LE PRINCE IMI'EIUAL
celte grande mémoire, et voit l'Empereur sous ses traits véritables. Vous qui venez des diverses contrées du (>ays, vous pouvez lui rendre ce témoignage que son règne n'a été qu'une constante sollicitude pour le bien de tous. Sa dernière journée sur la terre de France a été une journée d'héroïsme et d'abnégation.
« Votre présence autour de moi, les nombreuses adresses qui me parviennent, attestent combien la France est inquiète de ses destinées futures. L'ordre est protégé par l'épée du duc de Magenta, ancien compagnon des gloires et des malheurs de mon père. Sa loyauté nous est un sur garant qu'il ne laissera pas exposé aux intrigues des partis le dépôt qu'il a reçu.
« Mais l'ordre matériel n'est pas la sécurité. L'avenir demeure inconnu, les intérêts s'en effraient; les passions peuvent en abuser. De là le sentiment dont vous m'apportez l'écho, celui qui entraîne l'opinion, avec une puissance irrésistible, vers le recours direct à la nation, pour poser les fondements d'un gouvernement définitif.
« Le plébiscite, c'est le salut, le droit, la force rendue au pouvoir et l'ère des longues sécurités rouverte au pays. C'est un grand parti national sans vainqueurs ni vaincus, s'élevant au-dessus de tous pour les réconcilier.
a La France librement consultée jettera-t-elle le yeux sur le fils de Napoléon III? Cette pensée éveille
en moi moins d'orgueil que de défiance de mes forces. L'Empereur m'a appris de quel poids pèse l'autorité souveraine, même sur de vieilles épaules, et combien sont nécessaires, pour accomplir une si haute mission, la foi en soi-même et le sentiment du devoir.
« C'est cette foi qui me donnera ce qui manque à ma jeunesse. Uni à ma mère par la plus tendre, la plus reconnaissante affection, je travaillerai sans relâche à devancer le progrès des années.
« Quand l'heure sera venue, si un autre gouvernement réunit les suffrages de la majorité, je m'inclinerai respectueusement devant la résolution du pays. Si le nom de Napoléon sort une huitième fois des urnes populaires, je suis prêt à accepter la responsabilité que m'imposerait le vote de la nation.
« Telle est ma pensée. Je vous remercie d'avoir parcouru une longue route pour venir en recueillir l'expression. Reportez aux absents mon souvenir, à la France les vœux de l'un de ses enfants. Mon courage, ma vie lui appartiennent. Que Dieu veille sur elle et lui rende la prospérité et la grandeur! »
A peine Son Altesse a-t-elle achevé ce discours, qu'un flot humain se précipite vers l'estrade. L'Impératrice et le Prince rentrent à grand'peine dans la maison, presque soulevés sur les bras des fanati<|ucs qui les entourent, qui les acclament.
En entendant ces cris d'enthousiasme, les curieux
LE l'IlIXCE I.MPEIUAL
massés au dehors etcoiilenus j);irles policemen, dont un bouquet de violettes fleurit l'uniforme, cherchent à forcer la consigne, escaladent les murs, emploient mille ruses pour tromper la vigilance des gardiens. Les musiques, réunies sur le com)non, font en même temps éclater leurs fanfares. C'est un moment d'ivresse contagieuse, une de ces minutes où l'éclair de la folie traverse l'àme des foules.
L'ordre se rétablit peu à peu et, dans le hall, le Prince Impérial et Sa Majesté reçoivent les députations introduites par ordre alphabétique.
Au nombre des plus remarquées est la délégation des dames de la Halle, conduites par M"" Lebon. En mettant deux baisers retentissants sur les joues du Prince, la présidente lui rappelle que, vingt-deux ans] plus tôt, c'est elle aussi qui embrassa l'Empereur,] au bal des Halles.
Les fleurs, les adresses, les présents apportés de France s'amoncellent à mesure que le défilé avance. Cinq heures durant, le Prince ne contemple que visages ravis, n'entend que paroles d'aveugle dévoue-, ment et de fidèle espoir.
