LE VOYAGE EN CORSE, ISGO
cours de réception, dont les allusions guerrières ravissent le cœur du petit Prince :
c( Cette cité que vous visitez pour la première fois, Monseigneur, se recommande par ses titres particuliers à votre attention et à votre sympathie.
« En 1793, le capitaine Bonaparte la reprit pour la rendre à la France, aux étrangers qui s'y étaient introduits par trahison.
« En 1798, le général Bonaparte qui s'était déjà couvert de gloire en Italie, y prépare l'expédition d'Egypte, une des plus grandes conceptions de ce puissant génie... »
La mer est trop mauvaise le lendemain matin pour qu'on permette à Son Altesse de faire, en canot, la visite projetée à l'hôpital Saint-Mandrier. Pour la consoler de ce contretemps, on lui fait parcourir les fortifications, en s'arrètant aux points rendus célèbres par les opérations de Bonaparte, jusqu'à l'heure (îxée pour la réception des dames de la ilalle, qui expriment leurs vœux en provençal.
Quand vient la remise des croix, le général Douai appelle les noms et l'Impératrice tend la décoration à son fils qui la remet à chaque nouveau légionnaire, en lui serrant la main.
h'Aif/lf, ayant à son bord les voyageurs impériaux, lève l'ancre dans l'après-midi et arrive au matin du 28 en vue de Bastia.
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Sur kl place Saint-Nicolas, une vaste lente est dressée sous laquelle MM. Conneau, Gavini, M. de Luillier d'Orcicres, sous-préfet ; le maire, M. Piccioni, la députalion de l'armée, la Cour impériale conduite par M. Jiécot reçoivent Sa Majesté et le Prince.
Un témoin de la journée écrit que les maisons de Hastia sont désertes, que la population entière est dans la rue. Pour voir Tlmpéralrice et son fils, les marchands ont fermé boutique, les restaurateurs laissent éteindre leurs fourneaux ; on s'écrase sur le passage des voitures qui ont peine à atteindre les chantiers où va être posée la première pierre de l'hôpital Sainte- Eugénie.
M. Géry, préfet de la Corse, prend la parole et, après avoir remercié la Souveraine de son inépuisable charité, s'adresse au Prince :
« Monseig-neur, comment trouver des paroles pour exprimer les sentiments qu'éveille votre présence? Vous êtes l'héritier de cette puissante et vaillante race des Napoléons qui est l'àme, l'orgueil, le san^ de la Corse; vous êtes notre espoir et notre avenir; toutes ces poitrines battent pour vous, tous ces bras sont prêts à vous servir...
<r Vous êtes préparé à recevoir la lumière des temps. L'ombre de l'immortel fondateur de votre dvnaslic peut descendre de sa gloire dans une âme qui veut lui ressembler. »
Sous le balcon de l'hôtel de ville où Sa Majesté et