‹ Le Prince impérial, 1856-1879Chapitre 25 sur 42 · LA MORT DE LEMPEREUR · texte numérisé non relu

LA MORT DE LEMPEREUR

de fortification, près de la table surcliar^ée de modèles d'attaque ou de défense en miniature, rien ne distingue le pupitre du Prince Impérial. Avec tous ceux de sa promotion il va à la batterie, fait les travaux de terrassement; avec eux aussi ou le retrouve au jeu de racket, sur les terrains du foot-ball.

A l'heure du déjeuner, il s'assied dans le grand réfectoire aux allures de chapelle, avec ses verrières enchâssées en des colonnettes exquises, dans ce hall tout garni d'écussons et d'armures, oii sont exposés, l'année durant, les boucliers gagnés dans la lutte avec Sandhurst.

Chaque samedi, Son Altesse rentre à Chislehurst et ne retourne à Woolwich que le lundi matin. Trois lieues seulement séparent Gamden-PIace de l'Académie militaire et l'Empereur les franchit parfois pour aller voir son fils, s'entretenir de ses études avec les maîtres de l'École,

A la fin de l'année, le mal dont il souffre depuis 1866 fait de rapides progrès. Quoiqu'on lui ait interdit la voiture, il veut encore aller jusqu'à Woolwich ; le prince Napoléon-Charles Bonaparte l'accompagne dans cette visite dernière, au retour de laquelle une crise terrible se déclare.

Sur les conseils de ses médecins, l'Empereur se décide à subir une suite d'opérations, en l'issue desquelles chacun semble avoir confiance. — Le résultat des deux premières est tel (juc le Prince Impérial,

Li: l'inxci: imi'Eiual

dont les craintes sont calmées, rentre à l'Académie

inililaire.

Au milieu des souffrances, la pensée de Napoléon III est auprès de son fils.

— a Où donc est Louis? » dit-il à l'Impératrice, au sortir d'une crise plus douloureuse.

— « Il est retourné à Woolwich. Voulez-vous le voir? »

— « Non ; non. H travaille : je ne veu.\ pas qu'on le dérange. »

Dans la matinée du 9 janvier 1873, l'Empereur semblait assez rétabli pour supporter une dernière opération ; même, l'Impératrice se disposait à aller porter les meilleures nouvelles à son fils, quand soudain l'état s'aggrave; les progrès du mal sont effrayants.

Bientôt il ne peut plus parler, mais ses yeux semblent cliercber son enfant et il a un pâle sourire quand l'Impératrice lui dit : « Louis va venir, mon ami. »

Le Prince Impérial partait à le.xercice, le fusil sur l'épaule, lorsque le comte Clary. qui arcrula mission de le venir chercher, se présente à Woolwich. On part rapidement.

Avant que la voilure soit arrêtée devant Camden- Place, le Prince saute vers la porte, interroge des

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