Deux grands buffets ont été préparés, où les délégués se retrouvent ; ils y échangent leurs impressions, leurs rêves et leurs vœux.
Avant de retourner à la gare, enguirlandée, ornét d'inscriptions, décorée aux trois couleurs, elle aussii on veut, une fois encore, acclamer le Piiiice Impérial.
LA MAJOUITÉ, 1874 247
Les cris ne cessent qu'après qu'il a paru au balcon, salué une dernière fois par la foule.
A Londres, une nouvelle manifestation allait se produire le soir même. Dans un ballet donné à l'Alhambra, les diverses nations européennes sont symbolisées par des danseuses. Quand paraît la France, au costume parsemé de violettes, ce n'est pas la Marseillaise, mais Partant pour la Syrie qui résonne à l'orchestre.
Aussitôt un éclatant « Vive l'Empereur ! » s'élève du parterre et des loges. Aux acclamations des Français, des hurrahs anglais répondent; par deux et trois fois on réclame le chant impérial.
Le 17 mars voit encore entrer à Chislehurst de nombreux pèlerins. Beaucoup n'ont pu arriver à temps pour l'imposante manifestation delà veille, qui sont admis, ce jour-là, en présence de Son Altesse. 11 y a là des paysans venus des Pyrénées, d'autres envoyés par la Bretagne, et aussi une députation d'anciens officiers apportant un album oii figurent quatre cents signatures de camarades.
Déjà les journaux commencent à répandre la narration de la journée, le discours du Prince. Mais, mieux que par toutes les chroniques, les campagnes sont émues au récit des délégués encore brûlants de leur enthousiasme, disant la mine fière et Ui séduction de Son Altesse.
A son lour, et sans ponh-e de temps, la poésie
populaire s'empare de l'événement. Sur le « Ten souviens-tu », un anonyme chante la majorité'.
Nos ennemis disaient, dans leur démence :
« LEmpire est mort, nous régnons, maintenant. »
Mais le Ciel trompe une lâche espérance,
Car ils avaient compté sans un enfant.
Peuple français, cet enfant est un homme
Qui te rendra des destins triomphants.
Paris sera plus illustre que Rome; i
/fis Napoléon vient d'avoir di.x-huit ans. \
Jeune Empereur, sois notre Providence ; Le peuple soulîre, hélas ! le peuple a faim. Toi seul mettras un terme à sa souffrance : Jeune Empereur, viens nous donner du pain. Ton père aimait l'atelier, la chaumière, Les ouvriers, les pauvres paysans; Dieu ta donné la bonté de ton père ; ) .Napoléon vient d'avoir di.\-huit ans. )
Bis.
Un vétéran de 1848, Al. Savinien Lapointe se reprend à rimer- :
A toi salut, parvenu de la gloire,
\ toi salut, (ils de Napoléon !
De ton berceau nous gardons la mémoire ;
Le seize mars, quelle date et quel nom !
L'aigle est tombé tout meurtri de son aire. Comme la foudre il se relèvera ; Le monde encore a foi dans son tonnerre. II reviendra. (Bis.)
' Il a di.i-ncuf ans.
' Il reviendra.
En couplets aussi, M. Simon, dievalier de la Légion dliomiew\ médaillé de Sainte- Hélène, paysan de Bourdon {Soimne), raconte le pèlerinage à Cliislehursl.
Il a déjà l'air d'un soldat, Il le sera quand il l'faudra :
Patience, Alsac' Lorraine !
Hé bien !
11 n'a qu'la dix-huilaine, Vous m'entendez bien !
Et le commerce reprendra, A tour de bras on travaill'ra Comm' jadis sous l'Empire.
Hé bien !
C'est c'que tout l'mond' désire.
Vous m'entendez bien !
