LE PRLN'CE IMPÉRIAL
« Le peuple n'a point été consulté ; c'est de lui seul que nous attendons la loi future.
« A cette heure môme où, rassemblés dans les églises de France, nous prions, un jeune homme pleure dans une petite chapelle d'Angleterre devant un tombeau. C'est le tombeau de l'homme que, par trois fois, le peuple français a acclamé Empereur, c'est le tombeau d'un soldat que les braves ont jugé le plus brave, c'est le tombeau d'un chrétien qui a aimé les pauvres par-dessus tout, c'est le tombeau d'un Fran- (,'ais qui a aimé la France plus que lui-même, et pour ce jeune homme, c'est plus que tout cela, c'est le tombeau d'un père. »
Le IG mars approche. Déjà, parmi les ouvriers, des souscriptions s'organisent; chacun verse cinq francs et le sort doit désigner ensuite celui qui ira en Angleterre représenter ses compagnons. En province comme à Paris, les députations se préparent, les registres se couvrent de signatures.
Le comité, présidé par M. le duc de Padoue, adresse la circulaire suivante aux membres princij)au\ du )>arli plébiscitaire.
« Taris, le \" février 1871.
« Monsieur,
« C'est le IG mars prochain, vous le savez, que S. A. M-' le Prince Impérial entrera dans sa dixneuvième année. Nous sommes avertis de toutes parts
qu'à celte occasion un grand nombre de nos amis se proposent d'aller lui présenter eux-mêmes leurs hommages.
« Nous avons pensé que vous voudriez bien grouper autour de vous les personnes de votre département qui ont l'intention d'accomplir ce voyage.
« Nous vous serions reconnaissants de leur faire comprendre combien il importe que cette visite conserve le caractère d'un témoignage de reconnaissance pour le passé, de confiance dans l'avenir et ne prenne point celui d'une manifestation impatiente à l'égard du présent.
« Nous vous prions, Monsieur, de vouloir bien, dès que vous le pourrez, nous faire connaître les noms que vous avez recueillis, sans avoir besoin d'ajouter que nous serons prêts, de notre côté, à vous fournir, pour les conditions du voyage, tous les renseignements qui pourraient vous être utiles.
« Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués.
« Au nom du Comité spécial,
« Le Président
« A. DE Padoue
« Vous êtes prié d'adresser la réponse à M. le Duc de Padoue, 41), rue de Courcelles, Paris. »
Interviewé par un rédacteur du Daili/ Tclrgrap/t. M. Rouher appuie encore de toute son autorité les déclarations contenues dans la lettre précédente.