‹ Le prince impérial: Napoléon IVChapitre 29 sur 90 · et /889, par Emile Ollivier, pp. 4i · texte numérisé non relu

et /889, par Emile Ollivier, pp. 4i

bout. Qui le détruira? Ceux qui ont déposé l'Empereur. »

Depuis la fatale journée du 15 juillet, depuis la déclaration de la guerre, malgré quelques dépêches annonçant des hauts et des bas, la France n'avait subi, en somme, qu'une suite de désastres.

Une fois l'Empereur parti, l'Impératrice prit l'exercice des fonctions de Régente, qu'elle devait remplir à partir du jour où l'Empereur quitterait la capitale 1 .

. « Cette mesure, a dit aussi M. de Gramont, fut fatale à l'Empereur ainsi qu'à l'Impératrice, car il est incontestable qu'il eût mieux valu pour l'un et pour l'autre, et surtout pour le pays, que les pouvoirs de régence ne fussent délégués qu'à partir du jour oh l'Empereur quitterait le territoire de la France*. »

M. de Gramont veut dire sans doute que le décret du 26 juillet, qui confiait à l'Impératrice les fonctions de Régente aussitôt que l'Empereur aurait quitté la capitale, avait le danger de créer en France le double gouvernement dont a parlé Napoléon III.

Le 7 août au matin, une proclamation affichée dans Paris annonçait les défaites de Reischoffen et de Forbach, l'état de siège était déclaré, et, le 8, l'impératrice- Régente quittait Saint-Cloud pour venir s'installer au palais des Tuileries. Elle ne pouvait se figurer que l'Empire fût si près de sa fin et se cramponnait à la Régence avec la force qu'allait augmenter le désespoir.

En Crimée, en Italie, on avait été souvent près de désastres non moins -grands, on s'en était bien tiré : pourquoi ne s'en tirerait-on pas encore ? Le tout c'était de frapper un grand coup bien à propos*.

Page 1