Sans se laisser intimider par les commissaires de police trop zélés qui continuent leurs croisades contre
les photographies portant la mention « Prince Impérial » ou « Famille Impériale >', quelques bona[)ar-
2o0 LE PIUXCE IMPEIUAL
listes font frapper des monnaies à l'effigie de Napolron JV Empereur, au millésime de 1874. Il y a toute la série des pièces d'argent, y compris celles de oO et de 20 centimes, et le dix centimes de cuivre,
U'aiilres mettent en circulation un modèle de timbre-poste à l'image du Prince Impérial, Dans les campagnes, on recueille avidement les portraits coloriés du Fils de l'Empereur, et plus d'une chaumière garde, aujourd'hui encore, pieusement ce souvenir.
Les représailles annoncées par la circulaire de M. le duc de Broglie ne se sont pas fait attendre. Par arrêté de M. Limbourg, préfet de Seine-et-Oise, le duc de Padoue, maire de Courson-l'Aulnay, est suspendu de ses fonctions; môme mesure est prise, mais pour deux mois seulement, à l'égard de M. Pugliesi, premier adjoint d'Ajaccio,
Rentré à Woohvich, le Prince consacre ses courts instants de repos à remercier, en quelques lignes rapides, des lettres innombrables venues pour sa majorité ; dépouillement et classement de ce volumineux courrier dureront près de deux mois '.
' Lettre adressée, de AVoohvicli, ù M™" la comtesse Diicos.
» Académie Royale Militaire, 10 Avril.
" Vous avez bien voulu vous associer, Madame, aux émotions et aux espérances du seize mars, comme déjà votre fidèle afTection s'est plu à le faire à chacun de nos anniversaires heureux ou tristes, .le suis bien sensible à ce nouveau et précieux témoignage de votre sympathie (jue j'ai reçu le jour où j'atteignais ma majorité constitutionnelle.
• Avec tous mes remerciements, je vous prie d'accepter, Madame, l'expression de mes sentiments les plus sincères.
« Napoléon. »
WOOLWICII, 1874 251
Le Tzar Alexandre II fait, au mois de mai, un voyage officiel en Angleterre, où Tune de ses premières journées est consacrée à Camden-Place. Le Prince Impérial, qui a quitté l'Ecole pour recevoir l'Empereur de Russie à Cliislehurst, lui rend dès le lendemain sa visite, puis il rentre à Woohvicli où se prépare, pour le 27, une revue en l'honneur d'Alexandre IL
Sa Majesté y arrive, accompagnée du Prince de Galles, du Duc d'Edimbourg et du Prince Christian, escortée du Grand-Duc Alexis, du comte Schouwaloff de l'amiral PopofF et du prince Dolgorouky.
Après une courte halte à l'Arsenal, le cortège se dirige vers la caserne d'artillerie. Là, en face du Mess, à la lisière de l'immense plaine des manœuvres, dont les bâtiments de l'Académie barrent si pittoresquement l'horizon, les cadets sont rangés, carabine au bras, sur une double ligne; le Prince Impérial est dans leurs rangs.
Le Tzar les passe lentement en revue et, arrivé devant le fils de Napoléon III, il lui tend la main sans prononcer une parole.
Quand il a atteint l'extrémité de la ligne des cadets, Alexandre II revient sur ses pas : celle fois, il s'arrête auprès du Prince et une courte conversation à mi-voix s'engage entre eux. Puis le Grand-Duc serre, {\ son tour, la main de Son Altesse, devant laquelle s'inclinent les personnages de l'escorte.
252 LE PRINCE IMPEItlAL
L'Kmpereur de Russie a accepté Tinvitalion des ofliciers de Woolwich : dans la grande salle du Mess, la table est surchargée de son argenterie célèbre. — Les cadets vont s'éloigner pour se préparer à la grande revue de l'après-midi, quand Sa Majesté demande au général Sir Lintorn Simmons, gouverneur de l'école, d'autoriser le Prince Impérial à prendre place au lunch.
