S APOLLON
Les premiers mois de 1876 sont tout entiers consacrés à l'étude; le Prince n'interrompt ses travaux que pour recevoir les visiteurs venus de France. Noms célèbres ou humbles fidèles reçoivent le même accueil, et le plus timide se sent rassuré dès les premières paroles de Son Altesse.
Etre Français! il n'en faut pas davantage pour que la porte du Prince Impérial s'ouvre devant vous. Il trouve les paroles qui séduiront chacun, les sujets qui lui seront familiers et chaque réponse demeure gravée en sa mémoire.
Souvent aussi Camden-Place voit des botes illustres : la Reine Victoria avec la Princesse Béatrice, le Hoi de Hanovre, le Roi de Grèce, la Princesse de Galles, la Princesse Louise et le marquis deLorne.
C'était, le reste du temps, l'existence intime avec les familiers, les fidèles des premières heures de l'exil: M™" Lebreton , M"" de Larminat, la comtesse Glary, le duc de Bassano, le D*" Gonneau et le baron Corvisart, M. Franceschini Pietri. Presque toujours, un ancien ministre de l'Empereur, quelque homme d'élite appelé par le Prince pour le renseigner sur la question du moment, était là aussi.
Après une nouvelle période de manœuvres et un court séjour à Arenenberg, le prince se rend en Italie. Pour ne donner prétexte à aucune manifestation, il voyage sous le nom de comte de Pierrefonds et, à Bellagio, se sépare de sa mère qui se dirige vers Milan tandis que lui gagnera Vérone. Sans être reconnu, il peut visiter le champ de bataille de Solférino et reste trois jours à Venise, avant de rejoindre l'Impératrice (16 octobre).
A Magenta, il ne lui est plus possible de garder l'incognito. Son départ de Milan a été signalé : le syndic l'attend à l'entrée de la ville, la population est massée pour le recevoir et partout les cris de bienvenue saluent le Fils du Libérateur, le suivent jusqu'aux plaines ou se décida la victoire.
Les réceptions se multiplient à Milan; la famille royale, la municipalité, le peuple entier témoignent à l'envi leur reconnaissance à la veuve et à l'héritier de Napoléon III.
Sa Majesté et le Prince maintenant leur incognito,
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les ministres ne peuvent, comme ils l'auraient voulu, les attemlre à leur arrivée à Florence. Mais la gare est comble, les rues environnantes sont envahies. — A la descente du wagon, les voyageurs sont reçus par la princesse de Canino et le marquis Rasponi. Telle est la foule qui entoure la voiture au sortir du chemin de fer, que l'Impératrice, redoutant un accident, s'écrie à plusieurs reprises : « Prenez garde! » — Devant la villa choisie comme résidence, des musiques militaires sont massées.
Les fêles en l'honneur du Prince, les réceptions et les bals se suivent jusqu'au 13 décembre. Ce jour-là, on quille Florence pour Rome où le Pape Pie IX attend son filleul.
L'Impératrice elle Prince Impérial, accompagnés du prince Murât et de M. Rouher, sont reçus au Vatican avec les honneurs souverains. — Les journaux ultramontains , aussi bien que les feuilles radicales , trouvent dans cette audience ample sujet à dissertatalions. Pour celui-ci, l'héritier de l'Empereur est allé solliciter le secours de l'Église; un autre met en doute l'accueil bienveillant du Saint-Père.
La vérité est que le voyage à Rome n'a eu aucun bul politique, qu'il n'y faut voir ([u'uu acte de déférence très naturel du Prince chrétien envers le Souverain-Pontife, qu'un témoignage d'affection du fils de Napoléon III pour son parrain.
D'ailleurs, pour lutter contre les progrès incessants
LE P n I N C E I M 1' i: li I A I.
(Florence, IS7G.)
de ridée plébiscitaire, il n'est pas de moyens négligeables.
Malgré les résultats officiellement proclamés des examens de Woohvich, on n'a pas renoncé en France à représenter le Prince comme un ignorant.
