‹ Le Prince impérial, 1856-1879Chapitre 16 sur 42 · LE VOYAGE EN LORRAINE, 18GG · texte numérisé non relu

LE VOYAGE EN LORRAINE, 18GG

Les hurrahs ont éclaté dès la descente du wagon et ne vont plus s'interrompre. — On descend la rue Stanislas, dont un arc de triomphe en mousseline brodée marque l'entrée et les équipages de la cour s'arrêtent devant la cathédrale.

]VP'' Lavigerie, évoque de Nancy, M'^' Rœss, de Strasbourg, M""^ Caverot, de Saint-Dié, et M»'' Meignan entourent l'archevêque de Paris, M^'"" Darboy. Les cinq prélats, revêtus de chapes blanches, donnent la bénédiction solennelle après le Te Deum.

Vient ensuite, sur la place Stanislas, un imposant défilé qui se déploie deux heures durant.

Trente compagnies de pompiers, les ouvriers des salines de Saint-Nicolas et de Varangeville escortant un char où scintillent des blocs de sel gemme, les orphéons, les sociétés de secours mutuels, les dentellières de la Meurthe et des Vosges, les filateurs de Nancy et de Senones, les ouvriers de Dieuze, de Cirey, de Baccarat et de Walleristhal, les francs-tireurs, les habitants de Domrémy avec la bannière de Jeanne Darc, enfin une longue théorie de sept cents instituteurs se succèdent sans que l'Impératrice et le Prince quittent l'estrade du haut de laquelle ils répondent, debout, à tous les saints, à toutes les acclamations.

Une célèbre eau-forte de Meissonnier garde vivant encore le souvenir de celle glorieuse journée.

Le 4G juillet, dès le matin, c'est la visite à Tiiospice Saint-Charles, à la colonie de Gentilly où — sur

le désir de la souveraine — on a transféré les jeunes détenus de la Petite-Roquette.

Les dames de la Halle présentent un bouquet au Prince : « Nous ne vous offrons aujourd'hui que des Heurs; nos fils seront heureux de vous offrir un jour leurs bras et leur vie, » dit la doyenne que l'enfant] remercie par un baiser.

Présentations, promenades à travers la ville occupent l'après-midi. Après le dîner qui réunit 250 convives dans la grande salle du Palais, le Prince Impérial semble si las que sa mère lui fait grâce de l'audition d'une cantate.

Encore des établissements de bienfaisance, des hospices, des lycées et des écoles le lendemain, jusqu'à l'heure du cortège historique organisé par la jeunesse nancéenne.

Tout comme aux Tuileries, les Cent-Gardes font la haie sur le grand escalier de l'hùtel de ville qui resplendit pour le bal. — L'Impératrice est en robe de guipure blanche garnie de branches d'acacias ; le Prince porte le veston et la culotte de velours noir, bas rouges et souliers à boucles. Sous le gilet blanc, le grand cordon de la Légion d'honneur.

Après avoir fait le tour des salons; ils prennent place sur le trône où le fauteuil de l'Empereur reste vide ; puis le quadrille d'honneur se forme : l'Impératrice <lanso avec le baron l{u(|uct, Son Altesse et la baronne IJuquet lui font vis-à-vis.

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