Aussitôt informée de l'invitation du Tsar, Son Altesse se rend au Mess oîi viennent d'arriver la Princesse de Galles et la Duchesse d'Edimbourg.
A l'heure des toasts, la première santé est portée par le Duc de Cambridge qui lève son verre : <( A Sa Majesté l'Empereur de toutes les Russies. » — « A la santé de Sa Très Gracieuse Majesté la Reine Victoria, » répond Alexandre II, puis, se tournant vers le Prince Impérial, il prononce d'une voix nette qui résonne jusqu'aux extrémités de la salle, ces paroles : « Prince, à votre santé, à votre bonheur et à votre prospérité! »
L'exemple est suivi par le Grand-Duc Alexis, par les princes anglais. Tous les regards sont dirigés vers le jeune homme qui lève son verre et s'incline.
« Je ne saurais, écrit un officier russe qui assistait à la scène, peindre à ce moment la physionomie du Prince Impérial; c'est un mélange de fierté douce et de timidité touchante (jui nous a tous très vivemeni frappés. »
AVOOLWICll, 1874 253
Dès que le Tzar s'est levé et a quitté la grande salle, le Prince, ignorant qu'il désire l'avoir auprès de lui durant le défilé, s'échappe par une porte de côté et prend, en liàte, le chemin de l'Académie où ses camarades se réunisssent.
Alexandre II, monté à cheval, s'est tourné vers son état-major et semble chercher quelqu'un des yeux. On lui dit que Son Altesse a regagné l'École et aussitôt il dépêche un aide de camp, porteur d'un message verbal.
L'envoyé russe rejoint le Prince au seuil de son cottage, à l'instant même oi^i le comte Glary, porteur des compliments de l'Impératrice au Tzar, y arrivait, A peine instruit du désir d'Alexandre II, le Prince Impérial, sans attendre que son cheval soit sellé, saute sur celui du comte Glary et, à un galop vertigineux, franchit les Gommons^ rejoint l'état-major qui se recule pour faire place à l'héritier des Napoléons.
Il est de bon ton dans les journaux républicains de parler de l'ignorance du fils de l'Empereur, de mettre en doute le résultat de ses examens; des hommes d'un esprit reconnu se battent les flancs pour jeter le discrédit sur le Prince Impérial, — L'un d'eux, ayant cette ambition de donner à ses attaques une consécration officielle, écrit, le 3 août 1874, à Londres, au secrétaire d'Etat de la Guerre pour savoir ce qu'il faut penser des capacités de Son Altesse.
2o4 I.E l'Itl.NCI^ I.MI'i;rtIAL
Sur l'invitation du secrétaire d'Etat, le gouvornciir de l'Kcole répond ' :
« Le Prince est à présent dans la première classe, composée de trente-cinq cadets dont l'âge moyen est de dix-neuf ans et trois mois. Il a dix-huit ans et quatre mois et, dans la classe, il n'y en que quatre qui soient plus jeunes que lui.
« Il a subi les examens passés par des inspecteurs Défaisant pas partie de l'école; ses compositions portaient simplement un numéro d'ordre et étaient écrites sur le même papier que celles des autres cadets.
« La place (ju'il occupe actuellement dans la classe est : 10" en mathématiques et mécanique; 8'^ en fortification et dessins géométriques; 4" en artillerie ; 11'^ en histoire militaire; 14" en dessins et plans militaires; 21° en chimie et physique.
« D'après l'ensemble de ces compositions, il est le onzièftie sur l'ensemble de sa classe et cependant, à mon avis, la place qu'il a obtenue n'est pas un critérium exact de ses capacités. D'autres cadets qui savent deux langues vivantes (allemand et français) à ajouter à la leur, ont cet avantage de pouvoir gagner des points pour les deux, alors que le Prince n'a pu être examiné qu'en allemand. S'il avait passé un examen pour l'anglais — (|ui. en somme, est pour lui ce qu'est le franrais pour un jeune homme anglais — il est évident qu'il eût été, pour le moins, le 8'' dans
' Records uf Ihe Rnyal MilKari/ Aaidcmij.