Longtemps encore après sa mort, des lettres arriveront au gouverneur de l'Académie militaire, demandant si vraiment il ne fut pas « un fruit sec »? La plupart des interrogatoires ne sont pas affranchis et portent cet avis courtois a Payez la poste* ».
Il est plus malaisé encore de faire de Son Altesse un mauvais Français; on s'y évertue cependant, et, vers la fin de 1877, un correspondant (?) de Strasbourg annoncera l'arrivée du Prince Impérial en Alsace, contera sa visite au général gouverneur, dépeindra l'indignation de la population.
Une dépèche formelle déclarant que la nouvelle est fabriquée de toutes pièces, une lettre énergique de M. Pielri font taire les calomniateurs.
Eu quittant Rome, l'Impératrice et le Prince retournent à Florence, où ils passent tout l'hiver de 1877. Au printemps, son Altesse rentre seule en Angleterre, tandis que sa mère va passer quelques semaines en Espagne.
Les visites interrompues par le voyage d'Italie reprennent à Chislehurst ; on y voit le général Favé,
Jiecoi'ds of Ihe Royal Mililary Academy.
MM. Meniiau, Houlier, Loudun, les députés de l'Appel au Peuple.
Comme son père, le Prince sait écouter, n'interrompant que rarement son interlocuteur, étudiant sa physionomie, lui laissant développer jusqu'au bout les plans les plus impraticables, sans le vouloir décourager. Aussi, en le quittant, combien ont cru leurs projets approuvés et n'ont pas manqué de faire la presse confidente de leur joie!
De là ces idées de constitution parfois bizarres, ces rêves bleus d'avenir attribués au Prince Impérial, alors qu'il en avait simplement subi la narration.
Une lettre qu'il écrivit au baron de Bourgoing-, montrera combien il savait, au contraire, étudier à fond les sujets qui lui semblaient utiles ou réalisables :
« Mon cher Monsieur de Bourgoing,
« Je vous remercie de la pensée que vous avez eue. en commun avec M. Raoul Duval, de me faire parvenir le projet de loi que vous comptez déposer à l'Assemblée. Je vous en remercie et je vous prie de transmettre mes remerciements à votre collègue.
« Les efforts que vous faites pour améliorer la position des sous-officiers et par conséquent pour fortifier les cadres de l'armée sont sérieux et patriotiques; le but qu'ils se proposent est conforme à la ligne de conduite que je voudrais voir toujours tenir
par nos députés : travailler, écrire et parler pour le pays, non pour l'Assemblée.
« Le projet de loi contient beaucoup de bon et très peu de mauvais ; mais, à vous dire vrai, je ne crois pas que le mal qui mine nos institutions civiles puisse être extirpé ou refoulé à l'aide de quelques modifications ne portant que sur des points déterminés.
« Le mal qui tue la société française, c'est la disparition du patriotisme, c'est le mépris de la loi et de l'autorité.
« Le mal qui tue l'armée, c'est la disparition de l'esprit militaire.
« Pour porter remède à ces deux maux qui ont une même origine, une cause unique, il faut des réformes d'ensemble énergiquement conçues et vigoureusement exécutées. Ce sera l'œuvre, je l'espère, du troisième empire : en tout cas, ce sera son but.
« Un pouvoir fort peut faire ce qu'une assemblée ne pourra jamais exécuter : c'est pour cela que, quelles que soient vos bonnes intentions, vous ne pourrez arriver à atteindre le but généreux que vous vous êtes proposé.
« Rappelez-moi au bon souvenir de M'"" de Bourgoing, embrassez Pierre cl croyez à mon alfeclion.
« Napoléon. »
En 1877, le Prince Impérial, voulant exercer le seul droit de citoyen français que lui eût laissé l'exil.
avait prie le j)rince Mural de le représenter au tirage au sort en qualité de parent.
Mais cette année-là son nom ne figurait pas sur les listes de recensement et, malirré ses réclamations, n'avait pu être rétabli en temps utile. C'est seulement le 28 janvier 1878, que le prince Murât, assisté de M. Kouher, peut remjdir sa mission au palais de l'Industrie, oii l'on procède au tirage au sort du 1"^ arrondissement. A l'appel du nom de Bonaparte, il s'approche du bureau et tire le numéro 307.
