneur du Roi d'Espagne.
Don François d'Assise arrive le 16 à Saint-Cloud, reçu à la station du parc par Napoléon III qui l'accompiigne au palais.
La livrée est rangée sur les marches du perron; au fond du vestibule, derrière la Saplio de Pradier, on aperçoit les Cent-Gardes immobiles sur le grand escalier. L'Impératrice et le Prince Impérial ayant derrière eu.\ la maison civile et la maison militaire attendent le Kui.
Le 17 est occupé par une revue, puis par un bal à Saint-Gloud, auquel assiste le Prince qui vient de prendre ses premières leçons de danse avec M. Petipa, maître de ballet de l'Opéra.
Le lendemain, c'est une prestigieuse résurrection du Versailles d'autrefois, une évocation féerique du passé.
Le Roi d'Espagne et l'Impératrice, l'Empereur et le Prince Impérial arrivent à 5 heures, dans une calèche à quatre chevaux, conduite à la française ; aussitôt, à travers le parc, les grandes eaux commencent à jouer. A[)rès un diner de soixante couverts, Leurs