WOOLWICII, 1875
sa classe. Le fait d'avoir eu à suivre toutes les leçons en anglais lui a été une complication, surtout dans les premiers temps de son séjour à l'Académie.
« A l'issue des derniers examens, il avait été 21'' en fortifications et 22" en artillerie, tandis que cette fois-ci, il a été 9" en fortifications (et l'examinateur faisait cette remarque que l'ensemble des compositions a été très remarquable; le n" 72 — celui du Prince — est classé parmi les cinq meilleures). En artillerie, il est le second et sa composition est citée comme exceptioïinellement bonne dans une classe qui s'est particulièrement distinguée.
« J'attribue tout ceci, en grande partie, aux progrès faits en anglais par le Prince, durant les six derniers mois. Le rang qu'il tient dans sa classe, étant donné son âge et eu égard aux difficultés qu'il a rencontrées, n'étant pas préparé à ces études comme le reste de ses camarades, fait le plus grand honneur à sa volonté, à sa persévérance et à son intelligence; et j'ai grand plaisir à ajouter que sa conduite a toujours été excellente et qu'il a rempli tous ses devoirs avec la plus irréprochable et la plus complète exactitude. »
L'existence de labeur reprend jusqu'aux examens de sortie au mois de février 1873.
Tous les cadets sont sous les armes, le 19, quand arrive le Duc de Cambridge, précédant l'Impératrice de quelques instants.
Les exercices commencent, chaque élève de la
LE PRINCn: IMPERIAL
classe supérieure comiuandant à tour de rôle . — « Prince Impérial, hors des rangs! » dit le Duc. et Son Altesse, faisant fondions de caporal, diriiic la mand livre pLMidant quelques minutes.
Vient ensuite la distribution des commissions. Sur les trenle-qualre cadets qui vont sortir derAcadémie, les douze premiers sont admis dans le génie royal, les autres dans l'artillerie.
M. Maurice A. Cameron, qui vient en léle, a obtenu 38.734 points; le n" 7 appartient au Prince Impérial avec 31.615; M. Herbert E. S. Abbott arrive 12"^ avec 28.83(1. Celui qui clôt la liste a un total de 19.987 points ^
« J'ai à déclarer, dit le Major Général, Sir J. Lintorn SimmonSjdans son rapport, que le Prince Impérial, par son invariable exactitude à accomplir ses devoirs, par son respect absolu de l'autorité et sa soumission à la discipline a donné un exemjile qui mérite une mention particulièrement honorable. »
Dans le discours adressé aux cadets, après qu'il a proclamé la liste des promotions, le Duc de Cambridge
> Liste des Promotions
GENIB noYAL
1 M.mrico-A. r.anieron.
2 Alfru(l-E. Wiollcsloy.
3 slewarl-U. Cloveo.
4 A.-E. Mac.lonalil.
5 Eri>e>t J.-i'.. lioycc.
6 Alexandre H. Mason.
7 The Prince /niprrial.
S Ufiirv A|i|>lctoii.
0 Johii-E. Iiickic.
ii> Arlhiir-R. Aiioruni.
Il Uenrv-E. Tvlor.
12 Hcrbcit-E.-S. Al)bolt.
ARTrULEniB nOYAI.B
l:? Arlhur-C.. Haiisaril.
li K.liiiuiul-H. Elliott.
lo Beiijaiiiiii Uurlon.
Hi John-ll.-H. Allen.
17 Cliarles-A. Minilaiiaro.
18 Jamos-W. Stirliiip.
1!» Trcncliai-tl-l".-E. l'owlc.
ÏO Iteauchamp Diill.
21 Serrell il. Ilogers.
John P. Fell.
John M. Sinip'on.
ltol)crt A. G. Ilarrison.
NViliiam E. L. Balfour.
John lient.
Herbert O.-n. Galton.