Le Prince Impérial va avoir vingt-deux ans. lieaucoup de conseillers de TKmpereur — non des moindres — jugent qu'il est temps de songer à le marier et commencent à dresser la liste complète des princesses d'Europe. Les esprits vont leur train; des romans d'amour s'ébauchent dans mainte imagination. Ce (jui n'était d'abord que chuchotements devient murmures plus distincts : on cite des noms et voici le cœur du Prince analysé, ses moindres phrases comnienlées.
Pendant le séjour à Florence, la question d'un voyage en Russie avait été sérieusement agitée dans l'entourage impérial ; puis — pour des raisons diverses — la réalisation en fut reculée à l'année 1880. Mais le zèle de ceux qui jugeaient le prince mur })Our le maiiage ne connaissait pas d'obstacle : il leur fallait une princesse et sa recherche tournait chez eux à l'obsession.
Lui, beaucoup moins pressé qu'eux de trouver une compagne pour son exil, souriait de leur ardeur.
Est-ce à dire que parmi tous les projets mis en avant, il n'en fût pas un seul qui sût attirer davantage le Prince Impérial, malgré son idée bien arrêtée de retarder l'heure du mariage ?
Le 10 avril, deux cent cinquante personnes prennent place, dans Willis's Rooms, au banquet annuel de l'Institution des ingénieurs civils. On remarque là, réunis sous la présidence de M. G. -P. Bateman, les ministres des Etals-Unis et de Hollande, Lord Granville, M. Gladstone, le Lord-Maire, le Prince Lucien Bonaparte, l'amiral EUiott, Lord Houghton, le général Sir Garnet Wolseley, Lord Lindsay, etc. Mais celui sur lequel se fixent tous les yeux, c'est le Prince Impérial, dont les paroles sont bruyamment applaudies.
Quelques jours plus tard, dans la réunion oganisée au profit du Neivspapers Fund^ sous la présidence de Lord Salisbury, Son Altesse prenant pour texte le rôle de la presse, prononce un discours dont le retentissement dépasse les frontières anglaises :
« ... Si c'est à des gouvernements éclairés que l'on doit les traités de commerce qui ont elTacé de nation à nation les haines séculaires, en faisant reposer des alliances nouvelles sur des intérêts communs, la presse peut ôtre fière d'avoir coopéré à cette grande œuvre en répandant partout de saines idées écono-
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miques et en combattant avec intelligence et énergie les erreurs accréditées du passé.
« La science ne peut, pas plus que le commerce, se passer des services que la presse lui rend. Ses progrès, qui découlent surtout aujourd'hui de l'observation, proviennent de ce que les découvertes et les travaux de chacun profitent à tous et que, grâce à la presse, l'univers n'est plus qu'un vaste laboratoire où le moindre fait est enregistré et où nul ciïort ne reste stérile.
« Le rôle de la presse est aussi et surtout politique. Jadis, le sort des peuples était décidé dans des conseil secrets par trois ou quatre personnes; aujourd'hui la force qui fait ou défait les gouvernements, (]ui veut la paix ou impose la guerre, c'est l'opinion publique. Ce jury suprême devant lequel tous les hommes politiques doivent comparaître pour rendre des comptes, juge à l'aveugle lorsqu'une presse éclairée ne le dirige pas'... »
Dans le courant d'avril, le lils de Napoléon III acceptait l'invitation apportée à Camden-Place par le Prince Royal de Danemark : un voyage à Copenhague était décidé pour l'été. En apprenant ce projet, le Hoi de Suède, allié à la famille Impériale, écrit à
' « ... Nous nous félicitons de voir le liis de rKmpereur se manifesleraudeliors,enlreren communication avec l'espritpublic, prendre la direction île son parti et rappeler ainsi à ce pays que l'enfant a fait place à riiomme et que, si la Hévolulion va vite, il y a, liieu merci! un Napoléon pour la devancer. - {L'Ordre.)
Son Altesse, lui demandant de prolonger la route et de venir jusqu'à Stockholm.
Accompagné du Comte Murât et de M. Franceschini Pietri, le Prince Impérial quitte Chislehusrt au mois de juin.
Le Roi Christian est absent de Copenhague le jour de l'arrivée de Son Altesse. Mais aussitôt informé, il revient à la hâte dans sa capitale et va, le premier, à l'hôtel lui rendre visite.
Au dîner de gala, le Prince est à la droite de la Reine; ce sont les voitures de la cour qui viennent le chercher chaque jour, pour ses promenades; sur la route toutes les têtes se découvrent, de petits bouquets sont jetés dans la calèche.
Ceux qui ont eu l'honneur d'être présentés au Prince Impérial sont conquis par le charme, la finesse de son esprit universel. Le conservateur du Musée ethnologique qui l'a guidé à travers ses admirables collections, déclare que seul, jusqu'à présent, l'Empereur du Brésil avait su causer avec pareille sûreté de ces sujets abstraits.
Le jour oii le Prince quitte Copenhague pour la Suède, il n'est pas une personne qu'il n'ait conquise et qui ne traduise en termes divers ce qu'un de ses amis exprimait si bien, de façon familière : « Il s'attache en un tour de main tous ceux qui l'approchent. »
De Malmô où il a débarqué le 11 juillet cl où
l'attendait M, d'Adelberg-, attaché à sa personne durant le voyage en Suède, Son Altesse se rend à Jonkôping. Là, le Roi Oscar et le Prince héritier le rejoiîriient le lendemain et ensemble, ils assistent à l'ouverture du Concours rég^ional puis au banquet qui termine la journée.
Le ]'{, sans s'arrêter à Stockholm, on gagne Drotlningsholm, la merveilleuse résidence d'été, tout entourée d'eau et de grands arbres. Le fils de l'Empereur y sera l'hûle de la famille royale, partagera son existence intime jusqu'au jour où, en compagnie du Prince héritier, il part pour la Norvège et l'excursion en Thelemarken.
On quitte Christiania le 29 juillet, et par le chemin de fer on arrive à Kongsberg. Là, quatorze carrioles attendent les Princes et leur suite : chacun conduisant sa voiture, on part pour un voyage de huit jours à travers la montagne.
Dès la première halle, à l'église d'IIitterdal, arcs de triomphe et drapeaux tricolores, danses et chants nationaux font leur apparition.
Promenades sur les lacs Tinsjo et Nordsjo, ascensions du Rjukanfos et du Ravnejuvet remplissent cette semaine, durant laquelle le Prince Impérial étonne et effraie mainte fois par son intrépidité.
Partout on l'accueille avec des témoignages joyeux. Aux environ de Mosebo, il est un peu surpris d'être reçu aux accents de la Marseillaise. On a bientôt la clef de cette manifestation intempestive : pendant
le siège de Paris, des aéronautes échappés de la capitale ont été entraînés jusque-là. Pour remercier les habitants qui avait aidé au sauvetage du ballon, ils leur ont enseigné « Tair national » et les paysans, apprenant sept années plus tard la visite du « jeune Napoléon », ont jugé que rien ne lui serait plus agréable qu'une exécution solennelle de l'hymne français.
Dans cette excursion, le Prince trouve peu de temps pour sa correspondance; c'est M. Pietri qui adresse à l'Impératrice, alors en Autriche, le courrier quotidien. Pourtant Son Altesse tient à donner à ses amis les plus dévoués quelques rapides impressions de son voyage, tel ce billet écrit d'Ulefos :
u Mon cher Monsieur Corvisart,
« Votre lettre m'est parvenue il y a quelques jours, au moment oii je quittais la carriole pour sauter en bateau; c'est vous dire que la vie que je mène depuis un mois ne me laisse que peu d'instants libres et pas de repos, car je veux profiter de mes loisirs pour écrire à mes amis.
« J'ai juste vingt minutes à moi; je les emploie avec plaisir à vous répondre, car ma pensée est souvent avec vous.
" Ce que vous me dites de la santé de Gaston* m'a
' Le second lils du Uaron Corvisart.
282 LE PRINCE IMPEHIAL
ému mais non alarmé, car je n'ai pas la peur rétrospective. Je vous remercie de ne m'avoir mis au courant du danger qu'avait couru mon petit ami que lorsque toutes les traces du mal avaient déjà disparu ; vous m'avez ainsi épargné de vives et cruelles inquiétudes.
« Je nai réellement ))as le temps de vous donner de longs détails sur mon voyage. Je veux seulement vous dire que j'en suis ravi à tous les points de vue. On ne peut se figurer la façon dont j'ai été reçu par les cours et par les populations : on eût dit que je faisais un voyage officiel. Partout des drapeaux tricolores pour me rappeler ma patrie, partout des musiques jouant Partant pour la Syrie pour me rappeler l'Empire. Je ne suis pas entré dans une petite ville sans passer sous un arc de triomphe décoré de l'N.
« A bientôt; croyez que lorsque je me divertis, je pense à ceux qui partagent avec dévouement les ennuis de mon exil et ma reconnaissance envers eux grandit.
« A vous de tout mon cœur,
« Napoléon. »
Dans le ïhelemarken, beaucoup de paysans ont chez eux des images du grand Empereur. Quand ils entendaient dire que son descendant aller passer, les villages se vidaient, tout le monde accourait sur
la route, anxieux, comme dans Tatlente d'un spectacle surnaturel.
Jusqu'à la dernière heure du voyage, ce sera le même enthousiasme autour du Prince; les mêmes acclamations retentiront dans les villes et dans les campagnes.
Le 4 août, en arrivant à Skien, il passe les troupes en revue; à Drobak, le lendemain, des manœuvres navales ont lieu, en son honneur, sur le Christiania Fjord.
Ce même jour, il rejoignait les Souverains àMoss, et prenait congé d'eux le 40 août pour rentrer à Arenenberg, ne s'arrêtant qu'à Copenhague où il reste quelques heures encore, sur le désir du Roi Christian.
En même temps que les journaux Scandinaves chantaient le Prince Impérial, son nom retentissait à Paris, sous les voûtes du Tribunal correctionnel. Devantla huitième chambre, présidée par M. Bruneau, Son Altesse citait le Siècle^ en la personne de son gérant, M. Yillain-Landiaiserie, pour ditTamation envers la mémoire de Napoléon III.
Le Siècle accusait l'Empereur d'avoir vendu vingtsix mille hectares de forêts appartenant à l'Etat et d'en avoir appliqué le produit à la liste civile.
L'avocat du journal soutient que l'assignation doit être nulle, attendu qu'elle porte la mention suivante : « l'an 1878, le .'{ juillet, à la ro(iU(Hc de
284 LE PRINCE IMl'EKlAL
S. A. M"' le prince Eugône-Louis-Jean-Josepli Napoléon, domicilié à Paris, rue de l'Elysée n° 4, mais résidant présentement à Cliislehurst (Grande-lJretag-nc) ». L'avocat affirme ([ue cette mention est contraire aux lois constitutionnelles, qu'une décision de l'Assemblée Nationale ayant prononcé la déchéance de Napoléon III et de sa famille, il est inadmissible que le représentant de cette dynastie s'intitule, dans un acte extra-judiciaire : S. A M*-'' le Prince Napoléon, etc.
M. Jolibois soutient la demande du Prince Im|iérial auquel le tribunal donne gain de cause, condamnant M. Yillain-Landiaiserie à deux mille francs d'amende, à l'insertion du jugement dans le Siècle, dans dix journaux de Paris et dix journaux de province au choix du plaignant; enfin aux dépens.
Le 7 décembre, le procès revenait devant la chambre des appels correctionnels. Cette fois, le Siècle avait confié sa défense à M° Henri Brisson ; M. Jolibois plaidait encore pour le Prince Impérial et le jugement était confirmé, avec une réduction dans le nombre des insertions.
A Arenenberg, depuis le mois d'Août, les visiteurs arrivaient plus nombreux que jamais; dans la journée du 15, on avait comiité les lettres par centaines.
Autour du Prince, c'était comme une renaissance de la légende napoléonienne et beaucoup le connaissaient à peine qui mettaient en lui tout leur espoir.